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Emma Larsimon, jeune romancière d’horreur renommée, rencontre un jour, lors de la promotion pour le chapitre final de sa saga sur « Marianne », Caroline Daugeron, une de ses anciennes amies d’enfance qui lui fera des révélations bien étranges. A la suite d’événements tragiques et du retour de ses cauchemars, Emma décide alors de partir à contrecœur pour Elden, son village natal, afin d’enquêter sur un phénomène paranormal qu’elle semble connaître depuis fort longtemps…




L'AVIS :

Avec Marianne, l’entreprise Netflix prenait un risque considérable : celui de proposer un programme de genre digne de ce nom (on se souvient notamment des pas terribles "Annihilation", "Bright", "Anon", "The bad batch" et on en oublie certainement !) mais surtout d’horreur, français et décliné en une série de huit épisodes, ça faisait beaucoup de paramètres réunis en un seul bloc ! Alors certes, on sait qu’en termes horrifiques, la France n’a rien à envier aux autres nations, cinématographiquement parlant évidemment, avec des réalisateurs aussi doués que Pascal Laugier et Alexandre Aja, pour ne citer que deux des plus talentueux. En revanche, côté série d’épouvante, on n’a tout de même pas eu grand-chose d’effrayant à se mettre sous les mirettes depuis "L’île aux trente cercueils" de…1979 !

Eh bien, je ne vais pas y aller par quatre chemins : Marianne avec un budget qu’on devine tout de même limité, nous propose quelque chose de hautement qualitatif côté effets spéciaux et ambiance anxiogène, mais surtout de réellement frissonnant ! Alors oui, si elles y regardent de plus près, les plus fines bouches d’entre vous pourraient arguer que Samuel Bodin, un réalisateur venu de la comédie, pioche deux, trois idées visuelles à droite et à gauche ("The conjuring", "Sinister", etc.) mais aussi scénaristiques avec son sens du timing et ses jump scares disséminés çà et là semblant déjà vues et elles auraient raison ! C’est toutefois très bien rythmé, dosé comme il faut côté effroi et jamais détourné à mauvais escient, au contraire, ce serait plutôt sublimé. Cependant, une chose est certaine et elle mettra tout le monde d’accord : c’est par moments tellement flippant que les plus impressionnables d’entre vous pourraient en faire de terribles cauchemars !



Et ces derniers, vous les devrez avant tout à la diabolique Madame Daugeron, interprétée par l'incroyable, que dis-je, la formidable comédienne Mireille Herbstmeyer, qui habite le rôle de cette mère de famille possédée par la sorcière et l’interprète avec une conviction telle que chacune de ses apparitions vous bouleversera à tout jamais. C’est elle la véritable star et révélation de la série et si vous ne deviez garder qu’une image de cette dernière, ce serait celle de son regard halluciné et empreint de duplicité démoniaque ! Les plus sensibles d’entre vous pourraient ne pas s'en remettre, je vous le garantis !

Autour d’elle, gravitent néanmoins d’autres acteurs qui sortent leur épingle du jeu, notamment Victoire Du Bois qui est également très bien en Emma Larsimon, personnage aussi détestable qu’attachant, sorte d’anti-héroïne moderne au franc-parler agaçant mais fragile et forte à la fois. Ce qui est sûr, c’est que ce protagoniste va cliver, dans le sens où elle insupportera les uns et/ou elle séduira les autres, mais dans tous les cas, elle retiendra l’attention, assurément ! A un degré moindre, on peut aussi mentionner Alban Lenoir (qui retrouve la toujours aussi mignonne Tiphaine Daviot de l’excellent "Goal of the dead", également scénarisé par Quoc Dang Tran !) en flic dévoué un peu coincé qui apportera, à l’aide de son comparse Pat, expert en sciences occultes et autres artefacts, la touche d’humour décalée mais nécessaire à la série afin de casser un peu le rythme de cette saison 1 tout de même bien plombante côté ambiance !



Marianne, c'est avant tout un scénario qui est original, sans l'être vraiment. Ce n'est pas un remake ou une adaptation, mais ça sent tout de même le déjà-vu avec l’histoire de ce village hanté par une sorcière et certains faits littéraires qui prennent vie comme par enchantement. Comment ne pas ici, penser à Stephen King ? En effet, la petite ville fictive d’Elden en Bretagne rappelle étrangement Castle Rock dont est originaire le romancier de génie ! La bande de copains d’enfance ressemble pas mal à celle vue dans "Ça", surtout dans l'épisode 5 (peut-être le meilleur de la saison) qui nous replonge dans l'adolescence des héros, point de départ de leurs traumatismes. Quant à "Misery", il est incontestablement lié à l'origine du script de la série puisque la sorcière ne fait-elle pas du chantage avec Emma en lui promettant les pires maux si elle ne continue pas à écrire sa saga sur Marianne !? Néanmoins, ces références semblent totalement assumées, digérées, pour être remodelées et servir de point d’appui à une série unique se démarquant des autres avec ce mélange de genres judicieusement mis en place. En effet, les séquences frissonnantes alterneront avec les scènes dramatiques liées à un passé trop longtemps enfoui tout étant parfois entrecoupées par des saynètes complètement décalées où le rire est de mise ! Elément plutôt rare dans le paysage télévisuel hexagonal, non ?

La série ne serait également rien sans la variété d'effets horrifiques dont elle fait montre. Allant de protagonistes possédés qui soit se comportent comme de véritables aliénés quand ils ne sont pas en lévitation, soit tentent de mettre fin à leurs jours de façon singulière (enfants inclus !), en passant par des apparitions surnaturelles sous différents angles de vue et approches distinctes (une ombre qui bouge, un bruit insolite venant d’une pièce fermée à clé, des mains issues de nulle part, un visage horrible comme sorti du néant…), à des séquences bien plus malsaines, à l’instar de celles de "The visit" ou de "L'étrange cas Deborah Logan" où le comportement troublant de personnes âgées vient vous bouleverser un peu plus, Marianne nous fait donc assister ébahis à un étalage certes, mais de grande qualité, de tout ce qui peut se faire en matière d’horreur actuellement et chose incroyable, ça passe à la télévision et c’est français ma bonne dame ! Alors champagne !



Après avoir vu un nombre incalculable de films d’horreur pitoyables toutes nationalités confondues, je peux dire sans hésiter que Marianne installe une ambiance aussi pesante qu'effrayante. Alors oui, certains acteurs ne semblent pas sortir directement de l’Actors Studio, d’autres cabotinent outrageusement (cf. le prêtre), quelques scènes semblent déjà vues, mais pour une série « Made in France », c’est vraiment de grande qualité et on ne s’ennuie jamais devant. Alors éteignez la lumière et frissonnez sans honte, Marianne adorera jouer avec vos peurs !




5/6 - Vincent Duménil