insolite
Peter Weir
Cliff Green, Joan Lindsay
Australie
1975
Bruce Smeaton, Gheorghe Zamfir
Rachel Roberts, Vivean Gray, Helen Morse, Dominic Guard, Kirsty Child, Tony Llewellyn-Jones, Jacki Weaver, Frank Gunnell, Anne-Louise Lambert, Karen Robson, Jane Vallis, Christine Schuler, Margaret Nelson, Ingrid Mason, Jenny Lovell
|
|
14 Février 1900 : le jour de la Saint-Valentin est l’occasion d’organiser une journée de détente pour les élèves du Lycée d’Appleyard, situé au Sud de l’Australie. Il fait chaud, il fait beau, et les jeunes filles de l’établissement attendent impatiemment de gambader autour du site de Hanging Rock, immense mont rocheux et volcanique situé en plein milieu du Bush Australien. Si le pique-nique semble être une réussite, une aura étrange semble très vite envelopper les lieux : les montres s’arrêtent sur Midi et certaines pensionnaires se retrouvent comme "hypnotisées", se laissant aller à un comportement inquiétant. Quatre d’entre elles disparaissent…
Avant de céder aux sirènes d’Hollywood avec son fameux "Witness", Peter Weir aura connu dans son beau pays, l’Australie, une courte période vouée au fantastique et à l’étrange ; revigorant même à l’occasion le cinéma Australien, assez morne avant les seventies.
Cependant il est important de parler ici de "véritable fantastique" : si vous vous attendez à voir débarquer fantômes, goules, monstres baveux et morts-vivants en putréfaction, fuyez à tout prix, le cinéma fantastique de Weir en est incontestablement loin.
Adaptation d’un roman de Joan Lindsay qui serait, selon certaines rumeurs, inspiré d’un fait réel, "Pique-nique à Hanging Rock" est une œuvre qui rebutera sans aucun doute les spectateurs allergiques aux œuvres contemplatives, sans action ; entièrement à la merci du calme le plus profond.
Il est possible donc de se faire aussi autant chier qu’un rat mort, ou alors de se laisser bercer dans cet univers douceâtre, proche du rêve, voire du cauchemar, éveillé.
Ce côté singulier, cette puissance hypnotique, Weir les maîtrise merveilleusement bien dans la toute première partie du film, à savoir cette escale proprement innocente sur le site de Hanging Rock, jetant ainsi de frétillantes et vierges créatures dans la nature australienne, hostile et sauvage.
Alors qu’une majeure partie des élèves s’effondre dans les bras de Morphée, voilà que quatre jeunes filles se détachent du lot, errant entre les roches dominant la forêt. Des montres s’arrêtent, des fourmis grignotent le pique-nique, et ces jeunes beautés tentent tant bien que mal de supporter leurs corsets et leurs vêtements, qu’elles ne sont pas autorisées à enlever. Ce qui n’empêche pas un climat flirtant avec un érotisme discret et subtil.
Parmi le groupe d’aventurières, la jeune Miranda reste l’élément le plus "marquant" : son infinie beauté marque aussi bien le spectateur que certains personnages ; l’institutrice frenchie voit en elle un "ange de Botticelli", la jolie Sara se lamente de son départ, à tel point qu’on pourrait soupçonner une liaison amoureuse entre elles, et le jeune Michael, traînant dans les parages pendant cette excursion, se retrouve littéralement hanté par sa présence, même après sa disparition. Car le "au revoir" que Miranda assignera à son professeur sera malheureusement le dernier…
Envoûtée par une force mystérieuse, celle-ci disparaît avec ses deux camarades, après un léger effeuillage et une sieste ; la "vilaine" du groupe, terrifiée, s’enfuit en courant du mont rocheux. Malgré les recherches de la police, les trois adolescentes, ainsi qu’un de leur professeur, ne donnent plus signe de vie et ne seront jamais retrouvées.
Weir s’intéresse aux conséquences de cette violente disparition, et en particulier à la dégénérescence du lycée d’Appleyard : les pires rumeurs fusent (Meurtres ? Kidnapping ? Viols ?). La directrice de l’établissement, profondément outrée par la "perte de prestige" de son établissement, se referme un peu plus sur elle-même. La mort, la solitude, l’inquiétude et le mystère plane à présent sur ce lycée de jeunes filles, autrefois rayonnant.
Ne cherchez surtout pas, le film n’apportera aucunes réponses sur ce curieux événement : il faudra se forger sa propre opinion.
On pense alors à une nature "dévoreuse d’hommes", blessée par cette intrusion "civilisée". Rappelons aussi que ce sont des colons anglais qui disparaissent dans ce mont rocheux, dont l’aspect écrasant et phallique est mis en valeur par de multiples plans en contre-plongée. Un dédale de pierres menaçant, monstrueux, fascinant.
Ce n’est donc pas du côté des aliens et des spectres qu’il faudra aller chercher, mais plutôt s’orienter vers quelque chose de plus allégorique. Seul ce nuage rouge qu’évoque l’une des rescapées semble être l’unique élément surnaturel livré par le film.
"Pique-nique à Hanging Rock" prend très souvent le goût d’une rêverie, esthétiquement proche de l’univers de David Hamilton, d’autant plus exquise qu’elle est accompagnée par les splendides accords de flûte de Pan signés Zamfir, une composition d’ailleurs tout à fait merveilleuse. "Pique-nique à Hanging Rock" est donc une rêverie, emplie de grâce et de pureté…laissez-vous donc inviter !!
5/6 - Jérémie MARCHETTI
|
Avis de : snake
Effectivement c'est un film original et insolite,le début est assez étrange et bizarre mais malgré que j'aime ce genre de métrage,je me suis bien emmerdé par moment et j'ai pas trop réussi a me plonger dans cette disparition de jeunes filles.Seulement une curiosité pour moi pas plus.
Avis de : SUSPIRIA
Un authentique chef-d'oeuvre et une dâte du cinéma fantastique, l'un des 50 plus beaux films de ma vie.
Envoutant à mort, ennivrant, onirique, poétique, un fort pouvoir d'étrangeté, élégamment et magnifiquement mis en scène, musique hypnotique et une fin qui ne révèle rien au mystère d'Hanging Rock pour mieux nous fasciner.
Avis de : nicofeel
Un pur chef-d'oeuvre étrange et onirique.
Le meilleur film de Peter Weir.
Avis de : charming man
L'orinisme australien ( on ne peut parler de " fantastique " ) est toujours nul ! ( N'est pas David Lynch qui veut )... Peter Weir est la grande exception ! Même si des touches oniriques se percoivent encore parfois depuis qu'il bosse à Hollywood ( même dans " Le cercles des poètes disparus , film que je n'aime pas mais qui , parfois , ressemble étrangement à du... Peter Weir ) , les grandes heures de ce cinéaste naquirent en Australie : " Les voitures qui ont mangé Paris " , " La Dernière Vague " ( sublimissime ) et ce magnifique " Pique Nique à Hanging Rock " ... Le Peter Weir australien , c'est un peu Jane Campion sans la prétention , un George Miller avec des idées... Un auteur, quoi !
Même si , avec " Pique Nique à Hanging Rock " , Weir est très à l'aise dans le genre du film en costumes , " L'Année de tous les Dangers " reste , selon moi , son chef-d'oeuvre... Pourquoi ? Car , dans ce film-ci , l'onirisme se fond dans l'Histoire ; car les élements naturels ( la pluie , le vent ... ) dictent et expliquent le rapport entre les personnages - Mel Gibson tombant fou amoureux de Sigourney Weaver alors qu'intervient soudainement la grêle , quelle belle métaphore du " coup de foudre amoureux " , quand même !
Avis de : Benjo
Un film étrange à l'ambiance onirique, doucement surréaliste, et envoutante. La mise en scène, la musique et la beauté de ces demoiselles ont quelque chose d'hypnotique. Malheureusement, au premier visionnage, on sort déçu de cette non-révélation qui sonne comme un choix de facilité.
Avis de : lilith
Ce film est vraiment un chef-d'oeuvre. J'avoue la fin du film est très mystéieuse et un peu bizzarre mais c'est cela qui fait que ce film soit génial et fantastique.
Avis de : O Manson
Ce film est un chef d'oeuvre incontesté. il semble proche d'un Julien Gracq qui aurait lu Lewis Carroll. L'étrangeté même de l'Australie, terra incognita, ressort admirablement, avec en toile de fond la culture inconnue et quelque peu magique des aborigènes. La montagne est un personnage à elle seule et exerce une puissance d'envoûtement sur ces jeunes filles, symbolisant l'innocence, qui découvrent enfin la liberté, au prix de leur vie.
En filigrane, le sacrifice des vierges aux anciens dieux et une conception à la fois païenne et chrétienne du sens de la vie, bref, la découverte d'une Australie authenthique, derrière les blessures (cachées) de l'extermination des indigènes.
Mais le plus étonnant est l'atmosphère hautement poétique du récit, mêlant la nature préservée d'une région semble-t-il imaginaire à l'élan pur des jeunes filles attirées par la beauté des lieux en qui elles se reconnaissent intimement.
Peter Weir a su faire de cette histoire de disparition la trame d'une réflexion métaphysique sur le sens de la vie et la croyance en l'au-delà.
Ce film nous renvoie finalement aux questions essentielles et nous laisse nimbés d'une paix profonde.
Avis de : otis domino
Princesse Sarah en Australie au service d'un prétexte surnaturel léger, l'ensemble se nourrissant d'une charge intellectualiste emmerdante.
Une curiosité ronflante qui croit émerveiller par quelques poèmes qui en appellent au symbolisme salvateur du néant ou par quelques morceaux de Beethoven ou de Bach. Une drame précieux qui propose des costumes impeccables, une réalisation solide pour une intrigue banale et faussement subversive.
Avis de : nekro
photo sublime mais film supra chiant (exepté la séquence ou les 2 nanas se perdent dans les montagnes, ou on les cherchent, je sais plus...)
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|
|
|