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Comment, vous ne connaissez pas Joe Johnston ?... Mais si, enfin : "Chérie j'ai rétréci les gosses", "Rocketeer", "Jumanji"… Steven Spielberg, lui, connaissait l'individu depuis un bout de temps, l'ayant eu plusieurs fois dans son staff technique. Voilà donc qu'il lui refile le soin d'exploiter le filon qu'il a lui-même creusé. On y met tous les restes éliminés des deux premiers épisodes, un dinosaure plus gros que le T-Rex, et on fait revenir Sam Neil et même Laura Dern pour l'occasion. Pour le scénario, petit problème : pas de Michael Crichton ni de David Koepp à l'horizon ; mais trois gommeux feront bien leur tambouille avec ce qu'on leur laisse… Et pour la musique, eh bien, il suffira de rebrasser les thèmes de John Williams.



C'est l'histoire de l'amant de madame qui a une fameuse idée : emmener le fils d'icelle faire du parachute ascensionnel le long des côtes d'Isla Sorna. Pendant ce temps, le Pr Grant, judicieusement séparé du Pr Ellie Satler, partage son temps entre les fouilles et les conférences paléontologiques. Le voilà bientôt contacté par un couple souhaitant survoler Isla Sorna à basse altitude, et, une fois de plus, l'argument financier fait mouche sur notre bon professeur… Embarqué avec son fidèle et jeune assistant, il réalise un peu trop tard qu'il s'agit en fait d'une expédition de secours destinée à sauver le fils de monsieur et madame. Et à peine débarquée sur l'île, la petite équipe est attaquée par un Spinosaurus Egypticus…



Les bons points de "Jurassic Park 3" ? Pas d'ennui véritable, un combat entre un T-Rex et un Spinosaurus, des Ptéranodons en action. Passons aux mauvais points.

Premièrement, la niaiserie. Déjà considérable dans le premier "Jurassic Park", plus contenue dans le second, elle devient carrément ici le nerf (dévitalisé) central. L'argument ne tient plus dans la création d'un parc d'attraction insulaire ou continental (élimination de l'antagonisme entre les hommes), mais uniquement dans le fait de sauver un fiston. Et quel fiston ! A l'image du film, un mixage biologique de bonhomie mollassonne et d'agitation hystérique, synthèse de parents à la consistance brouillonne en voie de réconciliation. A vrai dire, même les vélociraptors veulent sauver leurs œufs dans "Jurassic Park 3", et de façon emblématique, le Pr Grant passera par la case "maman Satler" avant de s'embarquer, tandis qu'un appel téléphonique passé à son enfant soldera le tout en heureuse apothéose… militaire. Famille, glucose, armée : Isla Sorna ressemble à une véritable campagne présidentielle.



Deuxième mauvais point, une laideur d'ensemble impressionnante. Du point de vue des couleurs, "Jurassic Park 3" est une espèce de bouillie gris-verdâtre qui donne l'impression de faire un séjour dans un caniveau par mauvais temps. Insipide est le mot qui convient. Les dinosaures, eux aussi frappés par cette maladive peinture, commencent à développer une inflammation d'effets spéciaux qui jusqu'alors les avait épargnés. Ce n'est pas qu'ils soient mal conçus, mais, chose qui n'était pas encore arrivé dans la série, ils commencent à se détacher de façon curieusement artificielle, trop bien faite, justement, sur ce fond d'image misérable. Défaut de lysine ou autre, les T-Rex finissent même en proie à une sorte de scarlatine qui ne nous sera pas expliquée (peut-être le virus de la puérilité ?).

Troisième mauvais point, le n'importe-quoi. Un vélociraptor qui parle (même dans un cauchemar, c'est stupide), des œufs incassables, un téléphone à toute épreuve qui sonne dans le ventre du Spinosaurus avant de continuer à sonner dans ses déjections, un Pr Grant qui subitement sait reproduire le langage vélociraptor… La musique, elle aussi, subit ce grand chambardement de neurones proprement rebutant. Lors des attaques et autres courses-poursuites, les thèmes grandiloquents de John Williams se retrouvent en effet exécutés à la vitesse grand V, dans un délire de cordes qui a du envoyer plus d'un violoniste tout droit à l'hôpital. Les scènes d'actions sont à l'avenant, hachés à la va-vite et unies par du vide.



L'annonce d'un quatrième volet réalisé par le même Joe Johnston laisse rêveur… On ne sait pas encore s'il s'agit d'un projet destiné à avorter, si le film sera encore pire que le troisième ou si, au contraire, un grand travail méningé permettra à nos amis préhistoriques de remonter la pente. Quoi qu'il en soit, à voir de mauvais films de dinosaures, mieux vaut carrément se ruer sur des "Raptor" et autres "Carnosaure", qui, dans leur exploitation sans vergogne, ont au moins la politesse de générer le rire pour effet secondaire…