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Un groupe de jeunes se rend dans un camp dans les bois, dans le but de se désintoxiquer de la haute technologie. Malheureusement, le retrait de leurs moyens de communication va vite devenir problématique lorsqu’ils vont se retrouver isolés avec des tueurs sanguinaires aux trousses...



L'AVIS :

"Nobody sleeps in the woods tonight" est forcément une curiosité de par son statut de premier slasher polonais. Ce fait établi, il était donc permis de s’imaginer que cette origine et cet élan de nouveauté puissent apporter de l’originalité et une vision nouvelle de ce genre historique qu’est le slasher.

Et bien, que nenni, le réalisateur, Bartozs Kowalski, reste fidèle aux codes du genre établis par les américains, il y a plusieurs décennies. De là à parler de melting-pot des influences, il n’y a qu’un pas que l’on peut franchir sans risquer la diffamation. En effet, la bobine mange à tous les râteliers et prend ses principales idées dans les classiques du genre et cela, à tous les niveaux.
D’abord, dans sa mise en place. Le camp de « vacances » pour adolescents rappelle inéluctablement la saga "Vendredi 13". Seule variante de taille, ce camp est en réalité un stage pour aider les jeunes à se désintoxiquer du numérique. Soyons clairs tout de suite, ceci n’est qu’un prétexte pour envoyer les personnages en forêt, sans moyens de communication. Il faut bien avouer que cette saloperie de technologie rend souvent la tâche ardue à de nombreux scénaristes (en général, y’a pas de réseau, hein !) et que la pirouette utilisée par Kowalski et son acolyte Jan Kwiecinski, bien que flagrante, est plutôt maline. Dommage que le concept n’ait pas été poussé plus loin, puisqu’une fois débarrassés de leur matériel, le film suit un chemin balisé. Suivez le guide, les références sont entre parenthèses et vous allez voir que ça « s’inspire » sans vergogne.



Une fois entrer dans la forêt, notre groupe de jeunes va faire un joli feu de camp, baiser et fumer des joints jusqu’à rencontrer malencontreusement de féroces locaux (Détour Mortel et tous les films du genre, quoi). Ces habitants du canton vont avoir la particularité d’être des frères jumeaux maléfiques (La maison de cire) dont l’un deux à un look similaire à Victor Crowley ("Butcher"), mais avec plein de pustules. Les frangins sont devenus monstrueux en touchant un morceau de comète bizarre ("Creepshow") et habitent une bicoque dégueulasse (Massacre à la tronçonneuse). Bien sûr, ils tuent les jeunes qui trainent ici en les claquant contre les arbres alors qu’ils sont coincés dans leurs sacs de couchage (vendredi 13, le jeu vidéo) ou en les jetant dans une machine à copeaux ("Tucker & Dale fightent le mal").

Du classique de chez classique, donc. En comparaison, même en France, alors que nous sommes souvent habitués à copier nos camarades d’outre atlantique, nous avions tenté, avec plus ou moins de réussite, une approche plus originale avec l’utilisation de nos comptines (Promenons-nous dans les bois) ou en découpant dans la joie et la déconne avec « La cité de la peur ». Bah oui, « La cité de la peur », c’est un slasher. Si vous n’êtes pas d’accord, protestez sur le groupe Facebook ou sous cet article !




"Nobody sleeps in the woods tonight" est-il donc un produit sans âme et inintéressant ? Bonne question, merci de l’avoir posée. En fait, ce n’est pas vraiment le cas. Car s’il ne surprend jamais, le film a le mérite de proposer un rythme plutôt soutenu qui empêche l’ennui, un humour pas piqué des hannetons, une ambiance bien retranscrite dans la jolie forêt polonaise, des passages peu ragoutants, une réalisation digne des standards américains (il aurait manqué que ça qu’ils piquent les idées sans les mettre correctement en images, tiens !), une musique de bonne qualité et adaptée aux situations, ainsi qu’un casting convaincant.

Les jeunes acteurs interprètent les caricatures habituelles (l’héroïne forte, le sportif, l’homosexuel, le geek, la bimbo…), mais avec suffisamment de charisme. De plus, ils sont épaulés par une écriture de dialogues qui les rends plus intéressants que la moyenne et le réalisateur n’en fait pas des têtes à claques. Bon, au départ en tous cas, car dès que le carnage commence, ils vont devenir aussi stupides que tous les personnages de ce genre de film. Un constat que ne manquera pas d’exprimer le geek de la bande à travers des discours méta qui rappellent forcément la saga "Scream".



Pour ne pas finir sur une note positive, notons que le film regorge d’incohérences, de facilités (On nous dit que les frères maléfiques ont été enfermés pendant des années dans la cave, alors que nos héros arrivent à en sortir en moins de deux minutes… Un habitant de la région qui a fait les frais des deux bourrins et qui vit toujours là, sans s’inquiéter de prévenir les autorités… Un camp qui s’installe ici depuis des années, mais qui n’avait jamais été attaqué avant, etc…) et de pistes non exploitées (que deviennent les autres personnages du stage ? Quelles sont les origines de la pierre maléfique ?).

"Nobody sleeps in the woods tonight" est donc une œuvre qui n’utilise pas ses origines originales (c’est marrant comme association de mots), à part lors d’une courte séquence ou deux alcooliques se remémorent les « bons moments » de la Pologne sous l’occupation, et livre un slasher classique, pas surprenant pour un złoty, mais qui se regarde avec plaisir ! Comme souvent dans ce genre de films, il faut passer outre ses facilités pour se satisfaire d’un spectacle plutôt généreux en violence porté par deux tueurs bourrins et crados, comme on les aime ! Allez, Bartozs Kowalski, maintenant que tu as fini de digérer quarante ans de slashers américains, on compte sur toi pour nous sortir un projet aussi bien réalisé, mais plus personnel.









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