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frankenstein s bloody nightmare - frankenstein s bloody nightmare - 2006 un film de John R. Handfrankenstein s bloody nightmare
frankenstein s bloody nightmare


Colin VETTIER




3/6 - Colin VETTIER












bal de l\ horreur 2008 - le

eden log

solitaire

pulsions cannibales

martyrs

small town folk

cercle infernal - le

yor le chasseur du futur

dark chamber

primer



Note globale de
la rédaction sur 6 :



FRANKENSTEIN S BLOODY NIGHTMARE

( FRANKENSTEIN S BLOODY NIGHTMARE )


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( expérimental )

frankenstein s bloody nightmare

Ces dernières années, il est un éditeur indépendant qui a su tirer son épingle du jeu. Le DVD est donné pour mort et pourtant, le petit éditeur américain persiste et continue de délivrer au public des perles indépendantes, expérimentales, trashes et souvent inédites. Ce petit éditeur à un nom, c’est Unearthed Films. La question est donc de savoir si Frankenstein’s Bloody Nightmare se situe dans la ligne éditoriale et qualitative tenue jusqu'alors.

C’est une chose d’être obsédé par le cinéma de genre indépendant, c’en est une autre que de réussir à résumer l’histoire de certains de ces métrages. A plus forte raison lorsque ceux-ci sont totalement expérimentaux et se basent donc presque exclusivement sur l’expérience visuelle du spectateur. Frankenstein’s Bloody Nightmare est l’un de ceux là. Si un semblant de scénario sous tend le métrage, il n’en constitue pas l’élément principal.

Le jeune docteur Victor Karlstein regarde sa dulcinée mourir. Incapable de lui fournir les soins nécessaires au sein de son propre hôpital, la culpabilité de Victor va croissante. Etant du genre coriace, il va utiliser ses compétences d’ingénieur en électronique pour ranimer un cadavre, qu’il utilisera pour assassiner d’innocentes victimes. Ainsi, il pense pouvoir utiliser des parties de macchabées pour redonner la santé à sa moitié avant que celle-ci ne soit complètement refroidie.

frankenstein s bloody nightmare


L’histoire n’est en fait qu’un prétexte que le réalisateur utilise pour assouvir un délire visuel parfaitement halluciné. Ainsi dès les premières minutes du film, l’intrigue apparaît vaine. Rien n’est mis en œuvre pour y introduire le spectateur, qui a tôt fait de s’y désintéresser. Les plus curieux et/ou courageux d’entre vous se laisseront emporter par l’enchaînement de séquences psychotiques, les autres éjecteront précipitamment le disque de leur platine.
Sur le Making of de Frankenstein’s Bloody Nightmare, John R. Hand avoue qu’il s’est lancé dans l’aventure sans avoir toutes les cartes en main. Le scénario n’était pas achevé. Mais une chose était sûre, il voulait tourner en Super 8. L’aspect granuleux de l’image apportant au métrage "un aspect organique," et empêchait de le situer dans le temps. A dire vrai, ce format se prête parfaitement à l’expérimentation visuelle et permet aisément de faire perdre au spectateur ses référents. Dès lors, la porte est ouverte à toute déviance artistique, pour un peu que le réalisateur cumule talent et savoir faire.
A n’en pas douter, le jeune cinéaste américain dispose des deux en quantité suffisante. Peut-être même trop, tant le rendu de sa vidéo – le qualificatif "film" semble en effet trop institutionnalisé pour pouvoir s’appliquer ici – est expérimental.



frankenstein s bloody nightmare




La volonté de tourner en super 8 était présente dès le début du projet. L’on sent aussi que Frankenstein’s Bloody Nightmare a servi de terrain de jeu au jeune réalisateur qui s’est probablement laissé emporter par son imagerie en cours de route. La vidéo regorge de longs plans fixes, de filtres en tout genre – souvent des colorisations étranges – et de mouvements créant un flou à l’image. Le tout avec très peu de dialogue, ce qui crée une distance supplémentaire avec le spectateur. En outre, les dialogues sont sous mixés par rapport au reste des sons de la vidéo et son parfois assez inaudibles ou tout au moins peu aisés à comprendre.

A l’instar de l’image, l’ambiance musicale du film est assez inhabituelle, puisque dominée par des sonorités électriques et grinçantes. La bande originale de Frankenstein’s Bloody Nightmare relèverait à ce titre plus du sound design que de la musique à proprement parler. C’en est parfois même irritant, puisque cela oblige le spectateur à une gymnastique contre nature, consistant à écraser le bouton "+" du volume lors des séquences "dialoguées" et immédiatement après, la touche "-".
La vidéo s’adapte donc peu à la combinaison "canapé, boisson, téléviseur." Pour en profiter pleinement, il faudrait en sortir la vision de son contexte originel. Par exemple, la projeter lors d’une prestation artistique publique (concert, performance…) ou dans un lieu tel qu’un club, un bar…



frankenstein s bloody nightmare




Le format "long métrage" dessert de toute évidence Frankenstein’s Bloody Nightmare. Tout au long de ses 75 minutes, les errances graphiques et sonores de John R. Hand auront tôt fait de lasser le spectateur. Trop opaque, trop personnel, trop déjanté, l’univers présenté ici est difficilement pénétrable. Ainsi, Frankenstein’s Bloody Nightmare aurait pu être titré galette à effets psychotropes sans consommation de substance illicite ou "comment j’ai fait sniffer de la soude caustique à mon castor pour lui montrer la grande ourse."
De fait, si la vidéo s’était étalée sur une durée plus réduite, son impact aurait été d’autant plus efficace. Un trip sous acide de 75 minutes, c’est difficilement supportable. Sur un format d’environ 15 minutes, la vidéo aurait gagné en dynamisme ce qu’elle n’a pas en narration. Alors, peut-être l’attention du spectateur ne décrocherait-elle pas systématiquement à chaque nouveau plan.
Ainsi John R. Hand semble s’être inspiré pour son travail visuel, sur le mouvement pop art d’Andy Warhol. La pellicule accuse le coup de l’age, l’image est d’une qualité douteuse et parfois retravaillée, mais surtout, nombre de plans sont peu conventionnels. Les décadrages sont nombreux, les très gros plans et les plans d’ensemble se succèdent en une valse visuelle psychotique. En découle une étrange dynamique opposant le lointain (action noyée dans le décor) avec l’intime (le spectateur a littéralement le nez dans l’action, ne pouvant en percevoir les éléments périphériques).



frankenstein s bloody nightmare




Les nombreuses vidéos issues de la période d’expérimentation des limites de l’artistique que fut le pop art, avaient entre autres buts de briser un tabou institutionnel, de montrer que l’art pouvait s’envisager de différentes manières. Il s’agissait d’effacer de l’art, l’image de la bourgeoisie qui s’y était encroûtée. Quelques quarante années plus tard, le message est passé et les raisons d’être de ce mouvement artistique ont sombré (ou tout au moins muté) en même temps que les limites qu’il conspuait. De ce fait un doute est permis sur la légitimité d’un film tel que Frankenstein’s Bloody Nightmare qui n’a rien de plus à proposer qu’une esthétique déviante – selon les critères de l’époque – inspirée par Warhol et ses suiveurs.



3/6 - Colin VETTIER





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