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GIORGINO
( GIORGINO )
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Artiste unique dans la chanson française (et même dans l’histoire de la chanson en générale), Mylène Farmer a réussit à diffuser à travers les années un épais et voluptueux mystère, se rejoignant jusque dans ses superbes chansons, dont le style évolue au fil des albums. Plus noir dans sa première période, l’univers de Mylène Farmer connaîtra une sorte de boucle avec le film "Giorgino", film maudit par excellence.Si les œuvres musicales de Mylène Farmer sont déjà un exploit en soi, ses clips atteignent des sommets en s’appropriant un univers surréaliste, poétique, provocateur, blasphématoire, érotique et surtout fantastique. Des fastes inhabituelles dans la production musicale des 80’s ou des 90’s, et que l’on doit en grande partie à Laurent Boutonnat, prodigue qui tournera les plus beaux clips de la chanteuse.
Quatre albums, voilà ce qui suffit à faire de Mylène un grand nom de la chanson. Pourtant l’univers de l’ange roux est nettement plus grave que celui dans lequel elle évolue aujourd’hui : intensément noir, mortifère, romantique, et lié d’une manière ou d’une autre à des artistes comme Baudelaire ou Edgar Allan Poe. Elle trouvera un comparse idéal en la personne de Laurent Boutonnant, à l’imagerie tout aussi torturée et singulière, et qui l’a guidera sans cesse sur son parcours musical.
Bien avant la rencontre décisive avec la belle rousse, Boutonnat avait déjà tourné une œuvre maudite, car jugée beaucoup trop choquante et inadmissible dans les images qu’elle montrait. Ce film, "La ballade de la féconductrice", sera interdit au moins de 18 ans (Boutonnat en a 17 quand il le tourne !) et disparaîtra dans les limbes de l’oubli. Cependant impossible de se le procurer à ce jour, le film restant alors condamné.
Nouvelle tentative au cinéma pour Boutonnat, Giorgino était alors annoncé en grande pompe, avec une promotion monstre dont certains se souviennent encore. Et pourtant, et pourtant…
Pas assez de têtes "connues" ? Trop long ? Trop noir ? Trop Farmer ? Trop hors normes ?
L’on ne saura réellement jamais ce qui fit fuir autant le public, ce qui entraînera un naufrage au box office. La critique n’arrange hélas pas les choses : Boutonnant ne digérera jamais un tel échec et ne distribuera jamais le film en VHS, et seul Canal + le diffusera à la télévision. Douloureux.
En 1918, le Docteur Giorgio Volli revient de la guerre, malade car gazé dans les tranchées. Il s’apprête à retrouver les douze orphelins qu’il avait à charge mais découvre que ceux-ci ont été transférés d’urgence dans un petit orphelinat à Chanteloup. Un nom qui annonce la couleur…
Giorgi quitte les villes insalubres mais retrouve au final ce même désespoir dans le village de Chanteloup, occupé alors par quelques harpies attendant le retour de leurs hommes.
Et puis il y a l’orphelinat, anciennement tenu par le Docteur Degrâce, soi-disant envoyé à l’asile. Sa femme laissera échapper son dernier souffle de vie dans les bras du jeune Docteur, d’autant plus déconcerté lorsqu’il apprend que ses protégés sont tous morts dans des circonstances tragiques. Chacun tient sa propre version : l’on parle de meurtres, d’accidents…
La clef de ce mystère, c’est Catherine, la fille de Degrâce, jeune femme autiste au corps de déesse, enfant sensuelle et fantomatique, dont la chevelure rousse contraste, évidemment, avec la neige qui recouvre Chanteloup, et ce démarquant par là de tous les autres éléments féminins du film. Un rôle taillé pour Mylene Farmer, selon Boutonnant lui-même : et l’on n’en doute pas un seul instant. La jolie rousse est tout à fait convaincante, faisant alors ses premiers pas devant une caméra de cinéma…tout comme son comparse Jeff Dalghren, lui aussi chanteur.
Giorginosemble peuplé de morts vivants et de spectres : l’on ne croise que des personnages névrosés, fous, cruels, injustes, violents, trop seuls ou mal accompagnés. Le spectateur est constamment tiraillé entre émerveillement et terreur, sur un tempo certes lent, mais aux rebondissements souvent passionnants.
S’il n’est pas question d’éléments surnaturels tenaces, "Giorgino" s’ancre naturellement dans le registre du fantastique par ses non-dits (le "fantôme" à la lanterne, incarnation certaine des enfants défunts ; ou le mystère entourant leurs décès, qui ne sera qu’à demi dévoilé lors d’une magnifique étreinte au milieu des tombes), sa vision désenchantée d’un début de siècle déjà au bord du gouffre (les scènes dans l’asile, assez rudes, comme l’atteste cette plongée traumatisante dans des soubassements infernaux et surpeuplés), ses décors irréels et spectraux (marais, cimetière, asiles d’aliénés, pensionnat abandonné…), son OST ténébreuse et magique : sont convoqués alors Poe, Emily Brontë, les films de la Hammer ou Bava, David Lean. Un mariage inédit, rare, et précieux pour ce qui constitue sans doute le plus beau film gothique du cinéma français.
5,5/6 - Jérémie MARCHETTI
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 Avis de nekro sur giorgino | Un film à revoir juste pour l'ambiance. Certes ce n'est pas génial mais L.Boutonnat a un vrai talent graphique. remattez les vieux clips de Mylene Farmer ( jusqu'à l'album xxl ) et vous verrez que cet homme a vraiment un univers ( gothique, lyrique ...).
Même son dernier film pas terrible ( Jacquou le croquant, que j'ai passé en tant que projectionniste, je l'ai maté 2 ou 3 fois j'avais que ça à faire ) et bien il y 'avait quelques bonnes scènes avec une bonne ambiance ( 1/3 du film ) |  avis de Fy87 | Très beau film mais chiant comme la mort... un vrai film d'auteur dans le sens long du terme. D'ailleurs, je suis en train de le revoir en vhs pourrie et zzzzzzzzzzzzz ! Hein ? Quoi ? Oui suis-je ? Que disais-je ? Ah oui, vivement le dvd, que je dorme devant une belle image et un son DTS d'enfer !!! Et pourtant je l'adore Mylène mais quelle déception ce film. | | | C'est quelque part normal si tu n'est pas fan du duo Boutonnat/Farmer, tu n'a pas du accrocher au style assez lent. Après si tu l'est, et bien tu ne dois pas apprecier les films lents en général. Et puis si tu n'a pas aimé l'histoire, là aussi ça peut poser un certain problème. Donc bon, tout depend si tu es capable de rentrer et de t'accrocher au film. |
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