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Après l'incroyable révolte qui constituait le point d'orgue de ses précédentes (mes)aventures, la belle Sasori repart de zéro : c'est-à-dire attachée et traitée comme une chienne au fin fond de sa cellule crasseuse. Lors de l'inspection de la prison par un haut dignitaire de l'état, elle sème une fois le trouble dans les rangs et manque de tuer le directeur. La jeune femme vit à nouveau un enfer, alors davantage violée et battue : l'évasion ne se fait plus attendre, et c'est une chasse à la femme qui est ouverte !
Retour au bercail pour la sublimissime Meiko Kaji, qui revient malgré elle derrière les barreaux : mais ce n'est pas parce que sa vengeance est accomplie que la demoiselle aux yeux revolvers n'a plus rien à dire ! Rafraîchie à coups de geysers d'eaux et visitée à coups de matraques (image fort évocatrice !), la scorpionne est maintenant repartie pour piquer ! Surtout lorsqu'une tripotée de sbires queutards habillés en moines la viole attachée à une croix. Y'a du blasphème dans l'air...
Peu de temps sépare le tournage des deux premiers films de la saga : l'on retrouve toujours Ito aux commandes, son Scope tapageur, le fameux Urami-Bashi en guise d'ouverture, des gardiens vicelards et débiles, une mise en scène bigrement stylisé...un vrai bonheur !
Si le premier film était un pur W.I.P, ici l'on quitte rapidement le monde des femmes en cages : lors d'un transfert, six prisonnières massacrent les gardiens qui les reconduisaient à la prison. Une bifurcation étonnante vers un road movie aux couleurs comics et au parfum Peckinpesque. On ne s'en plaindra pas.
La belle Sasori n'a cependant pas finie d'en baver : elle est haïe par les autres détenus, et en particulier par la leader, une créature masculine et impulsive qui lui tient littéralement tête. Jamais en panne d'idées, Shunja Ito nous dévoilera en cours de route le passé de ces meurtrières lors d'une séquence flamboyante et théâtrale, à grands coups d'éclairages irréels.
Ito se l'a joue toujours plus pop, toujours plus baroque, comme l'atteste l'incroyable vision de cette cascade de sang : une manière de marquer durablement une saga qui aurait mieux fait de rester une trilogie vu la suite des événements.
Des outrances visuelles très "manga", et une violence encore plus poussée (la tête d'un gardien se retrouve épinglée sur une roue hérissé de pointes) : toujours plus de viols et de passage à tabac également, en particulier lorsque les détenues se plaisent à foutre le boxon dans un bus remplie de touristes pleurnichards.
Un Ito toujours apte aux excès les plus fous, se permettant même de loucher vers le fantastique : Sasori croisera le chemin d'une vieille dame fantomatique dont les apparitions donnent ouvertement dans la fantasmagorie ; une maison qui s'écroule au clair de lune, une tempête de feuilles... et les retrouvailles de la femme scorpion avec son dard, sa fameuse lame fétiche... qu'elle utilisera hélas à peine.
Dans ses élans féministes, ce second opus fait cependant encore plus fort que le premier : si les personnages féminins ne sont guère très engageants, les hommes sont encore plus détestables (le car de gogols qui violent une mignonne détenue sans réserve !) et ridicules. Et les acteurs mettent le paquet : la retenue au placard !
Sasori ne faillie jamais à sa règle, c'est-à-dire de ne jamais tuer directement ses ennemis de sexe féminin : ingénieux. Mais le comble reste sans aucun doute cette scène finale ou Sasori se voit cavaler sur les routes avec des compagnes de cellules, faisant passer sa lame de main en main. Du "Girl Power" nihiliste et gonflé !
5/6 - Jérémie MARCHETTI
L'AVIS DES AUTRES REDACTEURS :
Le meilleur de la série et le meilleur de l’exploitation.
Violent, baroque, nihiliste, féministe.
Un petit chef d’oeuvre.
6/6 - Lionel JACQUET
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Avis de : camif
Une merveille de l'exploitation. Meiko est a tombé par terre. La déviance et le retournement des conventions font mouches. Girl Powaaaaa aussi !!
Encore mieux que le premier en ce qui me concerne.
Avis de : snake
Une petite bombe du cinoche japonais d'exploitation,et qui se permet d'etre poetique et feministe.Chapeau!
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