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Nous sommes en 1968, lors de l’élection de Nixon et de sa politique controversée vis-à-vis du conflit au Vietnam. Stella Nicholls, jeune romancière en herbe vivant à Mill Valley, une petite ville de Pennsylvanie se voit poursuivie elle et ses amis par Tommy Milner accompagné de sa bande, le soir d’Halloween. Trouvant refuge dans la voiture de Ramón Morales, un jeune objecteur de conscience d’origine mexicaine, tout ce beau monde va s'échapper et pénétrer dans la maison hantée locale, celle-là même où une certaine Sarah racontait autrefois aux enfants des histoires effrayantes à travers les murs. Dans une pièce secrète, le groupe va trouver un livre qui racontera des histoires terrifiantes et permettra à d’effroyables créatures de prendre vie et de semer le chaos dans cette petite ville où chacun devra affronter ses pires peurs...



Fasciné depuis toujours par la saga pour enfants « Scary Stories to tell in the dark » écrite par Alvin Schwartz entre 1981 et 1991 et vendue à sept millions d'exemplaires à travers le monde, Guillermo del Toro a constitué une équipe afin d’adapter cette histoire sur grand écran. Il a donc choisi comme réalisateur le norvégien André Øvredal (les très bons "The Troll hunter" et "The Jane Doe identity") pour diriger le long-métrage qu’il réécrit et coproduit également. Notons que si les livres de Schwartz comptent une dizaine de contes, les scénaristes ont ici choisi d'en adapter seulement cinq ou six.

Honnêtement, à la lecture du résumé et de la genèse du film, on était en droit de s’attendre à un métrage à sketchs horrifiques du style "Creepshow", "Amusement" ou encore "Tales of Halloween", mais en fait pas du tout ! Ici, le pitch centré sur des enfants et situé dans une petite ville américaine, rappellera plutôt "Super 8" ou "Ca chapitre 1" avec ces adolescents devant faire face à quelque chose de surnaturel. Cependant, la nature épisodique des « incidents » en série l'alignera davantage sur le style des films comme "Destination finale" dans son cheminement voire "Death note (2017)" avec son cahier dans lequel les histoires prennent vie dans la réalité. Alors oui, certains « épisodes » du film auront un air de déjà-vu (notamment celui lié à l’épouvantail), toutefois ils s’enchaînent tous bien et font partie d’un tout sans besoin d’un fil directeur pour faire le lien entre eux mais surtout, ils sont bien variés !



A ce titre, pour ceux qui connaissent bien l’univers de Guillermo del Toro et son chef-d’œuvre "Le labyrinthe de Pan", on sait l’amour immodéré du lascar pour les monstres et bestioles en tous genres ! Et l’on peut dire que les spectateurs seront servis avec son bestiaire de créatures aussi effroyables que diverses. Des épouvantails, des fantômes, des araignées, sans oublier la grosse dame pâle aux yeux globuleux et surtout le croquemitaine final, le « Jangly Man », repoussant au possible par son faciès ignominieux et constituant une véritable torture visuelle par toutes les contorsions cauchemardesques qu’il adopte !

Côté casting, on retrouve Austin Abrams (« La face cachée de Margo »), Dean Norris (la série "Under the dome (saison 1)"), Gil Bellows ("La maison au bout de la rue"), Lorraine Toussaint (« The night before ») ou encore Javier Botet ("Slender man", "Ça chapitre 2"), un acteur incarnant souvent des monstres au cinéma. Mais c’est avant tout la performance de Zoe Margaret Colletti (« Annie », »Skin »), que l’on retiendra car elle fait un superbe travail en tant que Stella et ajoute une belle ligne en plus à son Curriculum Vitae qu’elle a déjà bien fourni pour son âge ! Pour ce qui est de la bande originale, c’est à Marco Beltrami qu’on a confié la quasi-totalité des rênes. On a donc ici affaire à une pointure qui sait bien rendre une ambiance anxiogène comme il faut car il a participé à la confection du score de moult longs-métrages d’horreur comme : "Scream", "Mimic", "The faculty", "Resident evil", sans compter tous les films fantastiques sur lesquels il a aussi travaillé !



Devant tant de qualités exposées, il nous faudra cependant calmer les ardeurs des spectateurs par trop enthousiastes en leur indiquant que la belle mécanique se grippe peu à peu, à mesure qu'elle monte en puissance dans ce qu'elle présente. Scary stories trouvera inévitablement ses limites une fois l'ensemble des ressorts des films d’horreur connus tous convoqués car effectivement même s’ils sont mieux introduits que dans certains métrages récents à base de poupées maléfiques et autres protagonistes possédés par une entité diabolique, les jump scares sont toujours trop présents, mais surtout, les personnages sont assez caricaturaux dans l’ensemble, tout comme le scénario est relativement basique et la fin, abordée très rapidement, apparaît comme inutile et cent fois visionnée à tel point qu’elle ternira l’ensemble étant pourtant d’une qualité largement au-dessus de la moyenne, dommage !



Ce petit film d’horreur produit par Guillermo del Toro n’est pas révolutionnaire en soi, mais esthétiquement il est très bien fait, son récit prend lieu et place à une époque peu explorée dans les métrages de genre, son catalogue de monstres singuliers est très fourni et certains sont effrayants à souhait ! Alors certes, certains pourraient le trouver convenu dans son scénario et considérer sa fin comme pas très originale, mais il apparaît comme une belle déclaration d’amour au cinéma d’épouvante et constitue un divertissement au-dessus du panier largement regardable, notamment pour tous ceux qui, comme votre dévoué, s’attendaient à voir une succession de petits contes macabres pour la plupart inaboutis !

LA BANDE-ANNONCE :