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Trois hommes, anciens soldats au Vietnam, déjà auteurs du viol d'une jeune fille, mais qui n'ont pas été déclarés coupables, partent en week-end. Sur la route, ils kidnappent un jeune couple, Martin et Nancy, et les emmènent dans une cabane, au fin fond de la montagne. Là, ils vont les réduire à de simples esclaves, leur faisant faire les taches ménagères et les traitant comme des bêtes. Jusqu'au jour où les trois amis décident de laisser partir le couple. Mais ceux-ci viennent de comprendre le pourquoi de ce geste : ils vont servir de gibiers aux trois hommes, devenus adeptes de la chasse à l'homme...



L'AVIS :

Après avoir réalisé de nombreux épisodes de séries télévisées, Peter Collinson se tourne vers le cinéma et met en scène son premier film en 1967, "La Nuit des Alligators". Un film dont le sujet se rapproche beaucoup de celui dont on va parler ici, à savoir "La Chasse Sanglante" qui date quant à lui de 1974. En effet, dans les deux films, un couple adultère va être pris en otage et maltraité par des individus. Dans "La Chasse Sanglante", qui, pour l'anecdote, fût l'un des premiers films à être classé X en France pour incitation à la violence et non pour un motif pornographique, le trio d'agresseurs a sacrément de la gueule car on retrouve des acteurs bien connus pour interpréter Ken, Artie et Gregg. Dans l'ordre : Peter Fonda, Richard Lynch et John Phillip Law, excusez du peu. Des acteurs qui n'ont pas peur de froisser leur image et d'interpréter de véritables salauds, comme ce sera le cas dans ce drame sordide de Peter Collinson. L'introduction du film met déjà mal à l'aise car on assiste à un entretien entre un inspecteur de police et une mère venue avec sa fille, cette dernière accusant trois étudiants de viol. Mal à l'aise car le discours du policier, faisant bien comprendre à la pauvre mère de famille que le fait pour ces agresseurs de faire partie de la prestigieuse équipe de foot du lycée va les sauver de toute sentence, nous rappelle de tristes faits divers, comme celui de Steunbeville en 2012 par exemple.



Mal à l'aise car Peter Collinson fait preuve d'efficacité dans sa mise en scène et alterne discours nuancé du policer et images dans laquelle la jeune fille est clairement abusée dans une voiture. Un début choc pour un film qui ne le sera pas moins. La suite fait un bond dans le temps et nous présente les trois agresseurs à l'âge adulte, participant à une fête d'anniversaire. Laissant leur famille, ils partent pour un week-end de chasse qu'on n'imaginait pas se dérouler de cette façon. Enfin si, un peu quand même, vu que la jaquette du film nous met clairement sur la voie. Le trio apparaît comme étant d'une arrogance et d'un machisme assez élevé. On se surprend à les voir trouver drôle le fait qu'ils aient abusé de petites vietnamiennes durant la guerre, sans en éprouver le moindre remord. La guerre rend fou et dans ce cas précis, on ne peut nier son impact sur le comportement des trois hommes (bien qu'ayant déjà des penchants pour la sauvagerie durant leur adolescence). Une fois un jeune couple pris en otage par le trio, La Chasse Sanglante va poursuivre sur sa lancée nihiliste et nous dépeindre les agissements de ce groupe d'individus sans état d'âme, pour qui la vie humaine ne semble pas avoir grande importance. Les pauvres Martin (Alberto de Mendoza) et Nancy (la jolie Cornelia Sharpe) vont vivre un véritable calvaire, qu'on pourra certes trouver assez soft à notre époque, mais qui, dans les années 70, a sûrement fait sensation. Humiliations, brimades, tout est fait pour asservir ce jeune couple qui se retrouve à l'état d'esclaves, de serviteurs. Le trio use plus de tortures psychologiques que physiques pour obtenir ce qu'ils souhaitent, le film n'étant pas du tout sanglant.



C'est principalement le personnage de Martin qui va subir cette asservissement et être mis à mal, notamment quand Nancy se laisse dominer sexuellement par Peter Fonda et ses deux amis, sous prétexte d'essayer de séduire l'un des hommes pour pouvoir s'en servir comme protecteur au cas où les choses tourneraient mal. Une réaction de survie légitime mais pas aux yeux de Martin. Découpé en trois parties, La Chasse Sanglante se montre, dans les deux premières parties que je viens de vous décrire sommairement, assez sombre et abject, nous faisant même penser à un rape and revenge dans l'esprit. La troisième partie est bien évidemment consacrée à la fameuse chasse à l'homme tant attendue. Car Ken, Artie et Gregg sont de dignes descendants du fameux comte Zaroff, personnage immortalisé à l'écran par Leslie Banks dans La Chasse du comte Zaroff (1932) et qui connût bon nombre d'imitateurs, comme on a pu en voir entre autres dans A Game of Death (1945), Bloodlust (1959), La Comtesse Perverse (1974), Les Week-ends maléfiques du comte Zaroff (1976) et même dans l'épisode d'Ulysse 31, Le Magicien Noir. La traque de La Chasse Sanglante a recours au même procédé et prend des allures de survival redneck, le décor et la musique country de Ruggero Cini nous évoquant également le Délivrance de John Boorman.



Une chasse à l'homme qui va nous réserver quelques rebondissements, dont un assez inattendu et qui va faire le lien avec la scène introductive et une séquence vue lors de la fête d'anniversaire. C'est assez bien vu et ça apporte un peu d'originalité à un dénouement qu'on croyait connaître à l'avance. Comme déjà dit, on aura un peu de mal à comprendre pourquoi La Chasse Sanglante a écopé d'une interdiction totale puis d'une interdiction aux moins de 18 ans lorsqu'il a pu être diffusé sur les écrans français en août 1982. Le film mise vraiment plus sur une violence psychologique que graphique. Le sujet et le traitement infligé au couple Martin / Nancy est par contre plus sujet à caution et c'est certainement cet aspect qui a choqué la commission de censure. En tout cas, La Chasse Sanglante bénéficie d'une réalisation soignée, d'un casting solide et investit, de scènes efficaces et ce film de Peter Collinson mériterait bien une sortie sur support numérique, la copie de la Vhs éditée par René Château n'étant pas formidable. La Chasse Sanglante est le film N°7 de la fameuse collection Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision ! Toute une époque !








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