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Le neurochirurgien Ernest Sovac va être exécuté sur la chaise électrique pour avoir abattu son meilleur ami, le professeur George Kingsley. Avant l'exécution de la sentence, il donne son recueil de notes à un journaliste pour expliquer son geste. Le reporter découvre alors la vérité : lorsque George Kingsley est fauché par une voiture conduite par le célèbre bandit Red Cannon, il sombre dans le coma et son pronostic vital laisse à désirer. Ernest Sovac va alors tenter dans la plus grande discrétion l'opération de la dernière chance : il greffe une partie du cerveau de Red Cannon sur celui de son ami. L'intervention est une réussite. Durant sa convalescence, le comportement de George Kingsley évolue de façon étrange. Sovac comprend que la partie du cerveau ayant appartenu à Red Cannon réagit et tente de s'imposer certaine fois. Une aubaine pour Sovac qui apprend que le gangster a caché une très importante somme d'argent avant son accident de voiture. Le scientifique va tenter de faire resurgir plus avant la personnalité de Red Cannon afin de découvrir où l'argent est caché...



L'AVIS :

Après un âge d'or du cinéma fantastique dans les années 30, la Universal, qui nous a offert de purs bijoux avec Dracula (1931), Frankenstein (1931), La Momie (1932), L'Homme Invisible (1933), Le Chat Noir (1934), La Fiancée de Frankenstein (1935), Le Monstre de Londres (1935), Le Corbeau (1935) ou bien encore Le Fils de Frankenstein (1939) doit trouver une nouvelle recette pour faire perdurer son hégémonie dans le domaine durant les années 40. Consciente qu'elle ne parviendra plus à produire d'authentique chefs-d'oeuvre, la firme se lance dans la production de séries B moins luxueuses mais toujours aussi divertissantes et va multiplier les suites de ses titres phares. On ne compte plus les films mettant en vedette l'homme invisible, la momie, Dracula ou le monstre de Frankenstein.



Le cas qui nous intéresse ici, à savoir le Vendredi 13 d'Arthur Lubin donc, est réellement à part en cette année 1940. Futur réalisateur du Fantôme de l'Opéra en 1943, Arthur Lubin prend le scénario concocté par Curt Siodmak et Eric Taylor, change l'attribution des rôles (Karloff devait jouer George Kinglsey / Red Cannon et Lugosi le chirurgien Sovac) et livre un film assez curieux, qui mêle épouvante, science-fiction et surtout polar. En effet, Vendredi 13 est avant tout un film policier, avec gangsters, règlements de comptes, bar mal famés avec femmes fatales et autre archétype du genre. L'élément fantastique intervient façon Docteur Jekyll et Mister Hyde : la dualité entre la personnalité du gentil George Kingsley et du méchant criminel Red Cannon est mise en avant à de multiples reprises au cours du film. Plus celui-ci avance, plus le côté Red Cannon prend le dessus, ce qui est retranscrit à l'écran par la transformation physique de George Kingsley en Red Cannon. Cela peut surprendre car les autres personnages sont censés avoir devant eux le visage et la silhouette de Kingsley mais nous, spectateur, voyons celle de Cannon (tous deux interprétés par le même acteur Stanley Ridges). Personnellement, j'aurai préféré que le réalisateur conserve l'apparence de George Kingsley tout en lui conférant le caractère violent de Cannon.



Car on parle bien de greffe d'une partie du cerveau ici et non d'un sérum qui ferait s'opérer une transformation physique. Si la transformation physique dans Vendredi 13 est mise en place pour bien faire comprendre aux spectateurs que l'esprit du gangster prend le dessus sur la gentille personnalité de son hôte. Malheureusement, ça ne colle pas toujours car George Kinglsey est un vieux professeur un peu usé quand Red Cannon est bien plus jeune et vigoureux. Et la disproportion entre les deux physiques est flagrante que cela fait perdre en réalisme les scènes de bagarre. On a bien du mal à imaginer le corps de Kinglsey se livrant à un pugilat même si ledit corps est animé de la bestialité de Red Cannon. Bien sûr, à l'écran, on est en présence de Red Cannon. Personnellement, ça m'a fait un peu sortir du film et la mise en scène de Lubin aurait du se montrer plus rigoureuse et avoir recours à un autre procédé pour nous faire comprendre quelle personnalité dirige le corps de l'hôte. En ce qui concerne l'argument publicitaire du film, à savoir une nouvelle réunion entre Karloff et Lugosi, il tombe lui aussi à plat puisque à aucun moment les deux acteurs n'auront une séquence commune. Lugosi est relayé à un petit rôle secondaire et n'a pas beaucoup de temps de présence à l'écran. Karloff s'en sort nettement mieux et son magnétisme fait toujours effet.



On appréciera que le thème de la dualité soit également présent au sein de ce personnage. Car au départ, le savant tente cette greffe pour sauver avant tout son meilleur ami et prouver que ses théories sur la greffe du cerveau sont justes. C'est à partir du moment où il apprend que le gangster à qui il a prélevé une partie du cerveau a caché un butin des plus intéressants que la face sombre du personnage intervient. La vénalité fait franchir à Ernest Sovac le côté obscur qui le mènera à sa perte. Sans être un classique de la Universal, et avec ses défauts mentionnés plus haut en ce qui me concerne, Vendredi 13 reste néanmoins tout à fait plaisant à regarder et l'imbrication des genres (voir même la non-imbrication des genres, tant le côté policier prédomine sur tout le reste) lui confère un aspect original qui tranche d'avec les autres productions de la firme. A découvrir...

Disponible en DVD et combo DVD+BR chez ELEPHANT FILMS






Du même réalisateur :

FANTOME DE L'OPERA (1943) - LE