science-fiction
James McTeigue
Andy et Larry Wachowsky, d’après la BD d’Alan Moore et David Lloyd
Etats-Unis/ Allemagne
2005
Dario Marianelli, Arthur Hamilton, Tchaïkovski
Hugo Weaving, Nathalie Portman, Stephen Rea, Stephen Fry, John Hurt, Tim Pigott-Smith, Rupert Graves, Roger Allam, Ben Miles, Natasha Wighman, Sinead Cusack, Clive Ashborn
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Stéphane JOLIVET
5/6 - Stéphane JOLIVET
5/6 - Yann LE BIEZ
4/6 - Colin VETTIER
4,5/6 - Gilles LUQUET
4/6 - Vincent DUMENIL
5/6 - Gérald GIACOMINI
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Les adaptations de bande dessinées pour le cinéma ne manquent pas, elles sont même devenues ces dix dernières années une habitude pour les amateurs de films de genre. On peut y voir l’énième reflet du manque d’inspiration des scénaristes, à l’instar des remakes et des suites, dont le déluge ne finit pas ; on peut également, et à loisir, critiquer la "trahison" que constitue presque toujours l’adaptation par rapport à son support original, trahison qui autrefois choquait davantage les lecteurs de roman.
Soit. Mais pourquoi ne pas prendre un film tel qu’il se donne sur grand écran ? Ici, un spectacle d’anticipation et d’aventures, un curieux divertissement romantique au propos intellectuel révolutionnaire, ce qui n’étonne d’ailleurs guère de la part des scénaristes et frères Wachowski.
Le scénario de "V pour Vendetta" avait été écrit au début des années 90. Mis de côté au profit de la trilogie "Matrix", c’est à James McTeigue, assistant des deux frères en question, que revient la réalisation. Un premier film, donc, et qui a déjà suscité autant de polémiques que d’éloges… et d’étrillages.
Dans un futur proche, après l’effondrement des Etats-Unis, l’Angleterre est devenue une dictature où sévit un discours unique, où tout est surveillé et où la moindre déviance est réprimée. Conformisme, routine et renoncement à toute individualité règnent.
Un soir, pendant le couvre-feu, Evey Hammond (Nathalie Portman), jeune femme travaillant comme assistante pour la chaîne de télévision unique BTN, tente de se rendre chez un ami. Des membres du "Doigt", milice gouvernementale, l’arrêtent alors et tentent de la violer.
Surgit un personnage étrange, vêtu d’un chapeau et d’une cape noire, le visage dissimulé sous un masque de porcelaine. Son aisance au beau langage n’a d’égale que son habileté à manier le poignard, et il délivre rapidement Evey de ses agresseurs avant de l’inviter à un spectacle de son cru : l’explosion du palais de justice Bailey, au son de l’ "Ouverture de 1812" de Tchaïkovski.
Cet homme sans visage, qui se nomme de lui-même "V" (Hugo Weaving), n’a qu’un but : mettre à bas le régime tyrannique de Sutler (John Hurt) et exercer sur lui une impitoyable vengeance…
Empruntant une pensée du personnage principal, peut-être ne faut-il pas voir une coïncidence dans le fait que "V pour Vendetta" soit sorti après la trilogie "Matrix", alors que son scénario avait été ébauché avant. Si on retrouve d’un film à l’autre des thèmes communs, à savoir d’un côté une dictature décérébrante et répressive, et de l’autre un idéalisme révolutionnaire en acte, force est de constater que "V pour Vendetta" les aborde d’une façon bien différente.
D’abord en évitant toute surenchère d’effets spéciaux et en abandonnant les délires technonumériques au profit d’un univers plus anticipatif que science fictionnel. Le Londres que nous présente McTeigue évoque à la fois celui d’aujourd’hui et celui de la fin du dix-neuvième siècle (le parler populaire des miliciens du "Doigt"), mais aussi une ville comme on pouvait en trouver sous le régime nazi ou stalinien (couvre-feu, mégaphones à chaque coin de rue, camps), tandis que les écrans géants où apparaît le visage du tyran Sutler (John Hurt, ce n’est pas un hasard) évoqueront avec évidence "1984". Un mélange qui nous renvoie l’image d’un quotidien morne et servile, et qui trouve une opposition radicale dans l’antre de "V", grotte sombre et chaleureuse où se côtoient les œuvres d’art du passé (la culture, le style, le goût, la pensée). A cette habile juxtaposition d’époques, destinée à nous faire comprendre le caractère intemporel des idées défendues par le héros (qui s’appuie sur l’histoire de la Conspiration des Poudres et sur la figure d’Edmond Dantès dans "Le Comte de Montecristo"), se mêlent des images de répression policière et militaire, ou de catastrophes sanitaires montées de toutes pièces pour asseoir le pouvoir, éléments qui ne peuvent qu’interpeller le spectateur sur la direction que prend le monde actuel.
On retrouve ce mélange dans le style même du film, qui, tout en adoptant une mise en scène aussi efficace que classique, marie le film politique (défilé, rafles, réunions en haut lieu) au thriller (les scènes où enquête l’inspecteur Finch), au conte de fée (la première apparition de "V"), et bien entendu au film d’aventure et d’action.
Une richesse de forme et de contenu enlevée par un rythme impeccable, sans longueur, s’écoulant avec une fluidité et une sobriété exemplaire, qui permet au spectateur d’apprécier pleinement l’histoire au lieu de l’étourdir dans un déluge de virtuosité.
Sur le discours véhiculé par le film, certains ont frémi devant ce qu’ils ont pensé être une apologie de la violence et du terrorisme. Il est vrai que "V" ne se contente pas de parler de révolution devant son écran d’ordinateur ou autour d’un verre avant d’aller dormir, pas plus qu’il ne décime des entités virtuelles. Personnage à la fois intelligent, fidèle à sa parole et vengeur, il défend son idéal en empoisonnant et en tranchant dans les chairs - ou en faisant sauter symboliquement des édifices, mais sans avions de ligne. Une figure de révolté comme il y en a eu tout au long de l’histoire, poussé aux actes en l’absence de toute autre alternative, et non un fanatique ivre de mort et de destruction. Ses méthodes, parfois dures, trouvent peu à peu leur explication au regard d’Evey, qui passe de la fascination et de la frayeur à la compréhension, à l’éveil de sa propre conscience - et à l’amour.
Au discours messianique et ésotérique de "Matrix", s’opposent ainsi les valeurs humaines et individuelles de "V" : liberté, vérité, indépendance, honneur. Rien que de très classique, mais qui ose encore s’y tenir vraiment ? Individu solitaire, "V" cultive la noblesse, la haute tenue du langage et des manières plutôt que l’arrogance, la cybermode et le débraillé de Néo et consorts. Aussi, si le film se termine sur un effet de masse pour le coup un peu grandiloquent et décalé, qui déçoit par son optimisme facile, ce n’est pas pour autant une foule de danseurs rastas et bordéliques qui apparaît comme insurrectionnelle, mais des individus se côtoyant humblement, mais sans trembler, dans la conscience de leur dignité - et ce n’est peut-être pas un hasard, au moment où un certain style collectif mollasson et clodo partout répandu a montré ses limites dans sa capacité de résistance au monde comme il va.
"V pour Vendetta" affiche un discours à la fois plus simple et plus rude, moins immature, plus ancré dans le réel que la trilogie des frères Wachovski. Et à défaut de faire bouillir la marmite en folie des philosophes de la "Matrice", il a le mérite de parler plus directement à tout un chacun.
Quand bien même l’objet cinématographique aurait gommé des aspects contenus dans la bande dessinée originale (écrite alors pour stigmatiser le règne de Margaret Thatcher), on ne peut qu’accepter l’évidence : "V pour Vendetta" est de loin supérieur à toutes les autres adaptations du genre. Intelligent et émouvant (ce n’est pas contradictoire, au contraire), stimulant et divertissant, on aimerait voir davantage de films à grands spectacle de cette envergure, qui ne nous donne pas la sensation, en sortant de salle, d’avoir sacrifié nos neurones au profit d’une pure excitation nerveuse - et qui pourtant nous enchante.
5/6 - Stéphane JOLIVET
4/6, mais vraiment pas plus. Le film mérite peut-être même moins.
Faire d'un chef-d'oeuvre de la bande dessinée, un vulgaire divertissement, quelle honte. Ne pas citer Allan Moore aux crédits mérite le boycott total du métrage.
En outre, une bande annonce qui (et c'est bien normal) montre les seuls extraits du film véritablement fouillés graphiquement parlant.
Reste un divertissement honnête. Rien de plus. Ce n'est ni la première, ni la dernière adaptation ratée d'un comic, mais à se contenter du médiocre, on en perd de vue que le cinéma peut être bien plus qu'un moyen de faire du fric.
4/6 - Colin VETTIER
Une très bonne surprise que cette adaptation redoutée de la géniale BD de Moore et Lloyd. Evidemment, le film n'est pas aussi riche que l'oeuvre dont il est inspiré, et les quinze premières minutes sont assez laborieuses. Mais ces réserves mises de côté, on peut sans honte prendre du plaisir à ce savant mix entre action et réflexion, bien loin d'être un "vulgaire" divertissement. Certaines scènes sont magnifiques, et Nathalie Portman est parfaite. Pour terminer, si Alan Moore n'est pas crédité au générique du film, c'est parce-qu'il n'a pas voulu être associé à l'entreprise. CQFD.
4,5/6 - Gilles LUQUET
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Avis de : Dorian
Un film tout simplement grandiose ! le casting est très bon, les musiques sont superbes, tout, absolument tout est réussit ! un film grandiose !...je sais plus ce que je voulais dire...enfin, je viens de le voir, et j'en ai le souffle coupé !
Avis de : alecenobite
c'est vrai qu'en allant voir le film je ne savais pas trop a quoi m'attendre. J'avais peur que ce soit encore un film a la "daredevil et autre" mais non pas du tout. Ce film est tres prenant;emouvant; intelligent on ne s'ennuie vraiment pas.
V a un charisme extraordinaire mais surtout meme avec un masque sur la figure il est tres seduisant je trouve.
Un tres bon film donc que je recomande a tous. Ne liser pas les mauvaises critiques de ce film et allé plutot le voir au ciné vous ne le regreterer pas c promis.
Avis de : jason38
c'est pas mal,le sujet est bien traité,mais j'ai trouvé que parfois le scénario était un peu plat...
Avis de : steely shark
Un très bon film qui donne un nouveau regard sur le terrorisme. Le final explosif fut impressionnant.
Avis de : nicofeel
Bon film mais qui est trop démonstratif.
Avis de : framboisier
Un film qui rate de peu l'excellence? La réalisation est un peu trop banale et classique, et soit trop distante soit pas assez de l'oeuvre originale. Après le message demeure classique mais efficace; et le film parait malheureusement plutôt d'actualité... V pour Vendetta mérite d'être vu, ne serais-ce que pour le charisme de ce révolutionnaire à verbe et à l'alliteration facile.
Avis de : marine
Bon, ben je vais jeter un froid.
Le scénario est convenu avec un justicier qui arrive à anéantir tous les vilains méchants.
L'idée de départ était très bonne, la première 1/2heure m'a beaucoup plu.Avec une ville sou couvre feu, on ressent ce climat de terreur. Mais ça tourne au mélo drame à l'eau de rose et ça pue le politiquement correct. Avec un happy end des plus cucul. Bref, je comprend pourquoi allan moore n'a pas voulu participé à ce projet...
J'ai pas trop compris ce que Nathalie Portman faisait là et la valeur ajoutée de son personnage.
Avis de : gox
Au niveau réalisation, rien à dire. Ce qui m'a plus gonflé ce sont ces longueurs qui pourrissent le film.
Beaucoup trop long selon moi pour une histoire sympa qui aurait pu être traîtée autrement.
Avis de : ciné45
Je n'ai jamais lu la BD d'Alan Moore (je sais je suis passé à coté de quelque chose) et je n'ai donc pas vécu le film en tant que bonne ou mauvaise adaptation de l'oeuvre originale mais comme une entité propre. J'ai adoré ce film et ce qu'il véhiculait (toute rebellion d'un peuple opprimé face à son dictateur est forcement bonne à prendre). La réalisation et le scénario alternent habilement moments de bravoures et scènes plus intimistes (je sais qu'il y a beaucoup plus de scènes parlées que de moments chocs, mais un film n'à pas besoin de nous laisser sur le carreau pour être un bon film. De plus, je connais quelques films où l'action est non-stop et qui ne sont pas des bons movies pour autant : Van Helsing, voir ma critique).
La scène où Natalie Portman se fait raser le crane est particulièrement réussie ( la réalisation est toute en sobriété, le jeu de la belle Natalie fait la reste) tout comme celle de sa rencontre avec V (le monologue de Hugo Weaving ou chaque mot, chaque locution commence par la lettre V est proprement hallucinant), celle de l'attaque du batiment de la chaine de TV (du suspens) et bien sur le grand final (de l'émotion).
D'ailleurs, je voudrais signaler à Marine (internaute) que le héros n'est pas seul pour vaincre le pouvoir en place, tu le verras si tu regarde mieux la toute fin du film (un indice : tous les masques à l'effigie du rebel).
Un grand bravo à Stéphane Jolivet (de la rédaction) pour sa critique.
Avis de : camif
J'adore ce film, et ne connaissant pas la BD je ne peux les comparer.
Une reflexion sur la forme qui pourrait prendre notre société, doublé de scénes d'actions impeccables.
Du grand art et un des tout meilleur film de politique fiction.
Avis de : Pj
Ce film est tout simplement magnifique. Le scénario est très bien, et le masque de V est impressionnant tout au long du film. La scène lorsque l'on rase la tête de Nathalie Portman est choquante et très forte.. Un film à conseiller.
Avis de : kidbeac
Les realisateurs on réussit leurs paris : une adaptation de bande déssiné qui réussit a faire réfléchir
Avis de : vento
très belle réussite à travers ce qu'on ressent à prime abord un super héros comme les autres et par après un être bien plus complexe que cela.
formidable équilibre entre spritualité et dextéritée physique, l'idéologie se retrouve derrière ce masque fascinant de révolution à la destruction plus qu'originale et c'est ce qu'il le place comme un être plus important que n'importe quel super héros.
comment pouvoir convaincre l'être humain tout en détruisant une part d'existance spirituelle à travers ce qu'il a créer comme édifice,symbole de fièreté et de création,et surtout de liberté de d'idées?
belle marche révolutionnaire et incroyablement efficace ,le tout accompagné d'une belle diction anglaise pour le V.O. qui ratatine bien l'amerloque attitude comme l'histoire du film essaye de nous l'insuffler,même si justement notre personnage V rejette cette Angleterre nouvelle.
seul bémol un ralenti ridicule sur la fin qui freine un peu trop le rythme révolutionnaire.
Avis de : vincent
Je n'ai jamais lu la BD d'Alan Moore, mais, est-ce nécessaire pour apprécier le film?
Je viens de le voir ENFIN en DVD (j'attendais que le prix baisse).Et donc, je peux dire que ce film est bourré d'idée et de bonne intention scénaristique.De plus il est appréciable de contaster que le réalisateur n'en a pas fait un banal film de "super-héros-qui-chopent-des-supers-pouvoirs".
Cela dit, j'ai trouvé que le film manque de rythme et se perd , par moment, en longues scènes de palabres.En tout cas, j'aurais aimé un peu plus d'action et un peu plus de charisme de la part des méchants.
Sinon, c'est un film à voir au moins une fois, malgré quelques longueurs.
Une fin excellente et très originale.A voir, à voir...
Avis de : arckanum
Le film est tres bien si l'on a pas lu la BD.
Je me demande ce qu'en pense Allan Moore...?
Avis de : el g
Très bon film qui montre que c'est possible d'adapter une bd au cinema sans tourner dans le lourd et les effets spéciaux omniprésents.
Avis de : ONM
pour repondre a la question : Moore a deteste le film (aucun n'a eu d'ailleurs un acceuil positif de sa part donc c'est pas dur a se souvenir)
Le film est tres sympa si on se dissocie de la BD.
Ca reprend des elements centraux mais ca ne fait pas dans le detail vu le temps imparti d'un film, quand ne sort pas directement du recit (les gens qui sortent avec les masques, etc)
Il y a des moments forts, c'est finallement pas un mauvais film, il est meme plutot reussi si on ne cherche pas a poser la fidelite a la BD comme axe majeur d'apprecitation.
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