Gérald GIACOMINI
5/6 - Gérald GIACOMINI
6/6 - Jeremie MARCHETTI
6/6 - Stéphanie AVELINE
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37 après J-C, l'empereur Tibère se meurt. Le vieil empereur convie alors son seul héritier adulte en passe de lui succèder à Capri. Il s'agit de Caligula, son petit-neveu. Grâce au préfet du prétoire, Macron, le jeune homme accède sans difficulté au trône impérial. Débute alors un règne marqué par la folie et les excentricités les plus sanguinaires.
Il y a des films hors normes qui sortent des sentiers battus et du politiquement correct. Dans cette catégorie trop peu étoffée, l’on trouve cette biographie de la vie de l’empereur le plus décrié de l’Empire romain : caligula. Destiné à l’origine à venir rejoindre la kyrielle des péplums "classiques", le projet caligula va vite déraper vers d’autres horizons. C’est le scénariste de l’histoire originale, Gore Vidal, qui a collaboré aux scénarios de "Ben Hur" (encore un film portant que l’Antiquité) et au sublime "Soudain l’été dernier" avec Liz Taylor, qui a du être le premier surpris de la tournure résolument orientée sexe de l’adaptation finale. Peu étonnant puisque le producteur du film n’est autre que Bob Guccione, le patron de Penthouse.
Une fois le tournage achevé par Tinto Brass, Guccione est déçu par la version du réalisateur, et tourne des scènes additionnelles, en compagnie de Giancarlo Lui. Ce sont ces scènes qui vaudront à "Caligula" de connaître les joies de deux montages différents : l’une interdit aux moins de 16 ans et l’autre carrément X.
Tinto Brass ne décoléra pas du remontage de "son" film et reniera ce "Caligula". Il ne sera pas le seul à faire état de son choc après le visionnage du film, comme ce malheureux Peter O’Toole, outré d’avoir participé à ce projet aussi décadent.
Bien renseigné sur le règne court de l’empereur caligula (37-41), Gore Vidal a tracé les grandes lignes de sa vie, du moins selon la vision de Suétone, la seule source qui nous permet de nous faire une idée du troisième imperator romain. Suétone, collaborateur proche de la dynastie des Antonins, avait tout intérêt à brosser un portrait des plus sombres des Julio-Claudiens (les descendants de Jules César), qui deviennent les symboles de la tyrannie même. A part Auguste (31 av J-C à 14 apr.J-C), relativement épargné, l’on trouve ainsi un Tibère (14-37), vieillard luxurieux et cruel, un caligula (37-41) en proie à la folie, un Claude (41-54) sous l’influence de ses femmes, et un Néron (54-68) plus préoccupé de ses plaisirs personnels que du destin de Rome. Il va de soi que les informations de ce membre de l’ordre sénatorial sont sujets à caution, étant donné que les sénateurs sont ceux qui ont le plus été victimes des persécutions des premiers empereurs.
Si l’on s’en tient aux propos de "La vie des douze Césars", le film de Brass respecte une certaine réalité historique. Ici, pas de bons sentiments tel que nos amis américains peuvent parsemer leurs péplums (dont "Gladiator" en est le parfait exemple) et qui ne correspondent pas aux mentalités de l’époque préchrétienne. L’interprétation bluffante de Malcom McDowell est pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. Il est physiquement caligula jusque dans l’expression d’un regard halluciné. Il va même jusqu’à théâtraliser son rôle en marchant au pas cadencé tout nu sous l’orage.
Au-delà du parfum de souffre qui a beaucoup fait pour sa renommée, "Caligula", nous dépeint une époque cruelle et barbare : le suicide de Nerva dans son bain, la mort "aidée" de Tibère, les mises à mort des proches de caligula (mention spéciale à la scène avec la faucheuse de têtes dans une arène ou encore un soldat émasculé). Tinto Brass adapte son petit Suétone illustré jusqu’à l’évocation du cheval de caligula promu Consul. Une scène symbolisant la volonté d’un homme de rabaisser la morgue d’une élite, trop prompte à se coucher devant celui qui sera le plus fort, quitte à y perdre sa liberté. Ce qui donne au film une connotation symbolique non négligeable.
Les décors participent à la réussite inespérée de ce film malade de ses excès. Tinto Brass s’entoure d’une équipe réputée pour reconstituer le règne du successeur de Tibère : le chef opérateur Silvano Ippoliti, et Danilo Donati, directeur artistique sur des œuvres telles "Satyricon" et "Salo ou les 120 journées de Sodome". Le palais de Capri prend alors entre de telles mains des accents surréalistes et baroques. Tout y est accentué pour mieux faire comprendre la folie d’une époque éloignée de nos critères petits bourgeois christianisés. Entourant Malcom McDowell, on trouve une pléiade d’acteurs britanniques venus du théâtre shakespearien : Peter O’Toole (dans la peau de Tibère), la magnifique Helen Mirren ou encore John Gielguld. Du beau linge pour venir donner de la respectabilité au film.
Fou et décadent, "Caligula" a le mérite d’être un péplum intelligent et adulte. Tout juste, pourra-t-on lui reprocher ses inserts hards voulus par un producteur soucieux de caser ses playmates dans des scènes pornographiques (l’orgie dans le bateau). A signaler d’existence d’un film aussi démesuré, connu sous le nom de "Caligula 2" ou "caligula, la véritable histoire" de l’ami Joe D’Amato. Une autre bisserie que l’on doit encore à un Italien. Comme si de par son sujet, certains gros studios américains préféraient se tenir éloignés, de peur de se brûler les ailes.
5/6 - Gérald GIACOMINI
L'AVIS DES AUTRES REDACTEURS :
Un Ovni cinématographique à ne pas mettre entre toutes les mains, un film unique associant un prodigieux Peplum, avec décors colossaux et acteurs prestigieux, l'érotisme decalé et signé de Tinto Brass ainsi que de nombreux fragments de sexe explicite dirigés par Mr Penthouse. Violence barbare, folie, orgie, trahison, cruauté : Caligula rejoint "Satyricon" dans sa vision folle de l'antiquité. Une vision certes incroyable, mais souvent tellement vraie...
6/6 - Jeremie MARCHETTI
Biographie succincte de Caligula :
31 août 12 après JC : naissance de Caligula, fils de Germanicus et d’Agrippine
19 août 14 : mort d’Auguste. Tibère devient empereur.
10 octobre 19 : Germanicus meurt probablement empoisonné. Les soupçons se portent (sans preuve) sur Tibère.
23 : Drusus, le fils de Tibère, meurt empoisonné par son épouse, alors maîtresse du préfet du Prétoire (Garde personnelle de l’empereur), Séjan.
27 : Tibère quitte Rome pour Capri.
31 : Chute de Séjan qui est exécuté. Macron nouveau préfet du prétoire.
Entre 31 et 33 : Agrippine et les deux frères de Caligula sont exilés ou emprisonnés. Ils meurent tous dans d’étranges circonstances.
16 mars 37 : Mort de Tibère. Caligula lui succède.
Automne 38 : grave maladie de Caligula, qui aurait altéré sa santé mentale.
38 : mort de Drusilla, la sœur maîtresse de Caligula, qui la fait diviniser. Macron est mis à mort.
Octobre 39 : Agrippine la Jeune, sœur de Caligula, est exilée.
Pendant ce temps, Caligula se marie avec Caesonia.
24 janvier 41 : un complot aboutit à l’assassinat de Caligula, de Caesonia et de leur fille en bas âge. C’est Claude, son oncle que les Prétoriens acclament comme Imperator.
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Avis de : snake
ici ,on est vraiment dans le peplum realiste,un film loin de gladiator ou de ben hur,c'est un huis clos ou l'on suit l'histoire vraie de caligula,un empereur plus que decadent assoiffe de sexe,de violence et de pouvoir.certaines scenes sont vraiment excellentes,les sequencesX ne m'ont pas dereanges,peter o tool et malcom maldowell renient ce chef d'oeuvre ce qui est tres dommage.a reserve a un public avertit tout de meme.
Avis de : sean moore
Les comédiens sont parfaits et le film est indiscutablement un coup de poing dans la gueule voire un coup de poing dans le...Non!On va en rester là même si la tentation est grande de faire une feinte à deux balles!Les séquences x ne me gênent pas(B!'in voyons!)même si elles sont parfois totalement gratuites,comme la scène de lesbiennes(Faut vraiment voir les bonus pour savoir que c'est Messaline et Aggripine!)qui n'a rien à foutre dans l'histoire!
La reconstitution est somptueuse et le film laisse un sentiment de malaise longtemps après le générique de fin. Reste que le choix de la musique(Prokofiev,Katchaturian) et certains partis pris de mise en scène trop esthétisants(Les légionnaires du Crazy Horse ou les balades faunesques en forêt avec Caligula,jupette au vent et cul à l'air, qui cavale après sa soeur)font que le film est souvent Kitsh.On passe sans arrêt de trucs très puissants à des choses plus mièvres.(Trucs,choses...On voit que j'ai du vocabulaire!)
Avis de : shun
Film virtuose qui retrasse une époque ou la possession du pouvoir peux rendre fou. Decadences, orgies, viols, Assassinats..on est à la fois envieux du personnage principal qui reussis à s'approprier tout ce qu'il veux mais aussi craintif d'avoir l'impression que la moindre erreur peut entrainer la mort (nourriture empoisonnée, assassin tapis dans l'ombre). un chef d'oeuvre si on a pas peur des scene quelques peu hard. Moi j'adore. Mention special pour ce film qui ose montrée une certaine réalité antique.
Avis de : Evil Man
J'ai enfin vu ce film, (version intégral), qui est un grand monument du cinéma. C'est un très grand film. Les acteurs sont fantastiques et jouent avec intelligence. J'ai été atirer par ce film parce que plusieurs disaient qu'il était le film le plus controverser et provoquant de l'histoire du cinéma. Après l'avoir vu, je confirme cette affirmation. Certaine scène son asser dure spychologiquement. On vu des femmes nues presque durant tous le long du film et après une heure, elles font parti du décors tellement qu'on en voit. Ça démontre très bien la vie rempli d'abus de Caligula, ex: les orgies. La musique du film est très bonne et nous transporte dans l'ambiance romaine. Les décors sont fantastiques. C'est le meilleur rôle de Malcom McDowell. La détérioration de Caligula est très bien interprété. C'est un film très réaliste. Cependant, il y a trop de scènes d'orgie. Il y a quelques longueurs. Malgré ça, il faut le voir absolument.
Avis de : orion
Très...cul, mais très bien!
Avis de : Godzilla
Super film!! Une très bonne mise en scène, de grands acteurs, des orgies digne de ce nom. Très bon péplum.
Avis de : alexclockwork
Orgie (limite porno) et décadence de l'empire Romain... à voir absolument : un chef d'oeuvre (et puis Mc Dowell est encore une fois génial)
Avis de : Lord Nithorynque
Tinto Brass est ce qu'on appelle un "petit maître" dans le domaine de l'érotisme. Il est sous-estimé en France : négligé, il mériterait une réévaluation.
Mais c'est aussi un opportuniste, qui profite des modes lancées par d'autres films. Ainsi, il réalise SALON KITTY à la suite du film LES DAMNÉS de Luchino Visconti. Le problème, c'est que SALON KITTY est très loin de valoir LES DAMNÉS (le film de Visconti étant lui-même une version décadente et un peu décevante des QUATRE CAVALIERS DE L'APOCALYPSE de Vincente Minnelli). Quelques années plus tard, porté par le succès public de SALON KITTY, maître Tinto récidive : il ne se gêne pas pour réaliser CALIGULA, défi lancé sur son terrain au magnifique SATYRICON de Federico Fellini. Une nouvelle fois, l'avatar est plus trash que son modèle.
On comprend que Tinto Brass ait renié la version finale de CALIGULA, dans la mesure où l'insertion des scènes X supplémentaires répond à une démarche exclusivement racoleuse. Or, ce n'était visiblement pas ce que souhaitait Tinto Brass. Certains diront que la représentation explicite de l'acte sexuel est très cohérente avec le projet du film, et que les fameuses orgies romaines sont filmées pour la première fois de façon réaliste (mais à ce compte-là, pourquoi ne pas tuer quelques figurants pour montrer que la vie des esclaves ne valait pas grand chose ?) Ceci dit, les scènes ajoutées sont à la fois très identifiables (on voit tout de suite que ce n'est pas "filmé pareil") et très marginales (du coup, elles s'insèrent assez bien dans le flux de la narration, à part la scène de lesbianisme complètement hors-sujet). En définitive, ce qui a fait la réputation controversée du film est plutôt accessoire. On peut donc juger du travail de Tinto Brass, qui n'est globalement pas dénaturé.
Pas étonnant que certains acteurs (Peter O'Toole et le très shakespearien sir John Gielgud) se soient sentis trahis : ce n'est sans doute pas le film pour lequel ils avaient signé leur contrat. Toutefois, CALIGULA n'est pas exempt de qualités. Le film recèle alors son lot de surprises, au premier rang desquelles la machine de mort, sorte de moissonneuse-batteuse infernale qui décapite les têtes qui dépassent du sol de l'arène. Les décors sont parfois grandioses, mais mal exploités : là, on regrette que le film n'ait pas été mis en scène par Hans Jürgen Syberberg (imaginez un peu CALIGULA tourné par le réalisateur de LUDWIG et de HITLER, UN FILM D'ALLEMAGNE !).
Mais, encore et toujours, on ne peut s'empêcher de penser au SATYRICON, et rien à faire, Tinto ne soutient pas du tout la comparaison avec Fellini. CALIGULA reste prisonnier du simulacre, tandis que Fellini avait su créer un monde antique fantasmatique absolument fascinant, à la fois totalement singulier et parfaitement crédible. Il y a de la mise en scène dans SATYRICON ; il n'y a que de la scénographie dans CALIGULA. Et puis il arrive que les mouvements de caméra, souvent injustifiés, sabotent le sens de certaines scènes, et gâchent leur potentiel. Quant à Malcolm McDowell, il est aussi habité par son rôle que dans ORANGE MÉCANIQUE. Mais le film se concentre beaucoup sur lui au détriment des autres personnages, à tel point qu'on se demande pourquoi on a choisi une actrice comme Helen Mirren si c'était pour en tirer si peu parti.
Peut-être faut-il, pour mieux apprécier le talent de Tinto Brass, voir ceux de ses films les plus personnels, qui s'émancipent des références trop prestigieuses.
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