Chapelle du Diable - La
Unholy - The
Dans un village de la Nouvelle-Angleterre, un journaliste est témoin de miracles qui semblent fortement liés à la Vierge Marie. Sous ses yeux, une femme sourde et muette retrouve audition et parole, un jeune enfant en chaise roulante retrouve la motricité de ses jambes : aucun doute, notre journaliste voit ici un nouveau tremplin pour relancer sa carrière, mise à mal autrefois par des falsifications d’articles qui lui ont valu d’être licencié. Mais est-ce bien là le fruit du Divin ? Rapidement, le Vatican enquête sur ces phénomènes…
L'AVIS:
Sorti en 2021 dans les salles obscures, "La chapelle du Diable" n’a pas laissé de grands souvenirs cinq ans après sa sortie.
Et en effet, le long-métrage d’Evan Spiliotopoulos (basé sur le livre « Shrine », que l’on peut traduire par « Tombeau » ou « Sanctuaire », de James Herbert) est la preuve qu’un bon scénario ne donne pas forcément un bon film.
Cette histoire d’apparition de la Vierge Marie et de miracles prenant source auprès de la Mère de Dieu était pourtant sur le papier très intéressante, avec tout ce qu’il faut de paranormal et de mystérieux autour de ces phénomènes dont l’origine nous questionne (est-ce l’œuvre de la Vierge Marie ou du Malin ?). Mais Evan Spiliotopoulos ne parvient malheureusement pas à nous embarquer dans cette intrigue qui semble puiser dans pas mal de films du genre mais sans jamais vraiment nous tenir en haleine ou nous faire tout simplement frissonner.
On ne peut pourtant pas dire que notre cinéaste n’a pas essayé de nous plonger dans son intrigue ni encore moins de nous effrayer, en témoignent les nombreux jumpscares, les apparitions de ce qui semblent être des démons ou encore cette incursion dans les archives de la paroisse locale qui vont nous révéler de bien sombres choses…
Mais voilà la réalisation n’est pas du tout au rendez-vous de ce qui ressemble bien plus à un petit téléfilm de fin de semaine que l’on visionne quand il ne fait pas beau et que nous n’avons rien d’autre à nous mettre sous la dent à ce moment-là, et en aucun cas à un film destiné aux salles de cinéma comme ce fut pourtant étrangement le cas…
Quel beau gâchis nous avons là quand on voit le matériau d’origine. Intrigant par son résumé et excitant à l’idée que Sam Raimi fait partie des producteurs (Ghost House Pictures), "La chapelle du Diable" est tout simplement l’adaptation ratée d’un livre en film. Comme quoi il ne suffit pas qu’une histoire soit cohérente (on appréciera notamment le fait d’exploiter ces endroits bien spécifiques, comme Fatima ou bien évidemment Lourdes, qui sont devenus des lieux de pèlerinage inévitables – et économiquement très intéressants - suite aux apparitions de la Vierge Marie) et sorte quelque peu des sentiers battus (exit toutes ces histoires d’exorcisme qui peuplent le sous-genre des films de « Diable et démons » comme on les appelle chez horreur.com) pour que le film soit réussi. Loin de là.
Le casting, rien qu’à ce niveau, est bien pâlichon. Les acteurs et actrices ne semblent pas convaincus par le projet, ne semblent pas vouloir trop s’investir dans ce scénario pourtant bien ficelé (bien que présentant quelques lacunes comme le fait de nous faire croire qu’une poupée maléfique est au pied d’un arbre depuis 1845 sans que personne ne l’ait vu jusque là par exemple…), et cela se ressent fortement. Cet aspect mollasson de l’intrigue qui en résulte nous donne alors cette désagréable sensation comme dit un peu plus haut d’être face à un petit téléfilm fade.
Mais bien plus encore, c’est du côté des effets visuels que "La chapelle du Diable" va tout simplement nous perdre. Passés les jumpscares pathétiques laissant apparaître une tête maléfique au rendu ridicule (le numérique est vraiment dégueulasse ici), les apparitions du Malin sont catastrophiques, aussi bien dans les cauchemars/visions de notre héros (malgré lui…) que dans la réalité. Des effets numériques affreux (je ne parle pas du rendu des flammes…) qui viennent totalement discréditer le film. Aucun doute là-dessus : le suspense distillé par le scénario s’en retrouve fortement altéré, toute crédibilité et tout effroi étant alors mis au rabais.
En définitif, vous l’aurez aisément compris, "La chapelle du Diable" aurait pu être un bon petit film d’horreur en raison de ce scénario intéressant portant sur la thématique de la foi et désireux de sortir des gros clichés du genre. Mais voilà la réalisation catastrophique qui en découle (qu’il s’agisse du casting paresseux, de l’intrigue momolle ou des effets visuels bien vilains) fait sombrer le projet, peinant à véritablement intéresser son public. Et ce dès les premières minutes du long-métrage d’Evan Spiliotopoulos aux allures de film fauché…
Quelle déception car on aurait pu tenir là un bon thriller surnaturel avec en image de fond cette lutte entre le Bien et le Mal !