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Partie dans le Texas pour voir si la tombe de son grand-père n'a pas été profanée, Sally, accompagnée de son frère handicapé et de trois amis, va se retrouver confrontée à une famille de dégénérés, dont l'un des membres porte un masque de peau humaine et manie la tronconneuse comme personne... La journée va vite se transformer en véritable cauchemar pour la jeune fille et ses amis...



26 Juillet 1984. Agé de 78 ans, Ed Gein meurt d'une insuffisance respiratoire dans un service de gériatrie. Celui que l'on a surnommé "Le Boucher de Plainfield" n'est plus. L'étude de sa vie fait froid dans le dos. Après la mort de sa mère, il vécu seul dans une grande ferme. Qu'il transforma en maison de l'horreur, gardant le cadavre de sa mère, tuant des jeunes femmes pour préléver leurs organes et les dépecer afin de se confectionner des habits en peaux humaines, allant profaner des tombes pour récuperer des ossements…Un cas extrème de sérial killer comme seul l'Amérique peut en faire naître. Cette histoire allait s'avérer un bon filon pour les réalisateurs de films d'horreurs. Plusieurs allaient exploiter le cas Ed Gein pour le cinéma. En 1974, deux films sur le sujet virent le jour : Deranged de Jeff Gillen, mettant en scène Ed Gein lui-même, mais surtout une œuvre au titre choc, s'inspirant de ses méfaits, qui terrorisa le monde entier et gagna rapidement ses galons de film culte absolu : Massacre à la Tronçonneuse !


Sur un scénario qui tient sur une page, Tobe Hooper est parvenu à réaliser un authentique monument de folie pure, d'hystérie totale, comme on en a jamais vu sur un écran de cinéma. Dès le générique, Hooper joue sur la véracité des événements en nous indiquant une date précise, 18 Aout 1973. Avec cette indacation de temps, il ancre d'emblée son film dans la réalité. La voix off qui nous dit que l'on va assister à la vision d'un des crimes les plus bizarres des annales du FBI fait passer le film du statut d'œuvre de fiction à celui de "documentaire", ce qui renforcera le côté glauque et réaliste du film.




La présentation des personnages se fait de façon lente, calme. On fait connaissance avec nos 5 amis, trois garçons, Kirk, Jerry et Franklin et deux filles, Pam et Sally, qui se rendent au cimétière de Newt, afin de vérifier si la tombe du grand-père de Sally et Franklin n'a pas été profané par le pervers qui sévit dans la région actuellement. La vérification effectuée, la camionnette repart sous un soleil de plomb. Par petite touche, Hooper commence à installer son ambiance. Le groupe passe devant des anciens abattoirs et Franklin se met à raconter comment son oncle tuait les bêtes, à grand renfort de détails peu savoureux. Nous avons là la première incursion dans le morbide. Une incursion dont jamais on ne sortira par la suite. Puis c'est la prise d'un auto-stoppeur. Un personnage disposant d'un physique étrange, qui ne laisse rien augurer de bon. Hooper prend son temps et distille le suspense et le stress en parfait orfèvre. L'auto-stoppeur s'extasie devant le petit couteau que tient Franklin. Il s'en empare et se taillade la main, devant les yeux ébahis de l'assistance ! On comprend alors que notre première impression était la bonne et que ce personnage n'est pas bien clair dans sa tête. S'ensuit une scène d'hystérie collective quand l'auto-stoppeur se met à taillader le bras de Franklin, avant d'être mis dehors. On se dit que la journée commence mal pour nos amis.

Vient ensuite le début du cauchemar. Pam et Kirk partent se promener et tombent sur une maison apparemment abandonnée. Là encore, Hooper fait naître le malaise et le stress avec de petits détails, comme cette dent humaine que trouve Kirk près de la porte. Arrive alors la première scène Choc, avec un grand "C" ! Rapide, brutal, terriblement efficace. Kirk entre dans la maison et se fait fracasser la tête par un homme monstrueux, habillé en boucher, portant un masque de peau humaine sur le visage. Avec une force prodigieuse, le monstre soulève l'homme pour le faire pénétrer dans une pièce et referme une porte métallique. Une scène de 2 minutes à la puissance prodigieuse, qui nous cloue littéralement sur notre fauteuil, l'apport d'une musique très glauque renforçant la séquence. Du très grand art !




La suite sera encore plus culte, avec la mort de Pam. Avec intelligence, Hooper ne la fait pas tuer tout de suite par Leatherface. Il lui laisse le temps de visiter cette curieuse maison. L'histoire de Ed Gein refait alors surface, avec cette décoration très "personnelle", faite d'ossements, de crâne d'animaux, d'abat-jour en peau humaine. Quand on pense à la chaleur qui regnait sur le tournage, on se dit que l'odeur de la viande qui se décompose devait être insupportable. La mort de Pam est bien sur une séquence incontournable du cinéma d'horreur, une référence en la matière, avec l'apparition du terrible engin du titre, la tronçonneuse, même si on ne voit aucune goutte de sang.

Car l'une des grandes forces du film est justement ce que la génération "Scream" lui repproche aujourd'hui, à savoir la quasi absence de sang. Hooper a préféré tout suggérer plutôt que de jouer la carte du gore. C'est à l'imagination du spectateur qu'il s'adresse, celle-ci prenant le relais des images et s'inventant sa propre vision des morts du film.

On peut également reprocher au film d'être un peu répétitif au niveau des morts, puisqu'on a par deux fois droit au départ d'un personnage, à la découverte de la maison de Leatherface, puis au "fracassage" de tête par un bon coup de maillet. Personnellement, ça ne me gène pas du tout.

Après le massacre à la tronçonneuse de l'avant dernier survivant, on assiste à une course poursuite jubilatoire entre Sally et Leatherface dans les bois, en pleine nuit. Marilyn Burns, qui interprète Sally, gagne dans cette scène ses galons de "Scream Queen" en hurlant de façon quasi non stop pendant toute la poursuite.




Je ne vais pas m'attardez sur la suite du film. Sachez seulement que le final, une scène de repas "en famille", est un monument d'hystérie, de folie, montrant l'homme dans son image la plus abominable, torturant pour le plaisir, sans aucun remords. On ne rit guère devant la torutre psychologique que subit Sally, ni devant les images de son œil filmé en gros plan, injecté de sang, qui nous montre bien qu'elle est vraiment à bout mentalement et physiquement. Je n'ai jamais vu une représentation de la folie humaine plus monstrueuse que dans cette séquence. Le tout sans aucun débordement sanglant.

Avec peu de moyen, Tobe Hooper a su réaliser un chef d'œuvre magistral, sans concession, véritable cauchemar éveillé, dont les images nous hantent bien longtemps après sa vision. Une œuvre qu'il faut voir et revoir, pour en analyser toutes les subtilités. Un tour de force, dont la puissance est toujours présente, même de nos jours. La preuve avec le remake de 2003, sympathique, certes, mais qui ne peut en aucun cas rivaliser avec l'hystérie et la folie présente dans l'œuvre originale.