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Kit Jennings, un bisexuel à l’égo démesuré ne pensant qu’à satisfaire ses pulsions de tout ordre, revient complètement stone d’une fête du solstice. Se dirigeant vers son appartement, il se fait brutalement attaquer par un tueur masqué surnommé « Le Druide ». Cherchant de l’aide auprès de ses voisins de la résidence « Clayborne Apartments », il se heurte à des gens qui ne veulent pas être impliqués ou qui ne le portent pas dans leur cœur et qui subséquemment ne lui ouvrent pas leur porte. En fuite devant tant d’assistance en personne en danger, il finira ainsi percuté par une voiture sous les regards des nombreux voyeurs malsains qui ont tôt fait de filmer le tout grâce à leur portable en diffusant les images du tragique événement sur les réseaux sociaux. Un an plus tard, les résidents du même immeuble commencent à mourir sous les attaques létales et violentes du désormais célèbre agresseur masqué…




L'AVIS :

Après une première saison qui manquait de panache et une deuxième assez prévisible, mais toutes les deux d’honnête facture, la série « Slasher » fait son retour pour huit épisodes avec une nouvelle mouture intitulée « Solstice » et censée se dérouler sur vingt-quatre heures (chaque épisode représentant donc spécifiquement trois heures) le jour du solstice d’été, jour le plus long de l’année. Réalisée par Adam MacDonald et toujours sous la houlette d’Aaron Martin, la série continue d’explorer les interactions de personnages complexes, exécutés les uns après les autres par un tueur sans pitié appelé « Le Druide ».

Se déroulant ainsi sur une journée, l’histoire se concentre sur un groupe de voisins pris pour cible par un serial killer masqué, suite à leur passivité devant le meurtre d’un des leurs un an plus tôt. Cependant, à mesure que certains des secrets des résidents sont révélés, les motivations de l’assassin paraissent bien plus personnelles qu’il n’y paraît. Si ce que vous venez de lire là vous semble connu, ce n’est pas très étonnant puisque d’une part, c’est le pitch de la franchise "Souviens-toi l’été dernier" et d’autre part, cela rappelle le canevas des deux premières saisons. On aura donc bien affaire ici à un tueur vengeur qui va occire une à une des personnes qu’il juge principalement coupables de n’avoir pas porté secours à un individu en danger de mort. Mais on découvrira, au fur et à mesure des heures qui s’égrènent, que les victimes ont toutes quelque chose à se reprocher et pas forcément en rapport avec l’assassinat crapuleux de Kit Jennings, personnage pourtant assez imbuvable !



Dès les premières minutes, cette troisième saison annonce la couleur : on n’est pas là pour la gaudriole, la course-poursuite et le meurtre violent d’introduction devant les yeux abasourdis des principaux protagonistes ne laisseront aucun doute là-dessus ! Clairement, la volonté de l’équipe créative sera de surenchérir en termes d’hémoglobine déversée et de tripes à l’air. Et on peut dire qu’on sera encore une fois servi par les scénaristes qui redoublent d’inventivité en matière de meurtres, ce qui devient tout de même la marque de fabrique de la série ! On aura ainsi pêle-mêle : des assassinats divers au corps à corps à l’aide d’un sabre ou d’un couteau, une décapitation délicate à la hache, un visage brulé à l’acide, un ébouillantage de bouche et gorge, des immolations par le feu volontaires ou pas, un crâne perforé à la perceuse, une gorge tranchée alors que la victime est suspendue à un arbre à l’envers, un sac plastique sur la tête et, clou du spectacle, la dissection d’un être humain encore vivant !

Aussi, pour que le meurtrier puisse commettre de telles exactions, il faut qu’il ait un panel assez large d’individus à exécuter et surtout qui méritent de l’être ! Pour le coup, « Le Druide » n’aura que l’embarras du choix tellement les personnages peu recommandables et détestables pullulent au sein de la résidence « Clayborne Apartments ». Jugez plutôt : Dan Olensky, le suprémaciste blanc alcoolique dont la fille Cassidy est une nymphomane notoire raciste elle aussi, Alexander Lemon, le hipster insupportable qui tient un café bio où tout est hors de prix en couple avec Amy, une geek accro aux jeux vidéo et frigide de surcroît, Violet Lickers une influenceuse superficielle profitant de la tragédie pour faire mousser sa popularité sur son blog, mariée à Joe qui a une liaison torride avec…le voisin Angel et aussi Frank Dixon, un petit truand de bas étage frappant sa femme. A côté de ces protagonistes peu amènes, cohabitent la famille Jalalzai, des musulmans issus de l’immigration qui pensent que les américains les détestent, ainsi que Amber Ciotti et Justine Rijkers, un couple homo et mixte vivant avec les deux enfants de la seconde, Jen et Connor. Graviteront autour de ces personnages Kaili Greenberg, une prof quadragénaire cherchant l’amour sur des sites de rencontre, des lycéens dont l’irritable Charlie toujours en train de faire des blagues avec un masque, Roberta Hanson accompagnée du détective Pujit Singh et du légiste Lucie Cooper, les forces de police menant l’enquête…

Beaucoup de monde donc et ainsi un maximum de potentielles victimes qui nécessitaient d’être différentes au possible et elles le sont ! En revanche, le problème c’est qu’elles sont caricaturales à l’extrême ! Tous les styles de notre société moderne sont ainsi représentés : LGBT, cas sociaux, immigrés, bobos, homme violent, blogueuse, geek, célibataire endurci, famille recomposée, bisexuel, homo refoulé, lycéenne libidineuse, raciste aigri et toujours bourré, etc. Chaque protagoniste est le produit d’une mentalité ou situation de notre époque mais c’est vraiment trop stéréotypé pour qu’on prenne cette saison au sérieux, trop c’est trop ! Cela est fort dommageable car les thématiques abordant l’homophobie, le racisme ou les méfaits de la technologie (le pouvoir des réseaux sociaux, l’addiction aux portables et aux jeux vidéo) même si elles sont intéressantes et d’actualité, sont ici simplifiées au strict minimum et noyées dans ce flot de personnages tous plus horribles les uns que les autres et méritant, in fine, leur sort !



Tout cela ne serait rien si cette saison 3 n’était pas également remplie d’incohérences scénaristiques liées à la contrainte de l’action qui se déroule sur vingt-quatre heures, si on reconstitue l’histoire rétrospectivement mais aussi d’autres plus latentes, comme par exemple : le couple de bobos hipsters n’a-t-il pas les moyens de déménager de cet immeuble peu avenant et de ce quartier mal fréquenté ? Ou encore, comment se fait-il que les parents super protecteurs de la jeune musulmane ne l’appellent quasiment jamais sur son portable ? Incompréhensible !

Comme d’habitude, le scénario suivra exactement la même recette que les autres saisons avec : un événement lambda survenant dans le passé entraînant dans le présent les exactions d’un meurtrier assoiffé de vengeance, le tout avec force flashbacks qui amènent au dénouement et qui se concentrent sur certains des personnages pour nous en brosser le portrait. D’aucuns résoudront probablement l’énigme du tueur avant le final car même si les scénaristes essaient de brouiller les pistes avec de faux indices, les plus malins auront tout deviné avant le twist de fin. Mais bon on saluera quand même l’audace de cette saison 3 quant au choix de son héroïne : Saadia, une jeune femme voilée de confession musulmane !

Côté distribution, on retrouve certaines têtes des saisons précédentes. Parmi celles-ci, on retiendra Paula Brancati, qui interprète avec un plaisir fou le personnage de Violet, la blogueuse en quête de likes et ça se voit ! Dean McDermott, quant à lui, a plus de répliques que dans la saison 2 et est superbe en raciste alcoolique essayant d’élever seul sa fille tant bien que mal. En revanche, on doute encore du choix de Mercedes Morris pour interpréter Jen censée être une adolescente d’environ seize ans. Désolé les gars, mais il y a erreur de casting car la donzelle fait carrément plus vieille que son personnage et d’ailleurs elle a 26 ans dans le civil !

En conclusion, Slasher (saison 3) : Solstice est nanti d’un scénario assez limité mais surtout, fourmille de personnages clichés au possible et ne suscitant aucune empathie ce qui rendra les meurtres du tueur masqué plus qu’attendus ! Ce dernier en variant à chaque fois son modus operandi, s’en donnera à cœur joie, vu la quantité de sang versé et de scènes bien gore qui sauvent cette saison d’un ennui profond !






3/6 - Vincent Duménil