Le matraquage médiatique qui a suivi la sortie des "Choristes" a été tel qu’un nouveau trouble psychologique a été recensé en France : la Choristophobie. Mauvaise nouvelle, le traitement n’est pas remboursé par le C.N.C. (Centre National de Cinématographie).
Il y a un moment où, à force de se faire vriller les tympans par les voix prépubères d’un ramassis de morveux, il est humainement impossible de ne pas craquer.
On a alors envie de tous les détruire. Avec violence et de manière totalement gratuite. Pourquoi ? Parce que ça détend. Parce qu’il y en a marre de les entendre suinter de tous les pores médiatiques. Et puis parce que ça donne une idée de génie à un cinéaste français.
Vous l’aurez compris, le court-métrage de Pierre-Louis Levacher est une réponse vitriolée au phénomène des Choristes.
"A force d’entendre continuellement à la radio, que mes enfants regardent le DVD trois fois par jour, j’ai eu besoin d’une thérapie" avoue le réalisateur. Cette thérapie prend la forme d’un court-métrage d’une petite dizaine de minutes.
Dix minutes d’exutoire jouissif, pendant lesquelles les petits chanteurs de "Berck-sur-Mer" s’en prennent plein la figure pour pas un rond. Enfin presque pas un rond, parce qu’après ce qu’ils nous ont infligés, ce n’est qu’un juste retour des choses.
Et puis un bon coup de hache, ça n’a jamais tué personne.
Les morveux table sur l’aspect jouissif de la destruction de choriste. Un homme poussé à bout, perd pied avec la réalité et est tellement énervé par les jeunes chanteurs, qu’il n’a d’autre choix que de les massacrer. Le fait est que nous avons tous en nous une part de cet homme. Avec les Choristes, quelque chose au fond de nous est né, quelque chose de noir, de malsain – le premier qui dit "quelque chose de Tennessee" se verra contraint de réaliser "Le Johnny", court-métrage où une femme kidnapperait Johnny pour lui faire ravaler ses chansons : "tiens, je vais te l’allumer le feu, moi !".
Excusez, je m’égare. Revenons à nos Morveux voulez-vous ? Si le court-métrage est aussi plaisant à regarder, c’est qu’il ne lésine pas sur le colorant rouge. Le sang gicle dans tous les sens, conférant à l’œuvre un aspect gore / cartoon.
La raison pour laquelle Les morveux fonctionne aussi bien, c’est parce que le réalisateur prend le parti d’une réalisation très cartoon, c’est-à-dire très dynamique, sans temps mort. C’est gore et sacrément déjanté – mention spéciale à la bande son qui mêle bruitage cartoon et parodie des Choristes. Le court-métrage fait ainsi preuve d’une impressionnante dose d’humour grinçant. La présence de Raymond Forestier devant la caméra n’y est sûrement pas pour rien. Lunettes triples foyer et bouche à demi ouverte, l’acteur sert une performance d’une qualité irréprochable. Chacune de ses expressions de visage renforce la mise en scène de Pierre-Louis Levacher. On le croirait tout droit sorti d’un épisode de Tex Avery.
Raymond Forestier est donc le pilier du film, il est au centre de chaque séquence – pour ne pas dire de chaque plan. L’intérêt du court-métrage ne réside pas dans la souffrance infligée aux choristes – qui ne sont d’ailleurs jamais filmés – mais dans l’effet profondément exultant que cela a sur le personnage.
Si les morveux a pu servir de thérapie à Pierre-louis Levacher, il ne fait aucun doute qu’il agit de même sur le spectateur.
"Monsieur VETTIER, vous souffrez d’une Choristophobie en son stade le plus avancé.
- Dites moi la vérité docteur. Je vais m’en sortir ?
- Je ne vous mentirais pas, les chances sont maigres. Je vais donc vous prescrire un traitement de choc : un visionnage de les morveux, matin, midi et soir. En cas de rechute vous pouvez doubler la dose."
Les morveux, ça fait du bien par où ça passe. Au spectateur, certes, mais aussi au cinéma français, qui même s’il les cache, a bien des enfants terribles. Comme quoi, en France aussi il y a des cinéastes irrévérencieux et courageux donc forcément indispensables.
Dites moi Monsieur Pierre-Louis, ça vous intéresserait de co-écrire un long-métrage où les Star Académiciens seraient poursuivis par un psychopathe énervé de les entendre et de voir leurs bobines tous les jours ?
6/6 - Colin VETTIER
|
Avis de : Camif
Mouuuaahhh !!! Jouissif !! Les Choooristes étant insupportables c'est une merveille de les voir ainsi étripés.
Avis de : worm
Fun et jouissif :D
Avis de : Blit
ça fait du bien.
Avis de : Joker
Sympa mais on ne voit jamais les corps se faire mutiler. Juste le sang qui gicle. C'est dommage, car le court métrage aurait été parfait sinon.
Avis de : infamous
bien marrant
Avis de : Cujo
chuis parfaitement du meme avis qu'avec "Joker" plus haut
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|