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Réalisation
Tiwa Moeithaisong

Scénariste
Tiwa Moeithaisong

Date de sortie
2009

Genre
cannibales

Tagline


Cast
Mai Charoenpura
Rattanaballang Tohssawat
Wiradit Srimalai


Pays
Thailande

Production


Musique
Giant Wave

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5
(1 vote)
Une femme qui cache de bien lourds secrets sert des soupes de nouilles dans sa petite gargote, mais gare aux boulettes de viande, car ce n'est pas du bétail qu'on égorge dans la cave...



L'AVIS :

S'il y a bien un film gore qui a tendance à se faire parfois oublier injustement, c'est bien "Cheuuat gaawn chim"... Bon, comme c'est trop chiant à prononcer, nous allons nous contenter de l'appeler par sa traduction: "Meat Grinder".

Parfait croisement entre "The Untold Story" et "Nouvelle Cuisine", ce gros film gore thaïlandais ne manque pas d'audace en matière de boucherie. Récupérant tout les codes habituels des CAT III hongkongais, ce torture-porn jusqu'au-boutiste a de quoi régaler chaque amateur de gore en manque d'appétit. Et comme prévu, le contenu du film est tout aussi explicite et immonde que son affiche officielle.



Démarrant dès les dix premières minutes par une séquestration suivie d'une immobilisation à faire grincer les dents, "Meat Grinder" sert le plat d'entrée de manière excessivement brutale et fascine déjà par la beauté de son jeu d'éclairage. Si vous êtes habitués par les parfaits cadrages des réalisations asiatiques, ça ne vous empêchera pas d'être éblouis par les couleurs vives qui subliment autant les décors poisseux que la barbaque qui s'y trouve. Une atmosphère morbide et putride (on pensera aux "Massacre à la Tronçonneuse") magnifiée par les lumières bleutées et orangées qui y pénètrent.

Mais au lieu de rester ancré dans la torture purement démonstrative, l'intrigue commence à se développer tout d'abord par une mise en parallèle; la présentation du personnage dérangé, Bood, ayant hérité du restaurant de nouille de sa mère au beau milieu d'un quartier défavorisé et touché par la guerre civile. Rajouté à cela, la présence de sa fille maltraitée et d'un homme avec qui elle va entretenir une relation amoureuse impossible après que ce dernier l'ai mise en sécurité afin d'éviter la dévastation du quartier causée par la violence politique. On retiendra aussi quelques détails concernant les dettes de loyers (un grand classique) et les plusieurs flashbacks en noir et blanc qui révéleront petit à petit quelques points importants évoluant l'histoire par quelques petits rebondissements intéressants.



Evidemment, Tiwa Moeithaisong maintient un équilibre entre l'horreur et le drame pour servir un cocktail constamment composé de larmes et de sang. Quant à cet hémoglobine si juteux, la quantité est phénoménale... S'il y a bien une chose sur lequel s'appuie "Meat Grinder", en plus de la folie maladive de la bourrelle, c'est bel et bien le charcutage de la barbaque. Les victimes sont traitées telle qu'elles sont; de la viande bonne à nourrir les futurs clients.
Mais si les multiples séquences de barbarie ultra-sanglantes poussent très loin le degré de violence supportable à l'écran, la cause de ces ignominies, elle, se justifie au cours de l'histoire et tente de développer au fur et à mesure le personnage torturé de Bood. Cette femme victime d'infidélité, de drame familiale, et de perte de contrôle de son centre psychique, se voit sombrer dans le meurtre et le cannibalisme sans la moindre culpabilité.

Malheureusement, l'exagération des situations dramatiques sensées nous dégager de l'empathie envers Bood décrédibilise tout le contenu jusqu'à une fin complètement tirée par les cheveux. On se rappellera de "Blood Island" qui maniait très bien la surenchère de violence et de scandale familiale par la crédibilité de son enjeu. Ici, "Meat Grinder" ne déboule sur rien et avance à grand pas vers le vide final sans prendre le temps de jouer correctement la carte de l'émotion.



On se retrouve finalement devant un torture-porn dramatique purement démonstratif qui avait pourtant le potentiel d'aller plus loin dans la scénarisation et qui aurait pu privilégier les conséquences futures sur les débordements de la pauvre mère de famille, plutôt que de rappeler sans cesse la cause de sa situation psychologique à travers des flashbacks de plus en plus déments et de moins en moins crédibles (la brève scène d'accouchement si brutalement gratuite qu'elle en devient amusante).

Dans la profondeur, le réalisateur a donc mal choisi son orientation d'écriture mais comble cette maladresse par les débordements de violence acharnée et la forte dose de gore qui ne manquera pas d'offrir de très nombreuses images visuellement inouïes et merveilleusement macabres. De la pure boucherie tragique et ultra-violente aussi délicieuse pour notre estomac qu'éblouissante pour nos yeux.









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