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Deacon est un enquêteur mandaté par le Vatican arrivant dans une petite ville de l'ouest de la campagne anglaise pour examiner des allégations de miracles dans une vieille église locale, où officie le Père Crellick, celui-là même qui aurait vu lesdits phénomènes. Il sera accompagné par Gray, un caméraman expérimenté qui a tout le matériel dernier cri, ainsi que par Mark, un autre investigateur qui les rejoindra quelques jours après dans la maison qu’ils ont louée pour l’occasion et située non loin des soi-disant événements. Mais ce qui s’apparentait à un innocent petit canular pour faire venir les gens dans ce lieu de culte, va progressivement changer au fur et à mesure de l’examen minutieux des trois hommes. Ainsi, les choses prendront une tournure beaucoup plus sombre alors que cette investigation les conduira à des explications scientifiques de plus en plus irréalistes et plutôt proches du paranormal…



L'AVIS :

Dans The Borderlands (à ne pas confondre avec le jeu vidéo de FPS quasi éponyme ni avec le métrage de 2007 "Borderland" faisant partie de la seconde cuvée des « 8 films to die for »), si au début, les personnages paraissent très réels et que leur relation grandit avec quelques brefs moments d’humour, c’est pour mieux faire monter la tension. Et c’est assez bien vu, car on commence alors à éprouver de l’empathie dont on aura bien besoin pour ce qui arrivera ensuite. On fait ainsi la connaissance de Gray, un technicien audiovisuel embauché à titre exceptionnel et de Deacon, envoyé plusieurs fois par le Saint-Siège pour enquêter sur des supposés miracles. Arrivera ensuite Mark, un second ecclésiastique mandaté là pour recadrer Deacon qui a une fâcheuse tendance à picoler et à foirer ses missions, dont celle tragique de Belém que l’on peut voir en introduction du métrage. Les deux hommes de foi seront eux-mêmes supervisés par le père Calvino devant l’incrédulité et les divergences d’opinions inconciliables des deux hommes. D’ailleurs, et c’est assez bien vu, de manière inattendue, c'est le technicien audiovisuel et agnostique de surcroît qui sera le plus enclin à croire à l'explication extraordinaire, tandis que le plus croyant sera finalement blasé par des affirmations si souvent avérées fausses !



Ainsi, les phénomènes bizarres se succèdent et nous laissent, comme les personnages, assez dubitatifs : bruits de pleurs d’enfant, agonie d’un mouton en train de brûler, sons étranges et objets se mouvant tout seuls dans l’église, suicide d’un religieux, ce qui amènera inévitablement à des altercations avec la population locale, symbolisant ce monde rural pieux, loin du paganisme des citadins, thème déjà entrevu dans le formidable "The wicker man" de 1973 !

De fait, le réalisateur Elliot Goldner avec une attention toute particulière portée aux principaux personnages, permet une meilleure immersion du public et d’ailleurs, pour ce qui est du casting, hormis l’acteur britannique Robin Hill ("Kill list", "ABC of death"), on retrouve très peu de têtes connues, ce qui favorisera l’identification pour les spectateurs, tout comme cela renforcera encore plus le côté réaliste de ce que l’on peut visionner via les caméras.



Pour justifier alors tout ce que l’on verra à l’écran façon found footage, le scénario prévoit que Gray installe des mini caméras et micros dans la maison ainsi que dans l’église mais aussi, qu’il munisse tout le monde de « head cams » équipées de microphones. Mais rassurez-vous, on n’aura que très peu de sauts de caméra comme cela est courant dans ce genre de productions, le réalisateur misant avant toute chose sur l’ambiance. Cette dernière sera renforcée par le lieu principal de tournage : une véritable église du 12ème siècle, froide, sombre, à l’atmosphère angoissante située dans la région du Dartmoor, mais aussi par une pirouette scénaristique construite autour d’une légende locale, celle d’un prêtre illuminé du siècle dernier ayant ouvert un orphelinat non loin de l’église…

Et puis on aura malheureusement les vingt dernières minutes qui s'apparentent aux ultimes moments de "Le projet Blair Witch", mais ce n’est pas un compliment ! Car si jusque-là le film, même si parfois un peu trop bavard, a suscité du suspense et que l’on se sera surpris à sursauter quelques fois en croyant voir quelque chose ou en entendant un son subtil, la fin viendra tout compromettre. Toute cette tension palpable sera ainsi écartée d’un revers de la main en deux temps, trois mouvements et au lieu de voir ce qui aurait pu être une fête finale sanglante, rien ne nous sera fourni ! On assistera alors à 20 minutes de descente d’escaliers et de visite de couloirs de crypte à n’en plus finir pour terminer le métrage sans que quoi que ce soit de pertinent ne soit ni montré à l’écran ni justifié ! L’arnaque totale quoi !



Pour conclure, The Borderlands (alias « Final Prayer » chez nos amis américains qui sont décidément trop balèzes pour trouver des titres !) n'offre finalement rien d'original car il suit la même routine que la plupart des films tournés en caméra subjective et ce, même après avoir dit que la caractérisation des personnages et l’installation du décorum étaient bien amenées car le réalisateur (aussi scénariste) prenait son temps pour le faire ! En effet, le principal défaut inhérent aux « found footage movies », celui de trop ou de ne pas assez en montrer est ici trop handicapant pour faire de ce film britannique une œuvre culte, dommage ! Je mets tout de même la moyenne à ce long-métrage car tout ce qui a été montré pendant plus d’une heure était néanmoins qualitatif mais soyez prévenus avant d’aller jusqu’au bout : l'histoire inachevée vaut mieux que la fin véritable !

LA BANDE-ANNONCE :











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