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dresse pour tuer - white dog - 1982 un film de Samuel Fullerdresse pour tuer
dresse pour tuer


Jérémie MARCHETTI




5,5/6 - Jérémie MARCHETTI












devil dared me to - the

bal de l\ horreur 2008 - le

eden log

solitaire

pulsions cannibales

martyrs

small town folk

cercle infernal - le

yor le chasseur du futur

dark chamber



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DRESSE POUR TUER

( WHITE DOG )


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( expérimental )

dresse pour tuer

Actrice solitaire, Julie Sawyer percute un splendide chien blanc dans l’obscurité des collines d’Hollywood. Après l’avoir porté chez un vétérinaire, la jeune femme garde l’animal, adorable…du moins aux premiers abords. Une nuit, un cambrioleur agresse Julie à son domicile et le toutou intervient dans la bagarre, défendant vaillamment sa nouvelle maîtresse. Soulagement de courte durée puisque l’animal tue un homme lors d’une escapade en ville et blesse une amie de Julie : les deux victimes étaient des personnes de couleur noire…

dresse pour tuer


Adaptation du roman quasi-autobiographique de Romain Gary "Chien blanc", "Dressé pour tuer" donne l’occasion pour le grand Samuel Fuller de renouer une fois de plus avec le thème de l’animal croqueur d’hommes 13 ans après son "Shark".
Comme vous aurez pu le deviner, il est question du meilleur ami de l’homme cette fois-ci : il sera cependant important de souligner que le très bon film de Fuller se rapproche bien plus d’un thriller ou d’un drame que d’un véritable film d’horreur. Ce qui n’empêche pas qu’il reste le meilleur film de "vilains zanimaux" des années 80 avec "Incidents de parcours", lui aussi un peu oublié et pourtant tout aussi apprécié.



dresse pour tuer




On quitte l’atmosphère pleine de souffre de la fin des sixties et le couple Gary/Jean Seberg présents dans le livre pour cette adaptation cinématographique se situant alors dans les 80’s.
Recueillant un chien qu’elle a blessé accidentellement, une jeune actrice (dont la coupe légèrement "garçonne" est très certainement un renvoi à Seberg) apprend bien trop tard qu’il est un authentique "Chien blanc", ces canidés qu’on "éduque" depuis leur plus jeune âge pour les forcer à n’attaquer que les noirs.
Une anecdote de Fuller est également à l’origine du livre de Gary (les deux hommes se connaissaient alors) : lorsqu’il était en Tunisie durant la seconde guerre mondiale, il affirme que des chiens étaient dressés par les Allemands pour différencier les Américains et les Allemands à l’odeur !



dresse pour tuer




Ainsi, le film est dédicacé à Romain Gary, mort deux ans plus tôt (un violent suicide, une année après l’overdose de Jean Seberg, alors son ex-femme) : Fuller avoue cependant avoir passablement adapté le roman de Gary en ayant trop minimalisé le thème du racisme (il faut dire justement que le film ne prend plus les sixties, époque de lutte et de tensions raciales, comme toile de fond). Et pourtant, Fuller signe là un grand, très grand film.
Conscient du défi qu’on lui pose, Kays, dresseur (noir évidemment) d’animaux et habitué à des créatures féroces de tous poils, s’embarque dans un long et douloureux combat avec l’animal au pelage blanc comme la neige…neige ensanglantée parfois. Selon certaines rumeurs, la version TV américaine bouleverse la donne avec un chien s’attaquant également aux blancs. Ridicule.



dresse pour tuer




Personnage principal, le "White dog" est aussi fabuleux que les acteurs qui le côtoient : le chien de garde parfait, une belle et grande peluche jusqu'à qu’il révèle sa face cachée lors d’une attaque sauvage, propulsant un camion et son conducteur dans les vitres d’un grand magasin. Un Cerbère sanguinaire capable de susciter l’effroi le plus total comme lorsque qu’il dévore sans pitié un pauvre quidam dans l’enceinte d’une église : proprement flippant, en particulier lorsque le monstre, les babines retroussées et les poils couverts de sang, jette un regard vers un vitrail représentant Saint François d’Assise, trônant auprès d’un grand chien blanc…
Rien de maléfique dans tout ça, le chien n’a jamais porté les germes du mal depuis sa venue en ce monde : ce sont au contraire les germes malfaisants de l’homme qui l’ont corrompue, et plus particulièrement celle d’un maître révélant alors son identité en fin de métrage dans une scène parfaitement électrisante ; oui, la connerie humaine peut prendre le visage le plus insoupçonnable qui soit.
S’ils peuvent être "contaminés" par le mal de l'homme, les animaux peuvent également être victime de leur supériorité…d’une autre manière : voir alors cette émouvante scène où Julie, visitant une fourrière, comprend qu’on ne pique pas les chiens, les dirigeants de l’endroit leur réservant alors un sort bien plus terrible…
Et puis que dire de cette séquence finale, terrible, tendue, inoubliable, et qui risque de vous hanter longtemps, longtemps…
Stupéfiant, pessimiste et bouleversant.



5,5/6 - Jérémie MARCHETTI





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L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : SUSPIRIA


Fort, poignant, magnifique, le meilleur film d'agression animal composé d'un chien avec celui de Lewis Teague: "CUJO".
"DRESSE POUR TUER" n'empreinte pas du tout le chemin de l'horreur ou de l'effroi, c'est un pamphlet anti-raciste qui empreinte une idée fort originale, un drame humain qui privilégie une grande émotion ou comment utiliser un chien à des fins morbides et haineux.
Un grand film beau et très touchant qui n'a rien perdu de sa puissance émotionnelle. La longue séquence finale de dressage est un moment anthologique inoubliable.






Avis de : Lord Nithorynque


Le style brutal (mais pas sommaire) de Samuel Fuller, marqué par une alternance entre moments de latence et explosions de violence, ne s'embarrasse pas de psychologie. D'autre part, on peut être surpris par l'apparente pauvreté revendiquée du film : le faible budget devient en fait un atout (Fuller est le maître absolu de la série B, et son souci d'aller à l'essentiel est une grande qualité). Le film est donc très efficace, mais il n'est pas que cela. Et si les chiens voient le monde en noir et blanc, Fuller, quant à lui, fait preuve dans WHITE DOG d'une grande subtilité dans son approche du sujet. Son film, sec et épuré, est une sorte de traité philosophique qui synthétise la vision qu'a le cinéaste des mécanismes de la violence. Aux USA, la critique, peut-être conditionnée par le politiquement correct, a parfois taxé le film de raciste ; WHITE DOG en a tiré une réputation sulfureuse et inexacte, qui lui a valu de rester quasi-invisible pendant un bon moment.

Dans un des chefs-d'oeuvre de Sam Fuller, SHOCK CORRIDOR (réalisé en 1963), un personnage noir se prenait pour un membre du Klu-Klux-Klan. Le racisme a toujours été un des thèmes de prédilection de Fuller car il participe de son questionnement constant sur les origines de la violence chez l'homme. Un de ses projets jamais réalisés consistait, paraît-il, à raconter l'histoire de Caïn et Abel, la première trahison et la « naissance du mal » (selon les propos du cinéaste). Ce qu'il faut voir, c'est que pour Fuller, l'homme est innocent à l'origine. C'est la jalousie, née de la volonté d'imiter l'autre, qui conduit à la trahison, donc à la violence, donc au racisme, qui est un cas particulier de la violence. Pour Fuller, on ne naît pas raciste, on le devient. Conclusion de Fuller : en toute hypothèse, on devrait donc pouvoir rééduquer le raciste. C'est une question d'éducation et de pédagogie. C'est là qu'intervient le personnage dénommé Keys, en anglais "clés", celui qui symboliquement (il est noir et lui-même en butte au racisme) détient les clés de cette rééducation. Il a même les clés de l'Arche de Noé (toujours le retour aux origines).

La beauté tragique du film consiste en ce que Fuller montre que le déconditionnement, s'il supprime dans l'esprit du chien la division du monde entre gentils (Blancs) et méchants (Noirs), la reporte sur une autre ligne de partage. On peut mettre fin au racisme mais pas à ce qui, intrinséquement, profondément, nous constitue. C'est sublime, mais impossible d'en dire davantage sans révéler la fin du film. Donc notons simplement que ce chef-d'oeuvre est le dernier grand film de la carrière de Samuel Fuller (qui ne fera plus que deux films pour le cinéma : le médiocre LES VOLEURS DE LA NUIT et le franchement raté SANS ESPOIR DE RETOUR). In-dis-pen-sa-ble !

P.S. 1 (technique) :
La musique d'Ennio Morricone m'est sortie de la tête depuis longtemps mais elle m'avait semblé remarquable, au moment de la projection. La photo de Bruce Surtees (chef-opérateur attitré de Clint Eastwood à l'époque : Honkytonk Man, La Corde raide, Pale Rider...) apporte une dimension supplémentaire de trouble au film. Certes, la copie généralement projetée est virée (avec des couleurs tirant sur le mauve). Mais à tout prendre, c'est tout de même toujours préférable de découvrir le film pour la première fois au cinéma plutôt qu'en dvd. Le choc ressenti est incomparable. La scène de l'église, très importante, est inoubliable. Ajoutons que le film n'est pas dénué d'humour (voir les allusions à Hollywood : Fuller, à l'époque, est assez remonté contre les studios qui l'empêchent de tourner, et d'ailleurs il réalisera ses derniers films en France).

P.S. 2 (anecdotique) :
Vous mentionnez la coupe "garçonne" de Kristy McNichol. Remarquons aussi que le nom de son personnage (Julie Sawyer) est aussi une référence à Jean Seberg (mêmes initiales), tout comme le nom du personnage joué par Jameson Parker (Roland Gray) est un hommage à Romain Gary.






Avis de : Agonie


Je vous trouve bien généreux avec ce film.

Tout d'abord l'horreur est très peu présente, le seul sang qu'on voit est sur le pelage du chien, les meurtres sont tous plus ou moins ellipsés ou cachés par un élément du décor, on entend juste les cris des victimes (pas de quoi coller le frisson vous l'avourez, c'est pas la première fois qu'on entend crier dans le cinéma du genre), et on ne voit même pas les cadavres après. Donc en gros on voit rien du tout, d'où mon incompréhension par rapport à la critique du site : "Un Cerbère sanguinaire capable de susciter l’effroi le plus total comme lorsque qu’il dévore sans pitié un pauvre quidam dans l’enceinte d’une église : proprement flippant". Mouais...

Ensuite je trouve que le film est beaucoup trop court pour développer un quelconque fond philosophique, dramatique, social ou autre. Ca va extrêmement vite, on n'a pas le temps de s'attacher aux personnages et de voir l'évolution du chien.

Et enfin je terminerais en disant que la fin, là aussi encensée par le site, est à mes yeux ridicule. Le chien court vers le Noir, les dents sorties, la langue pendante, les yeux injectés de sang et là... il s'arrête au dernier moment. Bon jusque là, rien de surprenant, on s'en doutait. Ensuite, il court vers la fille, les dents sorties, la langue pendante, les yeux injectés de sang et là... il s'arrête au dernier moment. Là ça devient légèrement lourd, on aurait aimé qu'il la bouffe et que ça s'arrête là. Mais c'est pas fini ! Après il court vers le vieux, les dents sorties, la langue pendante, les yeux injectés de sang et là... il le bouffe. Il était tant... (Avec toujours la même musique tragique, genre "attention il va se passer quelque chose !", c'est limite du comique de répétition).

Heureusement que le chien est bon acteur et que les scènes d'attaque sont crédibles (voire impressionnantes). Rien de négatif, donc, mais rien de bien transcendant non plus. Un background plus approfondi et un film plus long de 45 minutes n'auraient pas été de trop à mon avis.






Avis de : akangely


Très beau film émouvant !
Chien superbe et vraiment bien dressé !!
Pour ceux qui se posent la question, ce chien est un Berger Blanc Suisse (à poils court, existe aussi à poils mi-longs).






Avis de : Lord Nithorynque


Bon, puisque désormais "Agonie" a vendu la mèche en racontant la fin du film (j'avais pour ma part essayé de faire simplement des allusions, sans tout révéler), on peut être plus clair et carrément en faire l'analyse, notamment celle de la fin du film.

*** ATTENTION : SPOILERS ***


1/ Pourquoi DRESSÉ POUR TUER a-t-il fréquemment recours à l'ellipse ?

En fait, l'horreur pour être efficace n'a pas besoin d'être explicite. L'ellipse consiste à créer un manque (on ne voit pas ce qui arrive de pire, car on passe directement à la suite) : elle creuse un "trou aveugle" dans la continuité de l'histoire, et c'est au spectateur d'imaginer le pire en question.

Le cadre comme cache (ou le cache à l'intérieur du cadre) remplit la même fonction.
Même chose aussi quand des agressions sont commises hors-champ : on est privé de l'image tandis qu'on n'en perçoit que le son.

Tous ces procédés participent de ce qu'on appelle la mise en scène, ils sont un ensemble de choix esthétiques. Le cinéaste choisit ce qu'il veut montrer ou ne pas montrer. Ces éléments de la mise en scène visent à l'efficacité maximale, en s'en remettant à la capacité d'imagination du spectateur. Il suffit d'entendre des cris affreux pour se représenter le pire de ce qu'on peut s'imaginer. Dès lors, tout dépend du spectateur lui-même : ceux qui ont beaucoup d'imagination seront très impressionnés, et les autres moins. Mais l'important ici, c'est que Samuel Fuller fasse confiance au spectateur : les images que le spectateur va se faire dans sa tête seront toujours plus fortes et éprouvantes que tout ce qu'on pourrait montrer sur un écran, car elles viennent de l'intérieur de soi. Mais pour que cela fonctionne, il faut que le spectateur ait de l'imagination, et qu'il accepte de faire le petit effort de solliciter cette imagination. DRESSÉ POUR TUER n'est pas fait pour les spectateurs paresseux qui attendent que le film fasse tout le boulot à leur place et leur montre le tout étalé sur l'écran comme la viande chez le boucher.

Le cinéaste choisit donc de montrer ou pas, mais aussi le moment précis où il veut montrer. Cela permet d'imprimer le rythme du film, de lui donner une "respiration". Si on montrait sans arrêt, ou si on ne montrait jamais, le film perdrait tout intérêt, car il ne ménagerait aucun suspense.

Quand Jérémie Marchetti parle de "Cerbère sanguinaire qui dévore sans pitié", il est objectif : le Cerbère est un chien mythologique (et le chien du film est bien plus qu'un chien, il est un symbole), un chien n'éprouve pas de pitié, et on voit bien du sang. Tous ces éléments sont bien présents. Ce qui les transforme en outils au service de l'effroi du spectateur, c'est la qualité de la mise en scène de Samuel Fuller.


2/ Pourquoi DRESSÉ POUR TUER est-il court ?

Tous les films de Fuller sont relativement courts (à l'exception de THE BIG RED ONE) car le cinéaste va à l'essentiel avec une grande économie de moyens. Ça fait partie des qualités de Fuller. C'est ce qui lui permet de tenir un tempo élevé, sans faiblesse, sans baisse de rythme. Ça n'empêche pas le spectateur de réfléchir. Le film va vite, c'est vrai. Mais s'il était plus lent, beaucoup de spectateurs le déploreraient. Souvent, quand un film chroniqué sur Horreur.com est vieux de plus de dix ans, de nombreux internautes se plaignent qu'il est trop lent par rapport aux films d'aujourd'hui. Il faut donc saluer cette qualité de DRESSÉ POUR TUER : il n'y a rien en trop dans le film, si on supprimait la moindre scène on n'y comprendrait plus rien.

Le rythme élevé n'empêche pas la réflexion philosophique du spectateur, car elle est déduite par le spectateur à partir des actions mêmes du film, au fur et à mesure de la progression de l'histoire. Pas besoin de grands discours vaseux, qui feraient tout le travail à la place du spectateur, et qui alourdiraient le film ! Pas besoin de dialogues pseudo-intellectuels ! C'est entièrement l'action (dans le film) qui suscite la réflexion (chez le spectateur). Et c'est très bien comme ça.


3/ Pourquoi DRESSÉ POUR TUER se termine-t-il de cette façon ?

Certains trouvent la conclusion ridicule. Elle est pourtant exemplaire, car elle apporte la démonstration finale de la réflexion philosophique menée par le film.

La scène en trois temps (décrite par "Agonie" dans son avis) démontre que la réussite supposée du déconditionnement du chien est en réalité faussée. Comme je l'ai écrit dans un autre message, elle reporte dans l'esprit du chien (donc symboliquement dans l'esprit des hommes) la division raciste du monde sur une autre ligne de partage. La division entre Noirs et Blancs (il faut rappeler que les chiens voient le monde en noir et blanc) devient une division entre amis et ennemis (une division cette fois-ci en couleurs, en quelque sorte).

Comment cette démonstration est-elle menée par Samuel Fuller ? Elle est menée en trois temps, tout simplement comme la vieille méthode des dissertations de philo au baccalauréat : thèse - antithèse - synthèse.

THÈSE : le chien se tourne vers le Noir. Va-t-il l'attaquer ? Cela voudrait dire que le traitement n'a pas réussi, qu'on ne peut pas lutter contre le racisme, que c'est une cause perdue d'avance. Suspense ! Le chien, finalement, n'attaque pas le Noir. Donc Samuel Fuller pense qu'on peut lutter efficacement contre le racisme anti-Noir grâce à l'éducation. À vrai dire, c'est une bonne nouvelle pour l'humanité ! Mais il y a une autre hypothèse...

ANTITHÈSE : ensuite, le chien se tourne vers la fille. Va-t-il l'attaquer ? Cela signifierait que le traitement a échoué car il n'aurait conduit qu'à une inversion du racisme. D'anti-Noir, le chien serait devenu anti-Blanc, mais sa conception du monde resterait fondamentalement la même. Le chien demeurerait raciste, il aurait simplement changé de cible. Suspense ! Finalement, le chien ne s'en prend pas à la fille. Donc Samuel Fuller pense que l'éducation peut réellement être efficace et qu'elle peut permettre de changer les mentalités. Le spectateur pousse un ouf de soulagement, mais aussitôt le film provoque une troisième réflexion...

SYNTHÈSE : enfin, le chien se tourne vers un troisième personnage. Va-t-il s'en prendre à lui ? Oui, il l'attaque et le dévore. Le chien devra donc être abattu. C'est là que le film se termine en tragédie. On comprend alors que ce qui cause la haine de l'autre, c'est l'amour des siens. Le chien désormais divise les humains en deux catégories : ceux qui lui apportent leur affection (il va les protéger) et tous les autres qui sont autant d'ennemis potentiels (il va les attaquer). Aimer ses amis, sa famille, vouloir les protéger, tout cela encourage à s'en prendre aux autres, aux étrangers. Autrement dit, quand on a voulu rééduquer le chien, on a commis une terrible erreur : on a oublié que le racisme n'est pas qu'une question de couleur de peau ! La solution au problème n'était pas si simple ! Le racisme consiste à haïr tous ceux qu'on ne connaît pas (c'est ce qu'on appelle la xénophobie). En éradiquant chez le chien le racisme anti-Noir et le racisme anti-Blanc, on a laissé en place le préjugé au fondement et à l'origine de tout le reste. On a agi qu'en surface, et pas à la source du mal.

La tragédie de la conclusion du film, c'est que l'agression finale commise par le chien est un acte de haine envers les autres, mais qui est suscité par l'amour éprouvé pour ses proches. C'est l'aspect le plus terrible de cette conclusion. Comment lutter contre les préjugés s'ils sont aussi intimement liés à ce que l'homme peut ressentir de bon ? Autant dire que cette conclusion du film est plutôt pessimiste.

Voilà, je souhaitais éclaircir avec ce petit texte quelques malentendus sur DRESSÉ POUR TUER ; j'espère avoir convaincu que ce film est un grand film, à la fois terrifiant, complexe et profond. En particulier cette dernière scène, qui grâce à son déroulement en trois temps permet à l'action d'engager la réflexion ; elle n'est pas ridicule, à mon avis, contrairement à ce que "Agonie" a ressenti, elle est même très belle et terrible à la fois et elle fait réfléchir. Enfin, j'encourage tous ceux qui n'ont pas encore vu DRESSÉ POUR TUER à se précipiter pour le voir... et aux autres, à le revoir !






Avis de : Justin


Bravo pour ton argumentation pertinente,Lord Nithorynque!

DRESSE POUR TUER est un très très grand film,un très grand Fuller (bizarrement mésestimé par les fans du cinéaste),une oeuvre absolument bouleversante et lucide sur un sujet délicat...et la fin est un grand moment de cinéma...inoubliable.

A quand le dvd???






Avis de : Tanor


Film tout simplement superbe à voir d'urgence.Un vrai chef d'oeuvre!Je ne me suis pas ennuyé une seule minute et la fin est l'apogée du film.Apres il faut comprendre le message qui est passé...Sur ce point je suis entièrement d'accord avec ton analyse Lord Nithorynque et je ne l'aurai pas mieux formulé moi-même.

PS: le film existe(ra)-t-il en DVD?






Avis de : ciné45


C'est un chef d'oeuvre intemporel que j'ai visionné en VHS il y a une dizaine d'année et je n'ai rien à ajouté à la critique de Lord Nithorynque qui est une fois de plus éclairée et excaustive (tout simplement du grand art, comme ce film)

Je tiens également à remercier Lord Nithorynque pour ses compliments dans sa critique sur Dracula 2001 : Je passe des journée entières à regarder et analyser des films (quand je ne travaille pas) depuis plus de 10 ans maintenant et je suis content que cette passion compulsive porte ses fruits et que quelqu'un ai remarqué mes efforts ainsi que ma cinéphagie dévorante. Merci encore : je te renvoie le compliment.






Avis de : orca


bon film pou nous mais pas pour les chiens






Avis de : orca


bon film pour nous mais pas pour les chiens






Avis de : Dirk Diggler


Surement un des plus beau film que j'ai pu voir, la fin fait vraiment monter les larmes. La musique de Morricone est tres tres efficace et belle, les acteurs sont geniaux. Certaines scenes font froids dans le dos (La scene de la fourriere, L'ancien proprio, l'eglise....).
Les dresseurs ont fait un travail remarquable sur les chiens, la fin m'a fait halluciner (spoiler comme ils ont pu faire pour que le chien sorte ce petit souffle au bon momment )
MAGNIFIQUE, a quand une sortie DVD.








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