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Femme enfant déambulant parmi les tombes, Jessica s'apprête à rejoindre son nouveau lieu de séjour, une splendide maison de campagne, en compagnie de son mari et d'un ami. Mais la jeune femme a connu des traumatismes récents et vient tout juste de reprendre contact avec la réalité : le moindre détail étrange, le moindre bruit déplacé, lui font naître une angoisse inexpliquée qu'elle cache à tout prix. Les choses ne semblent alors guère s'arranger dans son nouveau foyer ou les apparitions et les murmures la harcèlent sans arrêt...
Un drôle de cas que ce Let's scare jessica to death, projeté tardivement au sixième festival du film fantastique de Paris, six ans après sa sortie américaine (!?), avant de rester définitivement inédit chez nous. Il aura fallu attendre que Paramount se décide enfin à ressortir l'objet en dvd de l'autre côté de l'Atlantique pour enfin le découvrir.
Anglophones only, hélas !
Mais qu'avons-nous là de si extraordinaire ?
Eh bien, sans doute une ghost-story qui devrait filer des cheveux blancs aux insipides productions ectoplasmiques qu'on se farcit voilà quelques années, et ceci, en imposant une esthétique tout à fait originale.
Faisant la nique aux spectres décharnés de la Hammer et à leur grand château gothique, Let's scare jessica to death nous plonge dans un coin de campagne de la nouvelle-Angleterre, lieu plus propice aux rêveries qu'aux cauchemars embrumés.
Au commencement ici, la peur de la folie : créature asexuée, gauche et attendrissante (Zohra Lampert y fait des merveilles !), Jessica a la crainte d'être prise à nouveau pour une démente, suite à une expérience passée dont on ne sera pratiquement rien. Martelée par sa conscience fêlée, la jeune femme se renferme sur elle-même, évite par tous les moyens de délivrer ses maux. Là ou l'herbe tendre, l'eau claire du lac, et le soutient de son mari devraient lui apporter sérénité, Jessica va alors y découvrir l'horreur...
Crainte de perdre à nouveau tout contact avec la réalité, de ne plus être comprise : ce sera la même hantise qui frappera le personnage de Virginia Madsen dans "candyman", et la même qui habitait Mary dans "carnival of souls". Et d'ailleurs, à y voir de plus près, Let's scare jessica to death semble être le successeur rêvé au chef d’œuvre de Herk Harvey : on y retrouve cette même prédilection pour le sabotage de la réalité, cette peur de perdre pied, la peur de se retrouver face aux spectres de la solitude, qui attendent patiemment de nous entraîner dans les abysses de l'au-delà.
C'est donc à nouveau la tentation de l'onirisme, du fantastique gothique, des terreurs enfouies et du cauchemar grimaçant : on se laisse alors bercer par la lenteur du récit, on se laisse immerger dans cette atmosphère glaciale et incertaine. Il y a ce lac où flotte une créature spectrale, ces près accueillants, ces pierres tombales dont l'héroïne se plaît à copier les épitaphes pour ensuite les épingler dans sa chambre, ces vieux cadres révélateurs, ce vent qui semble souffler constamment dans le lointain : le film est littéralement traversé d'une fraîcheur somme toute mortifère, que n'aurait pas renié un certain Jean Rollin.
Tout comme l'héroïne, on doute, on frémit, on se perd : évocation inquiétante du passé de la maison, une jeune fille vêtue de blanc apparaissant furtivement, voix mystérieuses, une plainte...sans parler de la présence ambiguë de la jeune squatteuse Emily, qui finit par participer au séjour. Si le "déchaînement" horrifique qui marque la dernière partie paraîtra désuet sur certains points, les frissons ne manquent lors des scènes de baignades (dont une particulièrement tendue) ou lors de la superbe scène du repas, somme toute banale sur la papier : alors que l'hôte de Jessica entonne une magnifique ballade à la guitare, voilà que son mari apporte sa contribution musicale avec son instrument fétiche ; la voix d'Emily se transforme alors en écho tremblotant, les pensées de Jessica vacillent, des voix surgissent d'outre-tombe, un malaise furtif et inattendu s'installe...avant de disparaître aussi sec. Subtile et efficace.
Hancock croise avec audace le mythe du fantôme et du vampire (cela en déconcertera sans doute certains) , et son spectre fascine totalement, de par ses intentions obscures, sa sensualité trouble et discrète, sa présence humide et vénéneuse. Une image de morte-vivante dont John Irvin se souviendra visiblement pour son Fantôme de Milburn...peut-être même trop !
5,5/6 - Jérémie MARCHETTI
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Avis de : camif
Dans une ambiance qui ressemble beaucoup à " Carnival of souls " ( la fin ressemble même beaucoup ), Jessica ( l'actrice est incroyable ) semble être guérie, mais on en est pas sur. Et c'est là dessus que joue le film, ce qu'elle voit et entend est réel ou iréelle ?
Et c'est vrai que ça ressemble à du Maupassant.
C'est aussi mélancolique, magnifiquement filmé ( avec des passages qui ressemble à du Jean Rollin ), la peur y est diffuse, présente en arrière-plan, porté par une musique simple mais limpide et une bande son remarquablement en accord avec les scènes ( ah ! le vent dans les branches, superbe ).
Le titre est extrêment bien trouvé, à la fois ironique et désabusé.
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