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Des adolescents en camp de vacances décident de faire une farce au moniteur Crospy qui n'est pas particulièrement sympa avec eux. La farce tourne au drame quand le crâne enflammé qu'ils mettent dans la chambre de Crospy provoque un incendie et que celui-ci se transforme en torche humaine avant de se précipiter dans un lac. Crospy a survécu à ses blesures mais il est totalement brûlé sur tout le corps. 5 ans plus tard, il sort de l'hôpital. Sa soif de vengeance est totale. Il retourne sur les lieux du drame où un nouveau camp de vacances a ouvert ses portes. De nombreux adolescents s'amusent à draguer les filles, à faire des farces aux moniteurs. Mais bientôt, Crospy, armé de cisailles tranchantes, va leur faire vivre un véritable enfer...



Gloire au DVD. Pourquoi me direz-vous ? Parce que ce support m’a permis de reconsidérer nettement à la hausse "Carnage". La seule vision que j’avais du film de Tony Maylam provenait de la VHS française. Et quand je dis "vision", c’est un bien grand mot tant l’image présente sur la cassette vidéo était sombre et ne permettait pas de discerner grand-chose. La quasi-totalité des séquences se déroulant de nuit devenait insupportable à regarder tant on ne voyait rien de l’action et des meurtres. D’où un sentiment final très mitigé, me faisant classer le film loin derrière son modèle, à savoir le "Vendredi 13" de Sean S. Cunningham. Et puis, miracle. Le film, déjà disponible en DVD dans différents pays mais dont aucune copie ne lui rendait justice, est ressorti aux USA sur ce même support chez MGM et là, quelle image, quelle luminosité, quel contraste ! C’est bien simple, entre la VHS française et l’image de cette édition DVD, c’est le jour et la nuit, c’est le cas de le dire ! Enfin on "voit" les images sur notre écran, enfin, on peut pleinement profiter des effets spéciaux de Tom Savini. Et dieu sait si cette image change la donne quant à notre appréciation du film !




1980. "Vendredi 13" éclabousse les écrans de cinéma, surfant sur le succès de "La Baie Sanglante" de Mario Bava, du "Black Christmas 1974" de Bob Clark et du "Halloween" de John Carpenter, trois films qui ont codifié un nouveau genre, celui du "slasher movie". Enorme succès pour le film de Sean S. Cunningham, qui allait lui-même donner naissance à toute une vague de longs métrages mettant en scène un tueur psychopathe adepte du massacre de jeunes adolescents à l’arme blanche. Les années 80 deviendront la décennie du slasher, avec des films comme "Le tueur de la forêt", "Body Count", "Douce Nuit Sanglante Nuit", "Meurtres à la Saint Valentin", "Happy Birthday", "Le Jour des Fous", "Intruder", "Massacre au camp d’été", "Le monstre du train", "Massacre Hospital", "Slumber Party Massacre", "Week-end de terreur" ou bien encore "Vendredi 13 chapitre 2 : le tueur du vendredi" et ses innombrables séquelles. Et bien d’autres encore. Bien entendu, on trouve dans le slasher des bons films et des mauvais films. Ce sous-genre est souvent méprisé mais ses fans le vénèrent et lui vouent un culte passionné. Dans le lot grandissant des productions "slasherisantes" des années 80, un titre allait rapidement gagner ses galons de film culte du genre : "Carnage", devenant même LA référence maintes fois citée par les aficionados. Chose que je ne comprenais pas vraiment, que je trouvais largement exagérée, mais qui, grâce au DVD encore une fois, m’apparaît désormais d’une logique implacable. Oui, je fais mon mea culpa en public : le film de Tony Maylam mérite bien son statut de slasher gore, et obtenir la première place dans le cœur des fans n’est pas un vol ! Voilà, c’est dit !

"Carnage" reprend donc tous les éléments de "Vendredi 13", à savoir un camp de vacances avec un lac, des moniteurs et des ados pas très fins et possédant un humour douteux, un drame s’étant déroulé il y a plusieurs années et un tueur revenu se venger. Bref, pas grand-chose de nouveau à l’ouest. Pas grand-chose de nouveau certes, mais la réalisation et le traitement qu’a fait Tony Maylam de son film parviennent à lui donner une saveur hautement recommandable.

Déjà, au niveau du casting, c’est franchement très réussi. Les protagonistes, bien que possédant toutes les caractéristiques qu’on est en droit d’attendre de tels personnages dans un slasher, nous apparaissent fort sympathiques et parviennent à nous faire ressentir l’ambiance festive du camp de vacances, avec tout ce que cela comporte : les regards sur les fesses des filles, les bêtises faites entre copains, les baignades, la drague, présence d’un souffre douleur qui ne s’attire que des ennuis et bien sûr, les soirées autour du feu de camp à se raconter des histoires qui font peur. D’ailleurs, la séquence où le moniteur raconte l’histoire de Cropsy à ses ados est l’une des plus réussies jamais vues, car elle parvient à instaurer une tension et une ambiance de stress palpable aussi bien pour les personnages que pour les spectateurs du film. Ces derniers pourront remarquer dans le rôle de Sophie l’actrice Holly Hunter, alors toute jeune, qu’on reverra plus tard dans des films très réussis comme "Always", "Copycat", "Thirteen" ou bien encore "Crash" de David Cronenberg par exemple. Comme quoi, le slasher mène à tout ! Les autres membres du casting ont quasiment tous fait carrière dans des séries télévisées américaines par la suite.




Outre notre bande de joyeux drilles, le principal intérêt de "Carnage", ce sont bien sûr ses meurtres. Et là, on peut dire que Tom Savini n’y a pas été avec le dos de la cuillère. Déjà, l’arme dont se sert Cropsy est très originale puisqu’il s’agit de cisailles ! Ca change du couteau ou de la machette et visuellement, c’est réellement impressionnant. Les amateurs de gore seront littéralement conquis par les scènes sanglantes et on aura droit à des ciseaux enfoncés dans un ventre, à un égorgement à la cisaille, à un sectionnement de doigts avec ce même instrument hautement jubilatoire, à un cou perforé en gros plan et à bien d’autres choses bien saignantes. Le précieux liquide rouge coule à flot, ça coupe, ça sectionne à tout va, pour notre plus grand plaisir. A ce titre, la séquence du radeau, toujours citée en exemple, est certainement la meilleure scène de meurtres vue dans un slasher. Tom Savini a voulu surpasser le travail qu’il avait accompli dans "Vendredi 13" et il y est parvenu de façon magistrale ! Ajoutons à cela une petite touche d’érotisme assez soft mais néanmoins plaisante, une musique électronique ponctuant les meurtres plutôt efficace, et un tueur au visage effrayant, car malheureusement crédible. Tom Savini et Tony Maylam se sont servis de photos de grands brûlés pour confectionner le maquillage du visage de Cropsy et l’effet est vraiment très réussi et laissera des traces dans votre esprit. Ici, pas besoin de masque, le feu ayant fait tout le travail, rendant encore plus monstrueux celui que les enfants considéraient déjà comme un "monstre" lorsqu’il était moniteur du camp de vacances.

Les amateurs aimeront également le petit jeu de suspense instauré par le réalisateur, avec présence de fausses pistes, jeu d’ombre nous faisant croire à la présence du tueur et autres effets classiques mais qui marchent plutôt bien ici. Tony Maylam exploite également fort judicieusement le cadre et le décor, alternant scènes dans les bois et scènes dans le lac, séquences filmées de jour et séquences filmées de nuit, nous faisant comprendre que Cropsy peut être partout et peut frapper à tout moment, nous faisant nous tenir sur nos gardes dans notre fauteuil et parvenant à nous surprendre lors des attaques du tueur aux cisailles.




Jugé choquant lors de sa sortie en salle, interdit en Angleterre et mis sur la liste des vidéos nasties, "Carnage" porte très bien son titre français, qui a mis en avant la présence de meurtres ultra sanglants. Tony Maylam a réussi à livrer un clone de "Vendredi 13" encore plus efficace que ce dernier et son film peut réellement être vu comme LA référence en la matière. Possédant de bonnes idées, se montrant original quant au choix de l’arme utilisée et peu avare sur le gore, "Carnage" mérite amplement d’être redécouvert via le DVD édité par MGM, qui permet enfin de le visionner dans des conditions optimales. Et il le mérite vraiment.








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