RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4
(1 vote)
Adolescente, Martha Caldwell a réchappé d’une catastrophe ferroviaire dans laquelle elle a vu mourir ses parents, traumatisme qui l'a rendue muette. Quinze ans ont passé quand Martha, qui vit désormais avec son oncle Ralph, féru d'occultisme, dans une propriété située à Montseny, dans les Pyrénées espagnoles, reçoit la visite de sa cousine Jenny Ascot, célèbre chanteuse résidant en Angleterre. Cette dernière est mortellement poignardée durant la nuit. La police mène son enquête, tandis que d'autres meurtres surviennent. Les soupçons se portent vers une secte sataniste, à moins qu'il ne s'agisse d'un tueur en série isolé. Dans un cas comme dans l’autre, Martha pourrait bien être la prochaine victime…



L'AVIS :

Ayant déjà une belle filmographie débutée en 1958, Umberto Lenzi s'attaque au giallo dès 1969 avec "Orgasmo" et "Si Douces, Si Perverses" puis "Paranoïa" en 1970, tous trois avec la blonde Carroll Baker. En 1972, alors que le genre a explosé deux ans auparavant suite au succès colossal du film de Dario Argento, "L'Oiseau au Plumage de Cristal", Lenzi décide de prendre le public à contre-pied des nouveaux standards du genre, à savoir meurtres violents et érotisme, en lui proposant un nouveau giallo dit de machination, en n'ayant jamais recours à l'érotisme ni à la violence. Un pari risqué, les spectateurs recherchant dorénavant des émotions fortes, du sexe et du sang.



Bien que Le Couteau de Glace ne contient aucun de ses éléments, le film de Lenzi n'est pas inintéressant pour autant et il puise son originalité dans son refus de jouer avec les codes établis par la nouvelle vague de thriller italien justement. Le réalisateur italien a une idée en tête : prendre la structure narrative du film de Robert Siodmak, Deux Mains la Nuit (1945) et l'inverser. Pour ce faire, il engage, pour la quatrième et dernière fois, Carroll Baker pour être l'héroïne de son film. La prestation de l'actrice dans Le Couteau de Glace est assez admirable puisque son personnage est totalement muet, suite à un grave traumatisme lié à son adolescence. La charmante blondinette, qui sera toujours aussi excellente l'année suivante dans le Baba Yaga de Corrado Farina, va donc devoir faire preuve d'un talent exemplaire au niveau de ses expressions de visage et de son comportement pour palier au manque total de parole qu'exige ce rôle. Et on peut dire qu'elle s'en sort haut la main.



Carroll Baker tient littéralement le film sur ses épaules et livre une solide prestation, nous faisant ressentir diverses émotions sans prononcer le moindre mot. Et des émotions, elle va en avoir puisqu'il semble qu'elle soit la future proie d'un maniaque sexuel ou d'un adepte de Satan, qui a déjà assassiné sa cousine Jenny (Evelyn Stewart) ainsi qu'une domestique, madame Britton (Silvia Monelli) qui résidait dans la maison de son oncle Ralph (George Rigaud). Si les meurtres sont tous filmés en hors-champ, le suspense est quant à lui bien présent et Lenzi s'amuse à brouiller les pistes avec sa galerie de personnages qui semblent tous suspects aux yeux du spectateur : l'oncle Ralph atteint d'une maladie cardiaque, a pour passion l'ésotérisme et le satanisme ; le docteur Laurent (Alan Scott), célibataire qui fait tourner la tête des femmes, est souvent présent dans les environs, même quand il ne devrait pas ; Marcos, le chauffeur (Eduardo Fajardo), a un air louche et un comportement un brin macho ; quand au vagabond sataniste aux yeux étranges (Mario Pardo), sa présence au alentour de la maison, dans le cimetière et sa passion pour le satanisme également, peuvent aussi en faire un coupable tout désigné. Il y a aussi le prêtre du village (José Marco) et si on est fan de giallo, on sait que bien souvent, les hommes d'Eglise ne sont pas toujours de bonnes personnes.



Comme dans tout bon giallo de machination, ce ne sont donc pas les suspects potentiels qui manque à l'appel et ces derniers remplissent fort bien ce rôle, le spectateur, tout comme la pauvre Carroll Baker, ne sachant plus à quel saint se vouer, ni à qui accorder sa confiance. Bien malin, Lenzi place des symboles sataniques dans le décor (dessin de bouc par exemple) et multiplie les possibilités, pour le plus grand plaisir du public, qui cherche aussi à comprendre les nombreux flashbacks que revit l'héroïne, notamment ces images de corrida. La caméra de Lenzi, aidée par une très belle photographie, se montre des plus habiles et parvient à faire naître une certaine tension lors des scènes à suspense, qui sont rondement menées, surtout quand les lumières s'éteignent et que notre charmante muette se retrouve seule dans le noir. Si le choix de s'éloigner des codes du giallo était risqué pour Umberto Lenzi, la capacité du réalisateur à tirer parti de son casting, de ses décors et de son histoire s'avèrent payant au final et Le Couteau de Glace réussit à maintenir un intérêt constant jusqu'au dénouement final. Un giallo atypique mais convaincant, qui se rangera aisément à côté du Terreur Aveugle (1971) de Richard Fleischer...


Bande-annonce :




Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME
Comme toujours chez l'éditeur, boitier digipack trois volets sous fourreau luxueux, qualité d'image excellente, piste anglaise et italienne sous-titrée français et un CD de musique de divers gialli en cerise sur le gâteau
BONUS:
• Le couteau de Lenzi par Jean-François Rauger (15 min)
• Umberto, entretien-carrière avec Umberto Lenzi (55min)
• Le silence qui tue avec Umerberto Lenzi (22 min)
• Film annonce
• Un CD de musique de divers gialli