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zordax ii: la guerre du metal - zordax II: la guerre du metal - 2006 un film de Syl Disjonk zordax ii: la guerre du metal
zordax ii: la guerre du metal


Colin VETTIER




6/6 - Colin VETTIER












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ZORDAX II: LA GUERRE DU METAL

( ZORDAX II: LA GUERRE DU METAL )


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( expérimental )

zordax ii: la guerre du metal

Quand le Québec est habité par l’Italie…

En 2045, un holocauste nucléaire a réglé son compte à notre "belle" planète. Forcément, à force de jouer aux cons, on finit toujours par scier la branche sur laquelle on est assis.
Ravagée par les épidémies, les radiations, une nouvelle ère commence : celle de la guerre du métal. Les survivants sont éparpillés et doivent lutter pour leur survie. En effet, un gros méchant s’est mis en tête de tuer les derniers humains : Zordax.


zordax ii: la guerre du metal


Projeté durant le festival Mauvais Genre 2007, sélection officielle Tromadance 2007, Prix du public et prix spécial du jury du Festival Vitesse Lumière 2006, Zordax II est précédé par sa réputation. Amplement méritant, le court métrage de Syl Disjonk délivre un superbe hommage au genre du Post-Nucléaire.

Zordax II respecte à la lettre les codes de ce genre apportés par l’exploitation italienne des années 70. Premier élément indispensable, une apocalypse : comment faire du post-nucléaire sans cela ? Par conséquent, un terrain vague et quelques ruines sont tout à fait nécessaires à la réussite de l’entreprise. Ensuite, il faut quelques mutants, mus par une haine sans borne de la race humaine. Le genre qui s’habille avec des clous ou des combinaisons loqueteuses. Enfin, un héros héroïque finit de compléter la liste des ingrédients incontournables au post-nucléaire.
Bien évidemment, tous ces éléments sont ici réunis, avec en bonus, quelques ajouts qui ne font qu’ajouter à la qualité du résultat. C’est le cas de quelques effets spéciaux fort sympathiques.

Des "Guerriers du Bronx" à "Les Nouveaux Barbares", les influences sont nombreuses, mais jamais nauséeuses. Pour le réalisateur québécois, pas question de plagier et encore moins de se prendre au sérieux.



zordax ii: la guerre du metal




En effet, ce ne sont pas seulement les codes du genre qui sont repris, mais aussi ses défauts (conception toute relative, car ce sont lesdits défauts qui en font tout le charme). Il est vrai qu’à son heure de gloire, le post-nucléaire n’était rien de mieux que de l’exploitation ; un moyen de faire un long métrage amortissable rapidement. Construits suivant le modèle Corman, ces films était délibérément bâclés, proposant au public une action continue pour ne pas qu’il s’ennuie.
De ce fait, le scénario n’était jamais d’un grand intérêt – ce n’était de toute façon pas pour cela que le public se déplaçait – répondant toujours aux mêmes poncifs. Une guerre ou une catastrophe nucléaire, rendait la terre inhospitalière et séparait les survivants en deux camps : les gentils et les méchants. Les méchants voulant tuer les gentils.

Peu coûteux et donc rapidement rentable, le genre se stigmatisait par ses nombreuses suites. Le vice était parfois poussé jusqu’à faire d’un métrage la suite officieuse d’un précédent succès en ajoutant simplement en titre alternatif, un chiffre à la suite d’un titre évocateur. D’où le II au titre du présent court métrage ; ne cherchez pas, il n’existe pas de premier volet. (Pour la petite histoire Zordax premier du nom n’est qu’un poster, utilisé pour décorer la chambre dans un autre court métrage).




zordax ii: la guerre du metal




Mais que serait le genre post-nucléaire sans une post-synchro empirique, dans la plus pure tradition italienne ? Là aussi Syl se plie à l’exercice avec succès, la voix de Zordax étant particulièrement délectable.

Afin de répondre à l’univers graphique et pour corriger les défauts de l’image DV, le québécois va utiliser des filtres de post production pour jaunir l’image et lui donner un aspect sablonneux. L’effet recherché (et trouvé) est un rendu visuel irradié, comme en constante surexposition du fait d’un soleil trop fort.

Ne manque-t-il pas quelque chose pour faire de ce court métrage la parfaite épitaphe au cinéma d’exploitation post-nucléaire ? Une partition electro-rock, dans la droite lignée de Claudio Simonetti et autre Bruno Nicolai ? Et bien non, la bande son "hommage" est elle aussi, belle et bien là. Tout est synthétique, de la batterie aux guitares, tant et si bien qu’on se croirait revenu trente ans en arrière… avec une sacrée patate en prime !



zordax ii: la guerre du metal




Pas de doute, le bonhomme connaît ses gammes et maîtrise son sujet sur le bout des doigts. Le résultat fleure donc la bonne humeur et dégage une sacrée énergie.
Aucune hésitation à avoir, laissez-vous entraîner par ce jeune et fougueux réalisateur québécois. D’autant que Syl Disjonk sait garder une conception toute particulière de la réalité : "Si un jour, je fais la suite de Zordax II, ce sera Zordax IV !"

Tout aussi logique, mais dans la tradition du genre, le poster n’est pas tiré d’une image du film. Syl nous raconte qu’un an avant de tourner, il était allé faire du repérage sur les lieux. Là, un punk qui avait vraisemblablement abusé de Mad Max et de substance chimique, débarque sur son vélo, accoutré comme si la guerre nucléaire avait vraiment eu lieu. Le cinéaste québécois lui demande alors s’il peut poser tel quel pour quelques photos. L’une d’entre elles se trouve à présent sur la pochette du DVD.



6/6 - Colin VETTIER




* A noter qu’à la caméra se retrouve Carnior, autre référence du court métrage québécois (« Demain, moi et Pamela », « l’étoile du désir », ou encore « il était une fois sur Mars »)


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