Jérémie MARCHETTI
6/6 - Jérémie MARCHETTI
6/6 - Vincent DUMENIL
5,5/6 - Gilles LUQUET
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Venant de déménager avec ses parents, la petite Chihiro part en ballade avec eux dans un parc d’attraction apparemment abandonné. Mauvaise surprise, il n’est pas abandonné mais habité par des êtres effrayants et magiques. Après la transformation de ses parents en cochon, la petite fille tente de se frayer un chemin parmi les dieux et les monstres…
Equivalent de Disney au Japon, le studio Ghibli commence à acquérir une certaine importance dans notre beau pays vers le milieu des années 90 via le fameux "Porco Rosso". Petit à petit, les films du studio sont distribués chez nous, permettant de se faire connaître du grand public. L’objectif a été atteint mais peut être trop tard (car il reste encore quelques inédits). Le studio Ghibli se démarque de Disney par une intelligence, une maturité et un talent tout simplement uniques. Supprimant la mièvrerie et les chansons inutiles, pour les remplacer par des sentiments d’une force sans égale et de magnifiques bandes sonores signées par Joe Hisaishi, le studio s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes par des chefs d’œuvres qu’il serait dommage de rater.
Plus rêveur et plus optimiste que son collaborateur Isao Takahata, Hayao Miyazaki signe des œuvres magiques en tout point de vue, dotées d’atouts considérables comme une qualité graphique bluffante et un univers gonflé d’espoir et de fraîcheur. Avec "Princesse Mononoké" et "Le voyage de Chihiro", il arrive à un cinéma plus adulte, empli de moult détails que n’oserait appliquer le royaume de Mickey.
Carrément encensé par la critique et le public, "Le voyage de Chihiro" se verra décrocher l’Ours d’or au festival de Berlin (premier film d’animation à recevoir un tel prix) et sera acclamé un peu partout où il passera. Pour certains le film le plus abouti de Miyazaki, "Le voyage de Chihiro" va effectivement très loin en termes de qualité et de maturité. Sorte de "Alice aux pays des merveilles" version cauchemardesque, "Le voyage de Chihiro" fait un peu moins dans la tendresse que "Mon voisin Totoro" ou "Kiki la petite sorcière" qui sont des films "pour kids" peut-être, mais des chefs-d’œuvres sans aucun doute. Chihiro est donc la nouvelle héroïne de Miyazaki, qui préfère mettre un personnage masculin en second plan. Après la guerrière farouche dans "Nausicaa" ou "Princess Mononoké", ou la petite sorcière guillerette dans "Kiki la petite sorcière", ici on a droit à une simple gamine, paumée, froussarde, rêveuse, effrayée… Tout comme le spectateur, elle ne sait pas exactement où elle se trouve et va se lancer dans une aventure jonchée de surprises plus ou moins agréables. Une quête initiatique, aussi dangereuse que merveilleuse, où la jeune Chihiro va tenter de retrouver ses parents, et par la même occasion, son nom.
Complexe et débordant de poésie, le film de Miyazaki n’a pas besoin d’en faire des tonnes dans l’action et l’émotion, tout est là (rire, larmes, frissons, aventures, réflexion…) et tout y est harmonieusement mis en place. L’ambiance et l’univers du film , très travaillés, montrent une fois de plus que les animateurs du studio sont très attachés au folklore japonais : après la collection hallucinante de "yokai monsters" dans "Pompoko", ici on croise une bonne vingtaine, voire plus, de dieux et créatures issus de l’univers fantasmagorique japonais. Guettez bien, on n’est jamais à l’abri d’un détail croustillant. Aussi chaleureuse que curieuse, l’atmosphère de la maison des bains imprègne le spectateur du début à la fin, respirant à plein nez un style japonais absolument séduisant. Miyazaki nous en met plein la vue, avec des images d’une beauté fulgurante (le train planté au milieu de la mer, les nombreuses vues du temple, ou la ville se remplissant de fantômes la nuit tombée) qui laissent le spectateur sur le carreau. Epoustouflant. De même que les personnages sont pour la plupart ambigus, une caractéristique rare chez Disney. Certains relèvent d'un coté rassurant, disparaissant bien vite (les parents de Chihiro se transformant en cochons dans une scène assez dérangeante, ou le fantôme au masque blanc dévoilant des envies de cannibalisme assez inattendues), alors que d’autres plus mystérieux voire limite inquiétants, nous font découvrir de bons côtés (le jeune Haku, la sœur de Yubaba, le dieu boue, l’homme araignées, le bébé géant…).
Miyazaki prend un malin plaisir à offrir un panel de clins d’oeils à d’autres films Ghibli, par des détails voyants pour certains ou discrets pour d’autres : la tête du dragon Haku fait penser au loup géant de "Princess Mononoké", le visage du chef de la chaufferie rappelle celle d’un machiniste dans "Le château dans le ciel", les noiraudes (boules de suies vivantes) de "Mon voisin Totoro" font une apparition remarquée, l’envol final rappelle celui du "Château dans le ciel", le visage de Yubaba fait penser là encore à celui de la mère brigand dans "Le château dans le ciel", les cochons semblent donner un lien avec "Porco Rosso"… Et si on cherche bien, même "Akira" (qui n’est pas un Ghibli attention) y passe puisque la masse boueuse fait penser au magma de chair dans le film de Otomo. Encore une chose qu'évite Disney : la vision du sang. Miyazaki s’en fiche, il le montre quand il peut : on se souvient de mutilations sanguinolentes et barbares dans "Princesse Mononoké", d’une balle de pistolet effleurant la joue d’un gosse dans "Le château dans le ciel", et bien ici on a quand même droit à un dragon pissant le sang, dans une scène qui n’a justement rien de drôle. Même certaines idées surprennent par leur cruauté, comme le fils de Yubaba, menaçant de casser le bras de Chihiro ou l’accès de gourmandise cannibale du fantôme suivant Chihiro un peu partout. Encore un chef-d’œuvre pour Miyazaki, qui en enchaîne quand même continuellement, ouf ! Une telle force créatrice, un tel débordement d’émotion et de moments inoubliables, Miyazaki nous l’apporte sur un plateau d’argent avec ce chef d’œuvre définitivement inoubliable.
6/6 - Jérémie MARCHETTI
L'AVIS DES AUTRES REDACTEURS :
Probablement le meilleur dessin animé au monde, qui vous transporte du début à la fin en ne sachant jamais où vous allez atterrir. C'est visuellement beau, onirique, romantique, touchant, drôle même parfois. Les superlatifs me manquent tant ce film d'animation est une merveille indispensable !
6/6 - Vincent DUMENIL
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Avis de : prodige
Tiens pour une fois c'est moi qui mé mon avis le 1er.
Ce film est un chef d'oevre du film en dessin animé. Le meilleur film des studio ghibli selon moi.
Avis de : hannibal lecter
Génial
Avis de : dark squall
Je ne suis pas un grand fan des films de Miyasaki. C'est beau, mignon, mais cela ne m'a guère passionné. Les 2 heures m'ont paru un peu longues. Je préfère de loin les films de Yoshiaki Kawajiri (La Cité Interdite, Ninja Scroll, Vampire Hunter D), Cobra ou Saint Seiya, question de goût! Enfin bref j'aime quand ça bouge un peu plus!
Avis de : DarkSquall
On est plus proche des films de Disney que de l'animation japonaise classique et grand public. C'est poétique, beau, ennivrant... C'est du Miyazaki. Evidemment il faut aimer, c'est lent, ça pète pas de partout, c'est pas graphiquement magnifiquement extraordinaire. Mais au moins le dessin ne sent pas le truc fait par ordinateur comme la majorité des japanimations actuelles.
Avis de : king-of-the-bongo
le plus beau film de Miyazaki. Magnifique et délicat il vous faudra plusieures heures pour vous réadapter au monde réel. Nous avons ici une oeuvre poétique sur le thème de la peur de l'amour et de la magie. vous en resortirez changés..!
Avis de : the carrion feeder
Daprés moi le meilleur fil de Myazaki avec un scenario beaucoup moins nieunieu que les autres et malgré le graphisme qui est exactement le même que celui des ses autres films bref un chef d'oeuvre!
Et de loin mon film préféré
Avis de : Wasp
Alors là faudra m'expliquer ce que ce film vient faire ici!
Bon, je sais que mon avis n'aura que peu d'incidences au vue des critiques précédentes, ceci dit je tiens à l'ajouter quand même car il s'agit de l'une des meilleures animations qui m'est été donné de voir.
Un seul mot: magique.
Tout est exeptionnel et si le scénatio manque certes quelque peu d'originalité (le petit défaut de Myazaki), il ne reste cependant que l'envelope charnel de l'âme du film: une bande son agréable, un univers riche et envoutant, des personnages attachants, des scènes émouvantes, des décors somptueux...
A ceux qui ont encore une âme d'enfant et un coeur sensible, ce film est une révelation, l'incontestable chef d'oeuvre du dessin animé mondiale.
Avis de : Alambic le Lombric
La scène du bain de l'esprit putride est selon moi un des sommets du 7ème Art.
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