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Un navire fantôme équipé par un certain docteur Menard depuis l'île de Matool dérive sur le baie de New York. Une patrouille composée de deux policiers se rend sur le bâteau pour l'inspecter. C'est alors qu'un énorme zombie leur fait face et tue l'un d'eux avant de tomber à l'eau, criblé de balles. La contamination commence...



Lucio Fulci ne s'embarrasse pas ici de nous dépeindre ce qui arrive une fois la contagion zombièsque démarrée.
Au contraire, il oriente son film en tant que préquelle par rapport à l'apocalypse que Romero nous étale dans sa mythique trilogie.
Contrairement à ce dernier, qui n'expliquera jamais clairement ce qui est arrivé pour que les morts se relèvent de leur tombe, Lucio Fulci s'attelle plutôt à nous replonger dans les origines mêmes du mythe du zombie : le vaudou.
Non sans y apporter une touche d'originalité, par le biais d'une histoire mêlant donc le vaudou et les pratiques expérimentales d'un savant "fou", le docteur Menard.
Après avoir étudié toute sorte de virus et de maladies ( épilepsie, catalepsie... ), le docteur Menard refuse toujours l'évidence et recherche les causes de cet état de mort clinique qui prend cependant toutes les apparences de la vie.
Mais arrivera-t-on à savoir si effectivement cette contagion trouve ses origines dans un quelconque virus ou plutôt dans les chants de sorciers mystérieux qui hantent l'île de Matool?
Toujours est-il que le temps presse et que le docteur Menard va sacrifier tous ses biens pour trouver au plus vite par quel moyen contrôler cette épidémie, et ainsi, suppose-t-on, la mort!



Ian MacCulloch remplit ici à merveille son rôle de personnage principal, il n'est pas sans nous rappeler Roger Moore dans son comportement tantôt charmeur tantôt casse-cou, et quoi qu'il en soit aventurier et altruiste, surtout quand il s'agit d'aider la charmante Tisa Farrow à retrouver son père ( le docteur Menard ) sur l'île de Matool. Cette dernière jouant un personnage inquiet et parfois étonnement insouciant, ce qui ne va pas de paire d'habitude. On devine alors qu'elle est en proie à une angoisse profonde , alors qu'elle tente de masquer cela en fuyant la réalité, qu'elle refuse, ce qui laisse penser qu'elle s'écarte elle même de son propre rôle alors qu'il n'en est rien.
Lucio Fulci se dote, fait inhabituel dans ses productions, d'un acteur confirmé et populaire, Richard Johnson, pour interpréter le personnage du docteur Menard. Il n'y a nul doute que Richard Johnson, de par son charisme et son expérience, sied à merveille pour interpréter ce savant à bout de souffle et au bord de la folie. Détail important car c'est sur ce personnage que repose une bonne partie du film, juste après Ian MacCulloch.
Dans les seconds rôles nous retrouvons des habitués du casting Fulcien, qui viennent renforcer le nombre de victimes potentielles.



C'est bien entendu surtout en terme de réalisation que L'Enfer des Zombies va se démarquer des productions horrifiques de cette époque mettant en scène des morts-vivants dans un monde pseudo apocalyptique.
Lucio Fulci utilise son style personnel pour mettre en avant les maquillages de Gianetto de Rossi. Ce dernier a d'ailleurs pris le parti de créer des zombies au regard vide, de préférence énucléés, afin de nous faire prendre conscience que ce ne sont que les jouets d'une force maléfique et qu'il sont guidés tout au mieux par leur instinct cannibal. Un face à face avec la mort en quelque sorte, qui ne connaît strictement aucune émotion ou pitié.
Lucio Fulci va donc enchaîner les travellings, les contre plongés et les plans serrés pour nous faire participer au mieux à l'action. A noter une originalité osée dans certaines scènes comme le face à face du requin avec un zombie, dans ce lot il ne manque plus qu'un producteur. C'est au sein de cette même scène que Lucio Fulci va certainement arbitrairement en profiter pour nous glisser quelques minutes de nudités, requin et producteur disions-nous ?
C'est aussi grâce au talentueux Fabio Frizzi que l'Enfer des Zombies va prendre toute sa dimension. Ce dernier nous a concocté une musique extrêmement électronique et décalée, du "boum boum" mythique de la séquence d'introduction aux musiques ( volontairement ? ) agaçantes des praticiens vaudous ( que curieusement nous ne verront pas une fois tout au long du film ). Un enchaînement d'échantillons sonores stressants donc plus qu'une composition à part entière, ce qui là encore, démarque le film.



En définitive, "l'enfer des zombies" resplendit donc d'abord par son originalité, orchestrée par une équipe indéniablement talentueuse, je pense au trio Fulci/Rossi/Frizzi. Il est dommage que nous n'assistions pas à une meilleure interprétation, cette dernière restant toutefois fortement acceptable.
Une suite très attendue fut tournée, cependant la réalisation vaqua, certainement à cause des problèmes de santé de Lucio Fulci et fut confiée en grande partie au Zedèsque Bruno Mattéi, épaulé par son nanardèsque Claudio Fragasso.
C'est aussi en ce sens qu'on se rend compte qu'on a du talent ou pas, Lucio Fulci en avait, il a ainsi permis a l'Enfer des Zombies d'être relégué au rang de film culte.

Retrouvez la critique de la B.O du film:

http://www.horreur.com/fiche_zik.php?idzik=5