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Intrigué par la vie humaine et sur la crainte qu'elle inspire chez les vivants, la Mort décide de s'accorder trois jours de vacances et se rend au domicile du Duc Lambert, qui vient de frôler la mort lors d'un trajet en voiture le ramenant chez lui, afin de lui proposer de vivre parmi ses invités. Sous l'apparence du Prince Sirki, la Mort va étudier le comportement des personnes qui l'entourent, découvrir les plaisirs de la nourriture terrestre et même tomber amoureuse d'une belle jeune fille, Grazia...



L'AVIS :

Si la production en matière de cinéma fantastique et d'épouvante est dominée par la firme Universal durant les années 30, les autres studios ne sont pas en reste non plus et tentent eux aussi de proposer des œuvres de qualité dans ce domaine. En 1934, la Paramount permet au réalisateur Mitchell Leisen d'adapter une pièce de théâtre à succès pour le troisième film de sa carrière. Ce sera donc "La Mort prend des Vacances", qui propose un postulat assez amusant et original : la Grande Faucheuse veut en apprendre plus sur la vie terrienne et décide de s'accorder trois jours de vacances afin de vivre parmi nous ! Car la Mort considère nos vies, nos actions, comme étant bien futiles et guère intéressantes et ne comprend pas l'énergie qu'on déploie à vivre ainsi, que ce soit pour être à la recherche de plaisirs simples ou, à l'opposé, se faire la guerre et s'entre-tuer.



On le voit, on nage en plein fantastique, en pleine fantasmagorie avec cette idée de départ et pourtant, plus le film avance, plus cet élément fantastique va se faire oublier pour laisser place à une comédie dramatique souvent philosophique, parfois satirique, mais toujours intéressante et divertissante. La séquence du trajet en voiture au début du film nous présente la Mort sous la forme d'une ombre qui suit les véhicules sur la route, voire même les dépasse pour les empêcher de voir un danger potentiel devant eux. Ayant évité de justesse l'accident mortel, tous les protagonistes de l'histoire, et ils sont nombreux, se retrouvent chez le Duc Lambert pour y passer quelques jours. Alors que ce dernier reste seul, la Mort lui apparaît dans une scène fort poétique et bénéficiant d'effets visuels simples mais efficaces puisque le réalisateur a réussi à lui donner un aspect intangible, translucide même. Pas de faux à la main mais vêtue d'un linceul noir qui nous empêche de voir son visage, cette représentation de la Mort telle qu'on se l'imagine est visuellement impeccable et fait son petit effet.



Après une discussion enflammée, la Mort propose donc un marché au Duc : elle prendra apparence humaine pour vivre trois jours auprès de ses convives et comprendre le fonctionnement des êtres humains. Et c'est le grand acteur Fredric March qui va incarner cette célèbre entité crainte de tous, après avoir été le docteur Jekyll et son alter-ego Hyde dans le Dr. Jekyll & Mr. Hyde de Rouben Mamoulian en 1931. Habillé tel un prince oriental, Fredric March va donner à la Mort une personnification souvent jubilatoire, et ce, principalement grâce à des dialogues finement écrits, qui ont un double-sens que nous, spectateurs, comprenons et qui nous font bien sourire, à l'inverse des invités du Duc qui ne savent pas qui est réellement ce charmant Prince Sirki. Les quiproquos, les sous-entendus verbaux apportent une légèreté à La Mort prend des Vacances, oeuvre qui s'avère bien éloigné des autres films de cette époque, qui misaient principalement sur la peur et l'effroi à travers une galerie de monstres propres à terroriser le public qui en redemandait. L'humour des situations, enrichi par le texte et le jeu parfois théâtral du casting, font que le film de Mitchell Leisen fonctionne très bien et qu'on prend beaucoup de plaisir à suivre la vie terrestre de la Mort. Comment ne pas sourire lorsque les journaux font état de diverses catastrophes dans lesquelles personne n'a trouvé la mort ? Incendie d'école avec zéro victime, crash spectaculaire d'un bolide de course dont le chauffeur ressort totalement indemne et même guerre qui ne fait aucun dommage humain sont l'apanage des médias durant ces trois jours. Car oui, ne l'oublions pas, la Mort est en vacances !



Charismatique, notre fameux Prince Sirki attire même l'attention des trois jeunes femmes, qui prendraient sûrement leur jambe à leur cou si elles savaient avec qui elles sont en présence ! Et voilà que la Mort, qui trouvait bien futile les roucoulades humaines, se met à éprouver des sentiments, à ressentir une émotion quand les lèvres d'une des jeunes femmes se posent sur les siennes. La situation se complexifiera davantage avec la présence de Grazia (charmante Evelyn Venable) qui va carrément lui faire perdre la tête. L'Amour, plus fort que la Mort ? Film méconnu, La Mort prend des Vacances mérite largement le détour, fait preuve d'une certaine originalité dans le traitement de son histoire et se révèle une bonne découverte pour ma part. A noter que le film se fait aussi appeler Trois Jours chez les Vivants et qu'un remake a vu le jour en 1971, réalisé par Robert Butler...

Disponible en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS






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