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COMPTE-RENDU DU FESTIVAL DE GERARDMER 2019

- par David Maurice -

Comme chaque année, j’étais présent sur Gérardmer en cette fin de mois de Janvier pour couvrir le Festival International du Film Fantastique.

Une 26ème édition qui s’est déroulée du 30 Janvier 2019 au 03 Février 2019 et durant laquelle nous avons eu l’occasion de voir 24 films : 10 en compétition et 14 en hors-compétition.

  

Une année qui aura vu la neige recouvrir les toits de la Perle des Vosges durant cet évènement cinématographique majeur en France pour les amateurs de cinéma fantastique. Un épais manteau blanc avait en effet fait son apparition dans les rues de la ville à la grande surprise des festivaliers qui n’avaient pas vu autant de neige à Gérardmer pendant ce rendez-vous incontournable depuis une petite poignée d’années maintenant (nous étions bien plus habitués à de la pluie et du vent ces dernières années).

Un festival qui, comme à son accoutumée, nous a offert quelques activités intérieures, à défaut de nous proposer depuis deux ans maintenant la traditionnelle Zombie Walk dans les rues de Gérardmer pour des questions de sécurité et de plan Vigipirate.

Nous avons donc eu l’occasion encore cette année d’arpenter les rues pour aller voir les quelques expositions (BD, sculptures, peintures...) disséminées à plusieurs endroits dans Gérardmer.

L’occasion notamment cette année de mettre l’accent sur la très belle exposition « Arts Plastiques » qui se situait Villa Monplaisir, près de la grand salle de projection de l’Espace Lac. Une exposition où nous pouvions notamment admirer cette année encore les oeuvres bioniques d’Edouard Heyraud (www.facebook.com/viz000) et celles tout en métal de l’artiste Romain Bresson (www.NIOTTEPROD.com). Des oeuvres dont vous pouvez voir quelques photos ci-dessous, prises lors de mon passage à la Villa Monplaisir.

 

N’oublions pas également de parler du fameux Grimoire : la salle dans laquelle se tiennent des stands où il est possible de converser avec des auteurs ou des éditeurs, mais également de se faire maquiller, d’acheter des jeux de société ou encore de se procurer quelques dvds ou blu-rays pour sa collection. L’occasion également de rencontrer ce cher Loïc Bugnon une fois de plus, venu cette fois-ci non pas uniquement avec des dvds et des blu-rays mais également avec de nombreux goodies suite à l’ouverture de son site internet (https://laquatriemedimension.fr/).

Aussi surprenante soit-elle, la présidence du Jury Long-Métrage de cette 26ème édition a été assurée par un duo de français : Benoît Delépine et Gustave Kervern. Humoristes, journalistes, réalisateurs et comédiens, ces derniers ont été auteurs pour Canal+ (« Les Guignols de l’info » et « Groland ») mais également co-réalisateurs de plusieurs films tels que « Le grand soir », « Mammuth », « Aaltra », « Avida » ou encore « Saint Amour ».

A leurs côtés, nous retrouvions Vanessa Demouy (comédienne et mannequin), Fabrice du Welz (réalisateur et scénariste), Ana Girardot (comédienne et scénariste), Astrid Bergès-Frisbey (comédienne), Marie Gillain (comédienne) et Yann Gonzalez (réalisateur et scénariste).

Du côté du Jury Court-Métrage, Julie Ferrier (comédienne, humoriste et metteur en scène) était la présidente avec à ses côtés Vincent Mariette (scénariste et réalisateur), Sébastien Marnier (scénariste et réalisateur ayant notamment présenté son film « L’heure de la sortie » lors de cette 26ème édition) et enfin le groupe de musique Zombie Zombie (dont nous pourrons entendre la chanson « Free money » dans le film « L’heure de la sortie » toujours).

 

Cette année encore, les hommages auront su enthousiasmer les festivaliers du fait que ces derniers ont l’intérêt de ravir plusieurs générations de fans de cinéma de genre.

En effet, Udo Kier fut présent et est revenu sur sa longue carrière durant laquelle nous avons pu le voir dans de nombreux films tels que « La marque du diable », « Chair pour Frankenstein », « Sang pour Dracula », « Suspiria », « Spermula » ou encore dernièrement dans « Halloween » de Rob Zombie.

A ses côté, nous avons pu voir un second hommage : celui d’Eli Roth, le réalisateur sulfureux de « Cabin fever », « Hostel », « The green inferno » et « Knock knock ».

Du côté des projections de films cultes (section rétro), après ESC Distribution et ses « Hellraiser » l’année précédente ce fut au tour de l’éditeur Le Chat Qui Fume de nous présenter cette année deux films qu’il va sortir en 2019 en version remasterisée. Tout d’abord, il s’agira de « Maniac », le film culte réalisé en 1980 par William Lustig. Grosse exclusivité donc que cette version restaurée qui fut présentée dans les Vosges pour le plus grand plaisir des fans.

Ensuite, les festivaliers ont pu revoir ou découvrir le film « La rose écorchée » de Claude Mulot (1970). Un long-métrage inspiré du fameux « Les yeux sans visage » de Georges Franju et qui demeure aujourd’hui l’un des grands classiques de l’horreur à la française.

Enfin, il est intéressant cette année de noter la projection de trois films australiens (section rétro toujours) lors d’une nuit intitulée « La nuit Ozploitation ». Il fut alors possible dans la nuit du vendredi au samedi de (re)découvrir les films « Night of fear », « Long Weekend » et « Fair game ».

Zombie, science fiction, film de sabre, gore, ultraviolence, drame, fantômes, cannibalisme, sorcellerie, thriller, animaux géants, action, fantastique pur ou encore extraterrestre : cette 26ème édition était certes moins intéressante en termes de contenu cinématographique que les 3-4 années précédentes mais avait cependant de quoi combler les attentes de chacun au vu de la diversité de la programmation !

 

MERCREDI 30 JANVIER 2019

 

Passée la traditionnelle cérémonie d’ouverture à laquelle nous étions conviée par les organisateurs du festival et durant laquelle discours et présentation du Jury Long-Métrage ont eu lieu, il était temps pour nous de découvrir le premier film en compétition.

 

Film 01 : ESCAPE GAME (Compétition, film d’ouverture)

Six personnes n’ayant rien en commun se retrouvent enfermées dans un jeu grandeur nature et devront trouver des indices ou mourir…

Premier film en compétition, "Escape game" était clairement le film sur lequel nous étions les plus dubitatifs sur notre programmation pour cette 26ème édition. Très déçus du "Escape room" de Will Wernick l'année précédente et pressentant un film édulcoré axé ados de la part d'Adam Robitel ("insidious, la dernière clé), nous allions à la projection de ce "Escape game" (intitulé également "Escape room" aux USA) non pas à reculons tout de même mais avec déjà une certaine crainte.

Une crainte finalement justifiée car nous venons de voir là le plus mauvais film d'ouverture du festival géromois de ces 7-8 dernières années !

"Escape game" ou comment être enfermé(e) avec des personnages ultra-stéréotypés (chose qui n'étonne plus vraiment aujourd'hui donc passons ce détail) dans un Escape Game mystérieux mais surtout irréaliste (des salles gigantesques, des technologies quelques peu tirées par les cheveux) durant lequel nous ne ressentons malheureusement aucune immersion (les enigmes ne sont guères intéressantes et se solutionnent bien trop souvent sans que l'on puisse y participer) et n'éprouvons aucune compassion/empathie pour les destins tragiques de protagonistes peu attachants... Rien que cela? Heu non, nous pourrions également reprocher des enigmes traînant parfois en longueur et perdant le peu d'intérêt qu'elles pouvaient avoir au départ, sans oublier des incohérences douteuses (coller ses mains sur un gros bloc de glace pour le faire fondre, des morts auxquelles on échappe bien facilement...) qui viennent plomber un scénario déjà peu brillant.

Pas d'ambiance claustrophobique, pas de stress ressenti lors des courses contre la montre, pas de scène vraiment choc ou de meurtre marquant (attention les amateurs de scènes saignantes : pas une goutte de sang ne sera versée à l'exception d'une nuque brisée), un casting très perfectible et un manque de réalisme flagrant font de ce film un long-métrage extrêmement décevant dont on ne parvient pas à comprendre la présence en cérémonie d'ouverture cette année.

Strasbourg avait proposé ces dernières années "31" et "la nonne" en films d'ouverture (soit deux plantages en cinq années), nous on a eu "Escape game" après plusieurs années sans fausse note en cérémonie d’ouverture (la dernière en date remontant à une certaine projection d’un Hideo Nakata intitulé « The complex » en 2013)... Une belle déception qui heureusement sera de courte durée avec les deux premières projections du lendemain !

 

JEUDI 31 JANVIER 2019

 

Film 02 : RAMPANT (Compétition)

Le Prince Ganglim, l’un des fils du roi au pouvoir réputé pour sa maîtrise des arts martiaux, revient au royaume coréen de Joseon après de nombreuses années passées en captivité dans les geôles des Mandchous de la dynastie Qing. Des luttes pour obtenir le pouvoir, entretenues par le ministre de la Guerre, apparaissent bientôt au sein du palais royal alors qu’une épidémie transforme les humains en morts-vivants errants à la nuit tombée…

Deuxième film en compétition, "Rampant" est une fresque épique asiatique d'un peu plus de deux heures nous narrant les mésaventures d'un prince de retour au pays qui va entrer en conflit avec le régime autoritaire mais également avec des démons ayant peuplé une partie du pays.

Un contrat parfaitement rempli pour Kim Sung-Hoon qui nous offre là un film alternant action, film de sabre, horreur et histoire avec un rythme très soutenu et des interprétations convaincantes.

Entre complots/trahisons, multiples attaques de démons et petites touches d'humour disséminées par-ci par-là dans le scénario, impossible de s'ennuyer devant ce "Rampant"!
Visuellement époustouflant, ce film coréen a également le mérite de vous mettre face à des sortes de morts-vivants réunis par centaines (on a rarement vu autant de contaminés sur un écran!) et dont l'esthétisme de chacune de ces créatures est très soigné (visages décomposés/meurtris, déambulations désarticulées, craquement des os...).

Même si l'on regrettera une fin un peu trop "grand spectacle" (le gentil héros comme le vilain méchant ont bien du mal à mourir...) et quelques passages très prévisibles, je vous conseille sans hésitation de sortir au prochain arrêt du train de Busan pour vous rendre dans le bateau (et le palais) de "Rampant"!

 

Film 03 : DACHRA (Hors-Compétition)

Yasmine, étudiante en journalisme, et ses deux amis Walid et Bilel enquêtent sur l’affaire non élucidée Mongia, du nom d’une femme retrouvée mutilée vingt-cinq ans plus tôt qui est aujourd’hui internée, suspectée de sorcellerie. Leur enquête les conduit jusqu’à Dachra, village archaïque et menaçant, isolé dans la campagne tunisienne. Alors que l’inquiétant chef du village les invite à rester pour la nuit, Yasmine se retrouve mêlée aux lourds secrets de Dachra et n’a d’autre solution que de lutter pour sa survie.

Il était temps pour nous de voir notre premier film en hors-compétition : le film tunisien "Dachra". Déjà remarqué entre autres à la Mostra de Venise et à l'Étrange Festival l'année précédente, le film d'Abdelhamid Bouchnak (qui a hypothéqué une grande partie de ses biens pour monter ce projet) nous plonge dans les légendes urbaines tunisiennes, le tout sentant bon le folklore local.

Véritable film d'ambiance (un village en ruine en plein milieu d'une vaste forêt sinistre, des femmes des plus inquiétantes, des rites mystérieux...), mêlant cannibalisme et sorcellerie, "Dachra" ne cache pas certaines références (on pense au "Projet Blair Witch" bien évidemment, le côté found-footage en moins, mais également au jeu "Resident evil 4" par exemple) et réussit le pari de nous faire frissonner sans grande peine (la scène du repas cannibale est vraiment jouissive et s'avère bien prenante).

Sans vouloir tout nous expliquer pour laisser libre cours à nos propres réflexions mais nous proposant malgré tout quelques flash-backs explicatifs surprenants et bienvenus dans sa dernière partie pour "compléter le puzzle" dirons-nous, "Dachra" est un très bon moment de cinéma pour quiconque aime les films d'ambiance, n’en déplaisent aux nombreux festivaliers rencontrés sur place n’ayant pas du tout aimé ce film maghrébin.

 

Film 04 : GHOST HOUSE (Hors-Compétition)

Jim et Julie passent des vacances idylliques en Thaïlande. Alors qu’ils visitent un site sacré, Julie réveille sans le savoir une force surnaturelle. Hantée et harcelée par cet esprit maléfique, elle sombre peu à peu dans la folie. Désespéré, Jim est prêt à tout pour la sauver de cette incarnation du Mal à l’état pur…

Deuxième film vu en hors-compétition, l'américain "Ghost house" est un film sur les esprits comme on en voit assez souvent en Asie.

Le pitch? Alors qu'un jeune couple d'américains passe des vacances en Thaïlande, la belle Julie va se retrouver hantée (pour ne pas dire harcelée) par une sorte de démon qui prend pour cible les belles jeunes femmes uniquement (il a du goût assurément!). Nous voilà alors plongés dans une course contre la montre durant laquelle Jim doit trouver le moyen de libérer sa future femme des griffes de cet esprit maléfique.

Aprés une première partie intéressante mêlant vie/folklore thaïlandais (des petites promenades dans Bangkok : ses quartiers riches, ses temples, ses marchés et ses lieux festifs) et rencontre intrigante - faisant inévitablement naître de la méfiance chez le spectateur qui sent le piège se refermer sur les crédules Jim et Julie (la comparaison avec "Hostel" s'arrête ici) - le film de Rich Ragsdale tombe malheureusement assez vite dans le vu et revu... Véritable machine à jumpscares (certains, admettons-le, s'avèrent toutefois efficaces!), "Ghost house" ne proposera rien de bien original dans sa deuxième moitié, entre visions cauchemardesques de Julie, séjour en hôpital et inévitable exorcisme. Très classique une fois retirés le côté folklorique et l'appropriation des rites et coutumes thaïlandaises (les maisons des esprits) qui en font sa singularité, le film de Rich Ragsdale demeure cependant tout à fait regardable.

Et même s'il n'apporte finalement pas grand chose de neuf dans la catégorie "Esprit es-tu là?" - si ce n'est son côté "us et coutumes de tout un peuple", à l'instar d'un "under the shadow" vu deux années auparavant à la Perle des Vosges et reparti primé - "Ghost house" saura toutefois ravir les novices dans le cinéma fantastique et probablement contenter les cinéphiles, le rythme étant relativement bien soutenu et l'histoire tenant la route malgré les grosses ficelles scénaristiques (c'est très prévisible) utilisées.

Un film sympathique mais clairement dispensable dirons-nous!

 

Film 05 : THE DARK (Compétition)

Une jeune fille morte-vivante hante les bois dans lesquels elle fut assassinée des années auparavant. Le jour où elle découvre un garçon maltraité dans le coffre d’une voiture, sa décision de l’épargner va bouleverser leurs existences. Tous deux ont subi de terribles abus et s’apportent mutuellement du réconfort. La lumière pourrait enfin apparaître au bout du tunnel, mais les cadavres risquent de s’amonceler en chemin…

Troisième film vu en compétition, "The dark" est incontestablement le film le plus original vu depuis le début du festival.

Passé en 2018 par l'Etrange Festival, il s'agit là du premier long-métrage du cinéaste Justin P. Lange, une oeuvre qui aura vu le jour après six ans de travail. En découle un film dramatique, limite poétique, puisant notamment dans le revenge movie et le zombie movie pour coller au cinéma de genre que nous affectionnons tant.

L'histoire de deux enfants ayant connu un passé des plus tragiques. La première, Mina, a été victime d'abus sexuels par son beau-père qui l'a enterrée après l'avoir battue à mort. Alors revenue à la vie, comme si on lui donnait une seconde chance, notre morte-vivante va rencontrer le jeune Alex, kidnappé par un psychopathe pyromane lui ayant brûlé les yeux. Un kidnappeur dont Mina va se débarrasser, libérant ainsi Alex de son emprise.

Deux histoires dramatiques qui vont donc fusionner pour donner naissance à un duo de jeunes victimes qui vont tenter ensemble de fuir les adultes dont elles redoutent à présent les agissements. Même si cette échappée libératrice laissera quelques cadavres en chemin (soit dit en passant, les scènes de meurtres sont très violentes : gorge arrachée, coup de hache en pleine tête, empalement ou encore crevaison d'yeux), là n'est pas le but de Justin P. Lange de nous offrir un zombie movie pur et dur, le zombie - ou plutôt la dézombification - étant ici un vecteur de rédemption. En effet, laissée seule après le meurtre de sa mère passive et celui de son beau-père incestueux, Mina était devenue une fille sauvage tuant quiconque pénétrant sur sa propriété. Sa rencontre avec Alex va changer sa vie et le fait d'aider le malheureux aveugle va également la rendre moins hostile, plus humaine. Une seconde chance pour chacun des deux enfants : Alex échappant à son ravisseur déséquilibré et Mina redevenant humaine au fil de ses actes de bravoure pour aider son jeune protégé.

Une belle histoire nous provenant d'Autriche qui certes prêche par son manque de rythme indéniable à plusieurs moments du récit (des plans fixes, une longue traversée en forêt...) - un tempo diminué pour mieux nous retranscrire la transition lente et purificatrice de Mina la zombie en Mina l'humaine au départ si innocente, Candide des temps modernes au même titre qu'Alex - mais qui nous gratifie d'une oeuvre poético-dramatique et intimiste de bonne facture. Un premier essai concluant !

 

Film 06 : ANIARA (Compétition)

Après avoir épuisé toutes les ressources de la Terre, la population humaine restante prend place dans d’immenses vaisseaux afin de rejoindre la planète Mars. Un de ces engins spatiaux s’appelle ANIARA. À son bord, les passagers sont certains de faire un agréable voyage et d’arriver à destination en trois semaines. Le vaisseau, qui ressemble à un immense centre commercial, offre tous les services nécessaires à satisfaire une société profondément consumériste. Tout semble bien se passer jusqu’à ce qu’un accident fasse dévier ANIARA de sa trajectoire…

Quatrième film en compétition, "Aniara" est un long-métrage de science-fiction singulier qui divisera à coup sûr le public présent en terres vosgiennes.

La planète Terre n'étant plus habitable, les humains partent à bord du vaisseau en direction de la planète Mars. Malheureusement le vaisseau va tomber en panne et se perdre dans la galaxie...

Simple dans son pitch de départ mais bien plus complexe dans sa narration intégrale (des séquences bien barrées comme en témoigne par exemple une partouze géante dans l'espace...), "Aniara" est une aventure humaine des plus originales où chaque individu verra son comportement évoluer (suspicion, animosité...) dans ce sarcophage volant dont il est impossible de s'échapper faute de carburant.

Un film à voir assurément!

 

VENDREDI 01 FEVRIER 2019

 

Film 07 : ZOO (Hors-Compétition)

La vie conjugale de Karen et John a volé en éclats le jour où ils ont appris qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants. Ils vivent depuis comme des zombies, emprisonnés dans la routine de leur quotidien et au bord de la rupture. Lorsque le monde est frappé par une pandémie qui transforme la population en morts-vivants, le couple s’enferme à double tour dans leur appartement en attendant les secours. Alors que le monde extérieur s’effondre, la promiscuité va les rapprocher et leur amour perdu renaître…

Nouveau film en hors-compétition, "Zoo" est un huis clos jouant la carte du tragico-comique.

En pleine invasion de zombies, un couple au bord de la séparation s'enferme dans leur appartement sur les conseils des autorités.

Voici un pitch des plus classiques me direz-vous mais non : ce film à la double nationalité danoise/suédoise va clairement vous surprendre!

A l'instar du film de Dominique Rocher "La nuit a dévoré le monde", le zombie est ici un prétexte pour permettre l'isolement d'un couple instable et la détresse de ces derniers, sentant leurs dernières heures comptées. Comprenez par là que vous ne verrez pas beaucoup de morts-vivants dans "Zoo", la menace venant bien de l'extérieur mais plutôt d'humains non contaminés (des voisins envahissants et des pilleurs) qui viendront perturber l'équilibre déjà instable de notre couple ne s'adressant presque plus la parole. Des home-invasions hauts en couleur (de bonnes poilades en perspective!) qui s'avèreront être de véritables épreuves pour la reconstruction de ce couple.

Un bon film mêlant comédie, tragédie et horreur pour notre plus grand plaisir !

 

Film 08 : MEURS, MONSTRE, MEURS (Hors-Compétition)

Dans une région reculée de la Cordillère des Andes, le corps d’une femme est retrouvé décapité. Cruz, l’officier de police local, mène l’enquête. David, le mari de Francisca, amante de Cruz, est rapidement désigné comme principal suspect. Envoyé en hôpital psychiatrique, il y incrimine sans cesse les apparitions brutales et inexplicables du Monstre. Dès lors, Cruz s’entête sur une mystérieuse théorie impliquant des paysages géométriques, les déplacements d’une bande de motards, et une voix intérieure, obsédante, qui répète comme un mantra : “Meurs, Monstre, Meurs”…

Nouveau film présenté en hors-compétition, le film "Meurs, monstre, meurs" (France/Chili/Brésil) nous narre l'histoire d'un monstre sévissant dans la région et décapitant ses victimes.

Alors que nous étions en droit de nous attendre à une sympathique enquête policière horrifique comme sait par exemple nous les concocter un certain Dick Maas, la déception fut de taille... Après une introduction remarquée dans laquelle une victime égorgée parvient à remettre sa tête dans l'axe de son corps (ouch!), le film tombe malheureusement dans une monotonie affligeante alternant dialogues pompeux et intrigue sans grand intérêt. Fourmillant de bonnes idées terriblement mal exploitées, "M,M,M" ne parvient pas à nous entraîner dans cette enquête trop laborieuse. Reste toutefois un final hilarant (SPOILER : Un monstre old school quelque peu spécial qui va punir un adultère à sa façon) qui vient nous récompenser de ne pas avoir dormi devant le film!

Bref, le plus mauvais film du hors-compétition assurément malgré quelques bonnes intentions gâchées par une réalisation chaotique pour ne pas dire soporifique...

 

Film 09 : LIFECHANGER (Compétition)

Drew doit changer d’organisme au bout de quelques jours ou mourir dans d’atroces souffrances. Il doit trouver un candidat potentiel et occuper son corps, s’appropriant son apparence, mais aussi ses souvenirs, ses espoirs et ses rêves. Il devient cette personne mais doit la tuer en échange. Il n’en a pas toujours été ainsi. Il fut un temps où Drew pouvait séjourner des années dans le même corps. Cette situation lui a d’ailleurs permis de rencontrer Julia, devenue chère à son cœur. Son désir impétueux de nouer des liens plus intimes avec elle va faire des ravages et remettre en cause sa raison d’être.

Cinquième film pour nous en compétition, le long-métrage canadien "Lifechanger" nous plonge dans le quotidien d'une entité qui a la possibilité mais surtout l'obligation de changer de corps humain afin de pouvoir survivre. Chose intéressante ici : plus qu'un simple changement de corps, l'entité s'approprie l'environnement familial et les souvenirs de ses hôtes.

Troisième long-métrage de son réalisateur, "Lifechanger" avait déjà été remarqué à l'Étrange Festival l'année précédente et avait joui d'une bonne réputation.

Doté d'un rythme bien maintenu (nous prenons un malin plaisir à voir cette entité incorporer de nouvelles enveloppes corporelles), d'un casting de bonne facture et d'effets spéciaux à l'ancienne correctement réalisés (les passages de l'entité d'un corps à l'autre rappellent certains cinémas comme par exemple celui de Stuart Gordon et Brian Yuzna), "Lifechanger" peut être vu comme une sorte de film de malédiction, à la limite entre l'horreur et le drame.

Un bon moment de cinéma, rapide (1h20) mais efficace !

 

Film 10 : THE UNTHINKABLE (Compétition)

Alors que la Suède subit une mystérieuse attaque supposée terroriste, Alex est contraint de retourner dans son village natal. Il y retrouve Anna, son amour de jeunesse, ainsi que Björn, son père avec lequel il n’a pas parlé depuis des années. Ensemble, ils devront renouer les liens brisés afin de survivre dans un pays plongé dans le chaos…

Après le sympathique "Aniara", voici le deuxième film suédois en compétition cette année : "The unthinkable". Réalisé par cinq cinéastes faisant partie d'un collectif appelé "Crazy Pictures", voici un film assez surprenant dans la compétition qui arrive juste après l'hommage à Eli Roth ("Cabin fever", "Hostel", "The green inferno"...) en sa présence.

En effet le film présenté est certes de qualité (visuellement séduisant, ce dernier combine un casting très carré, un rythme plutôt soutenu, une bande originale envoûtante et des scènes d'action/catastrophe bien orchestrées) mais malheureusement ce dernier est à la limite du hors-sujet. Nous avons ici affaire à un drame sous forme de film catastrophe, voire de guerre contemporaine, sans réel élément pouvant le rapprocher du cinéma fantastique (j'éviterai tout spoiler rassurez-vous).

Donc prenons le film pour ce qu'il est : un très beau projet fort bien réalisé, survitaminé par moments (encore une fois les scènes d'accidents sont bluffantes de réalisme) quand celui-ci ne joue pas la carte du larmoyant (registre dans lequel il arrive à nous soutirer une compassion certaine pour son malheureux héros).

 

Film 11 : NIGHT OF FEAR (Nuit Ozploitation)

Film 12 : LONG WEEKEND (Nuit Ozploitation)

Film 13 : FAIR GAME (Nuit Ozploitation)

Vendredi soir, 22h30 : le grand moment de la Nuit Ozploitation dont je vous parlais en tout début de compte-rendu. L’occasion de voir ou redécouvrir trois films australiens baignant dans le survival (« Night of fear », sorti en 1972, est le film ayant probabement inspiré Tobe Hooper pour monter son « Massacre à la tronçonneuse »), dans le fantastique pur (« Long weekend ») et dans le rape and revenge (« Fair game »).

Une nuit pleine de nostalgie (ah les années 70-80 !) mais également de rigolades (certaines situations et certains jeux d’acteurs prêtent à rigoler de bons coups dans la salle, le troisième film étant notamment un authentique nanar).

A défaut de chroniquer ces trois films (je chronique exclusivement les films contemporains présentés à Gérardmer et non les sections rétro), voici les résumés de ceux-ci :

(« Night of fear ») Un ermite sadique et passablement dérangé traque et capture celles et ceux qui ont la malchance de se retrouver dans les bois où il a élu domicile. Une jeune femme dont la voiture est tombée en panne est sur le point de découvrir le traitement qu’il leur fait subir…

(« Long weekend ») Un couple de citadins dont le mariage bat de l’aile décide de profiter d’un wee-kend prolongé pour aller camper dans un endroit isolé du littoral australien dans l’espoir de ranimer une flamme éteinte depuis longtemps. Arrivés sur leur lieu du campement, le couple a une attitude irresponsable et est peu à même de respecter la nature. Ils tirent sur tout ce qui bouge, tandis que leurs détritus s’amassent autour d’eux. Mais la faune locale veille et va les punir…

(« Fair game ») Une jolie jeune femme qui garde un sanctuaire pour animaux sauvages au fin fond de l’outback australien doit faire face à trois chasseurs de kangourous. Lassés de tuer ces marsupiaux, ils ont décidé de s’attaquer aux animaux du sanctuaire et de s’amuser également un peu avec la gardienne. Mais cette dernière, sous ses airs tranquilles, cache un caractère bien trempé…

 

A noter une très bonne présentation de cette nuit par Eric Peretti ! 

 

SAMEDI 02 FEVRIER 2019

 

Film 14 : L’HEURE DE LA SORTIE (Hors-Compétition)

Lorsque Pierre Hoffman intègre le prestigieux collège de Saint Joseph, il décèle chez certains troisièmes une hostilité diffuse et une violence sourde. Est-ce parce que leur professeur de français vient de se jeter par la fenêtre en plein cours ? Parce qu’ils sont une classe pilote d’enfants surdoués ? Parce qu’ils semblent terrifiés par la menace écologique et avoir perdu tout espoir en l’avenir ? De la curiosité à l’obsession, Pierre va tenter de percer leur secret…

Après une nuit très courte de 4 heures en raison de la projection des trois films australiens à la Nuit Ozploitation, nous voici à la projection unique du film français "L'heure de la sortie", déjà passé par un certain Festival de Cannes.

Encore une fois voici un film qui est à la limite du hors-sujet concernant le festival fantastique de Gérardmer, même si cette fois-ci nous retrouvons un thème bien connu dans le cinéma de genre qu'est "l'enfant tueur" (bien qu'ici nous soyons plus face à des enfants inquiétants dirons-nous) voire même un semblant de film de secte.

Voilà un très bon film hors-compétition de Sébastien Marnier (Cocoricoooooo!!!) qui nous plonge au sein d'un collège et plus particulièrement d'une classe de 3ème dans laquelle sont regroupés des élèves à l'intellectualité précoce. Des élèves pas comme les autres, mystérieux...

Porteur d'un message politico-écologique intéressant et ô combien contemporain, "L'heure de la sortie" saura vous faire frissonner, vous faire rire (des dialogues amusants sortant de la bouche de petites têtes blondes pas si innocentes) et vous faire réfléchir sur des thématiques fortes et préoccupantes (écologie comme on l'a dit, mais également le système éducatif, les suicides chez les jeunes et autres jeux du foulards...).

Avec son jeune casting de très bonne facture (nos petites têtes blondes nous livrent de solides interprétations, tout comme Laurent Lafitte dans le rôle de Pierre Hoffman) et son ambiance parfois anxiogène, "L'heure de la sortie" est une bonne surprise, certes plus proche du drame que du film fantastique toutefois.

 

Film 15 : AWAIT FURTHER INSTRUCTIONS (Compétition)

C’est le jour de Noël et la famille Milgram se réveille en découvrant qu’une mystérieuse substance noire entoure leur maison. Une catastrophe semble avoir eu lieu ; s’agit-il d’un accident industriel, d’une attaque terroriste ou d’une guerre nucléaire ? Imaginant le pire, ils allument la télévision dans l’espoir d’y trouver un début d’explications. Mais un message sibyllin apparaît à l’écran : « Restez à l’intérieur et attendez des instructions complémentaires ». La paranoïa et les tensions familiales s’exacerbent à chaque nouveau message, jusqu’au bain de sang final…

"Await further instructions" est un film en compétition ayant notamment remporté un prix au festival italien Trieste Science+Fiction (Prix Nocturno).

Le jour de Noël, une famille se retrouve soudainement piégée dans sa maison avec pour seule consigne de suivre les instructions qui apparaissent sur les écrans de téléviseur et d'ordinateur.

Nous voici donc plongés dans un huis-clos (une maison servant d'abri à nos protagonistes) dans lequel le danger extérieur (dont je tairai les origines pour ne pas spoiler) n'est pas forcément la principale menace pour les membres de cette famille britannique qui va rapidement montrer des scissions au sein des couples présents. Alors que le film commence de facon festive, avec ses petites touches d'humour bienvenues et ses petites altercations verbales, "Await further instructions" va progressivement se transformer en petit champ de bataille où paranoïa, suspicion et coalition règnent en maître pour faire voler en éclats cette petite famille très pieuse.

Un film de SF réussi qui vous offrira une dernière partie bien gratinée comme on les aime !

 

Film 16 : BLACKWOOD, LE PENSIONNAT (Hors-Compétition)

La mère de Kit, une adolescente au caractère bien trempé, décide de l’envoyer au mystérieux internat Blackwood car elle n’arrive plus à la gérer. Fraîchement arrivée, Kit rencontre Madame Duret, l’excentrique et fascinante directrice des lieux, et les quatre autres étudiantes à problèmes qui y vivent. Avec ses camarades, elle va explorer le dédale de couloirs du pensionnat et découvrir le secret du manoir Blackwood, enraciné dans le paranormal.

À en croire la longueur de la file d'attente, "Blackwood" est visiblement un film très attendu par les festivaliers malgré le fait qu'il soit présenté en hors-compétition.

Film de maison hantée qui doit sortir au cinéma en début d'année 2019, cette production hispano-américaine nous narre les mésaventures de 5 jeunes filles en perdition qui ont intégré un pensionnat réputé afin de les remettre dans le droit chemin. Une grande bâtisse qui recèle des secrets qu'elles vont rapidement découvrir...

"Blackwood" est l'exemple type de film de maison hantée dans lequel nous retrouvons de nombreux poncifs déjà usés, pas mal de jumpscares plus ou moins prévisibles et bien entendu nos fameux spectres qui hantent les couloirs d'une grande bâtisse.

Rien de bien nouveau ici donc si ce n'est quelques idées sympathiques par-ci par-là (l'identité de nos fantômes, le déroulé final...) qui certes ne placeront pas le film dans le haut du panier de la programmation mais l'empêcheront surtout de retomber trop rapidement dans l'inconnu une fois les passages en festivals et salles obscures terminés.

 

Film 17 : ENDZEIT – EVER AFTER (Compétition)

 

Deux ans après une invasion de zombies qui a quasiment éradiqué tous les humains de la Terre, les villes allemandes de Weimar et Jena sont les dernières poches de résistance. Deux jeunes femmes, Vivi et Eva, décident de quitter Weimar et sa communauté protectrice. Leur périple va les conduire dans une zone post-apocalyptique luxuriante où la nature a repris ses droits. Réalisant que le combat contre les morts-vivants n’est pas celui qu’elles doivent mener, Vivi et Eva préfèrent suivre une autre voie…

Production allemande, "Endzeit ever after" avait de quoi susciter un grand intérêt au vu de son affiche promotionnelle dans laquelle nous voyons une jeune fille échapper à une horde de zombies. "Un petit survival zombiesque sans prise de tête!" pouvions-nous alors penser! Que neni! Malheureusement...

Alors oui les zombies sont bien présents, tout comme la population décimée et les petits groupes de survivants mais pour ce qui est du reste... Non aidé par des interprétations très perfectibles, ce film allemand à la lenteur de narration effroyable est de loin la plus grosse déception de la compétition. Très creux dans son histoire et assez avare en morts-vivants, "Endzeit ever after" avait pourtant une idée plutôt originale (bien que déjà vue dans certains films...) consistant à redonner à la nature ses droits mais cette dernière est très mal exploitée et ne donnera lieu qu'à quelques maquillage faciaux réussis... Essai râté. 

 

Film 18 : GIRLS WITH BALLS (Nuit décalée)

(« Girls with balls ») Le jour où leur mini-van tombe en rade au milieu de nulle part, les joueuses de l’équipe de volley des Falcons ne se doutent pas qu’elles viennent de tomber dans un piège mortel tendu par une bande de chasseurs dégénérés qui ont décidé de les traquer. Une longue nuit commence pour les Falcons ainsi qu’une course pour leur survie qui va mettre à rude épreuve leur esprit d’équipe. Mais sous leurs airs de victimes innocentes, les volleyeuses vont se révéler pleines de ressources…

Minuit : l’heure de la Nuit Décalée (anciennement la Nuit du Fantastique ) ! Un rendez-vous incontournable pour faire la fête et s’éclater/chanter devant des films déjantés.

Après deux éditions consécutives ratées (« Terra Formars » et « The lure » en 2017 / « Mayhem » et « Beyond skyline" en 2018), il était temps de renverser la vapeur avant que cette Nuit Décalée ne se transforme en véritable tombeau. Et c’est chose faite pour cette 26me édition!

« Girls with balls » a mis le feu dans la salle de l’Espace Lac, chose que nous n’avions plus vu à la Nuit Décalée depuis « Freaks of nature » en 2016 (cette même année « Lovemilla » était également très bon et totalement barré mais malheureusement ce dernier, en troisième position à la Nuit Décalée, avait été projeté devant 100-150 festivaliers encore éveillés...).

Le film d’Olivier Afonso (un spécialiste du maquillage avant tout, ayant travaillé entre autres sur « frontière(s) », « grave » ou encore « le transporteur 2 », avant de réaliser là son premier film en tant que réalisateur) est un survival drôle, rythmé et complètement déjanté dans lequel des joueuses de volley-ball vont devoir en découdre avec des tarés prêts à tout pour les éliminer.

Dialogues savoureux pour des personnages parfois hauts en couleur (l’humoriste Artus est vraiment dans son élément ici), situations burlesques et scènes gores en veux-tu en voilà (l’une des scènes mémorables du film étant notamment celle d’un chien arraché en deux à la force des bras !), « Girls with balls » est LE film déjanté de cette 26ème édition assurément !

 

Film 19 : DEAD ANT (Nuit décalée)

Les membres de Sonic Grave, un groupe de rock has been, veulent tenter un comeback au festival de Coachella qui a lieu chaque année dans le désert californien. En chemin, ils décident de faire un rapide détour pour acheter des substances hallucinogènes auprès d’un vieux chef indien. Ce dernier les avertit qu’ils doivent impérativement respecter la nature lorsqu’ils seront sous l’emprise de ces drogues car sinon les conséquences seraient désastreuses. Faisant fi des consignes, ils vont devenir la cible de fourmis surdimensionnées très affamées…

Passer derrière ce film énergique, drôle et gore à la fois qu’est « Girls with balls » n’est pas une mince affaire et Ron Carlson s’en est probablement rendu compte ce soir-là.

Alors que la salle s’est déjà vidée de quasi un tiers de ses festivaliers entre les deux films (allez hop au dodo !), il s’avère en plus que son « dead ant » est bien moins drôle et rafraîchissant que le film d’Olivier Afonso. Mais qu’importe : nous nous laissons embarquer dans cette histoire de fourmis géantes (nous aimons bien les animaux méchants à la Nuit Décalée, comme l’avaient déjà montré des films comme « Sharknado », « Sharknado 3 » et « Big Ass Spider » par exemples !) qui possède bel et bien quelques qualités non négligeables (notamment une galerie de personnages totalement barrés, sortes de hippies ne jugeant que par la devise « sex, drugs and rock’n roll »). Malheureusement le film arrive rapidement à ses limites et ne parvient plus à tenir le rythme et surtout le degré d’humour qu’il s’était fixés. « Dead ant » devient à mi-parcours quelque peu ennuyeux et répétitif mais réussira toutefois à relancer la machine dans un final grandguignolesque où effets numériques dégueulasses (les fourmis sont quand même bien moches...) côtoieront des personnages ayant repris du poil de la bête après avoir quelque peu fait du sur-place (la faute à toutes ces drogues probablement).

Un film en dents de scie donc mais toujours bien meilleur que ce que nous avions pu voir lors des deux éditions précédentes de la Nuit Décalée.

 

DIMANCHE 03 FEVRIER 2019

 

Film 20 : PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH (Compétition)

Récemment divorcé, Edgar retourne dans la maison de son enfance pour faire le point sur sa vie. Il y trouve un pantin à l’allure malfaisante ayant appartenu à son défunt frère. Cherchant à se faire rapidement de l’argent, il décide d’aller le vendre aux enchères lors d’une convention, accompagné de sa nouvelle petite-amie et d’un ami, tous inconscients du danger qui les attend. L’enfer se déchaîne une fois sur place lorsqu’une force maléfique fidèle au troisième Reich anime toutes les marionnettes présentes, les incitant à tuer sans merci tous ceux en travers de leur chemin…

Après la nuit décalée du samedi soir, nous étions bien frais pour aller voir en tout début de dimanche ce fameux nouveau volet des marionnettes tueuses!

Bien loin du nanar que je m'étais mis en tête (la saga ne compte pas que des chefs d'oeuvre), ce film parfaitement assumé s'avère être un festival de joyeusetés gores orchestrées dans la joie, la bonne humeur et le grand n'importe quoi!

Humour noir, mauvais goût (un homme décapité dont la tête tombe dans les chiottes tachés de merdes pendant que le reste du corps continue à pisser dedans...), gore qui tache (plusieurs meurtres sont très graphiques) : nous suivons ce massacre de juifs, homosexuels, noirs ou encore gitans sans véritable temps mort ! Des marionnettes nazies qui ont réussi là leur coup assurément !

 

Film 21 : FREAKS (Hors-Compétition)

La petite Chloé a toujours été maintenue à l’écart du monde extérieur par son père. Celui-ci lui répète qu’elle est différente et que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée de leur maison représente une menace. Intriguée par la musique du marchand de glace en bas de la rue, Chloé va braver l’interdit paternel et découvrir la vérité sur sa condition.

Il était temps pour nous ce dimanche de voir enfin le fameux film ultra primé depuis quelques mois dans les festivals du Monde entier : "Freaks"!

Présenté en hors-compétition lors de ce 26ème Festival du Film Fantastique de Gérardmer, ce film américain est effectivement un pur bonheur pour tout fan de cinéma fantastique et il est tout à fait logique de constater à ce jour les récompenses obtenues.

S'amusant à brouiller les pistes dans sa première partie qui laissait prévisager un drame familial ou un film paranormal, "Freaks" nous plonge en pleine science-fiction là où on ne l'attendait pas au tournant!

Sans chercher à spoiler l'histoire qui nous est narrée ici (ce qui est assez difficile au vu du film), sachez qu'Adam Stein et Zach Lipovsky nous ont concocté là un film bien rythmé, au casting sans réelle fausse note et aux effets spéciaux réussis.

Un vrai petit régal que cette ambiance mystérieuse en première partie et ce débordement d'énergie dans le second acte ! Chapeau bas messieurs !

 

Film 22 : THE WITCH : PART1 – THE SUBVERSION (Compétition)

Dix ans auparavant, la jeune Ja-yoon s’est échappée d’un complexe gouvernemental à la suite d’un incident qu’elle a provoqué sans le vouloir et qui lui a fait perdre la mémoire. Elle a trouvé refuge auprès d’un couple âgé qui la considère comme leur propre fille. Devenue une brillante lycéenne, elle décide de passer un concours de chant retransmis à la télévision nationale. Elle est ainsi repérée par des personnes à l’allure étrange qui la recherchent depuis sa disparition. En un instant, la vie apparemment ordinaire de Ja-yoon devient beaucoup moins paisible…

Voilà certainement le « film mystère » comme nous l’avions appelé avec mon acolyte avant notre arrivée en terres vosgiennes. Le genre de film dont on n’attend pas grand chose, le pitch n’étant pas des plus vendeurs aux premiers abords et la longueur du film faisant quelque peu peur (« espérons que ce ne soit pas trop lent dans la narration » pouvions-nous entendre dans les files d’attente).

Hé bien, quelle surprise ! Encore une fois, je ne peux être que d’accord avec les membres du Jury SyFy qui ont récompensé cette année le film comme nous le verrons un peu plus bas dans le palmarés.

Joué par des acteurs convaincants, « the witch : part 1 – The subversion » commence de façon bien innocente (deux fillettes participent à un concours de chant et nous suivons leur quotidien, entre dialogues candides et petites touches d’humour agréables) pour nous plonger progressivement en plein monde hostile (des hommes en noirs menaçants en veulent visiblement à notre héroïne) et ce pour finir dans de la science-fiction bien bourrin où « Mortal Kombat » côtoirait un certain « Monsterz » d’Hideo Nakata vu à Gérardmer il y a une petite poignée d’années maintenant.

Comment prévoir que cette histoire de concours de chant avec deux fillettes transpirant l’innocence puisse donner lieu à autant d’ultraviolence où les coups fusent avec une brutalité hors du commun, où l’hémoglobine gicle à tout-va sur les murs et les visages des victimes et où les corps se cribblent de balles quand ces derniers ne traversent pas des murs sous la brutalité des coups... Des séquences « coup de poing » qui feraient rougir à coup sûr Takashi Miike et Ryuhei Kitamura.

Mieux encore, l’histoire qui nous est contée ici est passionnante : en effet, les séquences d’ultraviolence ne sont pas balancées à nos pupilles - bien dilatées pour l’occasion - sans queue ni tête mais complètent une narration où la science-fiction et la génétique se côtoient pour nous offrir une intrigue simple mais efficace et aux multiples possibilités pour la suite des évènements.

La fin de ce premier chapitre laisse prévisager peut-être des séquences encore plus dingues... Espérons que le deuxième essai soit confirmé également car nous avons peut-être là une fresque de science-fiction qui fera date dans l’histoire du cinéma asiatique !

 

Film 23 : MANDY (Hors-Compétition)

Nord-ouest sauvage des États-Unis, 1983. Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible et empreinte d’amour loin du tumulte des villes. Le jour où leur refuge entouré de pins majestueux est sauvagement détruit par les membres d’une secte dirigée par le gourou sadique Jeremiah Sand, Red entame un voyage fantasmagorique marqué par la vengeance, le sang et le feu.

Seul film de la programmation avec « Freaks » à avoir déjà eu droit à de nombreuses projections en festival, « Mandy » a souvent été qualifié comme le « grand retour de Nicolas Cage » (il suffit par exemple de lire MadMovies pour s’en rendre compte). En effet, notre malheureux Nicolas n’est plus que l’ombre de lui-même, ce dernier acceptant tout et n’importe quoi en termes de scénario depuis quelques années maintenant (on se souvient encore aujourd’hui par exemple du désolant « Pay the ghost » pour ne citer que celui-là). Rien de plus logique donc que d’entendre crier dans la salle au moment de l’affichage du titre du film de Panos Cosmatos : « On y croit Nicolas : ce soir c’est ton soir !!! » (bonne poilade dans la salle à ce moment précis).

Je m’étais attendu à tout avant la projection de ce fameux Mandy (ayant notamment remporté le Prix de la Mise en Scène à Sitges en 2018) mais pas à ça !

Purée, mais WTF !!! Voilà un film totalement barré, semblant avoir été fait sous LSD (les couleurs vives virevoltant du rouge au vert, la musique assourdissante, les plans donnant l’impression d’avoir des hallucinations...) et devant lequel nous prenons notre pied lors des pétages de plomb d’un Nicolas Cage envahi par la colère et avide de vengeance contre cette bande de hippies ayant brûlé sa femme sous ses yeux (la scène où il ne parvient plus à se contrôler dans sa salle de bain est extraordinaire !).

Un OVNI qui nous balance des bagarres radicales, très violentes et où le sang gicle au visage de notre héros transformé en bête enragée. Nicolas, on ne te reconnait plus... Et c’est tant mieux !!!

Dommage toutefois que le film baigne également, à contrario, dans pas mal de défauts comme par exemple ces passages bien trop longs, chiants et insignifiants où le gourou de la secte nous balance ses élucubrations, dialogues sans queue ni tête, fruit d’un esprit malade pour ne pas dire complètement dérangé. Et que dire de la première partie longue et blablateuse ? (nous avons bien compris que Nicolas et sa femme sont fusionnels donc peut-on passer à autre chose svp ?). Le combat final également n’est pas à la hauteur des attentes et s’avère bien moins jouissif que certaines altercations ayant eu lieu quelques temps avant dans le film. Enfin, certaines scènes auraient mérité peut-être deux-trois explications car dans tout ce bordel nous ne comprenons pas très bien ce que sont ces monstres sur des motos, sortes de cénobites sortis tout droit d’un « Hellraiser »... Bref, pas mal de petites choses qui m’ont pas mal gêné lors du visionnage de « Mandy ».

Très content en tout cas d’avoir pu voir sur grand écran et avec une sono adéquate ce film avec Nicolas Cage assurément destiné aux festivals !

 

Film 24 : MERMAID, LE LAC DES AMES PERDUES (Hors-Compétition, film de clôture)

Alors qu’il profite d’une baignade nocturne dans un lac, Roman fait la connaissance d’une étrange inconnue qui cherche pourtant à le séduire. Depuis cette rencontre, le jeune homme semble avoir contracté une maladie rare et des évènements surnaturels liés à une légende familiale font leur apparition. Sa fiancée Marina va tout faire pour le libérer de cette malédiction ancestrale. Son amour sera-t-il assez fort pour le sauver ?

Ah, les sirènes ! Monstre mythique pas suffisamment vu au cinéma malgré des particularités qui en font pourtant un excellent prédateur (un regard et une voie hypnotiques, une invisibilité permise par l’écran/miroir que forme la surface de l’eau parfois...).

Inutile de dire que ce fim de clôture m’inspirait bien plus que cette malédiction des Winchester vu l’année dernière ou encore « Incarnate » l’année encore avant. En fait, depuis le très bon « the mirror » en 2015 nous n’avons pas eu de films mémorables en cérémonie de clôture (la palme revenant au mauvais « American hero » en 2016).

Malheureusement, ce ne sera pas encore pour cette année. En effet, malgré quelques qualités que nous ne pourrons retirer à ce film (quelques jumpscares efficaces, une ambiance parfois pesante et une sirène réellement effrayante dans certaines scènes), nous sommes face ici à un film finalement très banal, parvenant même à se noyer (sans jeu de mot) dans son scénario qui ne tient pas la route par moments (des incohérences scénaristiques et des facilités dans la narration font perdre en crédibilité et en intérêt).

A trop vouloir jouer la carte des rebondissements, le film se prend les pieds dans le tapis et ne parvient pas à nous offrir un scénario maîtrisé/cohérent. Dommage car ce « Mermaid, le lac des âmes perdues » possédait un monstre esthétiquement réussi et un environnement glauque au possible (le petit ponton en bois au bord de ce lac lugubre à souhait...brrrrr...).

 

 

LE PALMARES 2019 :

 

Grand Prix : PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH
Prix du Jury : THE UNTHINKABLE Ex-aequo avec ANIARA
Prix du Public : PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH
Prix de la Critique : THE UNTHINKABLE
Prix du Jury Jeune : THE UNTHINKABLE
Prix du Juri SyFy : THE WITCH : PART 1 – THE SUBVERSION
Prix de la Bande Originale : PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH

Prix du Court-Métrage : DIVERSION

 

Comme d’accoutumée, voici avant de finir ce compte-rendu (et ce avant les habituels remerciements) mes petits tops (mais également flops) à moi (dans l’ordre de préférence) pour cette 26ème sélection :

 

TOPS :

En compétition : Await further instructions / The witch : part1 – The subversion / Puppet Master : The littlest reich / Rampant / Lifechanger / Aniara

En hors-compétition : Zoo / Freaks / Girls with balls / Dachra / L’heure de la sortie

 

FLOPS :

En compétition : Endzeit – Ever after / Escape Game

En hors-compétition : Meurs, monstre, meurs / Mermaid, le lac des âmes perdues

 

 

REMERCIEMENTS :

 

Comme chaque année, il convient de remercier l’ensemble des bénévoles sans qui ce festival ne pourrait avoir lieu (et n’oublions pas les services de sécurité présents en nombre pour assurer le bon déroulement des festivités). Des bénévoles toujours aussi souriants et sympathiques qui n’hésitent pas à braver la neige et la pluie, la météo ayant été très changeante cette année durant la manifestation.

Nous remercions ensuite le Public System Cinema pour leur soutien et la confiance qu’ils nous portent pour couvrir le festival vosgien. Merci également à Marine pour les invitations à la cérémonie d’ouverture !

Enfin, je remercie comme depuis trois ans déjà Dominique VALENTIN, bénévole sur le festival et plus particulièrement au Grimoire, qui nous a hébergés durant toute la durée de la manifestation.

 

 

David MAURICE

Le 04 Février 2019