|
|
|
|
GODZILLA
( GOJIRA )
Cette critique a été consultée
3881 fois
|
|
Au large du Japon, plusieurs bateaux disparaissent dans des circonstances semblables. Puis une île est ravagée par ce qui semble être un typhon, mais les habitants parlent d'un monstre de leurs légendes: Godzilla. La créature préhistorique, réveillée par des essais nucléaires, apparaît bientôt dans la baie de Tokyo, menaçant directement la ville sans qu'il semble possible de l'arrêter...En 1954, Ishirô Honda, sans doute inspiré par des films de monstres tels que "King Kong" ou "Le monstres des temps perdu", va créer ce qui va devenir une figure majeure du cinéma, en la personne du monstre atomique Godzilla, héros à ce jour de 28 films (29 avec le film de Roland Emmerich). Il va par la même occasion, créer un nouveau sous genre, le kaiju eiga. Le kaiju eiga - littéralement "film de monstres géants" - est un genre oublié (et même souvent méprisé sans jamais en avoir vu...) chez la plupart des amateurs de cinéma fantastique en France (le genre étant très populaire en Asie bien sûr, mais également aux Etats-Unis, et semble-t-il dans certains pays européens comme l'Allemagne). Pourtant, il en constitue un pan très important, avec ses caractéristiques propres, son univers, ses chefs d'oeuvre, ses navets. Le film de Honda va installer tous les thèmes futurs du genre dans son film, qui est surtout conçu comme un film catastrophe et doublé d'un message fort contre l'utilisation du nucléaire.
En effet, Godzilla est présenté dans le film comme un monstre préhistorique (nous passerons sur les erreurs chronologiques du film, situant le Jurassique à deux millions d'années avant notre ère) réveillé par des essais nucléaires et les attaques américaines sur Hiroshima et Nagasaki. Il est d'ailleurs judicieux de préciser qu'il y a, comme souvent pour les kaiju eiga, une version japonaise du film et une version américaine. En effet, le genre s'inscrit souvent dans une critique des Etats-Unis, ceux-ci préférant donc remonter les films pour minimiser leur implication dans l'expansion du nucléaire. La version critiquée ici est la version japonaise d'origine (enfin, d'après ce que prétend mon dvd...). Honda va donc imprégner son film de la peur des Japonais liée aux attaques atomiques ainsi que, dans une moindre mesure, de la peur des typhons (élément qui sera développé dans "Rodan"). Ce trauma se retrouve notamment dans une scène très forte après l'attaque de Tokyo, et dans le personnage du Dr. Serizawa. Ce dernier créera en effet une arme, l'Oxygen Destroyer, capable de détruire le monstre mais sera au coeur de ce dilemme: faut-il révéler au monde l'existence d'une arme si puissante, avec le risque qu'elle soit utilisée à des fins néfastes, ou faut-il laisser Godzilla poursuivre sa vague de destructions?
Comme dit plus haut, Ishirô Honda va mettre en place les thématiques qui deviendront récurrentes dans les films suivants. Tout d'abord, les scènes de destruction de villes, et notamment de Tokyo. Le Big G, comme il est affectueusement surnommé outre-Atlantique, va ravager la capitale nippone, écrasant les bâtiments, enflammant les rues avec son rayon atomique. Cette imagerie de Tokyo en flammes et en ruines va rapidement devenir l'élément le plus caractéristiques du kaiju eiga, repris dans de très nombreux films. En revanche, ce Godzilla montre quelque chose d'assez rare dans la saga: le monstre atomique qui tue directement des humains. Cela renforce la menace qu'il représente, contrairement à la plupart des films suivants où les seules "victimes" seront les bâtiments ou d'autres monstres. Deuxième thème apparaissant dans le film: l'intervention de l'armée, à grands renforts de chars, de batteries anti aériennes, d'avions. Viennent ensuite les scènes de panique de la population, fuyant devant le danger. Ensuite, la réflexion revenant souvent dans ces films: faut-il tuer Godzilla, ou au contraire le laisser vivre et l'étudier? La réponse est généralement la première, mais permet d'affronter deux points de vue intéressants et toujours d'actualité.
Bien sûr, qui dit "kaiju eiga dit "maquettes de véhicules, acteurs en costumes". Des éléments qui font le charme de ces films pour les fans, mais qui suffisent à repousser les non fans. Dans ce film évidemment, ces éléments sont présents et, le film ayant quand même plus de 50 ans, ont relativement vieilli. On pourra ainsi s'amuser devant le "look" de Godzilla, dont le visage n'est pas extrêmement menaçant, voire même pataud, ainsi que devant les maquettes de véhicules (mention spéciale au véhicule de pompiers!). Le tout reste tout de même plus convaincant que certains épisodes des années 70, et ne nuit de toute manière pas spécialement au film, même si le caractère terrifiant a disparu.
Pour résumer, ce tout premier Godzilla est un condensé de ce que seront tous les kaiju eiga, et notamment toute la série des Godzilla, en inventant les thèmes de ce genre si particulier. Si le film a forcément vieilli, il n'en demeure pas moins l'un des meilleurs de sa catégorie, grâce à un message anti-nucléaire très fort et une ambiance particulièrement sombre (à ce titre, les toutes dernières minutes ont un ton assez défaitiste et moralisateur), sans oublier la bande sonore d'Akira Ifukube (bien que parfois un peu trop présente), le tout faisant de ce film un monument du cinéma fantastique.
C'est en 1956 que les américains ont décidé de "remonter" et d'ajouter des séquences avec Raymond Burr au film de Honda. Dans la plupart des filmographies de ce réalisateur, vous trouverez mention de ce remontage à l'année 1956. Une aberration puisque Honda n'a bien entendu jamais participé à ce sabotage de son oeuvre.
Si vous avez aimé ce film vous aimerez
peut être :
. . . . . . .
|
voir les anciens commentaires
 |
|  |
|
 avis de Dorian | Le meilleure de la série pour moi reste "Le retour de Godzilla" de Koji Hashimoto, mais le film d'Inoshiro Honda est incontestablement une pièce maitresse du genre puisque c'est ce film qui introduit l'un des monstres les plus célèbres de tout les temps dans unes de ses meilleures aventures (les autres films, où il se bat contre d'autres monstre-style-power-rangers, sont pour la plupart à peine voir non regardable). Le Godzilla à l'americaine peut aller se rhabiller face à cette bouille sympatoche de vieux monstre tout moche (ça rime :p). Beaucoup de chose prètent à sourire dans ce film (en particulier les maquettes de véhicule et d'immeubles), mais la critique sur ce que subit l'environnement est présente et bien exploité. Un très bon film de monstre donc, même si "le retour de Godzilla"(1985) lui est pour moi supérieur (néanmoins on y retrouvera les maquettes en question, particulièrement risible dans un scène mémorable ou Godzilla se balade avec un train à la main pendant 5 bonne minutes). |
| |
|
|
|
Rédacteur :
Rédaction :
Internautes :
|
|
|