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Jonathan Harker se rend au château du Comte Dracula pour y travailler comme bibliothécaire. Ce dernier est un vampire qui terrorise les villageois et fait de nombreuses victimes parmi la population. La fiancée de Jonathan, Mina, arrive au village et séjourne chez son amie Lucy. Bientôt, la jeune femme va être confrontée à des événements surnaturels et va devoir résister au pouvoir de séduction du Comte qui voit en elle la réincarnation de sa défunte épouse...



Après avoir réalisé des classiques du giallo, puis des classiques du cinéma fantastique, Dario Argento a connu un passage à vide incroyablement long depuis "Le sang des Innocents". Ses longs métrages suivants sont la plupart du temps considérés comme de très mauvais films et même si tout n’est pas à jeter, il est vrai qu’ils n’ont en aucune manière la grâce des œuvres du passé dans sa filmographie. Mise en scène anodine, images ternes, direction d’acteurs moyenne, on est loin de la flamboyance de "Suspiria" ou de "Inferno" par exemple. Lorsque Dario Argento a annoncé qu’il allait réaliser sa propre version du Dracula de Bram Stoker, ce fut l’embrasement parmi les fans. Avec un tel sujet, l’ex-maestro allait-il retrouver son talent d’antan et revenir enfin sur le devant de la scène ? Les premières affiches puis les premières projections ont laissé le doute s’installer puis le film a gagné une réputation de nanar en 3D qui a tout emporté sur son passage. Qu’en est-il réellement ?



"Dracula 3D" serait soit disant le plus mauvais film du réalisateur italien, un navet cinq étoiles, soporifique, laid, irregardable et j'en passe. Balayons d'un revers de la main toutes ces affirmations qui n'ont pas lieu d'être quand plus de la moitié des DTV qui débarquent chaque mois sont de qualité largement inférieure à ce film. Et je ne parle pas des navets qui florissaient en VHS dans les années 80. Certes, cette version 2012 du roman de Bram Stoker souffre de la comparaison avec le "Dracula" de Francis Ford Coppola et n'apporte en définitive rien de neuf à l'histoire. Néanmoins, ce film est nettement supérieur à "Giallo", "Mother of Tears" ou même "Trauma", longs métrages de Dario Argento que j'ai revus récemment et qui n’ont absolument pas l’éclat de "Dracula 3D". Avec une mise en scène plus que soignée, bénéficiant de magnifiques décors et costumes, "Dracula 3D" nous offre de superbes images pour la rétine. Alors que ses derniers films donnaient l’impression de regarder de mauvais téléfilms, Dario Argento nous donne ici la réelle sensation d’être devant un vrai film « de cinéma », tant le travail sur la photographie et la réalisation sont flamboyants. La 3D apporte un « plus » significatif et magnifie les images par des effets de profondeur qui donnent une ampleur aux images qui m’ont subjugué.



Niveau casting, ça s'en sort plutôt bien. Asia Argento est certainement celle qui apparaît comme étant la plus fade et la moins à l'aise. Ses admirateurs apprécieront la scène du bain où l’actrice nous dévoile son joli bustier. Néanmoins, on a déjà vu plus inspiré pour le rôle de Lucy. Tout le contraire de Miriam Giovanelli, absolument parfaite dans son rôle de femme-vampire sexy et dangereuse, ou de Marta Gastini, ravissante actrice qui interprète une Mina plus que crédible. Thomas Kretschmann n'est certes pas Christopher Lee mais dans le rôle de Dracula, on a déjà vu bien pire et l’acteur, sans être extraordinaire, offre une prestation correcte. Rutger Hauer quant à lui semble un peu effacé et son look semble un peu trop copié sur celui qu'avait Anthony Hopkins dans le film de Coppola. Si les effets spéciaux ne sont pas le point fort de ce Dracula 3D, avec une mention plus que passable pour la transformation du loup en Comte Dracula, avec des CGI semblant venir d’une autre époque, certains sont quand même réussis, à l'image de ceux qui sévissent lors du massacre dans la taverne par exemple, séquence assez jubilatoire d’ailleurs.



Réalisé avec beaucoup de sérieux, "Dracula 3D" nous offre également de grands moments du pur cinéma Bis et on se demande même ce qui est passé par la tête de Dario Argento. La séquence de la mante religieuse risque très certainement de rester dans toutes les mémoires ! Hormis ces quelques fautes de goût invraisemblables, le film est un vrai divertissement, plaisant, rythmé, qui ne m'a jamais ennuyé. Dario Argento nous livre des plans magnifiques, travaillés avec soin, tant sur la place de la caméra que sur l'éclairage. Franchement, je ne comprends pas les réactions disproportionnées vis à vis de ce film qui n'a absolument rien d'honteux. Quand j’entends certains déclarer que c’est une ignominie, j’en ris encore. Personnellement, je prendrai plaisir à le revoir, bien plus que les autres films du maestro cités un peu plus haut dans ce texte. Une bonne surprise pour ma part. Dario Argento est comme Dracula, il est immortel et prouve avec ce film que son talent de metteur en scène n’a pas entièrement disparu ! Vivement son prochain film…


Le BR italien propose des sous-titres français et bénéficie d'une superbe image. La 3D est vraiment très réussie et vient magnifier chaque image du film, avec des effets de profondeur saisissants. Le film gagne véritablement à être découvert en 3D.






Très moyen...


3

...en dépit d'un casting féminin aguichant. Ce Dracula a le charisme d'une huître et certains effets spéciaux frôlent le ridicule (c'est quoi cette mante religieuse, sérieux !?). Reste que l'on ne s'ennuie pas trop et que par moments, on reconnaît quand même quelques fulgurances propres à Argento, mais c'est bien rare.

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