RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Lucio Fulci

Scénariste
Fulci & Dardano Sachetti

Date de sortie
1980

Genre
zombies

Tagline


Cast
Christopher George
Katherine McColl
Robert Sampson...


Pays
Italie

Production


Musique
Fabio Frizzi

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.6
(33 votes)
La pendaison d'un prêtre dans la ville de Dunwich aura pour conséquences l'ouverture d'une porte de l'Enfer le jour de la Toussaint, privant les morts du repos éternel. Mary, une jeune médium qui a failli mourir enterrée vivante suite à la vision de cette pendaison, part avec Peter, son sauveur, en direction de Dunwich afin de trouver et de fermer la porte qui libérera les morts. Pendant ce temps, des événements très étranges se déroulent dans cette ville. Le corps spectral du prêtre apparait et provoque la mort très violente des gens qui l'apercoive. Les forces du mal sont lachées sur Dunwich...



Que la jeune génération oublie Scream et autres néo-slashers mixant humour et suspense ! Frayeurs est un pur chef d'œuvre d'angoisse et de terreur, et aucune séquence humoristique ne vient faire retomber la tension qui s'empare du spectateur tout au long du déroulement du film.

La tension nous prend aux tripes dès le générique, par un long hurlement surgit de nul part et surtout par l'entrée fracassante de la musique de Fabio Frizzi, élément capital sans qui Frayeurs aurait été un tout autre film. Les chœurs ténébreux de cette partition musicale nous plonge dans un univers macabre sans précédent et parvient à créer un véritable climat de stress et d'angoisse. Frizzi a parfaitement su coller sa musique aux images qu'elle accompagne. Le prêtre qui déambule dans le cimetière, jonché de feuilles mortes, baigné dans la brume, est l'une des introductions les plus soignées de Fulci visuellement. La mise en parallèle de cette séquence avec une séance de spiritisme dans laquelle l'hypnotisée "voit" également le destin tragique du prêtre, est très ingénieuse et permet de placer les deux endroits où vont se dérouler l'action, c'est à dire Dunwich et New-York.



Le film est ensuite, malgré un rythme assez lent, une succession de scènes terrifiantes ou angoissantes, dont certaines resteront dans les annales au point que des films des années 2000 s'y référeront encore, comme cette séquence haute en suspense où une jeune femme est enfermée vivante dans un cercueil par exemple (Kill Bill de Tarantino). Une scène grandiose où l'on se surprend à frémir à chaque coup de pioche donné dans le bois du cercueil…

Et puis arrive les manifestations des forces du mal, magistralement orchestrées par Gino de Rossi, responsable des FX. Et le monsieur, il a fait fort, très fort même dans l'horreur graphique ! On commence doucement avec une jeune fille qui se prend une ignoble purée de vers, d'asticots et de boue sur le visage, pour ensuite assister à l'une des scènes les plus marquantes du cinéma d'horreur avec ce couple prisonnier du spectre du prêtre. Celui-ci fait d'abord pleurer du sang à une femme avant de lui faire littéralement vomir ses boyaux ! Effet ecoeurant garanti si vous êtes à table ! Les maquillages des morts-vivants sont également bien horribles (on est très loin du joli teint bleuté des zombies de Romero…), tout n'est que putréfaction chez Fulci. Chez lui, la mort n'est pas belle. Oh que non ! La séquence de la perceuse sera également un morceau de bravoure niveau gore ! Et comme je vous le disais plus haut, le tout filmé sans aucun humour !



Néanmoins, ce ne sont pas ces séquences d'horreurs (peu nombreuses en fait) qui font l'intérêt du film. Non, la grande réussite de Frayeurs, ce sont ses images, son ambiance, son atmosphère étouffante et particulièrement macabre, sa photographie, le soin apporté aux images, aux couleurs. Chaques décors évoquent la Mort dans ce film : le cimetière, la ville déserte de Dunwich, la salle d'embaumement, les cercueils, les catacombes. Frayeurs serait-il un poème dédié à la Grande Faucheuse ? Quand on voit son autre film, "L'Au-delà", on peut penser que Frayeurs n'est qu'une ébauche de ce poème, que son brouillon. Néanmoins, la Mort et le surnaturel sont bien présents et peuvent surgir à tout moment, sans raison apparente, comme cette scène où une pluie d'asticots s'abat sur les personnages. Pourquoi ? On ne le saura jamais.

On peut en effet reprocher au film un certain manque de logique et un scénario un peu confus et classique. Mais le surnaturel est-il logique ? Rationnel ? C'est justement cette sorte de confusion et de manque de repère qui fait de Frayeurs un film unique.



Pour l'étonnante séquence finale, dans un décor somptueux où tout n'est que pourriture, Fabio Frizzi nous livre une autre pièce maitresse de sa partition musicale. Une sorte de "marche des morts-vivants", lente puis rythmé, qui reste dans les mémoires dès la première écoute.

Et pour conclure ce film à la limite de l'iréel, Fulci nous livre une dernière scène qui ne trouvera aucune réponse. Le petit garçon se précipite vers la caméra, son visage se fige, son image se fissure et le noir envahit l'écran. Tels les Ténèbres qui ont envahi la ville de Dunwich…

Merci monsieur Fulci !

Retrouvez la critique de la B.O du film:

http://www.horreur.com/fiche_zik.php?idzik=9