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Amoureuse de son professeur de littérature, Silvia ne supporte pas l’idée qu’il puisse mener une double vie avec une autre femme. Après s’être débattue avec ce dernier qui tentait de la violer, elle le tue d’un violent coup sur la tête et récidive en mettant fin aux jours de sa maîtresse quelques jours après. Aidée par deux de ses camarades de classe pour dissimuler les cadavres, Silvia va malheureusement prendre goût à ce costume de tueuse en série et ne va plus réussir à s’arrêter, tuant à tour de bras sans réel motif. Très vite, la situation ne peut plus être contenue au sein de ce trio d’amis et c’est toute la classe qui progressivement est mise au courant de ce massacre perpétré par Silvia. Admiratifs et surtout jaloux que Silvia puisse « décider de la mort de telle ou telle(s) personne(s) sans que rien ne lui soit réellement reproché (la pauvre chérie à qui l’on pardonne tout) », ses camarades vont alors s’organiser pour former une sorte de milice clandestine prête à tuer toute personne qu’ils trouvent gênante. Une situation qui dégénère et qui risque d’être dévoilée par un policier chargé d’enquêter sur toutes ces disparitions soudaines dans la ville...



L'AVIS:

L’Espagne nous offre tellement de belles choses dans le cinéma de genre qu’il nous est bien difficile de résister à toute nouvelle pelloche provenant de ce beau pays ibérique nous ayant fait connaître de si talentueux cinéastes : Pedro Almodovar, Alejandro Amenabar, Jaume Balaguero, Narciso Ibanez Serrador et Alex de la Iglesia en tête.
Et tout ceci est sans compter des Jesus Franco, Bigas Luna (« Angoisse »), Juan Piquer Simon ("Pieces" alias "Le sadique à la tronçonneuse", "mutations"...), Eugenio Martin ("Terreur dans le Shanghaï express"), Amando de Ossorio (la tétralogie des Templiers), Jorge Grau ("Le massacre des morts-vivants", "Cérémonie sanglante"), Paco Plaza ("Les enfants d’Abraham", "L’enfer des loups", "Rec", "Rec 2", "Rec 3 genesis", "Veronica"...), Juan Antonio Bayona ("L’orphelinat"), Nacho Vigalondo ("Timecrimes", "Extraterrestre", "Open windows"...) et plein d’autres encore...

C’est donc avec un réel intérêt que nous nous plongeons sans hésiter dans cette comédie horrifique teintée d’humour noire (nous pensons clairement d’emblée à "Petits meurtres entre amis") servie par un cinéaste espagnol inconnu répondant au nom de Felipe Jiménez Luna.




Bon, il faut le reconnaître d’emblée, je vous ai fait saliver en vous rappelant certains grands noms du cinéma de genre espagnol et ce n’est pas forcément très cool de ma part car le film présenté aujourd’hui nous propose certes quelques bonnes petites choses mais n’ira pas concurrencer les grands films phares du cinéma fantastique espagnol contemporain.

Malgré une histoire des plus farfelues, pour ne pas dire surréaliste et improbable, "Pas un mot" (de son vrai titre "No digas nada", pour le distinguer d’un film avec un certain Michael Douglas) nous entraîne sans véritable résistance de notre part dans son intrigue, finalement bien plaisante et joyeusement sympathique.
Une enquête policière avec en guise de tueurs une bande de serial killers encore à l’école et prêts à en découdre avec la population et surtout avec de malheureux innocents dont les têtes ne reviennent tout simplement pas à nos tueurs en herbe. Le décor est planté et l’humour noire clairement annoncée !

Le film de Felipe Jiménez Luna possède son petit lot de clichés bien évidemment, notamment au sein de son jeune casting (une Silvia un brin fofolle et sacrément émotive qui se découvre tueuse en série, un jeune homme discret et tête de turc de voyous de quartiers, le geek un brin excentrique qui s’excite pour le moindre truc « trop cool », la jeune fille timide et trop gentille n’osant dire non à personne et surtout ne sachant pas garder un secret plus d’une heure...), mais cette joyeuse troupe de jeunes comédiens possède ce « je ne sais quoi » qui les rend attachants malgré des interprétations moyennement convaincantes.
Ce côté « candide et non raisonné » de nos protagonistes est certainement ce qui nous amuse le plus : participer à leur petites réunions clandestines - durant lesquelles les votes sont clairement dirigés et donc inutiles, les dialogues immatures et creux au possible et les décisions prises radicales et non réfléchies - est parfois un vrai régal ! Il en ressort par exemple normal de tuer un chanteur de Macarena car « cette chanson est désagréable au possible », un professeur car il saque ses élèves sans vergogne, ses voisins car ils sont envahissants... Des réunions où fusent nombre d’idées saugrenues et des choix de victimes des plus discutables et qui s’avèrent être les meilleurs moments de notre film (auxquels nous rajouterons cette séquence assez drôle dans le magasin d’armes d’un nazi pervers).

Face à ce casting sympathique mais malheureusement peu expérimenté se trouve notre cher Santi Rodriguez interprétant le rôle du policier Juan Perez chargé d’enquêter sur cette vague de disparitions soudaine.
Un policier à côté de la plaque, alcoolique et fainéant, roi de la boulette et incapable de distinguer (et je ne parle pas de viser juste hein !) un éléphant dans un couloir. Un flic paumé qui ne doit son métier qu’à sa sœur (qui se tient avec son boss) et qui fait le bonheur de notre petite milice secrète qui peut continuer à « travailler » sans avoir peur d’être démasquée...
Un personnage plutôt bien retranscrit dans le film de Felipe Jiménez Luna, qui apporte un bon zest d’humour et qui se distingue clairement des autres rôles adultes peu mis en avant ici.

Du côté des bonnes petites trouvailles, nous noterons les efforts du cinéaste pour apporter un brin d’originalité dans sa réalisation en optant notamment pour de sympathiques et dynamiques split screens (entendez par là des écrans partagés/découpés, aussi bien verticalement qu’horizontalement) ou encore une musique punchy et djeun’s s’accommodant bien avec certaines situations.



Malheureusement, hormis le manque d’expérience du casting jeune, nous reprocherons surtout à Felipe Jiménez Luna de ne pas avoir suffisamment travaillé son scénario.
Manquant par moments cruellement de profondeur, n’allant pas suffisamment loin dans l’humour noire ou tout simplement dans la comédie (quitte à mettre les pieds dans le farfelu et le surréaliste, autant pousser le truc jusqu’au bout !), "Pas un mot" donne souvent cette impression d’inachevé (ce qui le distingue nettement d’œuvres à la Alex d la Iglesia par exemple où les personnages sont plus fouillés, les scènes plus inventives et certaines situations poussées à l’extrême).

Ne parvenant pas à nous offrir de séquences réellement mémorables (si ce n’est cette séquence dans le magasin d’armes tenu par un nazi, point d’orgue du film sans pour autant être transcendant), répétitif par moments et bourré d’incohérences (le côté farfelu de l’entreprise fait que l’on se permet parfois des choses qui peuvent titiller le spectateur : comment ces jeunes peuvent par exemple tuer autant de personnes en plein jour sans être vus, sans qu’aucun soupçon ne demeure dans la population ?...), le film de Felipe Jiménez Luna n’est en plus pas aidé par une VF déplorable sur le dvd français édité par Zylo (dont nous connaissons déjà certains méfaits...), seule piste disponible sur ce support laser malheureusement.

Certain(e)s pourront peut-être aussi déplorer le manque d’hémoglobine dans notre film. Certes, les meurtres sanguinolents et autres scènes trashs (que nous pouvons parfois voir dans les comédies horrifiques des compatriotes de Felipe Jiménez Luna) sont ici aux abonnés absents mais faut-il réellement le souligner dans les défauts du film ? Je ne pense pas... Par contre, nous aurions peut-être aimés être un peu plus spectateur de tous ces meurtres perpétrés par ces jeunes insouciants (les voir un peu plus à l’œuvre, les voir un peu galérer du fait de leurs inexpériences en la matière... Il y avait clairement quelque chose à tenter à ce niveau-là dans le scénario, plutôt que de nous pondre des amourettes entre jeunes protagonistes dont l’on se fiche éperdument).



"Pas un mot" ("No digas nada") de Felipe Jiménez Luna ne restera pas dans les annales du cinéma de genre espagnol. D’ailleurs, je pense que bon nombre d’entre vous ignoriez l’existence de ce film, n’est-ce pas ?
Cela ne signifie pas pour autant que le film est mauvais hein ! Il n’y a certes rien de bien transcendant ici mais nous avons là une comédie vacillant entre le cinéma de genre et l’humour noire parvenant toutefois à nous entraîner sans grand mal dans cette histoire hautement sympathique malgré des défauts indéniables dans le scénario et le casting du film.

Teaser :










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