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Cela fait dix ans que Kong est tombé des hauteurs du World Trade Center et a connu une fin tragique. Mais le primate géant n'est pas mort. Il vit, plongé dans le coma, dans un bâtiment gouvernemental dans l'attente d'une greffe de cœur. Amy Franklin, la scientifique chargée de pratiquer l'opération à haut risque, s'y refuse car Kong a besoin de plasma sanguin en grande quantité durant l'intervention et le laboratoire n'en a pas en stock. Coup de chance, un aventurier du nom de Hank Mitchell parvient à capturer sur l'île de Skull Island un primate femelle baptisé Lady Kong. Cette dernière est ramenée aux Etats-Unis afin d'être prélevée du plasma nécessaire. L'opération sur Kong est une réussite. A son réveil, le roi de Skull Island sent la présence de Lady Kong, pourtant mise à l'écart dans un bâtiment militaire à plus de 2 kilomètres de distance. Cette dernière ressent aussi la présence de son homologue masculin et les deux primates ne vont pas tarder à s'échapper pour se rencontrer...



L'AVIS :

L'affiche française du film le clame haut et fort : "Il revient et il n'est pas content..." ! Tu m'étonnes qu'il n'est pas très content notre ami Kong ! Pas content de voir comment la figure mythique qu'il est devenu depuis sa première apparition en 1933 a pris du plomb dans l'aile. Son statut a déjà été légèrement ébranlé dans Le Fils de Kong sorti directement en 1933 également. La fissure s'amplifie en 1962 lorsque les japonais lui font affronter Godzilla dans le sympathique et nanaresque King Kong contre Godzilla. On le retrouve en 1967 dans La Revanche de King Kong (ou King Kong s'est échappé parfois), toujours interprété par un homme dans un ridicule costume de singe. En 1976, il se voit à nouveau ridiculiser avec King Kong Revient mais retrouve aussi de sa superbe cette même année dans King Kong, le sympathique remake écolo de John Guillermin. C'est pourtant ce dernier qui va le mettre définitivement en colère lorsqu'il réalise, dix ans plus tard, en 1986 donc si vous savez compter, l’innommable, l'indéfendable King Kong 2.



"Faut pas déconner quand même" se dit Kong et il a bien raison ! Rien que la lecture du synopsis ci-dessus nous met la puce à l'oreille : le film ne va pas voler très haut. La réalité est encore pire : on reste au ras des pâquerettes, et encore. Ils se sont quand même mis à deux pour écrire le scénario et on trouvera très peu de monde pour féliciter Steven Pressfield et Ronald Shusett. Peut-être que ces deux là ont vu le Queen Kong réalisé en 1976 par Frank Agrama et se sont dis que mettre un gorille femelle dans leur histoire serait une bonne idée. Bah non, c'est pas une bonne idée. Ou ça aurait pu l'être si le traitement réservé aux deux primates n'allait pas verser dans le ridicule. Rien que le look de Lady Kong, avec ses deux gougouttes tombantes, nous fait prendre en pitié la pauvre créature, interprétée sous le costume par George Antoni. Car oui, même si on retrouve Carlo Rambaldi au commande des effets-spéciaux, réalisateur et producteurs ont décidé cette fois-ci d'éviter les constructions mécaniques à 1 million de dollars qui ne fonctionnent pas. Sauvé par le talentueux Rick Baker et ses superbes masques en 1976, Carlo Rambaldi n'a pas l'esprit d'équipe ni la reconnaissance aisée. Il décide donc de ne pas refaire appel à Baker pour King Kong 2 et se charge lui-même de la création des masques et costumes simiesques. Le résultat est largement moins probant et efficace malheureusement. Sous le costume de Kong se trouve Peter Elliott, qui fait ce qu'il peut pour avoir une démarche simiesque, tantôt sur deux jambes, tantôt à quatre pattes façon gorille pour de vrai !



S'il parvient à donner le change lors de quelques scènes, la pauvreté des effets-spéciaux vient vite le rattraper et ne lui permet pas d’interpréter un Kong comme le public veut le voir. Les scènes de destruction de maquettes sont faiblardes et les fonds verts se voient comme un pustule au milieu du visage. Pire que tout, l'histoire se focalise sur la relation entre Kong et Lady Kong et là, ça devient carrément insultant pour le roi de Skull Island. Voir nos deux singes géants batifoler dans la nature, se faire des farces puis des câlins, mon dieu, ils ont osé. Je rappelle que les primates sont joués par des acteurs sous un costume et que leur façon de s’asseoir ou de se relever ne fait guère illusion. On atteint assez souvent les limites du ridicule et les images proposées en deviennent pathétiques pour le pauvre spectateur obligé de subir cette indécence simiesque. Les vilains militaires, emmenés par le très méchant Lt. Col. R.T. Nevitt (John Ashton) vont tenter de dynamiser un peu le rythme du film en pourchassant Kong et sa compagne, à grand renfort de jeeps, tanks et autres hélicoptères.



A ce niveau, les moyens ont été mobilisés, c'est bien le seul point positif du film peut-être. La charmante Linda Hamilton se demande ce qu'elle est venue faire dans cette galère, après s'être fait remarquer dans Les Démons du Maïs en 84 et avoir brillé dans le Terminator de James Cameron la même année. La pauvre actrice essaye tant bien que mal d'éprouver de la compassion pour son gorille fraîchement implanté du cœur, nous dévoile tout de même sa poitrine lors d'une scène ultra-rapide avec l'acteur Brian Kerwin qui, lui, tente d'avoir de la compassion pour sa Lady Kong. Non vraiment, même en étant très bon public, ce que je suis pourtant, impossible d'éprouver une grande sympathie pour King Kong 2, qui dénature le mythe, le rend obsolète, le maltraite jusqu'à plus soif. C'est sûr que si on le prend comme un nanar, ça peut faire passer une bonne soirée de rigolade. Mais franchement, était-ce le but ? A oublier au plus vite, le plus grand héros du cinéma mérite bien mieux que ça.








Du même réalisateur :

KING KONG (1976)