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freund karl



 1937 
- Le roman de Marguerite Gautier

 1935 
- Les mains d'Orlac

 1932 
- Double assassinat dans la rue Morgue

 1932 
- La momie

momie - la

 1931 
- Dracula (1931)

 1927 
- Metropolis

 1926 
- Faust 1926

 1924 
- Le dernier des hommes

 1920 
- Le Golem



VAUGIER Emmanuelle

CHAPPELLE Joe

ADAMS Brooke

ALBA Jessica

BECKINSALE Kate

DAWSON Rosario








FREUND Karl
Carl Freund, Karl W.Freund , Directeur de la Photographie, réalisateur, opérateur


Cette filmo a été consultée 967 fois


NE(E) LE :
16 janvier 1890/03 mai 1969 , A :  Dvur Kralove – République Tchèque/ Santa Monica - Californie


FREUND Karl

   Pour la jeune génération, le nom de cet homme ne doit pas forcément évoquer grand chose, et pourtant cet homme va révolutionner le cinéma en tant qu’opérateur et surtout comme Directeur de la photographie.
Il va démarrer sa carrière dans les années 10 et travaillera principalement en Allemagne. Mais c’est véritablement à partir des années 20 que le travail de Freund va prendre toute sa dimension. L’homme comme vous allez le constater, va œuvrer sur les films majeure de cette époque là et travailler avec les plus grands : cinéastes et acteurs.

En 1924 il travaille pour Murnau, devenu célèbre deux ans auparavant suite à la sortie de "nosferatu". Il collabore sur "le dernier des hommes" et retravaillera avec lui deux ans plus tard sur "Faust 1926", son autre chef-d’œuvre.
En 1927, c’est Fritz Lang qu’il rencontre et qui lui offre l’opportunité de travailler sur l’un des films les plus importants de ce siècle, "metropolis". Le travail de Freund ne fait pas qu’effleurer le sublime, il est tout simplement époustouflant, et contribuera pour une grande part à la qualité globale du film.
Il démarre les années 30 avec "A l’ouest rien de nouveau" de Milestone, puis "Bad sister" en 1931 avant de rejoindre cette année là l’un des seigneurs du cinéma fantastique, Tod Browning. Ce dernier réalise la première version parlante d’un autre saigneur, "dracula (1931)" avec la future légende Bela Lugosi. Freund est le responsable de la photographie sur le film et le résultat est celui que vous connaissez tous : divin.

Les années 30 vont d’ailleurs être pleines pour Freund et il va travailler sans relâche sur différents projets. Dès 1932 il retrouve Bela Lugosi sur le tournage de "double assassinat dans la rue morgue" de Robert Florey. C’est également l’année de sa première réalisation et pas des moindres : il tourne "la momie" avec Boris Karloff, et son travail sur la photographie (notamment en Egypte) fait merveille.
En 1933, c’est une autre icône du muet avec qui il travaille : "La Reine Christine" sort sur les écran et Freund magnifie Garbo "La Divine" par la même occasion.
1935 marque l’année de son second film en tant que réalisateur : il tourne "les mains d’Orlac" qui narre la mésaventure d’un pianiste qui, suite à la perte de ses mains dans un accident d’avion, se voit greffer malgré lui les mains d’un assassin…
Au casting, ce qui se fait de mieux alors : Peter Lorre ("M le maudit") donne la réplique à Colin Clive ( le professeur Frankenstein dans "la fiancée de frankenstein") pour ce thriller érotique de grande classe.
En 1936 c’est au tour de Robert Z.Leonard de l’engager sur "le grand Ziegfield", avant qu’il ne retrouve George Cukor pour "Le roman de Marguerite Gautier", où il retrouve Garbo dans le rôle titre en 1937. C’est aussi l’année où son travail est reconnu par la profession et "The good earth" qui relate le destin dramatique d’un fermier en Chine (d’après un roman de Peral S.Buck), lui permet de remporter un Oscar.

Les années 40 lui apporteront l’opportunité de travailler encore avec les plus grands noms, témoins ses collaborations à "Tortilla Flat" de Victor Fleming ("Autant en emporte le vent", "Le magicien d’Oz"), ou encore "L’introuvable rentre chez lui" de Richard Thorpe. Il travaillera également avec Jules Dassin, Vincente Minnelli et John Huston.
A partir de 1948 et jusqu’en 1956 il travaillera surtout sur des dramatiques et des polars ; mais des comédies aussi, et principalement "I love Lucy" film de 1953, initié en série dès 1951 et qui perdurera jusqu’en 1956, date à laquelle Freund stoppera sa carrière.

Karl Freund est décédé en mai 1969, en Californie. Trois mois presque jour pour jour après Boris Karloff.


Christophe JAKUBOWICZ
Le 19 mai 2007


L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : bomba fat


Ouais !
Merci pour cette courte mais très intéréssente bio.
. . . Et relater le parcours d'un opérateur de génie !






Avis de : Lord Nithorynque


Si on met de côté les débuts de Karl Freund dans les années 10, et la fin de sa carrière à la télévision avec la très populaire série "I Love Lucy", on peut découper sa carrière de directeur de la photographie en trois grandes phases :
1/ la période allemande, avec les films de la UFA (jusqu'en 1929 et son départ pour l'Amérique), la période fondatrice ;
2/ la période Universal (de 1929 à 1935), celle où Karl Freund oeuvre le plus dans le genre fantastique ;
3/ la période MGM (à partir de 1935), tournée davantage vers des productions grand public.


1/ En collaborant avec les plus grands cinéastes de son époque, Karl Freund, formé à l'école de l'expressionisme allemand, développe une exceptionnelle capacité d'innovation technique.

Pour ne mentionner que quelques films :
LE GOLEM (1920), beau film mésestimé, est nettement plus fascinant que Le Cabinet du docteur Caligari, mais qu'on voit malheureusement le plus souvent en version teintée, ce qui ne rend pas justice à la qualité de sa photographie.
LA TERRE QUI FLAMBE de Murnau (1922) est un film moyen du point de vue du scénario et de la mise en scène, mais dont certaines images particulièrement inspirées impriment durablement la rétine.
LES FINANCES DU GRAND-DUC de Murnau (1924), est une comédie assez hilarante, pleine de rebondissements, dont les intérieurs et surtout les nombreuses scènes d'extérieur sont remarquablement photographiées.
LE DERNIER DES HOMMES de Murnau (1924) est un film génial ne comportant aucun intertitre, et donc la photographie joue un rôle important dans la compréhension de l'histoire. On retient le fameux plan en caméra portée : c'est Karl Freund qui tient lui-même la caméra et qui la fait tanguer, en se balançant d'un côté et de l'autre, pour signifier que le personnage principal est ivre. C'est la première fois dans l'histoire du cinéma qu'on avait une caméra si mobile, de surcroît au service d'une idée de mise en scène.

Karl Freund s'impose alors comme le plus innovant des chefs-op, ce qui se confirme avec VARIÉTÉS (1925), METROPOLIS (1927), et surtout avec le TARTUFFE de Murnau (1926), dont la photographie somptueuse est à l'unisson de l'époustouflante mise en scène.

BERLIN, SYMPHONIE D'UNE GRANDE VILLE (1927) : Karl Freund apporte ses qualités à ce documentaire formaliste, en mettant au point une pellicule permettant de tourner malgré une lumière insuffisante, dans des conditions difficiles (beaucoup de plans de badauds sont pris sur le vif, voire même en caméra cachée - les gens n'étaient pas encore habitués aux caméras, et ne s'en méfiaient pas).

Parmi les films auquels Karl Freund a apporté son concours, il y a encore LES ARAIGNÉES (1919), un formidable sérial en deux parties de Fritz Lang, mais dont la photographie ne m'a pas spécialement marqué, et le magnifique MIKAEL de Dreyer (1924). Il y a enfin MADEMOISELLE ELSE (1929) et ses jolies scènes dans la neige.


2/ Il est logique que dans la continuité de ce qu'il a apporté au cinéma allemand, Karl Freund soit amené à signer chez Universal, au moment où le genre fantastique vaut à la compagnie américaine ses plus gros succès. Car sa conception savante d'un espace construit par une lumière très sensible coïncide justement avec le sentiment d'inquiétude qu'exprime le fantastique gothique. Le choix de Karl Freund s'impose pour filmer les décors factices de DRACULA (1931), comme les apparitions grandiloquentes de Bela Lugosi, car dans ces scènes c'est sa lumière qui instille le mieux la peur. Sans Karl freund, jamais DRACULA n'aurait fait montre de la même intensité. Cette capacité à faire ressentir la peur vaut aussi pour le film de guerre À L'OUEST RIEN DE NOUVEAU : la photo de Karl Freund apporte plus au film que la mise en scène de Lewis Milestone. Bizarrement, Karl Freund n'est pas forcément institué comme le chef-op attitré du cinéma fantastique, et il quitte de toute façon la Universal avant la décadence du genre.


3/ Passé chez MGM, Karl Freund ne touche plus directement au genre fantastique. Il semble qu'il n'était que l'assistant de William Daniels sur LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTIER de George Cukor (1936). Parmi les films que j'ai vus, il parvient toutefois à deux reprises à imprimer sa marque. D'abord avec UNDERCURRENT (titre français : Lame de fond) de Vincente Minnelli (1946), un film totalement à part dans la carrière de ce cinéaste, où la superbe photographie crée une atmosphère des plus étranges, à tel point qu'on croirait le film réalisé par Jacques Tourneur. Ensuite avec KEY LARGO de John Huston (1948) : même quand comme moi on n'aime pas Huston, on garde en mémoire ce film en raison de sa photographie.

P.S. : les deux films réalisés par Karl Freund sont intéressants mais il ne les dote pas d'un style singulier, et bien sûr la photographie est leur principale qualité. Sa version des MAINS D'ORLAC n'est pas la meilleure, mais pas la pire non plus (celle de 1961 est assez gratinée).






Avis de : Lord Nithorynque


Petite précision sur FAUST de F. W. Murnau (1926) : c'est un des plus grands films de tous les temps, et la photographie est extraordinaire. Eric Rohmer en parle très bien dans sa thèse de doctorat "L'organisation de l'espace dans le FAUST de Murnau", rééditée chez Ramsay poche cinéma (un bouquin un peu ardu, toutefois). Mais... Karl Freund, malheureusement, n'y est pour rien, car c'est Carl Hoffmann qui signe la photo du film (j'ai vérifié sur le dvd).








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