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footsteps - footsteps - 2006 un film de Gareth Evansfootsteps
footsteps


Colin VETTIER




4/6 - Colin VETTIER












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( expérimental )

footsteps

Encore une fois, pour me procurer ma dose de cinéma indépendant à tendance trash, j'ai pioché dans le catalogue de Unearthed Films. Et comme à l'accoutumée, la déception n'est pas de la partie.

Footsteps dépeint l'histoire d'Andrew, un jeune homme complètement perdu. Ses parents sont morts, le laissant seul avec ses angoisses. Petit à petit, persuadé que tous ceux qu'il aime sont voués à disparaître, il va rejeter ses derniers amis et rompre avec sa petite amie. Bientôt, il se retrouve parfaitement seul, sombrant dans les ténèbres de son nihilisme absolu.

Un soir, il se heurte à ses propres limites en assistant à un passage à tabac filmé par un étrange personnage. Connu sous le nom de "Le Cameraman", l'homme prend son pied à filmer agressions, meurtres et viols. Propulsé par son désespoir et sa soif de néant, Andrew se retrouve impliqué dans le réseau de snuff movies. Sa descente aux enfers continue de plus en plus loin. Jusqu'où son nihilisme le mènera-t-il ?

footsteps


Avant de s'atteler à la vision de Footsteps, il est bon de connaître quelques détails à propos du film. Cela évitera les mauvaises surprises et les déceptions.
C'est peu dire que le métrage de Gareth Evans n'est pas facile d'accès. Non pas que son sujet ait une réelle portée métaphysique (encore que, en creusant bien...). Cela vient plutôt du format du métrage. Qu'il ait été choisi ou contraint, Footsteps présente un aspect outrancièrement amateur. Si vous êtes fans de mise en scène léchée, d'image saturée de détails ou encore d'éclairage minutieusement travaillé, il est fort à parier que la vision de ce film vous donnera de puissantes nausées.

Il s'agit là d'un métrage indépendant, dont le budget doit avoisiner le prix d'un caméscope. C'est une chose qu'il faut garder à l'esprit ; compte tenu des moyens à disposition, une comparaison avec du Michael Bay ou du James Cameron serait une preuve de déficience mentale prononcée. Ici, tout est cheap du sol au plancher. Ne vous y trompez pas, ici le but n'est pas de faire du shlock (mauvaise qualité). Loin s'en faut. Au lieu de bricoler des effets spéciaux avec trois bouts de ficelles, l'équipe derrière Footsteps a simplement préféré limiter les trucages. Grand bien lui en fasse, le traitement grave apporté au sujet, ne se prête pas à du Grand Guignol.



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Footsteps dans la version présentée par Unearthed, est en fait une seconde copie. En effet, 5 ans plus tôt, Footsteps avait déjà été tourné. La première mouture avait été filmée avec un caméscope VHS, en noir et blanc. Puis, à la suite d'un accident malencontreux, la plus grande partie des images a été perdue. Il ne reste de ce premier travail, que quelques photos et quelques rares séquences. Inexploitable donc. A ce titre, le DVD propose un bonus très intéressant, comparant la première et la seconde version.
Courageux, Gareth Evans et son équipe se sont alors attelés une seconde fois à la tâche. Fort de leur expérience passée, le scénario et la mise en scène ont été peaufinés. Pour autant, Footsteps ne perd en rien de sa spontanéité et de sa violence utérine. Toute l'action du film se concentre sur le malaise de Mathew. Au final, le rôle du "Cameraman" se limite à être le vecteur du mal. Le sujet du snuff n'est abordé que du bout de l'objectif ; il reste une sous intrigue, dépeinte à grands traits. Cet état de fait range Footsteps du côté des drames. Sa noirceur désespérée et son côté sans concession n'en font pas pour autant un Claude Lelouch du pauvre.



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Au point de vue formel, Footsteps s'avère très limité. Le métrage a été quasi intégralement tourné au poing. Point de traveling précis ni de mouvement de grue. Ici chaque plan rappelle la présence d'une caméra et d'un chef opérateur. Bien que le résultat soit loin d'un Lars Von Trier, il demeure adroit et l'exercice est parfaitement maîtrisé. Quant à l'image en question, elle est sale et parasitée, la faute à des lieux trop peu éclairés pour que la captation vidéo tienne la route. Si le rendu image est de piètre qualité, le résultat demeure néanmoins lisible. Mieux, ces "défauts" servent admirablement le sujet abordé.

A mesure du déroulement du métrage, le personnage de Mathew s'effrite, révèle toute sa noirceur. L'image abimée et constamment en mouvement, reflète l'état d'esprit du (anti)héros. Les recadrages rapides, la respiration et les pas du cadreur, décuplent l'impression de malaise qui émane du jeune homme. Cela permet une immersion du spectateur, tout droit dans le cauchemar de Mathew. On goûte à la perdition du jeune homme, qui se laisse sombrer nonchalamment jusqu'à un final d'une extrême mélancolie.



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Certains ne verront là qu'un film amateur, brouillon et merdique. Libre à eux. Si vous abordez le métrage en connaissance de cause, alors vous pourrez profiter pleinement de ses qualités. Ou vous en écarter si vous avez peur d'écorner votre sens de l'esthétique.
Oui, Footsteps est totalement brut de décoffrage. Oui, son aspect amateur de prime abord risque d'en décourager plus d'un. Mais non, Footsteps n'est pas mauvais. Bien au contraire. Et puis, le métrage peu se targuer d'avoir réussi le tour de force de présenter l'une des scènes de sexe les moins excitantes du cinéma.

Toutefois, il faudra parfois s'accrocher pour suivre le metteur en scène là où il veut nous emmener. La narration souffre effectivement de quelques lacunes. C'est à la fin du métrage que ce choix structurel prend tout son sens. Alors, ne lâchez pas l'histoire en cours et vous assisterez à un spectacle noir, glauque et profondément désespéré.



4/6 - Colin VETTIER





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Avis de : nukedgoat


la critique est juste parfaite... Mélancolique, viscéral... Ce film fait mal au bide








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