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Désireuse de tirer un trait sur son passé douloureux, la jeune Sarah part vivre à Hollywood. Elle y trouve un bel appartement dans une résidence dans laquelle les locataires font en sorte d’en faire un vrai havre de paix, un paradis terrestre. Conviviaux et très avenants vis-à-vis de la jeune femme, les résidents ont rapidement adopté leur nouvelle voisine. Mais Sarah n’est pas à l’aise dans ce nouvel appartement, d’autant plus que sa présence au sein de la résidence ne semble pas réjouir une personne qui lui glisse des avertissements sous sa porte d’entrée...



L'AVIS:

Ndlr : La chronique qui suit contient un spoiler qui vous est annoncé par des balises [début spoiler] et [fin spoiler]. Libre à vous donc de lire ce qu’il y a entre ces balises.


Passé entre autres par le Festival Fantasia et l'Etrange Festival en 2019, "1BR" était présenté en compétition lors de la 27ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer l’année suivante. Festival dont il repartira avec le Prix du Public tout de même (peut-être la récompense la plus importante pour un cinéaste).

Un film dont le titre allongé ("1BR : The apartment") nous laisse supposer que nous allons nous retrouver dans un huis clos, enfermés dans un appartement durant la majeure partie du film. Mise à part cette impression aux premiers abords, difficile de savoir de quoi il va être question dans le film de David Mamor, tant le mystère demeure entier.

Un mystère que notre réalisateur - venu nous présenter son bébé à Gérardmer en compagnie de son producteur quelque peu loufoque Alok Mishra (avec qui ils ont demandé au public présent de parler du film sur les réseaux sociaux si ce dernier nous a plu, mais surtout de "fermer nos gueules" si nous n'avons pas aimé) – a su conserver jusqu’à l’extinction des lumières dans la salle pour laisser place à la projection.

Alors, que vaut donc ce "1BR" ? Réponse ci-dessous !



Mêlant thriller social et film de secte, le film de David Mamor possède effectivement tout ce qu’il faut pour plaire à un large public, d’où en 2020 l’absence de grande surprise quant à l’attribution du Prix du Public sur la Perle des Vosges (seuls "Saint Maud", "The room" et "1BR" paraissaient en mesure de remporter ce genre de prix très convoité).
Véritable mélange de genres (dont le torture porn qui a eu le vent en poupe durant les années "Saw" et "Hostel", genre très convoité par de nombreux amateurs de cinéma fantastique venus chercher des sensations fortes), "1BR" semble vouloir piocher plein d’idées par-ci par-là dans le milieu du cinéma fantastique mais sans pour autant les imbriquer à l’arrachée. L’intrigue tient la route et s’avère même haletante, avec ses quelques péripéties, ses séquences émotionnelles et psychologiques réellement palpables ou encore ses personnages intrigants qui peuplent notre histoire.

Sous forme de critique sociale et de satire du marché immobilier, le film de David Mamor est au final un bon petit thriller à l’ambiance anxiogène qu’il est difficile de chroniquer sans en dévoiler des éléments clés non anodins qui ne feraient que spoiler outrageusement l’intrigue.

Porté par la jeune actrice Nicole Brydon Bloom qui nous offre là une prestation de très bonne facture, "1BR" nous enferme dans une résidence (une sorte de grand huis-clos pourrions-nous dire) en compagnie de locataires tous plus chaleureux les uns que les autres. Rapidement, nous sommes plus qu'intrigués par le comportement excessivement chaleureux de tout ces résidents qui nous entourent et bien évidemment il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour se rendre compte que quelque chose se trame derrière tout ceci.
Fraîchement arrivée dans son nouvel appartement, la jeune Sarah devait déjà faire face à ses problèmes familiaux, sa vie active compliquée et une amourette en devenir. Mais tout ceci n’est rien par rapport à ce qui l’attend...



Haletant à souhait, viscéral dans ses moments de folie (les tortures physiques et psychologiques perpétrées ne laissent pas de marbre et ont le mérite de ne pas chercher à faire dans la surenchère d’hémoglobine ou dans l’écœurement), le film de David Mamor va nous faire vivre la descente aux enfers de la malheureuse Sarah avec un réalisme saisissant permis par une immersion anxiogène [début spoiler] dans cette résidence pas comme les autres où cette communauté d’aspect idyllique cache en réalité un horrible secret. Critique de la société moderne et de tous ces vices qu'elle génère, "1BR" réussit à nous entraîner dans une spirale machiavélique, véritable piège dans lequel on craint pour Sarah qu'elle n'en ressorte malheureusement pas indemne au vu du choc psychologique perpétré ici sur sa pauvre personne [fin spoiler].

Nous pourrons cependant reprocher à David Mamor de ne pas s’intéresser plus longtemps aux résidents qui entourent notre jeune Sarah. En effet, "1BR" rentre rapidement dans le vif du sujet, ne prenant pas la peine de développer un peu plus les personnalités de certains de ces voisins pourtant intrigants. Nous aurions en effet peut être aimé vivre un peu plus longtemps dans ce climat atypique - à la manière d’un "Get out" par exemple qui avait su prendre son temps pour instaurer son ambiance anxiogène - histoire de nous mettre quelque peu mal à l’aise.
Au lieu de cela, le réalisateur nous dévoile très rapidement son intrigue, délaissant peut-être un peu trop vite l’atmosphère anxiogène qu’il avait commencé à mettre en place de bien belle manière pourtant.

D’autres reprocheront à "1BR" (mais ce n’est pas mon cas, ce paragraphe faisant suite à des conversations que j’ai entretenues avec des festivaliers à Gérardmer) un final tranchant de manière trop radicale avec le reste de l’intrigue. Pourtant, même si je n’en dirais pas plus, ce final vient agrémenter la critique sociale et la critique du marché immobilier développées durant cette histoire...



"1BR" est au final un bien sympathique film porté par un casting de très bonne facture et proposant une intrigue qui, même si elle semble vouloir piocher des idées d’un peu partout, réussit à nous tenir en haleine et développe une critique de la société actuelle bienvenue, bien que traumatisante pour notre malheureuse Sarah, héroïne du film de David Mamor.
Un long-métrage à découvrir !

Teaser :










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