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Alors qu’ils font du covoiturage et traversent une grande zone désertique au beau milieu de nulle part, six étudiants crèvent sur la route. Très vite, ces derniers s’aperçoivent que le pneu n’a pas éclaté par accident : celui-ci a été perforé par une balle ! Rapidement ils se retrouvent pris pour cibles par un sniper logé dans un arbre de l’autre côté de la route.



L'AVIS:

« Downrange » aura fait couler pas mal d’encre en 2017 et attiré de nombreux festivaliers dans les salles de projection où il fut présenté. Après des passages remarqués au TIFF, à Sitges et au PIFFF notamment, le film de Ryûhei Kitamura (à qui on doit notamment "versus, l'ultime guerrier", "Azumi", "midnight meat train" ou encore "no one lives") fit son apparition à Gérardmer en hors-compétition, lieu où j’ai découvert le dernier né de ce cinéaste déjà récompensé à la Perle des Vosges auparavant avec son "midnight meat train".

Survival sous fond de road-movie, "downrange" nous plonge dans une sorte de huis-clos en plein air (si nous pouvons dire ainsi), dans lequel nos protagonistes sont aux prises avec un sniper bien décidé à décimer ce petit groupe d’étudiants ayant eu la malchance d’emprunter cette route désertique.



Ce qui marque dans le film de Ryûhei Kitamura, ce sont la nervosité de sa réalisation et le rythme haletant que le cinéaste japonais parvient à maintenir du début à la fin. Un film qui démarre sur les chapeaux de roue - ce dernier ne prenant pas la peine de nous présenter les personnages - et commence directement avec une crevaison soudaine (un pneu éclaté qui force nos chers étudiants à stopper le véhicule) survenant sur une route déserte qui deviendra rapidement le théâtre de tirs d'un tueur fou.

D’ailleurs, pour les plus curieux d’entre vous (et les non-bilingues), « downrange » peut se traduire en français par « ligne de mire », « champ de tir » ou encore « à portée ». Et effectivement, le film de Ryûhei Kitamura nous plonge dans un champ de tir où chacun des gestes des victimes sont analysés par un sniper planqué dans un arbre et ne reculant devant rien pour faire un carton, tout en s'amusant avec ses proies.
Et quoi de plus terrible que de ne pas savoir d’où provient le danger ? Invisible, imprévisible dans ses choix (qui sera le prochain à recevoir une balle ?), précis dans ses tirs (même si on regrettera un passage où il manque grossièrement sa cible... Mais est-ce réellement un manque de concentration de sa part ou ne s’amuse-t-il tout simplement pas à faire peur à sa victime ?...) et bien souvent calme et posé : voilà le parfait tueur !

Entre accidents de voitures, explosion, fusillades à gogo et scènes sanglantes brèves mais efficaces (énucléation, tête arrachée, cervelle répandue au sol...), "downrange" ne fait pas dans la demi-mesure et nous offre un huis-clos extérieur terriblement réaliste, presque tourné en temps réel (on ressent réellement l’intensité et la férocité de ce piège qui s’est refermé sur nos six étudiants) et pourvu de nombreuses péripéties, histoire de pimenter cette petite histoire au scénario finalement très simple (pour ne pas dire basique).



Et elle est probablement là la grande force de "downrange" : nous proposer une action en (quasi) temps réel, avec tout ce que cela implique (rythme effréné, peur et nervosité des personnes prises pour cibles allant crescendo, développement de stratégies pour échapper au sniper, périodes de doute et d’attente derrière une voiture ou une souche d’arbre servant de boucliers...). Le spectateur ressent réellement cette tension qui émane de ce piège d’où on ne voit pas l’ombre d’un échappatoire (la musique pétaradante renforce d’ailleurs ce climat anxiogène qui se crée), rien ne laissant entrevoir une fin heureuse pour nos malheureux jeunes gens (une route peu fréquentée dans une zone désertique, des difficultés à obtenir du réseau sur les téléphones portables, peu de cachettes pour se mettre à l’abri des balles qui fusent...) qui, pour couronner le tout, sont victimes des conditions météorologiques défavorables qui empirent au fil des heures (fortes chaleurs, nécessité de s’abreuver).

Le casting n’est d’ailleurs pas en reste dans le film de Ryûhei Kitamura. Faisant l’impasse sur les bla-bla inutiles (seule une séquence versant dans le sentimental était peut-être de trop dans la narration) et autres dialogues pompeux (qui n’auraient fait que perturber ce rythme effréné bienvenu et terriblement efficace qui nous tient en haleine tout au long du film), nous avons là des jeunes acteur(trice)s convaincants qui interprètent des victimes certes apeurées mais ne courant pas dans tous les sens et faisant au contraire preuve de réflexion, de self-contrôle (de temps à autres) et de logique (ne pas se jeter bêtement dans la gueule du loup et développer au contraire des stratégies, plus ou moins avortées, pour échapper aux griffes de ce tireur expérimenté et redoutable). Une pointe de réalisme et de logique bienvenue donc !



Difficile de trouver des défauts à "downrange" tellement ce dernier parvient à remplir avec beaucoup de réussite les nombreux critères du cahier des charges du parfait survival. Rythme haletant, tension clairement ressentie et allant crescendo, tueur redoutable, casting convaincant, péripéties bienvenues (d’autres malheureuses victimes ainsi que des policiers se joignent à la fête / une fausse piste dans la dernière partie nous amenant toutefois à un sympathique twist final que je vous laisse découvrir), scènes sanglantes réussies sans trop être exposées... Non, décidément tout est présent ici pour obtenir un très bon divertissement !

Voilà bien un film nerveux comme sait si bien les faire le cinéaste japonais Ryûhei Kitamura. Une petite pépite explosive et sans prise de tête que nous sert une fois de plus le natif d’Osaka! A découvrir assurément!