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nympha - nympha - 2006 un film de Ivan Zucconnympha
nympha


Colin VETTIER




3,5/6 - Colin VETTIER












dying god

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Note globale de
la rédaction sur 6 :



NYMPHA

( NYMPHA )


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( expérimental )

nympha

L’italien Yvan Zuccon nous revient avec son cinquième film, NyMpha, pour lequel il se paye le luxe de faire jouer Tiffany Shepis.

Sarah une jeune anglaise, est envoyée par son diocèse en Italie pour rejoindre le couvent du "Nouvel Ordre". Les nonnes y sont cloîtrées afin de se renfermer sur elles-mêmes. Leur seule préoccupation est de se tourner vers Dieu.
Ainsi l’initiation de Sarah pour intégrer l’ordre se déroulera en quatre étapes. Chacune apportant son lot de sacrifices.
Voir Dieu.
Sentir Dieu.
Toucher Dieu.
Parler avec Dieu.

Au travers de son initiation, Sarah va entrer en contact avec Ninfa, une jeune fille qui semble avoir habité les lieux avant que l’Ordre ne s’y installe. La fillette semble avoir souffert du fanatisme religieux de son grand-père. En effet le vieil homme justifie tous ses faits et gestes d’un "c’est la volonté de Dieu." Volonté qui va l’entraîner dans la folie.

"Même Dieu, Nouveau messie" annonce l’affiche. Le Ivan Zuccon nouveau va-t-il apporter la bonne parole ?


nympha


Après deux premiers films qui n’ont nullement fait l’unanimité de la critique, Ivan Zuccon s’est plongé à corps perdu dans une adaptation personnelle des écrits de Lovecraft. "The Shunned House" était tout à fait divertissant mais souffrait de graves lacunes. La première était le format numérique dans lequel il avait été capturé, qui n’avait pas été étalonné en post-production afin de rendre du grain, mais au contraire afin d’être le plus propre possible. Pour rentabiliser l’achat d’un lecteur DVD sur lequel l’image est sensée être bien plus propre que sur VHS, "The Shunned House" avait fait ses preuves. Inversement, le métrage perdait beaucoup de charme et son ambiance était aplatie par l’image trop aseptisée. Pourtant les effets spéciaux n’étaient pas en reste, et étaient d’une frappante crédibilité (cf. la jeune fille qui joue de l’archer sur son poignet). Le tout était desservi par une narration digne de Lucio Fulci, empirique et peu claire.

NyMpha corrige les défauts de lisibilité de son aîné, en établissant une relation plus claire entre le cru et le croyant sans pour autant sombrer dans une collection de flash-back simplistes. Là où le film pèche, c’est par son image. Encore une fois elle est bien trop léchée pour rehausser convenablement le sujet malsain du film. Pourquoi un tel choix, alors qu’il existe des moyens très simples de "brûler" ou "bruiter" son image ? Il semblerait que l’italien ait une furieuse envie de se tirer une balle dans le pied.



nympha




Une balle ne suffisant pas, le réalisateur limite au maximum ses effets spéciaux de plateaux, et ajoute quelques effets numériques du plus mauvais goût. After Effects ® (ou quelque soit le logiciel utilisé), c’est bien, mais il y a des effets secondaires. Surtout lorsqu’il s’agit de créer des effets en trois dimensions avec un soft prévu à l’origine pour travailler sur deux dimensions. Mais pour être parfaitement honnête, si cela handicape le film, il n’en demeure pas moins parfaitement regardable (et appréciable dans une certaine mesure).
Bien plus dommageable, le ton est peu agressif. Où sont les effets spéciaux sales et dégoulinants de "The Shunned House" ? Où est la violence psychologique qui aurait pu découler d’un tel sujet ? Certes Sarah passe un sale quart d’heure chez les nonnes du "Nouvel Ordre". Cependant la distanciation avec le spectateur, provoquée par l’image trop impeccable et la relative timidité des effets empêche de profiter pleinement du propos. Pourtant, comme à son habitude, Ivan Zuccon délivre un métrage à l’imagerie habitée – encore une fois desservie par le format. Les nonnes perverses, le docteur perdu, les visions hantées contribuent à donner un véritable cachet à NyMpha.

En terme de réalisation, l’italien sait s’y prendre (bien que la copie que la production m’a envoyé, ait été recadrée d’une immonde façon). Encore une fois Ivan Zuccon montre qu’il est un cinéaste accompli, réalisant avec intelligence et savoir faire. L’italien se fend même de plans de poursuite plutôt bluffant.



nympha




Il est très clair que le réalisateur italien à envie de jouer avec son spectateur, de le manipuler pour le faire rentrer dans l’esprit de Sarah. Malgré toutes les maladresses précédemment citées, le réalisateur touche du bout des doigts la réussite.
Ainsi le scénario fort intéressant et indéniablement peaufiné fait remonter la sauce.

Pour aider à comprendre la démarche du scénariste, il faut expliquer le choix du titre et du prénom de l’enfant. Pourquoi le titre est-il NyMpha alors que le nom de la fillette est Ninfa ? Très bonne question, d’autant que la réponse est très simple : nympha et Ninfa font référence à la même et unique personne.
Tryphon, Respicius et nympha (aussi orthographié Ninfa) sont trois martyrs qui, selon Théodoric de Fleury, auraient vécu au IVème siècle. Cependant des réserves sont émises quant à l’existence des deux derniers martyrs. Respicius est présenté comme le compagnon de Tryphon alors que nympha serait une sainte vierge. Selon l’Encyclopédie Catholique (1913), nympha aurait été mise à mort au nom de la foi. Selon une autre version du mythe, la jeune fille aurait fui la Sicile envahie par les Goths pour aller se réfugier sur le continent. Palerme aurait eu comme saint Patron – parmi d’autre – Sainte nympha.

Les croyances ont donc directement inspiré l’histoire de NyMpha, puisque cette jeune vierge se reflète doublement dans le métrage. Il y a bien sûr Ninfa, l’allusion a le mérite d’être claire, la fillette portant le nom de la vierge en question. Sarah, en qui la voix de Ninfa résonne, fait elle aussi écho à la jeune martyr. C’est grâce à ce jeu de miroir que se construit l’intrigue de NyMpha. Toutes ces personnes victimes d’une croyance aveugle, pour laquelle on tue et on écorche.



nympha




Le titre à une seconde interprétation. Ainsi le terme "Nympha" réfère-t-il aussi à la chrysalide. C’est justement ce qu’est le couvent du "Nouvel Ordre", une chrysalide, dans laquelle Sarah va se retrouver isolée, et à l’issue de laquelle elle s’en trouvera transformée. Cependant, à l’inverse du Papillon, l’état post-NyMpha n’est ni gracieux, ni coloré, mais très certainement éphémère.

Outre le scénario, fort travaillé bien que peu original, l’autre atout du film est sa musique. En effet NyMpha est rythmé par les partitions de Richard Band ("Re-animator"). Les deux bonhommes ont dû bien s’entendre, puisque leurs travaux ont tous les deux croisés à de nombreuses reprises, les écrits du sieur H. P. Lovecraft. La principale différence aura été leur degré de succès dans leur entreprise. Ivan Zuccon adaptant l’auteur avec les moyens du bords, et une vision toute particulièrement discutable.
Ce qui est très rageur à la vision des métrages du réalisateur italien, est de voir poindre un immense talent, gâché par des choix artistiques peu louables. Il est fort à parier que lorsque Ivan Zuccon quittera enfin sa chrysalide, il fera un papillon sublime. D’ici là, il n’y a qu’à attendre en grattant la croûte qui recouvre ses films pour y entrapercevoir quelques grammes d’or.



3,5/6 - Colin VETTIER





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