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BLANCHE NEIGE : LE PLUS HORRIBLE DES CONTES
( SNOW WHITE : A TALE OF TERROR )
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Des cheveux aussi noirs que l’ébène, une peau blanche comme de la neige, des lèvres aussi rouges que le sang…
Vous connaissez la suite ! En tout cas plus ou moins…
Enceinte de celle qu’elle avait hâte de surnommer blanche-neige, Lady Lilliana Hoffman meurt dans un accident de carrosse, ce qui ne l’empêchera pas d’accoucher d’une adorable enfant. Son mari s’occupe alors de sa fille, seul durant de longues années, jusqu’au jour ou il prend une nouvelle épouse, l’élégante et mystérieuse Lady Claudia. La petite subit alors ce remariage comme un affront et voit du mauvais œil sa marâtre, qui semble cacher de bien lourd secrets…
Il est bon de rappeler que l’on se plaît à raconter les contes de Grimm à nos chères têtes blondes depuis des décennies…alors que ceux-ci n’ont finalement rien de très innocents. Bien que le rythme souvent alerte, une certaine naïveté, et une grande part de féerie prédomine, les visions effroyables, elles, ne manquent pas.
L’on sera surpris d’apprendre par exemple que le supplice du tonneau aperçu dans "2000 Maniacs" faisait déjà ses premières armes dans l’un des innombrables contes des frères Grimm !
Dommage donc que ces récits merveilleux et cruels furent édulcorés au cinéma par l’Empire Disney, et que les occasions de leur donner leur sens premier n’attire pas les foules.
Neil Jordan adoptera cependant cet audacieux concept le temps de son splendide "la compagnie des loups", pervertissant le conte de Perrault avec grand talent…tout comme le fera plus tard Jan Kounen dans son malsain et kitch "dernier petit chaperon rouge". Et Grimm, ça n’intéresse personne ? Gilliam oui, livrant alors un blockbuster assez impersonnel mettant en scène les deux frangins. Mouais…
Il faut alors jeter un coup d’œil dans certains rayons de vidéos clubs en 1997 pour dénicher un petit bijou du genre, se vantant d’être la véritable histoire de blanche neige ; ce qui n’est pas tout à fait exact à la vue du résultat final.
L’inconnu Michael Cohn s’évertue non pas à respecter le conte, mais à le corrompre au point de rajouter des éléments nouveaux, assez séduisants avouons-le.
On est donc assez loin des frasques kitchs de "La caverne de la rose d’or" (à quand le dvd d’ailleurs ?), voire des excursions onirico-psychanalistes de "la compagnie des loups" ; Cohn livre là un sacré bon film d’aventure horrifique, assez unique en son genre il est vrai.
Ce "Blanche Neige" veut jouer dans la cour des gros budgets sans y arriver vraiment, (un soin visuel évident, deux stars en tête d’affiche) et déçoit un peu par son rythme hésitant, mais réserve tout de même de bonnes surprises !
La meilleure d’entre elles ? Sans aucun doute la prestation de Sigourney Weaver, pour une fois moins sage qu’à l’habitude. Contrairement au dessin animé de Disney par exemple, plus focalisé sur les facéties des sept nabots, le film de Cohn semble entièrement reposer sur la reine noire, figure ici plus ambiguë que chez Tonton Mickey.
Si on ne connaît rien au départ des intentions de Lady Claudia (c’est la petite Liliana qui, ô surprise, déclare la guerre), la mort de son enfant sera le déclic de son penchant pour le mal, avec intervention du miroir maléfique, crise de jalousie envers blanche-neige et tout le tatouin.
Personnage tourmenté mais déterminé, Lady Claudia s’adonne à toutes sortes de rites magiques jusque là inédits dans le conte (la spectaculaire chute des arbres), et les tentatives de meurtre via le peigne empoisonné ou le corsage ne sont finalement pas retenues (le coup de la pomme empoisonnée, légendaire, est bien présent évidemment). Si cela aurait été le cas, on aurait trouvé alors la jeune Liliana bien sotte, à force de faire entrer des inconnues dans la chaumière malgré les avertissements des nains !
Les nains, parlons-en justement : ceux là ont été évincés , remplacés alors par un groupe de brigands pas attachants pour un sou (l’un des sept est un nain cependant… mais on s’en fout), bien que Liliana trouvera l’amour parmi eux ; drôle de Prince Charmant !
Ce clash princesse/sales brigands renvoie alors, à "la chair et le sang", mais en moins hardcore et en moins intéressant… hélas.
Sam Neil, dont la filmo est finalement assez portée sur le fantastique, s’en tire avec les honneurs, face à une Sigourney Weaver lui en faisant voir de toutes les couleurs, la jeune femme s’adonnant ainsi au meurtre, à la magie noire, au fratricide, à l’adultère voire même à l’inceste ! Tout l’érotisme et la monstruosité du personnage trouve grâce à travers le film de Cohn, au point que la charmante Monica Keena devient transparente, bouffée toute crue par le monstre Weaver. Eh ouais…
4,5/6 - Jérémie MARCHETTI
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 avis de Dorian | De superbes décors, d'excellents effets spéciaux, une interprétation sans faille, avec une mention toute spécial à la belle Sigourney Weaver en imposante reine noire. Il est intéressant de voir dans ce film que c'est Liliana et non Claudia qui déclare la guerre, la belle mère en devient presque un personnage pathétique, poussé à bout par les nombreux échecs de son mariage, la mort à la naissance, de son unique enfant marque le basculement du personnage vers la folie, car c'est seulement à ce moment la que le miroir se met à parler, vériatble magie ou schizophrénie latente ? On aurait tendance à privilégier la seconde hypothèse si le miroir n'avait pas fait une victime 9 années auparavant.
On est assez loin d'une version entièrement fidèle au conte des frères Grimm, mais ce film en est tout de même une très belle adaptation doublée d'une stupéfiante variation sur le thème du portrait de Dorian Gray (la triste fin de Dame Claudia renvoie d'ailleurs assez clairement à la mort que connait Dorian à la fin du roman de Wilde). On est bien loin, et ça fait fichtrement du bien, des nains chantant du premier film de Disney... |
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