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Nami Matsushima, jeune femme visiblement bien sous tous rapports, tombe folle amoureuse d’un policier qui ne tardera à lui révéler des intentions peu louables : la poussant à endosser le costume d’indicateur de police, celle-ci tombe dans un traquenard et se fait violenter par un groupe de malfrats. Traumatisée, souillée et révoltée, elle tente en vain d’assassiner son amant en pleine rue ; elle est alors interceptée et bouclée dans une prison pour femmes lui réservant bien de mauvaises surprises…
Adaptation d’un manga de Tooru Shinohara (à qui l’on doit aussi Zero Woman alias "Les menottes rouges" chez nous), La femme Scorpion est au carrefour de deux sous-genres du cinéma d’exploitation des 70’s : le WIP et le Pinky. Si le premier cité est bien connu des amateurs du genre, le Pinky lui, découle du Pinku Eiga, mettant ainsi en valeur sexe et violence en valorisant plus ou moins l’image de la femme.
Un concept quasi-paradoxal lorsqu’on sait que la clientèle de ce genre était avant tout des hommes : les femmes prennent les armes, insultent, tuent, se battent, et pourquoi pas, violentent. La révolution sexuelle n’était pas loin…
On nage constamment entre gore, manga, érotisme et polar ; loubardes, collégiennes, nonnes, prisonnières, sabreuses : les personnalités ne manquent pas alors.
La saga Female Convict Scorpion sera alors la digne représentante de ce sous-genre aux connotations quasi-féministes ; ou du moins surtout les trois premiers volets, car le secret de cette recette gagnante, c’est le duo Shunya Ito/Meiko Kaji : sans eux, Sasori n’est quasiment plus rien.
Issu du Pinky Stray Cat rock, Meiko Kaji devient une véritable icône le temps de deux films : ce premier volet de la saga Sasori tout d’abord puis le très fameux "Lady Snowblood" ; qui traumatiseront alors un certain Quentin Tarantino, qui n'hésitera pas à reprendre plus tard de très nombreux éléments des deux films (dont les chansons chantées par Meiko) pour son Kill Bill.
Sasori est un personnage fort et troublant, par son incroyable détermination, son calme olympien, et surtout son fameux regard qui tue ! Bafouée et abusée par la gent masculine, la jolie Nami devient Sasori (= Scorpion donc) sous les barreaux, à la fois méprisée par les gardiens mais aussi par ses camarades de cellule. Car bien qu’anti-masculin, La femme scorpion est loin de se morfondre dans le manichéisme le plus primaire qui soit : les femmes que croisent Sasori sont cruelles, jalouses, violentes, tricheuses, manipulatrices… sauf une!
Personnages (souvent) grotesques et caricaturaux, acteurs surjouant à en mourir : quelque part, le trait forcé devient une marque de fabrique de la saga ; et au milieu, il y a la belle Sasori, divine, impassible… et accessoirement bouc émissaire de tout ce beau monde. En bon film d’exploitation nippon qu’il est, La femme scorpion (tout comme les autres film de la saga) est d’un sadisme outrancier : brimades en tout genre, viol (même les hommes passent à la casserole !), morceau de verre planté rigoureusement dans un œil, ébouillantage, matraquage ou même torture à l’ampoule (original et… douloureux !).
Tout comme le retour systématique en prison, le climat où Sasori attaque ses victimes en pleine cité, engoncée dans un gilet noir corbeau et poignard à la main est une récurrence dans la série, donnant lieu à des scènes de vengeance stylées et impitoyables. Son surnom de "scorpion" n’est alors guère usurpé, Sasori n’utilisant justement que des armes blanches pour orchestrer ses meurtres - bien entendu jamais gratuites - digne représentation de son "dard". Et hors de question pour elle de donner la mort à une femme : d’une manière ou d’une autre, quelqu’un se chargera de punir la vilaine.
Pinky oblige, les nudités (gratuites en grande partie) sont nombreuses, mais l’on appréciera surtout la scène lesbienne "obligée" où Sasori déjoue les plans d’une belle espionne en la faisant grimper au septième ciel. Délicieux.
La mise en scène de Shunya Ito, appliquée et baroque à souhait (cadrages tarabiscotés, couleurs vives, effets de style incroyables, symboles de tous poils) est un régal, s’améliorant alors de film en film : il suffira de prendre pour exemple l’habituelle bagarre dans les douches, où une furie cherchant des noises à Nami se transforme littéralement en succube sanguinaire, éclairage surréaliste à l’appui. Sans parler de cette scène de révolte apocalyptique, prenant des airs d’opéra destroy et kitch avec ce ciel bariolé et infernal. On ne pouvait pas rêver mieux.
Un premier volet déjà haut en couleur donc, classique instantané du cinéma d’exploitation, et savoureuse mise en bouche d’une redoutable trilogie : et je dis bien une trilogie, car justement les autres séquelles sont une autre paire de manche…
5/6 - Jérémie MARCHETTI
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Avis de : ber
Très bon film d'exploitation où on ne s'ennuie pas une seconde.
Certaines scènes sont très stylées et ça donne un bon cadre à l'histoire.
Avis de : Joker
On sent que c'est tiré d'un manga quand même, y a quelques personnages bien caricaturaux (notamment ce gardien coiffé comme un beatle avec des lunettes de soleil LOL), le film n'evite pas non plus les scènes typiques dun milieu carceral (homosexualité, "bagarre" dans les douches, ect...).
Ils aiment bien jouer avec les filtres de couleur aussi, parfois pas vraiment également à mon goût. Quelques acteurs qui surjouent aussi (la tuerie dans la douche qui bien que voulant faire du spectacle m'a fait plus sourire qu'autre chose, le gardien qui meurt au ralenti en faisant ROOOOOHAAAAAAAAAAA) , ah et je me suis demandé pourquoi le directeur n'avait pas mal avec son bout de verre dans l'oeil (et la blessure s'est déplacée après ,non ?).
Pour le reste c'est tout du bon, l'actrice principale à effectivement un charisme monstrueux et surtout un de ses REGARDS, brrrrrr... J'ai adoré le passage où habillé en noire elle tue sous la musique du générique (qui roxxe aussi ). Ya eu aussi quelques passages où j'ai ris (le viol des gardiens par les detenues LOL) , le coup de la soupe renversée mouahahaha, ouais c'etait pas mal dans l'ensemble.
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