Affiche française
Ice cream man | Ice cream man | 1995
Affiche originale
Ice cream man | Ice cream man | 1995
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Ice cream man

Ice cream man

Gregory Tudor, traumatisé dans son enfance par le meurtre du glacier de son quartier, revient des années plus tard avec une conception très particulière du métier. Désormais glacier, à son tour, il enlève et assassine ceux qui croisent sa route, utilisant parfois leurs restes dans ses créations. Lorsqu’un groupe d’enfants commence à soupçonner l’inquiétant marchand, il décide de découvrir ce qui se cache derrière ses recettes. Une enquête qui risque bien de leur couper définitivement l’envie de reprendre du dessert...

Ice cream man | Ice cream man | 1995

L'AVIS :

Sorti en 1995 et réalisé par Paul Norman, le film part d’un concept qui, sur le papier, a tout ce qu’il faut pour devenir un petit classique du cinéma d’horreur : un marchand de glaces psychopathe qui assassine les habitants du quartier avant d’utiliser leurs restes dans ses crèmes glacées. C’est simple, efficace, complètement débile… et forcément irrésistible.
Au centre de cette histoire, il y a Gregory Tudor, interprété par Clint Howard. Enfant, Gregory a assisté au meurtre du glacier de son quartier, avant de passer quelques années dans un établissement psychiatrique. Devenu adulte, il reprend à son tour le camion et la boutique de son ancien héros. Sauf que Gregory a développé une conception assez personnelle du métier.Disons simplement que chez lui, la chaîne du froid n’est pas le seul problème sanitaire.

Et soyons clairs immédiatement : Ice Cream Man n’est pas tout à fait un bon film.

La réalisation est plate, le rythme parfois étrange, certains dialogues donnent l’impression d’avoir été écrits quelques minutes avant le tournage et le scénario ne sait pas toujours très bien quoi faire de son excellente idée de départ. On sent constamment le petit budget et cette ambiance typique de certaines productions horrifiques des années 90 qui semblaient déjà un peu vieillottes au moment même de leur sortie.

Mais Ice Cream Man possède un argument de taille : Clint Howard. Avec son visage immédiatement reconnaissable, son sourire inquiétant et son regard complètement allumé, le frère cadet de Ron Howard semble avoir compris avant tout le monde dans quel film il jouait. Son Gregory Tudor est à la fois ridicule, dérangeant et étrangement fascinant. Il suffit de le voir servir une glace ou parler avec son infirmière comprendre que quelque chose ne tourne vraiment pas rond chez ce type.

Le film possède d’ailleurs quelques images suffisamment absurdes pour rester en mémoire. Un œil qui apparaît au milieu d’une glace, des morceaux humains qui traînent là où ils ne devraient clairement pas se trouver, des parfums dont on préfère ignorer la composition… Ice Cream Man exploite son concept avec un mélange de gore, de mauvais goût et d’humour noir qui fonctionne parfois mieux par accident que par réelle maîtrise.

Au milieu de tout ce bazar, Tudor continue son massacre et pendant que les adultes semblent mettre un temps considérable à comprendre qu’un marchand de glaces franchement inquiétant rôde dans le quartier, une bande de gamins décide de prendre les choses en main.

Et c’est probablement dans cette partie qu’Ice Cream Man dévoile le mieux son côté presque enfantin, comme si un slasher venait soudainement rencontrer « Les Goonies ». Nos jeunes enquêteurs espionnent Gregory, se cachent, élaborent leurs théories et se retrouvent évidemment beaucoup trop près du danger.
Certaines scènes deviennent même franchement marrantes. Difficile de ne pas sourire devant ce gamin persuadé d’être parfaitement dissimulé dans un supermarché alors que ses pieds dépassent lamentablement de sa cachette. Même chose lorsque les policiers doivent s’échapper d’un asile psychiatrique, « poursuivis » par des figurants pas plus motivés que ça à l’idée de les en empêcher.

Ce décalage est d’ailleurs assez représentatif du film. On peut passer d’un morceau de cadavre retrouvé dans une glace à une aventure pour enfants sans que personne ne semble vraiment trouver ça étrange.

Et c’est peut-être aussi pour ça qu’Ice Cream Man est aussi attachant. Il ne maîtrise pas toujours son mélange des tons, mais cette enquête menée par les gamins lui donne une légèreté et une naïveté assez irrésistibles. On est parfois davantage dans une aventure horrifique de cour de récréation que dans un véritable slasher.
Un mélange improbable, certes. Mais avec Ice Cream Man, on n’était de toute façon plus à ça près.

Le parcours du réalisateur ajoute encore une couche à l’étrangeté de l’ensemble. Avant Ice Cream Man, Paul Norman avait principalement travaillé dans le cinéma pornographique. Autant dire que le film constitue une bifurcation professionnelle assez spectaculaire. De son côté, le scénariste David Dobkin connaîtra une carrière beaucoup plus conventionnelle à Hollywood, jusqu’à réaliser quelques années plus tard Serial noceurs.

Mais le plus étonnant reste probablement le casting.Parce qu’au milieu de cette histoire de glacier psychopathe, on retrouve tout de même Olivia Hussey, l’inoubliable Jess de Black Christmas, David Naughton du Loup-garou de Londres, David Warner, Jan-Michael Vincent ou encore Sandahl Bergman. Une distribution presque trop prestigieuse pour un film dans lequel Clint Howard mélange tranquillement des restes humains à ses glaces.

C’est aussi ce qui rend Ice Cream Man aussi sympathique.
Le film semble constamment coincé entre plusieurs envies. Être un vrai slasher ? Une comédie horrifique ? Un film volontairement grotesque ? Une série B complètement sérieuse devenue drôle avec le temps ? Il ne choisit jamais vraiment.Et finalement, ce n’est peut-être pas plus mal.

Parce que trente ans plus tard, on a oublié énormément de slashers beaucoup mieux fabriqués qu’Ice Cream Man. Celui-ci, en revanche, possède un camion, une musique agaçante, un glacier complètement taré et suffisamment de scènes improbables pour qu’on ait envie de raconter son existence à quelqu’un d’autre.
Alors non, Ice Cream Man n’est pas très bon.Mais c’est un film bizarre, crade, maladroit, involontairement hilarant et surtout totalement sincère dans sa folie.

Et dans le petit monde merveilleux des séries B horrifiques, ça suffit parfois largement pour mériter une deuxième boule.

Ice cream man | Ice cream man | 1995
Ice cream man | Ice cream man | 1995
Bande-annonce
Note
2
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Sylvain Gib