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C’est aujourd’hui que sort « Alone » en VOD, comment-vous sentez-vous ?

Je me sens plutôt bien et serein. Par rapport à une sortie au cinéma, une sortie en VOD c’est sur la longueur. C’est moins violent qu’une sortie du mercredi en salles ou tu sais au bout de deux heures que ton film ne sera plus à l’affiche le weekend suivant. Là, on verra aujourd’hui, puis dans une semaine, puis dans quelques mois. C’est plus doux.

Vous avez quand même fait des projections publics…

Oui, à Hallucinations Collectives, au PIFFF… La première a été projeté au BFI en Angleterre, à Londres. Même si je dis que c’est plus doux, c’est quand même un film que j’ai fait pour le cinéma, en grand, en large, en scope avec des grands décors. Comme c’est un film d’atmosphère, tu le découvres mieux au cinéma. Entre le cinéma et la VOD, pour certains films, c’est beaucoup moins évident de voir la différence. Là, le son, les paysages énormes, c’est un grand film mais qui sort sur le petit écran. Y’a des plans larges, des décors, ces enfants au milieu de nulle part. C’était vraiment fait pour le cinéma.

Vous n’étiez pas trop déçu de ne pas le sortir sur grand écran ?

Si, forcément, t’es toujours un peu déçu. Je me suis battu pour mettre le film au point, je me suis battu pour avoir l’argent, on s’est battu avec mon producteur Jérôme, pour le faire et au final, tu te bats à nouveau à la fin pour le distribuer. On était content que le distributeur le prenne, en VOD, pour que le film puisse sortir du bois et qu’on arrive à en parler.

Le film a eu le prix du public au PIFFF et semble avoir été bien accueilli lors des projections en salle. Quel a été votre ressenti ?

On a eu de très bons retours en festival, les gens posent plein de questions… C’est marrant car il y a beaucoup de retours du public féminin, ce qui est plus rare pour les films de genre ou d’horreur. Elles ont peut être appréciées car le héros est plutôt mignon ! Puis, le sujet lui-même…

C’est peut être aussi car les personnages sont bien caractérisés, attachants…

C’est ça, il y a une sensibilité, des personnages développés… On a eu vraiment de bons retours du public. Beaucoup de questions, les gens posent beaucoup de questions… Peut être pas résolues mais y’a plein de questions.

C’est vrai que c’est un film assez intriguant et il reste assez ouvert sur les questions qu’il pose notamment sur les raisons qui font qu’on passe à l’âge adulte.

Oui, ça, c’est une vraie volonté du scénario. On n’avait pas la prétention, Marie, ma scénariste et moi, de résoudre cette question philosophique : « qu’est ce que l’âge adulte ? ». Le système a décidé que l’on devenait adulte à tel âge, pour telle ou telle raison mais le passage est très flou alors on a décidé qu’il y avait une barrière. On a pris une décision par rapport au scénario mais après c’était marrant d’en jouer et de se poser des questions. On avait notre point de vue sur ce passage à l’adulte mais chacun doit se faire sa propre réponse.

Ce passage à l’âge à l’adulte c’est plutôt une maturité qu’on trouve…

Oui, une maturité qu’on trouve, qu’on cherche et qui va d’autant plus vite car les personnages sont eux-mêmes dans une situation qui les poussent à prendre des décisions, à faire des choix et qui les poussent à devenir responsables. Il faut qu’ils partent avant de devenir adultes, ils ont trois jours mais tout est fait pour qu’ils deviennent adultes, ils sont entourés d’horreur.

Au niveau du scénario, vous avez collaboré à l’écriture ?

C’est Marie qui est ma scénariste. Elle travaille avec moi depuis quinze ans maintenant. Elle était déjà intervenue sur « Atomik Circus ». J’ai écrit d’autres scénarios avec elle. Elle est revenue sur « Goal of the dead » pour réécrire la version finale et tous les dialogues. On avait aussi écrit « Don’t grow up ». On a vraiment un partenariat. Moi, je suis réalisateur donc j’aime bien raconter des histoires, je lui dis ce que j’aimerai raconter et elle écrit ensuite.

L’idée de base, c’est vous qui l’aviez trouvé ?

On l’a trouvé ensemble. J’avais vraiment envie de travailler sur un film d’ados mais il n’y avait pas vraiment de thème fantastique, c’est venu petit à petit. Le thème de l’infection est venu car on ne voulait travailler qu’avec des ados, on voulait se débarrasser des adultes. On se disait : ils sont tous disparus ou ils sont tous morts et on en est arrivé à cette infection qui ne toucherait que les adultes. Une fois qu’on a trouvé cette idée, le fil de l’histoire est arrivé. On avait notre histoire à raconter.

Dans le film, on ne sait pas quels ados vont être infectés, cela a été difficile pour vous de trouver les situations justes pour faire basculer tel ou tel héros du côté adulte ?

En fait, on avait écrit tous les personnages au début et on a traité leurs cas dans l’ordre. On s’est dit, si untel s’occupe d’untel, s’il y a des sentiments, s’il est amoureux alors il va se transformer plus vite. C’était parfois dur car, des personnages qu’on aimait bien y passaient finalement vite, de par leur caractère, mais l’histoire voulait ça. On a mis le contexte, on a pris nos personnages et après l’histoire nous disait que c’était tel personnage qui allait y passer. On ne voulait peut être pas spécialement mais il fallait tenir la rigueur de notre histoire et de notre concept.

Ce qui est difficile pour le spectateur est que faire le bien peut aussi entrainer à des choix qui font grandir plus vite les personnages et donc qui les transforment.

Oui mais on n’a pas fait ça dans le but d’une punition, ou d’une sanction judéo-chrétienne ! Pour moi, c’était juste que le passage à l’âge adulte est comme une petite mort, comme la fin de l’enfance donc ils mourraient. C’est une fable donc on la pousse à fond et c’est violent mais ce n’est pas une mort pour une mort, ça ne veut pas dire que quand on devient adulte, on ne devient plus rien. Mais comme on est du point de vue de ces enfants et bien quand tu deviens adulte, tu disparais.

Certains vont devenir plus violents, d’autres vont en tirer quelque chose de bénéfique mais tous peuvent se transformer, c’est ça qui est intéressant…

Oui, on a ouvert une boite de pandore, on a encore beaucoup de choses à dire sur le sujet. On a beaucoup de sous-thèmes que l’on n’a pas traités.

Il y aura donc une suite en série ou en film ?

En film, non mais en série oui. L’idée se serait vraiment de repartir de zéro, d’aborder plusieurs personnages, ce sera une déclinaison du film.

Et l’idée de situer l’action dans un pensionnat, sur une île, c’était vraiment pour isoler les personnages ?

Déjà, c’était plus simple de les isoler par rapport au thème du film et j’avais l’idée de l’île pour le côté pur de l’eau. La fin du film, je l’avais déjà quasiment dès le début de l’écriture donc on en est venu assez rapidement à contenir l’action dans une île et que l’eau était un élément salvateur.

J’ai lu que vous avez tourné aux Canaries mais on ne dirait pas !

Au départ, je voulais tourner au Canada, ça devait se passer sous la neige et on avait fait toute une imagerie dans le genre. Pour des raisons de budget, on s’est rabattu sur les Canaries. L’Espagne nous a donné de l’argent pour faire le film et nous ont dit : « ok on le fait mais on le fait aux Canaries ». Le défi pour moi, c’était de trouver comment j’allais transformer les Canaries comme je voulais. J’ai tout fait pour que ça ne ressemble ni au Canada, ni aux Canaries. Ça ressemble à une image de fable.

Vous avez tourné dans beaucoup d’endroits différents pour trouver tous ces lieux et pour créer la cohérence ?

80% de l’île, c’est la même. Il y avait le volcan au milieu qui était très désertique, ensuite, tu descends et il y a les forêts, puis tu as les villages et la mer. Je me suis servi de ça. Le désert m’intéressait beaucoup comme une image de vide, de désolation. La forêt, je l’aimais pour son côté conte, un peu maternel. Donc, les ados sortent de la forêt et arrivent dans le désert, c’est le passage à l’âge adulte, c’est vide, il faut qu’ils le remplissent. Après, ils arrivent en ville, un milieu plus citadin, plus crade qui représente l’âge adulte.

Au niveau technique, de passer de l’ombre à la lumière, ça a été un défi au niveau de la photographie, de la post-production ?

J’ai mixé plein d’images. Les images au début sont tournées en Norvège… On a mélangé plein de petits plans pour fabriquer un truc rêvé. La première ville que l’on voit, on a rajouté des immeubles, des petits immeubles anglais qu’on a remis dans le fond pour brouiller les pistes… Les effets sont très ponctuels. Même si tu regardes, tu ne verras pas ce que j’ai ajouté. On a changé les couleurs, ajouté des trucs en 3D, changer le look de choses qui étaient trop espagnols.

Comment avez-vous vécu le fait de réaliser votre premier film en solo après avoir travaillé en duo ou en collaboration sur vos deux précédents films ?

Le thème que je portais, ce n’était pas un thème que je partageais avec Didier (son frère avec qui il a réalisé « Atomik Circus »). Faire un film seul, ce n’est pas une envie d’être là et de tout dominer. Au niveau de la réalisation, j’avais déjà réalisé beaucoup de pubs tout seul donc être seul, je connaissais déjà. Seul, tu gagnes des choses car tu es libre de tes éléments. Tu perds des choses car tu ne partages pas avec l’autre. Après, j’ai beaucoup partagé avec la scénariste qui était pas loin, avec mon chef op’. Tu crées des liens, d’autres liens avec d’autres personnes. Je garde toujours un esprit famille durant les tournages, je ne suis pas un despote. On crée une famille et on parle beaucoup du sujet. Là, j’ai fait entrer les acteurs dans le sujet. J’ai besoin de m’entourer et qu’on fabrique les choses ensemble.

D’ailleurs les acteurs sont très bons. Comment s’est passé le casting ? Y’a-t-il eu beaucoup de répétitions ?

Ce qui était intéressant, c’est que je les ai réunis quinze jours avant. Mon idée, c’était de les souder. Ils sont arrivés, ils ne se connaissaient pas mais c’est un peu comme une colonie de vacances. On les a laissé seuls, puis je suis venu les voir, on les a interviewés, on est allé jouer au foot avec eux au bord de la mer. Ils ne savaient pas trop, au début, ce qu’on faisait mais on commençait à les filmer avec Matthias, le chef opérateur. Marie réécrivait quelques scènes quand ils mangeaient, quand ils étaient sur la plage, quand ils vivaient. Je les observais, ils le savaient mais sans trop le savoir. C’est vraiment de cette observation qu’on a réécrit beaucoup de choses et qu’on a adapté les personnages entièrement à leurs personnalités. Eux, ils s’entrainaient à jouer le rôle. Madeleine était quelqu’un de beaucoup plus dure, donc elle essayait de jouer la dure mais entre les scènes, elle rigolait, elle était plus évanescente, plus impertinente donc on réécrivait la scène et elle découvrait la nouvelle scène. On reprenait ses mots. Pareil pour Fergus qui était un peu plus secret donc on a poussé dans ce sens là.

N’étais-ce pas plus dur de travailler avec des adolescents qu’avec des adultes ?

C’est différent. Les adolescents ont une énergie folle. Je m’en suis beaucoup servi car ils sont intarissables. Ils n’ont pas peur de jouer, ils s’amusent beaucoup à le faire, ils sont en demande. Même les scènes difficiles, pour eux c’était génial. Ils ne se couchent pas, ils veulent jouer, s’amuser. Pour eux, ça reste très ludique de jouer même s’ils le prennent très sérieusement. Ils adoraient ça, ils étaient dans la découverte de leur métier. Ils avaient envie de cinéma donc on pouvait tourner jour et nuit. Ils ont une énergie qui se transmet même aux équipes. On était tous fédérés autour d’eux pour les protéger, pour les diriger, pour les entourer donc ça donne une très bonne énergie. Très ludique et très enfantin.

Est-ce que vous avez réussi à mettre toutes les idées que vous aviez, dans le film ?

Non. On avait développé le deuxième pendant avec les enfants qui se retournent contre les adultes et qui a été traité plus simplement. Y’avais plus de personnages à l’origine. Je ne regrette pas les choix qu’on a faits car on a resserré l’histoire. C’était un peu plus choral à la base.

Ce sont des choix pour garder une ligne directrice ou des choix budgétaires ?

Les deux mais c’est souvent la même chose. Même pour les plus gros films, on t’impose souvent de réduire ce que tu veux faire et ça t’oblige à resserrer l’histoire et tu trouves l’essence même de ce que tu veux raconter. Pour « Alone », c’était très sec. C’était du « tourné/monté », je n’ai même pas une scène, pas une parole qui n’est pas montée. Je n’ai pas tourné plus et je n’ai pas tourné moins. C’est très dangereux car je n’avais pas le droit à une minute de ratée.

J’ai beaucoup aimé le film mais, à la fin, je me suis dit que ça aurait peut être mérité un quart d’heure de plus, quelques péripéties supplémentaires…

Le film était scénarisé avec un bon quart d’heure de plus. On avait quinze-vingt pages de plus qu’on a du enlever. Cinq, six scènes, surtout à la fin, avec le retournement avec les enfants qui torturent les adultes. Ça finissait un peu en western. A l’intérieur de la maison, il y avait une attaque… J’ai du simplifier des choses, retirer de l’action. C’est mon seul regret. L’enfant que tu suis sur la zone rouge, on le voyait comment il s’armait, comment il revenait… Ce ne sont pas des scènes que j’ai loupé mais ce sont des scènes que je n’ai pas pu tourner.

Dans le film, il y a quelques passages très difficiles, en aviez-vous prévu d’autres et vous êtes vous autocensuré, du fait que vous tourniez avec des adolescents ?

Non, on ne s’est jamais censuré. Juste à la fin, les adolescents se retournaient contre les adultes. Il y avait une violence gratuite des enfants qu’on n’a pas pu tourner mais ce n’était pas pour une question de censure. Il fallait retranscrire l’horreur dans certaines scènes et on ne s’est pas censuré.

Le film parle du passage à l’âge adulte. Pour vous, est-ce important de garder son âme d’enfant ?

Bien sûr ! C’est le message du film mais en inversé. Je ne refuse pas de devenir adulte, bien au contraire, il faut assumer de devenir adulte mais en gardant un regard frais sur le monde, un regard émerveillé. Ça manque et ça enlèverait un peu de violence. Je ne veux pas faire le « béni oui-oui » mais ce qui m’aide personnellement, c’est de voir des choses merveilleuses un peu partout. J’essai aussi de transmettre ça à mes enfants même si la vie est difficile. L’argent, la civilisation, la religion, rien n’est fait pour qu’on puisse dire à nos enfants : vas-y grandit et amuse toi. On devrait pouvoir s’amuser jusqu’au bout, même en travaillant.

Questions classiques : Pourquoi avoir changé le titre ? Et pourquoi avoir tourné en anglais ?

Pour le changement de titre, ce n’était pas moi. Je revendique, je n’ai rien contre mais le film s’appelait « Don’t grow up ». Dans les autres pays, il s’appelle aussi « Don’t grow up » mais le distributeur français avait un problème d’anglicisme. « Don’t grow up » soit on le traduisait en français mais ça n’évoquait pas grand-chose donc il avait peur qu’on passe à côté du sujet, soit on changeait le titre. Donc il a proposé « Alone », qui est en un seul mot et qui pour la plupart des gens, même qui ne parlent pas anglais, évoque déjà le solitude… J’ai accepté car ils avaient des arguments très convaincants. C’est le genre de films qui n’est pas facile à faire exister, on a des moyens mais ils ne sont pas colossaux donc faut donner tout de suite envie de le voir au public.

Pour l’anglais, il y avait deux raisons. Une, purement pour les ventes à l’international. Deux, ça se passait sur une île et je voulais que ce soit une île internationale. Pour une fable, la langue anglaise me plaisait plus et ça a fini de me conforter quand j’ai vu mes acteurs anglais. J’aurai très bien pu le faire en français, sans aucun problème, mais la langue anglaise me plaisait beaucoup.

Vous pensez que la langue anglaise est plus cinématographique que le français ?

Ce n’est pas que je le pense, c’est vrai. Quand tu parles à des mecs qui mixent des films, ils te le disent : le français est très monolithique, linéaire. C’est comme une espèce de son sourd. La langue anglaise est très syncopée. Les accents montent et descendent sans arrêt. C’est une langue sur-dynamique, qui est très « cut », tu as moins de mots pour dire la même chose qu’en français. La langue claque en anglais, très vite. C’est un fait, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas le faire en français mais c’est plus dur. Quand tu injures en français, ça parait vite vulgaire, en anglais, ça parait cool. L’anglais n’est pas une langue très informative. Quand tu donnes une information en français, ça se barre un peu dans tous les sens. C’est très drôle pour la comédie car tu pars dans tous les sens, tu peux évoquer plein de choses en même temps, c’est très digressif.

Parfois, quand on regarde des films français et des films américains doublés en français, on a l’impression que ce n’est pas le même jeu, que c’est plus dynamique quand c’est doublé…

Je suis d’accord, c’est parce qu’ils mettent peu de mots, ils sont obligés de réduire un peu les choses. Je me suis fait la même réflexion. Quand tu regardes « Star Wars », ça ne choque pas même quand tu le regardes en français car les mots sont plus simples. Après, faut peut-être, qu’en France, on écrive beaucoup plus simplement. C’est un fait, après c’est une fainéantise de ne pas le faire. Moi-même, je vais essayer de m’y pencher. J’ai fait un film en anglais, c’est bien beau mais j’aimerai bien le faire en langue française surtout que j’admire ça chez les nordiques, les espagnols qui savent bien le faire. Pourquoi pas en français mais après faut réussir à le vendre.

Au niveau du changement de titre pour des raisons marketing, n’avez-vous pas eu peur de revivre la même chose que pour « Atomik Circus » qui avait eu une promo un peu difficile ?

J’y ai pensé. Je leur ai dit que j’avais déjà vécu cela une première fois mais « Atomik Circus » était vraiment une comédie barrée à la « 1941 » et l’affiche qu’ils ont faite n’était pas cohérente avec le film. C’était vraiment une faute de goût d’avoir mis les acteurs sur le fond blanc alors que l’affiche avec les jambes étaient magnifiques. Ils ont été à l’encontre des fans de films de genre. Ils voulaient faire du gros marketing, je leur ai dit « allez-y » mais ils pouvaient faire du concept dans ce gros marketing. Besson le fait, on pouvait le faire. C’était quand même moins difficile pour « Alone » car les distributeurs ont pris le film sans le toucher, ils l’ont apprécié. Du moment qu’on ne touchait pas à l’œuvre globale, que ce n’était que de l’habillage, ça me dérangeait moins. Je viens du milieu des beaux-arts, l’habillage c’est très important mais on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut.

Entre 2004 et 2014, vous n’avez pas tourné de films. Ça vous a manqué le cinéma ?

Oui, oui. Après « Atomik Circus », j’ai travaillé aux Etats-Unis sur une adaptation d’un scénario de Caroline Thomson, qui avait écrit « Edward aux mains d’argent » pendant deux ans. James Franco devait jouer le rôle principal. C’était sur le milieu des freaks, ça se passait dans les années 1930. On avait été loin, on avait fait des tests… Le film parlait d’handicapés, c’était tourné en noir&blanc, on était allé au bout du délire et le film ne s’est pas fait… Après, on est retourné en France, j’ai refait de la pub, ensuite il fallait écrire quelque chose qui me plaisait. « Alone », ça fait déjà deux ans, deux ans et demi que je travaillais dessus.

C’est d’ailleurs en essayant de monter « Alone » que vous avez rencontré Benjamin Rocher qui vous a proposé de réaliser la partie deux de « Goal of the Dead »…

Exactement. Le frère de Benjamin, Raphaël, était co-producteur avec Jérôme et m’a demandé si je voulais faire « Goal of the dead » le temps que le budget pour « Alone » soit monté. J’ai accepté tout de suite, c’était marrant et ça me permettait de faire celui là après.

Les deux sont des films d’infectés mais complètement différents. Lequel vous donne le plus de satisfaction ?

Les deux restent de très bons souvenirs. « Alone » est plus personnel, y’a la rencontre avec les adolescents, j’en garde un souvenir impérissable. C’est vraiment une aventure loin de ma ville. « Goal of the dead », c’était très drôle mais on l’a tourné à côté de Paris, c’était une plus petite aventure mais j’en garde de très bons souvenirs.

Vous avez fait trois films de genre. Êtes-vous tenté par un autre genre, peut-être plus grand public ?

Je ne réfléchis pas en terme de public. Je suis entrain de travailler sur « Toxic », une série qui est une comédie un peu trash sur le milieu des toxicos. Je ne pense pas à me tourner vers des films grand public mais plutôt vers des films que j’aimerai beaucoup voir. Après, j’aime aller voir des films fantastiques, je suis allé voir « Midnight special » hier soir car c’est ce qui me plait le plus. J’aime beaucoup les comédies, les drames et les films d’aventure. J’aimerai faire un grand film d’aventure.

Pour conclure, on en a déjà plus ou moins parlé, mais quels sont vos prochains projets ?

En plus de « Toxic » et la série dérivée de « Don’t grow up », j’écris aussi un film d’anticipation, « Rare ». On m’a proposé aussi d’autres sujets de film, en France et en langue anglaise aussi.



Sylvain Gib Fri, 04/08/2016 (All day)

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