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Nous sommes en 2078. La planète Sirius 6B a été durant de longues années un lieu de prospérité grâce à des gisements de Berynium. Mais, après avoir découvert que le Berynium était à l'origine d'importantes radiations, des mineurs se révoltèrent et stoppèrent le travail, créant un groupe appelé "l'Alliance". Pour répondre à la révolte des mineurs, un groupe capitaliste nommé le "N.B.E." (Nouveau Bloc Economique) largua des bombes sur les civils. Une attaque à laquelle l'Alliance répondit en créant les "Hurleurs", des robots autonomes et armés d'une scie circulaire pouvant s'adapter à leur environnement. Une guerre entre l'Alliance et le N.B.E. qui dure maintenant depuis dix ans, jusqu'au jour où le colonel Joe Hendrickson (Alliance) reçoit de la part du commandant en chef du N.B.E. un message proposant un armistice. Joe Hendrickson décida alors de se rendre dans le camp ennemi pour signer une trêve. Mais, une fois sur place, il va se rendre compte que l'ennemi n'est pas forcément celui que l'on croit ; en effet, les Hurleurs se sont développés indépendamment de l'Alliance et massacrent toute personne s'approchant trop près d'eux.



C'est en 1995 qu'un certain canadien nommé Christian Duguay ("scanner 2", "l'art de la guerre", "suffer island"…) va réaliser ce qui deviendra l'une des meilleures séries B de science-fiction des années 90. Son nom? "Planète hurlante" (ou "Screamers" pour les puristes), un film innovant sachant jongler efficacement entre frissons, action, suspense et faisant la part belle aux multiples rebondissements.

Car oui, ce qui frappe dans "planète hurlante", c'est la qualité du scénario. Inspiré d'une nouvelle de Philip K.Dick ("blade runner", "total recall", "minority report"…) et revisité par Dan O'Bannon (à qui l'on doit en partie les scénarios de "alien, le huitième passager", "le retour des morts vivants", les troisième et quatrième opus d'Alien…) entre autres, "planète hurlante" est un divertissement de science-fiction de très bonne facture. Malgré un faible budget, le film de Christian Duguay réussit sans mal à égaler et même surpasser de nombreuses grosses productions de science-fiction.

Ce qui plait et divertit dans "planète hurlante", c'est ce remarquable mélange de genres et d'ambiances. On passe en effet de passages noirs et frissonnants (certaines séquences dans le QG du N.B.E. ravagé et sinistre, les divers plans sur les rues dévastées du site minier…) à des passages très axés action (la séquence finale de combat, l'attaque des Hurleurs de type 3…) tout en accumulant les rebondissements.

Hormis ce suspense très présent tout au long du métrage de Christian Duguay, on ne peut s'empêcher d'entrer dans une certaine paranoïa au fur et à mesure que l'on avance dans le film. En effet, toutes ces interrogations et réflexions auxquelles nous sommes confrontés sont dues à cette capacité qu'ont les Hurleurs à se perfectionner et à s'adapter aux environnements, ces derniers ressemblant comme deux gouttes d'eau à des humains (nous forçant alors à nous demander qui est qui, à nous méfier de telle ou telles personne(s)…).



"Planète hurlante", de part ces fameux Hurleurs créés par l'Alliance pour se défendre contre le N.B.E., pose également la réflexion sur la course à l'armement, cette volonté de gagner des guerres à n'importe quel prix. En effet, à trop vouloir perfectionner leurs armes, l'Alliance a créé des robots issus d'une technologie si poussée qu'ils sont parvenus à raisonner d'eux-mêmes et à devenir parfaitement indépendants, ne s'en prenant alors non plus seulement au N.B.E. mais aussi à leurs propres créateurs, l'Alliance.

Autre particularité qui distingue le film de Christian Duguay d'autres productions du même type, c'est cette volonté de côtoyer par moments une certaines immoralité qui en fera sourire plus d'un (par exemple, afin de lutter contre la radioactivité, nos héros fument des cigarettes ; ces même héros n'hésitent pas à passer au lance-flamme des pseudos-enfants…).

Niveau casting, là non plus on ne peut pas reprocher grand-chose à "planète hurlante". Les acteurs sont en effet tous convaincants, aucun ne surjouant comme on peut parfois (souvent) le voir dans ce type de production à petit budget. Au contraire, on suit avec enthousiasme et palpitation l'aventure mouvementée de nos héros de l'Espace.

Le film "planète hurlante" est notamment l'occasion de revoir ce cher Peter "Robocop" Weller dans la peau d'un colonel fougueux et intrépide, l'arme de haute technologie collée au torse, n'hésitant pas à éliminer toute menace s'approchant trop près de lui. Très cliché comme personnage mais une bonne prestation de Mister Robocop!



Bon, alors certes, "planète hurlante" n'est pas exempt de défauts en ce qui concerne les effets spéciaux. Certains ont mal vieilli, d'autres étaient déjà passables à l'époque de la sortie du film mais qu'importe! En raison de la maigreur du budget, nous n'avons peut-être pas de supers vaisseaux de l'Espace, des explosions de malades ou des monstres horribles et saisissants etc etc… mais, malgré tout, les idées fusent et c'est bien cela le principal! Au diable les effets spéciaux sentant bon les milliers d'euros si il n'y a aucune âme derrière tout ce travail graphique et Christian Duguay l'a bien compris. Dès le départ, notre homme savait très bien qu'il ne pouvait pas compter que sur l'aspect visuel du film pour retenir l'attention de son public mais au contraire proposer de la nouveauté, innover dans certains domaines, explorer des sentiers non battus.

Ainsi sont nées des petites machines autonomes, intelligentes et sanguinaires : les Hurleurs. Sadiques à souhait (annoncés par un cri strident, ces robots se jettent sur leurs proies et les découpent à la scie circulaire ou autres méthodes toutes aussi sanglantes), ces armes vivantes peuvent s'adapter à n'importe quel milieu et prendre la forme de ce qu'elles veulent!

Et visuellement, les Hurleurs n'ont pas à rougir d'autres méchants de films de science-fiction. Quelque soit la version d'Hurleur, chacune a ses caractéristiques propres : la version d'origine est une sorte de scie circulaire pouvant se mouvoir à grande vitesse dans le sable et pouvant sauter pour cisailler sa proie en hauteur ; la version 1 est une sorte de reptile, une forme encore assez primitive ; puis les versions 2 et 3 sont des humanoïdes (mais je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher les effets de surprise à ceux n'ayant pas vu le film), permettant alors à Christian Duguay de jouer avec son public et ses personnages en instaurant une certaine paranoïa.

Les décors sont également un ingrédient indispensable à la réussite du film. Malgré un budget serré et donc l'impossibilité de créer des paysages minutieux, des vaisseaux spatiaux aux détails multiples ou autres, "planète hurlante" nous plonge dans un monde post-apocalyptique où les rares édifices encore visibles sont en ruine, où le désert glacial et lugubre s'étend à perte de vue et où les rares espèces vivant dehors sont des rats mutants et des Hurleurs à la recherche de chair fraîche.
D'ailleurs, en voyant ces grandes étendues désertiques, on ne peut s'empêcher de penser à d'autres grands films de genre tels que "the thing", "starship troopers" ou encore "alien, le huitième passager", même si le côté hivernal renvoie principalement au film de Carpenter.

Un monde hostile, ravagé par la guerre et les bombardements atomiques entre le N.B.E. et l'Alliance, victime de la folie des hommes. Voilà où sont plongés nos héros dont le seul souhait aujourd'hui est de survivre à ce qu'ils ont créé…



Au final, "planète hurlante" est une agréable surprise. Une preuve comme quoi, avec peu de moyens, on peut donner naissance à un produit bien meilleur et bien moins vide scénaristiquement parlant que certains gros blockbusters. Certes, un budget plus élevé aurait pu rendre le film de Christian Duguay encore meilleur mais ne boudons pas le produit fini car des séries B de science-fiction avec un scénario aussi divertissant et novateur, un rythme aussi nerveux, un casting aussi surprenant et une ambiance aussi bien maîtrisée, il n'y en a vraiment pas beaucoup!








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