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Réalisation
John Carpenter

Scénariste
Don Jakoby

Date de sortie
1998

Genre
vampires

Tagline


Cast
James Woods
Daniel Baldwin
Sheryl Lee
Thomas Ian Griffith
Maximilian Schell


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
John Carpenter

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.8
(19 votes)
Au Nouveau-Mexique, Jack Crow, un chasseur de vampires, détruit des nids de vampires. Ils ne craignent qu'une chose : le soleil. Ce que Jack Crow ignore, c'est qu'il va devoir affronter un grand-maître redoutable : Valek. Pendant que les hommes de Crow profitent d'un repos du guerrier bien mérité, ils sont sauvagement massacrés en même temps que les prostituées par Valek. Une seule survit à l'attaque, Katrina, qui est reliée psychiquement au redoutable vampire. Le temps presse car Valek et d'autre grands-maîtres sont à la recherche de la croix de Berziers, censée apporter aux vampires la faculté de se mouvoir en plein jour.



Avec ce film, John Carpenter redonne un coup de jeune au mythe vampirique, comme avaient su le faire avant lui, Joel Schumacher avec son "Génération Perdue" et Kathryn Bigelow à l'occasion de "Aux frontières de l'aube". Dix ans séparent ces films ancrés dans la culture des années 80 et le nouvel opus de Carpenter. Entre temps, l'on a assisté au retour des films de vampires gothiques : le "Dracula (1992)" de Coppola et "Entretien avec un vampire". Comme bien souvent chez lui, Carpenter ne suit pas les modes, et opère un retour en arrière. Avec "Vampires", exit le vampire glamour et romantique initié par le film de Coppola.



On reconnaît bien la marque du réalisateur de "Assaut" et de "New York 1997" qui, plus que jamais, se laisse aller à reprendre les codes du western (Jack Crow, sorte de chevalier/cow-boy, la prostituée). Dans l'affrontement entre les vampires et ses goules, on peut y voir la transposition des fameux duels qui firent la gloire des westerns de l'âge d'or. Donc, Carpenter se fait vraiment plaisir, tout en n'oubliant pas que l'on se trouve dans une série B et d'horreur. Jamais, le maître du cinéma fantastique ne se sera autant lâché dans les scènes de carnage où les débordements gores sont légions. On retiendra notamment deux attaques de Valek dans le motel et le monastère. Mais la violence se retrouve aussi du côté des chasseurs de vampires, menés par Jack Crow. Ce dernier "nettoiera" (à coup de décapitation) les cadavres de ses amis, pour les empêcher de se transformer à leur tour. Dans la lutte contre le Mal, il n'hésite pas à utiliser les personnes qu'il trouve comme cette pauvre prostituée, malmenée et régulièrement insultée, se comportant sans pitié comme ceux qu'il combat.



Au niveau du casting, James Woods ("Vidéodrome") supplante aisément les autres acteurs. Le rôle de ce chasseur blasphémateur semblait vraiment fait pour lui. L'acteur s'en donne à cœur joie. Dans le rôle du cardinal Alba, c'est l'excellent Maximilian Schell ("Deep Impact") qui joue à merveille de la sensualité procurée par son poste au sein de l'Eglise Catholique. Un rôle plus ambigu qu'il n'y paraît. N'oublions pas que John Carpenter est athée, et que cela ressort de son "Vampires". Après tout, c'est l'Eglise qui est responsable de la "naissance" du premier des vampires. Les institutions religieuses (l'inquisition) sont donc montrées du doigt car c'est en se créant un ennemi que la religion a favorisé l'émergence d'un véritable danger. Une parabole à méditer en ces périodes troublées où le fanatisme religieux refait surface.

Les effets spéciaux sont bien sûr très convaincants, étant l'oeuvre du studio KNB. Le seul bémol concernera les effets pyrotechniques lorsque les vampires prennent feu. Moins crédibles, d'autant plus que lesdites scènes se répètent.



Finalement, sans révolutionner véritablement le mythe, Carpenter arrive à concilier films d'horreur et ambiance de western, utilisant avec un savoir faire consommé l'alternance jour/nuit pour mieux jouer des codes des deux genres. Maîtrisé et convaincant, en évitant le manichéisme comme à son habitude, le réalisateur laisse la porte ouverte à une inévitable séquelle ! Ce qui donnera un pitoyable "Vampires 2", que notre mémoire va se faire un plaisir de vite oublier. Ce "Vampires" sonnerait-il le crépuscule d'une carrière mémorable ? On espère que non, mais malgré tout on sent poindre une certaine mélancolie et lassitude de la part d'un réalisateur qui semble fatigué. On espère tous que Big John va malgré tout continuer à œuvrer dans le cinéma fantastique malgré la baisse de régime de son dernier film ("Ghosts of Mars").