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James Deakin et sa femme Amy mènent une vie confortable dans un quartier de Toronto, au 388 de l’avenue Arletta pour être plus précis. Mais un jour, un mystérieux personnage se faufile chez eux à leur insu et truffe leur foyer de micros et de caméras afin de les espionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Quand Amy disparaît suite à une dispute en laissant une lettre manuscrite sur le lit conjugal, James commence à pressentir que quelqu'un est entré par effraction chez eux car de plus en plus de choses étranges se produisent également dans la maison. Le mari délaissé devient alors légèrement paranoïaque mais ni la police, ni la famille d’Amy ne semblent disposer à le croire. Pire, ils paraissent le soupçonner ! Va-t-il alors découvrir ce qui a pu arriver à son épouse sans que cela ne le mène à une fin tragique ?



L'AVIS :

Ce film à mi-chemin entre le found footage et le home invasion movie paraît réaliste pourtant, on n’a pas la mention, ni la prétention que ces événements sont tirés de faits réels, tout comme il n’y a pas de moments où la caméra est tremblante ce qui donne souvent envie de vomir au lieu de vous immerger dans l’action, il faut bien le dire ! Au lieu de cela, le réalisateur canadien Randall Cole choisit de filmer à la manière subjective en utilisant dans ses séquences des plans de caméras cachées ici ou là. De fait, il place le spectateur en lieu et place du voyeur psychopathe, l'écran devenant notre point de vue d'espion. Mais ici, point de surnaturel à l’horizon comme dans la franchise "Paranormal activity". On suivra plutôt le quotidien des époux Deakin vivant dans une zone pavillonnaire cossue comme on peut en rencontrer plein dans la vraie vie en Amérique du Nord. On assiste même, au début, à la rupture progressive de ce couple, au délitement graduel de leur relation. Mais assez rapidement, Amy disparaît, de la musique se met à jouer seule dans la maison, des alarmes se déclenchent sans raison, un CD inconnu est retrouvé dans l’autoradio de la voiture, de nouveaux fichiers sont présents sur l’ordinateur familial, le chat ne semble plus être le même si bien que James, le protagoniste principal, a l’impression que quelqu’un de nuisible s’est glissé chez lui. Il en parle donc à la police, à la famille de la disparue, mais aucune personne ne semble disposée à lui accorder du crédit, du moins au début, car très vite, les soupçons vont se porter sur lui…



Ce long-métrage de 2011 produit par Vincenzo Natali, réalisateur du film culte "Cube" ce qui apporte un certain gage de qualité, porte le sous-genre du found footage à un nouveau niveau avec un scénario bien pensé, un excellent développement des personnages et une direction solide. La tension est bien gérée, il y a des fausses pistes concernant l’identité du harceleur et notre personnage principal est cerné par une police stéréotypée inepte, peu sympathique de surcroît, ainsi que par une belle-famille embêtante qui se méfie de son histoire, ce qui ne va pas arranger sa paranoïa ni sa chute inexorable !



Outre quelques longueurs dommageables, on pourrait ajouter à la liste des petits bémols gâchant un peu le visionnage : la sempiternelle inertie des forces de police, l’omnipotence du stalker véritable hacker de génie (comme dans le très bon "The Den") qui tel un marionnettiste, arrive à faire faire ce qu’il veut aux gens tout en restant impuni et surtout ayant réussi à placer une multitude de mini-caméras espions dans moult endroits sans se faire repérer et, en même temps, arrivant toujours à être présent là où il faut ! Notons également que la fin de 388 Arletta Avenue, similaire à celle de l’excellent "The Poughkeepsie tapes" qui ne donne pas trop de réponses, pourra en surprendre voire en gêner plus d’un, mais l’ensemble constitue un thriller bien plaisant à regarder.

Plaisir renforcé par une excellente distribution. Les rôles principaux sont ainsi joués par Nick Stahl ("Sin City", "Terminator 3"), Mia Kirshner ("30 jours de nuit", "The forest") et Devon Sawa ("La main qui tue", "Destination finale") qui a bien changé physiquement et pour lequel il vous faudra marquer un certain temps avant de le reconnaître ! Ici, il interprète le rôle d’un éternel loser, tourmenté au lycée par James et qui pourrait ou non être responsable de ce qui se passe actuellement pour ce dernier. Force est de constater pourtant que Stahl est au centre de l'attention et qu'il porte le film sur ses épaules avec brio en apportant une qualité supérieure mais sans prétention à son personnage stressé passant d’un époux doux et attentionné à un individu au comportement erratique et fortement paranoïaque en très peu de temps ! Mais depuis le formidable « Bully » de Larry Clark, on savait tous que c’était un excellent acteur, malheureusement peu exploité au cinéma…



Au final, voici un bon petit home invasion movie assez méconnu dans nos contrées qui prend son temps pour présenter une histoire bien anxiogène à souhait. C’est bien joué, l’histoire de cette descente aux enfers progressive est bien construite et l’aspect found footage du métrage lui confère une atmosphère étrange, un peu comme si on était, nous aussi, des voyeurs malsains. Toutefois, les quelques défauts inhérents au genre et sa fin par trop abrupte pourraient en rebuter certains mais il vaut quand même la peine d’être vu au moins une fois !

LA BANDE-ANNONCE :











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