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Baby et Otis Firefly ainsi que le Captain Spaulding ont miraculeusement survécu à leur fusillade et sont jugés pour leurs exactions sanglantes. Largement couvert par les médias, leur procès devient célèbre à travers tous les États-Unis, le public affirmant que leurs crimes ont été commis afin de lutter contre le système ! Malgré cela, ils sont tous trois reconnus coupables de leurs forfaits. Alors que le Captain Spaulding est condamné à mort par injection létale, Otis et Baby ont pris perpète, mais vont-ils rester longtemps incarcérés ?



L'AVIS :

Cela fait environ une quinzaine d’années maintenant que nous suivons avec le plus vif intérêt la carrière de Rob Zombie, rocker reconverti dans le cinéma horrifique qui s’est construit, jusqu’en 2016, une filmographie incontournable avec, excusez du peu : "La maison des 1000 morts", "The devils rejects", "Halloween 2007", "Halloween 2 (2009)", "The lords of Salem". Puis en 2016, il sortait un long-métrage sobrement intitulé "31" et commettait là sa première fausse note car malgré une bande-originale littéralement sublime, deux, trois belles séquences et la présence au casting de Richard Brake, interprète formidable du clown Doom-Head et véritable révélation du film, ce projet s’était avéré son plus faible. Trois ans plus tard, l’annonce de la sortie du nouveau métrage de l’ami Rob était par conséquent attendue au tournant : allait-il retrouver de sa superbe ou bien resterait-il sur la pente descendante amorcée par "31" ?

C’est donc avec étonnement que l’on apprit la sortie d’un nouveau volet des aventures de la famille Firefly. Effectivement, pourquoi vouloir faire une suite à "The devils rejects", le chef-d’œuvre crépusculaire de Zombie tellement culte, d’autant que « les rebuts du Diable » avaient été laissés pour morts dans le film de 2005 !? Toutefois, l’excitation nous gagnait également de revoir ces serial killers complètement barrés et même quand on sut que Sid Haig était malade, Zombie rassura les fans en garantissant l’intégration d’un nouveau personnage, Winslow Foxworth Coltrane alias Foxy, l’homme-loup de minuit, le demi-frère d’Otis et Baby, interprété par le fameux Richard Brake ! Que donne alors ce long-métrage suscitant des attentes diverses mais relativement élevées ?



Pour commencer, il faut préciser que ce dernier est divisé en trois parties malheureusement inégales. La première nous raconte la condition actuelle des « Rejects » à travers des extraits de journaux et autres émissions télévisées racoleuses avec force interviews. On apprend donc ce qu’il s’est passé après l’assaut clôturant le film précédent, les journalistes montrant bien à quel point le fait que la famille Firefly soit encore en vie, vu le nombre de balles qu’ils se sont pris dans le buffet, est totalement improbable. Tu m’étonnes ! Pour ne rien vous cacher, c’est clairement moyen comme partie, d’une part à cause du remplacement de Sid Haig qu’on ne voit que quelques minutes (mais quelles minutes, et quel monologue !) et qui a suscité la réécriture de plusieurs séquences mais d’autre part, à cause de scènes d’introduction et de développements trop longues. Bref, c’est bancal et décousu !

La seconde partie nous raconte l'évasion des personnages ainsi qu'une scène de home invasion faisant fortement penser à celle du motel du précédent opus mettant en scène les Firefly. C'est d'ailleurs l'un des plus gros défauts de ce film : la trop forte ressemblance avec son aîné ! Ce qui laisse à penser que Zombie est en manque d’inspiration totale et ce, même si la violence est toujours là et que les dialogues crus sont parfois drôles. Et ce n’est pas une gonzesse à poil qui se fait poignarder avec un gros couteau, une autre qui s’est faite scalpée le visage ou encore des tirs dans la tête à bout portant qui y changeront grand-chose : ça reste du déjà-vu !

Enfin, arrive la troisième partie, celle-ci se déroulant à Mexico. Ici, malgré des décors neufs, des partis-pris osés (Baby tuant des catcheurs mexicains avec un arc !) et l’apparition de nouveaux protagonistes tels que le nain coopératif, le barman retors ou les sympathiques prostituées, ça ressemble à un remake de "The devils rejects" et tombe rapidement dans la caricature. La structure est la même et Zombie pousse le vice de transférer les rôles d'anciens personnages à de nouveaux ! On retrouvera, en plus, une mise en scène quasi identique, des ralentis similaires et peu ou prou les mêmes chansons !



Alors certes, côté originalité, on a bien le droit à une escale, celle de Baby dans une prison pour femmes, cependant ça sent trop l’hommage appuyé au genre « Women In Prison ». Mais surtout, voir Sheri Moon Zombie exploser tout le monde, fille de deux mètres et matonnes comprises, en deux secondes et à mains nues ne semble gêner personne ! Alors quand on assistera à l’évasion d’Otis, on se rendra bien compte que Zombie fait du n’importe quoi : comment, en effet, l’ennemi public numéro un fait des travaux d'intérêt général en plein air avec un seul gars armé derrière lui !?

Côté casting, on est à peine mieux loti entre un Sid Haig amoindri physiquement et uniquement présent les premières minutes, une Sheri Moon Zombie cabotinant à outrance, ce qui la rend complètement ridicule et un Bill Moseley moins fringuant qu’à l’accoutumée, on ne peut pas dire qu’on ait là de quoi s’extasier ! Même Richard Brake est sous-exploité et semble se contenter de donner la réplique mais il faut dire à sa décharge qu’être une pièce rapportée de dernière minute ne doit pas être facile ! Toutefois, certains spectateurs seront ravis de retrouver, parfois pour seulement quelques poignées de minutes seulement, pas mal de têtes connues dans des seconds rôles : Danny Trejo (l’incontournable "Machete"), Emilio Rivera (celui qui joue le méchant latino de service dans plein de séries), Clint Howard (vu dans une centaine de séries B comme "Ticks attack" et complétement méconnaissable dans le rôle d’un clown débarquant au mauvais moment !), le nain Pancho Moler et Jeff Daniel Phillips en directeur de prison au look improbable (tous deux vus dans "31"), Dee Wallace ("La colline a des yeux", "Hurlements") en gardienne sadique, mais c’est une bien maigre consolation !



Passant souvent d’un genre à l’autre en peu de temps, Zombie semble ici expérimenter son savoir-faire ce qui rendra malheureusement l’ensemble incohérent et déséquilibré. Cela pourrait ne pas être si dérangeant que cela si le film avait des choses à raconter. Or, il n’en est rien ! L’ami Rob semble plagier ses précédents métrages, les acteurs sont devenus soit insipides, soit hystériques au possible et l’on assiste, impuissants, à la destruction d’une mythologie que le cinéaste saborde lui-même. On espère néanmoins, au vu de ce qu’il a pu réaliser auparavant, que Rob Zombie saura se reprendre rapidement, c’est tout le mal qu’on lui souhaite !

LA BANDE-ANNONCE :