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Auteur
Julien Sévéon

Editeur
Cinexploitation

Date de sortie
2020

Nombre de pages
280

Langue
français

Couleur
Oui



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En 1974, un jeune Texan du nom de Tobe Hooper sort un petit film qui crée une onde de choc mondiale immédiate : Massacre à la tronçonneuse. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film enthousiasme autant qu’il révulse. A tel point qu’il connaît de gros problèmes avec la censure en Angleterre, en Allemagne et même en France. Derrière son aspect de film culte, Massacre à la tronçonneuse reçoit rapidement le soutien et les hommages soutenus de nombreux réalisateurs, allant de William Friedkin à Steven Spielberg. En 1986, Hooper retourne au film qui l’a fait connaître et sort une suite frappadingue et hystérique. Six autres productions, aussi dissemblables les unes que les autres, suivront avec, dernier en date, Leatherface que le brillant duo français Alexandre Bustillo et Julien Maury a réalisé.

Pour fêter les 45 ans de la sortie du film original signé Tobe Hooper, Massacre(s) à la tronçonneuse 1974 – 2017, une odyssée horrifique propose de vous plonger dans la création des huit films qui ont fait de Leatherface une légende du cinéma.

L'AVIS :

Ma première rencontre avec Massacre à la Tronçonneuse date, du peu que je m'en souvienne, à l'année 1983 ou 1984. J'avais 9 ou 10 ans et je passais régulièrement devant la devanture du Pathé Ciné, un petit cinéma de quartier qui programmait pas mal de films d'horreur. C'est d'ailleurs dans ce cinéma que j'ai vu, à 10 ans, mon premier film d'horreur (merci papa de m'y avoir emmené), à savoir le Evil Dead de Sam Raimi. De Massacre, c'est seulement par l'affiche culte avec les trois Leatherface et le jeu de photos visibles sur la devanture du cinéma que je l'ai connu au départ. Rien que le titre, mythique, a fait naître en moi les rêves les plus fous. Lorsque le film a été diffusé sur Canal+, en 1986 je crois, vu que je n'avais pas le décodeur, je l'ai regardé en crypté et en noir et blanc. Je n'ai pas vu grand chose mais j'ai regardé jusqu'au bout ! C'était un samedi soir. Le mercredi suivant, mon oncle, merci à lui, m'apportait son enregistrement VHS du film. Je m'étais flingué les yeux pour rien mais pas grave. J'ai donc pu admirer le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper pour la première fois et j'en suis tombé amoureux immédiatement. Chaque week-end, mes parents partaient dans leur petit terrain de campagne et moi, je restais à la maison et je mettais Massacre avec le son à fond. Ca a duré un bon moment. J'ai acheté les deux affiches cinéma d'époque aux Cinglés du Cinéma à Argenteuil, le jeu de photos et à 30 ans, je me suis fait tatouer Leatherface et sa tronçonneuse sur l'épaule droite. J'ai également pas mal de figurine de ce tueur mythique, son "killer mask", un jeu de cartes et j'en passe...

Massacre à la Tronçonneuse est et restera mon film préféré et c'est toujours avec un plaisir intact que je le revois régulièrement. Car on n'a jamais rien fait de mieux depuis.

L'annonce d'un livre entier consacré au film, qui plus est rédigé par Julien Sévéon, a évidemment aiguisé mon intérêt. 280 pages dédiées à Leatherface 1974, rien que ça, voilà ce qu'avais décidé de nous offrir Julien ! Je suis toujours admiratif face au personne qui arrive à écrire un nombre de page incroyable sur un seul film. Et honnêtement, on peut dire que Julien Sévéon a placé la barre très haute avec son splendide ouvrage.

C'est bien simple, le volume 1 de Massacre(s) à la Tronçonneuse - 1974/2017 une odyssée horrifique est LA bible sur le film de 1974. Un achat indispensable si vous voulez tout savoir sur le film de Tobe Hooper qui a révolutionné le cinéma horrifique et a fait entrée ce dernier dans une dimension réaliste bien éloignée des figures du vampire, de la momie, du loup-garou et autres monstres du bestiaire. Dans Massacre, les monstres ont figure humaine et c'est bien en cela que le film a fait l'effet d'un électro-choc sur le public de l'époque.

Dans ce volume 1, outre de superbes photographies (dont pas mal d'inédites) et reproduction d'affiches de divers pays, Julien Sévéon nous décortique littéralement le processus de création du film et tente d'établir la vérité définitive sur cette conception. Un travail titanesque pour l'auteur, qui n'a pas mis 5 ans à travailler dessus pour rien ! Car il n'existe aucun making-of qui peut clairement nous raconter ce qu'il s'est réellement passé lors du tournage. Quant aux divers acteurs et techniciens présents, ils ne tiennent jamais les mêmes propos d'un interview à un autre et leur mémoire ne semble pas vraiment infaillible.

C'est donc à un travail de fourmi et d'enquêteur passionné auquel s'est livré Julien Sévéon. Retrouvant des pages du scénario original annoté, nous faisant découvrir des éléments qui n'ont pas été tourné ou qui ont été modifié lors du tournage ; interviewant divers personnalités en tentant de les faire se rappeler le plus précisément possible les événements qui ont conduit à générer ce monument de la terreur psychologique et horrifique ; analysant la réaction des critiques de l'époque, du rôle de la censure ; remettant le film dans son contexte historique ; décortiquant tout ce qui fait du film un chef-d'oeuvre : sa mise en scène, sa bande-son, ses images, son réalisme, son humour et j'en passe.

Lire Massacre(s) à la Tronçonneuse - 1974/2017 une odyssée horrifique, c'est se retrouver nous-même en 1973, à l'époque du tournage, c'est ressentir la chaleur infernale, c'est sentir les odeurs de viande avariée, c'est subir la pression de Tobe Hooper, c'est gérer les nombreux conflits entre personnalité. C'est comprendre le film. C'est devenir le film.

Le slogan de La Nuit des Morts Vivants disait "dans le fantastique, jamais le cinéma n'était allé aussi loin. Il ne pourra jamais faire mieux". Un slogan qu'on peut aisément adapter au livre de Julien Sévéon, qui a juste écrit l'ouvrage DEFINITIF sur Massacre à la Tronçonneuse.

Achat indispensable, qu'on soit fan du film ou non.

On commande ici -> https://www.cinexploitation.com/massacres-a-la-tronconneuse-1974-2017-une-odyssee-horrifique/



6/6 - Stéphane Erbisti