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malevil - malevil - 1980 un film de Christian de Chalongemalevil
malevil


Vincent Dumenil




4/6 - Vincent Dumenil












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MALEVIL

( MALEVIL )


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( expérimental )

malevil

A une époque indéterminée, dans le Sud de la France, Emmanuel, maire d’un petit village et propriétaire du château de Malevil, se rend dans sa cave afin de lire tranquillement une lettre de son fils parti en Australie. Il est alors interrompu par quelques concitoyens accompagnés du pharmacien et du vétérinaire, qui souhaitent lui soumettre un problème d'aménagement local. Sont également présents : Momo, un jeune homme un peu attardé, et La Menou, sa mère, servante du domaine. Soudain, une terrible et bruyante déflagration les projette tous à terre, détruisant une bonne partie du cellier d’Emmanuel. Une chaleur insupportable s'abat alors sur les lieux. Tout ce remue-ménage cesse curieusement quelques minutes plus tard. Les rescapés restés longtemps sans rien dire commencent à émerger et se décident à sortir pour constater l’étendue des dégâts. Dehors, tout n’est que ruines et désolation. Nos "miraculés" vont alors devoir s’organiser pour survivre et apprendre à vivre ensemble. Mais sont-ils les seuls survivants de ce qui apparaît être une explosion nucléaire ?

malevil


Sorte de fable post-apocalyptique, "Malevil" est inspiré du roman éponyme de Robert Merle écrit en 1972. Toutefois, le scénario qui reprend quasiment les mêmes personnages et une trame identique, s’écarte du livre originel par sa fin complètement différente. De fait, l’auteur a refusé d’être crédité au générique, jugeant que le film de Christian de Chalonge dénaturait totalement son œuvre.

"Malevil" est avant tout un roman de science-fiction, tout comme son adaptation au cinéma. Pourtant, parler de science-fiction paraît un peu excessif dans le sens où seule la situation de départ (la destruction d’une partie de la Terre et de la civilisation humaine à la suite d’une explosion atomique) rejoint le thème de l’anticipation et du fantastique. Le reste du roman comme celui du métrage, raconte comment un groupe de survivants tente de tout reconstruire tout en s’adaptant à son nouvel environnement chaotique.

A l’instar de René Barjavel dans "Ravage" ou encore de George Orwell dans "1984", Robert Merle dans "Malevil" intègre donc un élément de science-fiction sans en faire l’élément central de son histoire. De tels romans font partie du genre de la fiction spéculative. La fiction spéculative s'occupe davantage de thèmes philosophiques, psychologiques, politiques ou sociétaux. L'aspect technique, les évolutions technologiques ne sont pas au centre de l'histoire et constituent plutôt un cadre pour l'action. Le roman comme le film explorent donc en particulier les réactions des sociétés et des individus aux problèmes posés par un phénomène naturel ou induit par l’homme comme les conséquences d’une bombe nucléaire, en ce qui nous concerne.



malevil




Ainsi, à la suite d'une formidable explosion atomique, six hommes et une femme, uniques survivants cloîtrés dans la cave d’un vieux château, vont tenter de reconstruire leur monde en ruines après avoir exploré l’extérieur. Hébétés dans un premier temps et confiant à Emmanuel, ancien maire de la ville, le soin d’être leur leader naturel, nos rescapés sont incapables de savoir s'ils sont les seuls survivants de leur commune, de leur pays, voire même de leur planète. En attendant de le savoir, ils apprennent à se réorganiser en une microsociété harmonieuse. Ils reconstruisent les habitations comme ils le peuvent, plantent des récoltes, parquent les animaux qui par chance étaient encore en vie. Certains répertorient tout ce qui est récupérable, comme les médicaments, d’autres bricolent, comme Colin qui essaie de fabriquer un émetteur. Un jour, Momo retrouve dans une grotte Cathy, une jeune fille devenue aveugle qui ne tarde pas à trouver sa place au sein de notre petit groupe commençant à trouver ses marques. Peu à peu, ils vont reprendre goût à la vie et redécouvrent le sens des mots amitié et solidarité.

Mais un beau jour, nos survivants apprennent l’existence d’un autre groupe qui a trouvé refuge sous un tunnel, dans un train bloqué à cet endroit lors de la catastrophe. Si dans un premier temps nos amis font du troc avec ce nouveau clan, la guerre semble cependant inévitable au fur et à mesure que Fulbert, chef du groupe vivant sous le tunnel, montre le visage d’un fasciste qui tente d’imposer sa loi par la violence et les brimades…

Certes, l’histoire semble assez classique et courante pour ce type de film puisqu’elle décrit la survie de l'humanité répartie en groupuscules après un événement cataclysmique ayant rasé la civilisation. Cependant, c’est sans compter sur certains atouts que le film en devient fortement attachant.



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Premièrement, c’est l’un des seuls films de genre français (avec "Diesel", "Terminus", "Demain les mômes", entres autres, pour ne citer que les plus connus), ce qui mérite d’être souligné et même d’être encouragé, face à un cinéma français souvent jugé "auteurisant" et aux blockbusters américains hyper formatés aux fins très souvent prévisibles.

Deuxièmement, ce métrage nous offre un superbe casting. Avec Michel Serrault en maire devenu leader du groupe des pacifiques, Jacques Villeret dans le rôle de l’attardé de service, Jacques Dutronc dans la peau du mec posé et courageux et enfin l’impérial Jean-Louis Trintignant dans le rôle du dictateur fou Fulbert, avouez quand même que ça a de la gueule !

Le directeur de la photographie a également réussi un travail formidable, puisque la peinture du monde post-apocalyptique est très bien rendue à l’écran. On comprend d’ailleurs pourquoi Max Douy, chargé des décors, a gagné un césar en 1981!

On peut d’autant plus se réjouir que l’on avait rarement vu au cinéma des décors post-nucléaires prenant racine à la campagne, c’est plutôt une vision urbaine de la chose qui nous avait été donnée de voir auparavant dans de nombreux métrages. Et rien que pour ça, "Malevil" est singulier et se démarque des productions de ce genre où les paysages apocalyptiques ruraux sont très peu abordés.

Le tout est d’ailleurs présenté avec une musique de fond signée Gabriel Yared, tantôt bucolique, tantôt dramatique afin d’être en total accord avec les scènes d’âpre tension du film et ça passe tout seul!

Certes, l’action est prévisible dès lors que Fulbert entre en scène et l’on tombe alors facilement dans le mélodrame et le pathos. Toutefois, la conclusion est très satisfaisante dans le sens où elle soulève des questions essentielles sur le sort des survivants tout en nous laissant dans l’expectative. Mais je m’arrête là par peur de trop en dévoiler…

Autre sujet intéressant mais ô combien intrigant, le titre : "Malevil". Doit-on comprendre la ville du mal? Ou bien prendre ce titre pour la combinaison de deux mots de langues distinctes mais voulant dire la même chose: "mal" (en français) et "evil" (en anglais)? Qui sait?



malevil




Quoi qu’il en soit, Christian de Chalonge arrive à bien nous tenir en haleine par la force de caractère de ses protagonistes mais également par les interactions entre les personnages. Si le côté science-fiction (bombe atomique) est très vite mis de côté pour laisser place à un affrontement d’idées et de positions entre le groupe d’Emmanuel, symbolisant le socialisme car très soudés et celui de Fulbert, caractérisant le fascisme avec un gouvernement dirigé par un dictateur aliéné, c’est avec délicatesse que ceci est amené, sans verser dans un manichéisme trop réducteur comme on aurait pu le craindre. La campagne devient donc ici le terreau d’un combat politique où deux forces vives se disputent le pouvoir. Ce film va donc au-delà des clivages méchants/gentils propres à ce genre de métrages et amène ainsi le spectateur à se poser de vraies questions. C’est en cela, alors, que réside sa grande force en plus de son casting de haut rang. Une curiosité à découvrir donc pour ceux qui auront la chance de tomber dessus dans leur vidéoclub, ce qui n’est pas gagné !



4/6 - Vincent Dumenil





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L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : killerman


Un film français plutôt aboutis, qui m'a bien surpris par l'interprétation saissisante des acteurs (casting de choix tout de même) et par l'intrigue général.
Bon c'est vrai, ce genre de scénario post-apocalyptique c'est du réchauffé et sa a été revu des centaines de fois mais il à la fois étrange et angoissant plus que apocalyptique !
Le scénario ne souffre pas trop de lenteur et il est intéressant de voir la sociabilité des personnages et le fil des évenements dans "Malevil".
La fin est bien construite mais l'ensemble manque de rythme, un moment ont finis par se lasser...






Avis de : pascal


Malevil fait partie de mes films préférés.
Le film lui-même est une grande réussite car scénario, décors et jeu des acteurs sont impressionnants.
A mon sens ce film ne peut être considéré comme un film de science-fiction car il ne correspond pas à une élucubration technico-politique mais à une situation qui s'est déjà produite, en milieu urbain,(Hiroshima) ou pourrait se produire (accident nucléaire,acte de guerre ou de terrorisme nucléaire).
Et ce scénario est d'autant plus plausible qu'il ne sous-entend pas la destruction complète de la planète (les survivants ne connaissent ni les causes ni l'ampleur de la catastrophe).
C'est davantage un film-catastrophe mais dont l'ambition est d'aller beaucoup plus loin que le spectacle.
Passée la catastrophe nucléaire on se retrouve dans un monde rural réaliste placé dans un contexte exceptionnel.
Malevil est un film sur le pouvoir dans la société et l'exercice du pouvoir et il met en scène le comportement des individus dans des situations extrêmes où la survie de chaque individu est en cause.
C'est aussi un film sur l'oppression de la société moderne.
Malevil est victime de l'aventure et de la prétention technologique.
La fin du film (différente dit-on de la fin du livre) met en évidence le paradoxe: la société moderne est souvent la cause du malheur des gens et prétend faire en même temps leur bonheur.






Avis de : patmacrag


Je n'ai toujours pas lu le livre dont il est issu.
C'est un film que j'ai aimé et qui m'a impressionné. Il y a longtemps que je l'ai vu et c'est pour ça que je le recherche.

La petite 2CV du facteur sillonne un superbe paysage. Sur sa radio passe un petit air d'accordéon. Les oiseaux et les cigales chantent. La nature est superbe, le soleil radieux.
On se retrouve dans les caves d'un château a faire un peu d'urbanisme (éclairage du village) avec les personnages clé de l'histoire. C'est là que le monde s'effondre.
Quand ils sortiront de leur cave, leur coin de paradis aura été soufflé comme une bougie, réduit a néant.
La catastrophe, ce n'est pas le spectaculaire champignon destructeur.
Non, c'est ce que vont devoir affronter le survivants. C'est le gâchis immonde provoqué par l'être humain, par sa technologie. C'est le côté autodestructeur de celui-ci.
La suite a le goût du recommencement, de l'inévitable et nous rend perplexe face à l'avenir de l'humanité.

J'adore.








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