noces funebres de tim burton - les


Louis-Artus DES ROBERT


Note sur 6 :


5/6 - Louis-Artus DES ROBERT








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noces funebres de tim burton - les


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donnie darko









NOCES FUNEBRES DE TIM BURTON - LES
( CORPSE BRIDE )


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On se souvient avec émotion de "L'étrange Noël de Monsieur Jack". "Les noces funèbres" est le second film d’animation image par image produit par Tim Burton, mais réalisé cette fois en partenariat avec Mike Johnson. Comme à son habitude, Tim Burton a fait appel à Danny Elfman pour la musique. La bande originale de "Charlie et la chocolaterie" (Tim Burton, 2005), remarquée pour son exubérance déjantée et foisonnante, nous laissait augurer du meilleur pour cette nouvelle création. La bande originale de "Corpse Bride" est-elle à la hauteur ? C’est ce que nous allons voir en la décortiquant séquence par séquence (version originale).


 piste 1 : Main title - 2'06

Cette séquence peut être décomposée en deux parties : L’annonce du thème principal, d’abord au piano et au celesta accompagnés de cordes, vents et d’un cor d’harmonie, puis repris par le chœur : c’est du Elfman bien classique. On découvre un héros dont le romantisme apparent est largement souligné par la musique. Puis la caméra s’éloigne du personnage se promène dans le village, on entend le tic-tac d’une horloge, la musique est synchronisée à l’image. Apparaissent des instruments qui donneront son caractère particulier au film : l’orgue et le clavecin. Ces instruments situent l’histoire dans un contexte spatiotemporel plutôt indéfini, mais qui semble en tout cas assez éloigné.

 piste 2 : According to plan - 3'45

Une chanson… Comme dans L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK, avec des personnages qui se répondent en chantant ou en scandant des paroles et parfois même en esquissant quelques pas de danse. On aime ou on n’aime pas. Dans tous les cas le film ferait nettement plus adulte sans ces chansons à la Walt Disney (ce film est-il fait pour « faire adulte » ? c’est un autre débat). Celle-ci en particulier est un peu agaçante. Je préfère ne pas imaginer ce que donne la traduction en français. Le clavecin, l’orgue, et l’orchestre accompagnent les personnages.

 piste 3 : Victor's piano solo - 1'18

L’univers sonore de Jack, pardon… Victor, s’affirme. On découvre le personnage à travers la mélodie du thème qu’il reprend de façon très romantique, seul au piano après avoir égrainé quelques notes qui posent un climat mystérieux. La timidité première de son jeu laisse place à un début d’envolée à la Rachmaninov. C’est dans ce genre de pièces que l’on voit à quel point l’univers de Burton et celui de Danny Elfman sont indissociables. L’image et la musique se renforcent l’une l’autre dans une harmonie à la fois sombre et féerique. Le piano a une place très importante dans le film. Un seul regret, mineur, concernant cette pièce charmante : les mains de Victor ne jouent pas vraiment sur le piano la musique que l’on entend… (il joue un accord de do mineur alors qu’on entend do majeur ;) )

 piste 4 : Into the forest - 4'45

Reprise du thème un peu modifié, des sections de cuivres surgissent. Le thème devient de plus en plus sombre et mystérieux au fur et à mesure que Victor s’enfonce dans la forêt. Le piano fait quelques apparitions. La musique colle parfaitement à l’image et aux émotions de Victor, qui est tour à tour effrayé, romantique, enthousiaste (retour du clavecin), et enfin paniqué. L’orchestre est alors accompagné de l’orgue et du chœur. C’est assez classique mais bien maîtrisé.

 piste 5 : Remains of the days - 3'26

Victor est passé du côté des morts. Tout de suite l’univers musical tranche avec la première partie du film : Il est annoncé par des percussions : on entend comme des bruits d’ossements. Ce sont des squelettes qui chantent et qui dansent. Puis arrivée des autres instruments (jazz band, avec piano de bar). Ambiance Jazzy, très gaie, qui rappelle pas mal l’univers d’Oogie Boogie dans "L'étrange Noël...", avec la guitare, les percussions et le xylophone en plus. C’est très bigarré. On distingue des petits clins d’œil par ci par là (à la musique de zorro par exemple…‘and then ? and then ?’). Le squelette qui chante termine sa prestation avec du slam…

 piste 6 : Casting a spell - 1'25

Assez sombre : un clavecin, des tremolos de cordes qui suggèrent un certain malaise.

 piste 7 : Moon dance - 1'28

On retrouve un univers sonore ouvert, c’est réellement une bouffée d’air frais et nocturne. Avec un chœur, un celesta, des cordes pizzicati. Passages très romantiques. Reprise du thème, de manière assez douce. Une piste assez courte, mais très agréable.

 piste 8 : Victor's deception - 4'00

Assez descriptif et par conséquent on passe très vite d’une ambiance à une autre. A la fin de la piste, on découvre l’univers intime d’Emily annoncé par un nouveau thème au piano, qui sera repris dans la suite du film et toujours associé au personnage d’Emily.

 piste 9 : Tears to shed - 2'45

Une nouvelle chanson en trio, très proche de celles qu’on pouvait trouver dans "L'étrange Noël...", annoncée un peu grossièrement, et un peu agaçante, on aurait peut-être pu s’en passer. Ensuite Emily chante le thème de son personnage. C’est joli mais pas exceptionnel, encore moins original : ça rappelle beaucoup trop la chanson de Sally dans l’Etrange Noël…

 piste 10 : Victoria's escape - 2'31

On retrouve le clavecin et l’orgue apparemment liés aux personnages du village. Une musique assez descriptive, qui accompagne bien l’action. Ce n’est pas le genre de musique captivante à écouter indépendamment du film.

 piste 11 : The piano duet - 1'53

Une pièce charmante. Emily joue son thème, seule au piano, terriblement mélancolique. Puis Victor entre en scène timidement et s’installe au piano à côté d’elle, il improvise quelques notes, puis commence à jouer son propre thème. Les deux parties de piano se répondent. Puis commence véritablement le duo : Les deux personnages se réconcilient peu à peu en reprenant ensemble le thème de Victor. C’est très frais et charmant. A la fin Emily laisse échapper sa main dans une envolée jazzy qui nous rappelle que l’on est bien dans l’univers décalé de Burton.

 piste 12 : New arrival - 0'42

De nouveau dans le bar des morts vivants. On sent que Danny Elfman s’amuse avec les percussions et le piano jazzy.

 piste 13 : Victoria's wedding - 3'15

Reprise du thème, mélancolique. C’est assez triste, descriptif. Puis le thème revient dans toute sa fraîcheur.

 piste 14 : The wedding song - 3'01

Une chanson… Les préparatifs. Tout le village des morts est sur le front. Ici encore on se souvient trop des chansons de "L'étrange Noël...". Surtout les premières mesures. Pourtant très vite l’orchestration change un peu de ce à quoi Danny Elfman nous avait habitué : une autre façon d’utiliser des chœurs de femmes et d’hommes, qui accueillent la mariée. C’est un thème joyeux et presque bucolique ! Les morts sont décidément bien plus enthousiastes et doués de bien plus de sentiments que les vivants. Vraisemblablement ce morceau est directement inspiré de la bande originale du "Magicien d’Oz" (Victor Fleming), on a droit toutefois à un petit clin d’œil à la "Marche Nuptiale" de Wagner. C’est une bonne chanson cette fois, qui fait parfois plus que frôler la mièvrerie, mais c’est voulu, et le décalage entre la musique et l’image est assez savoureux. On se laisse embarquer, et on en redemande.

 piste 15 : The party arrives - 3'21

Le climat change brutalement. Une musique qui n’a rien à voir avec ce que le titre laisserait supposer. Très sombre. D’abord on rencontre l’univers musical « d’en haut », symphonique et sombre, puis l’univers « d’en bas » fait son apparition, jazzy et enjoué. Les deux mondes se rencontrent et se répondent. On avait le même jeu dans l’Etrange Noël. Ce n’est pas une musique vraiment marquante, mais qui prouve que Danny Elfman fait bien partie de la cour des grands : il est à l’aise pour enchevêtrer deux styles de musique quasiment opposés.

 piste 16 : Victor's wedding - 2'09

Assez mélancolique et descriptif. C’est un parallèle direct avec la piste 13, "Victoria’s wedding".

 piste 17 : Barkis's bummer - 2'07

Sombre et descriptif.

 piste 18 : The finale - 2'35

Très doux, pour un final. Cordes, chœur. Reprise finale du thème de façon très suave. On se rappelle que l’on est dans un conte de fées.

 piste 19 : End credits I - 1'50

Reprise du thème un peu transformé.

 piste 20 : End credits II - 2'33

Reprise du boogie de l’au-delà. Y aurait-il un petit clin d’œil à "Sweet Dreams", d’Eurythmics ?

 piste 21 : Bonus : "Ball 1 socket lounge music" -

Danny Elfman nous a gratifié de non pas deux, ni trois, mais bien quatre (!) versions supplémentaires de la musique de l’au-delà. Peut-être se sentait-il un peu frustré après une longue partition symphonique ? Peut-être avait-il du mal à choisir les arrangements définitifs ? En tout cas il a dû s’en donner à cœur joie.





Tout le long du film il y a des petits segments musicaux. En fait il y a de la musique en permanence. C’est donc une très longue partition par rapport à la durée du film. On peut reprocher à cette bande originale son peu d’originalité par rapport à celle de "L'étrange Noël de Monsieur Jack". Danny Elfman a réutilisé les mêmes recettes sans aucun scrupule. Cependant ces recettes fonctionnent, d’autant plus qu’il a su les adapter à un film encore plus axé sur le romantisme de ses personnages. Les influences sont extrêmement variées, la musique empruntant autant à Rachmaninov ou Moussorgski qu’à un registre beaucoup plus jazz. D’autre part c’est bien au Danny Elfman compositeur de musique pour contes et comédies musicales auquel on a affaire, qui n’est pas tout à fait celui de "Big Fish" ou "Hulk". Heureusement, un mélange de poésie et de dérision permet à ce film de ne pas sombrer dans la mièvrerie. Ne dénigrons pas en tout cas le travail phénoménal qui a dû être nécessaire pour réaliser un film qui sans être très original, constitue un objet très cohérent, simplement beau, où le texte, l’image et la bande sonore sont coordonnés avec art et maîtrise. "Corpse Bride" est donc un film très bien réalisé sur tous les plans, mais qui risque d’être rapidement oublié de par son manque d’originalité… La BO suivra vraisemblablement le destin du film, comme c’est si souvent le cas. Mais ne doutons pas que la fraîcheur de ce petit film sera bientôt redécouverte avec plaisir par les fans de Tim Burton et de Elfman…et les autres ! Retrouvez la critique du film sur notre site : http://www.horreur.com/fiche_film.php?idfilm=955 Il est difficile de mettre une note définitive, mais puisqu’il le faut, je mettrai 5 sur 6, pour la trop forte ressemblance avec L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK. Qui aime bien châtie bien, dit-on…



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