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Persuadé qu’il peut redonner vie à son chat Patrick auquel il tenait tant, Ted va accomplir un plan des plus tordus consistant à sacrifier neuf femmes, chiffre symbolisant les neuf vies du chat. Déguisé en félin avec son masque de chat et ses gants aux griffes acérées, Ted part dans sa quête sanguinolente censée ramener son fidèle matou à la vie...



L'AVIS:

Nous revenons aujourd’hui sur le film australien "cat sick blues", un film underground réalisé par un certain Dave Jackson qui a connu un joli petit succès en festival en rapportant à la maison plusieurs récompenses.

Ce film ô combien atypique a réussi à sortir de l’ombre pour aller toucher un plus large public que celui de festivals moins médiatisés où il a été projeté et que sont par exemple le Sadique Master Festival, le LUFF (Lausanne Underground Film and music Festival) ou encore le BUT (B-Movie, Underground and Trash) Film Festival. Une sortie de l’ombre permise notamment par l’éditeur italien Spasmo Video qui ne cesse depuis 2018 de faire tourner la tête des fans de cinéma de genre extrême en proposant des sorties fort intéressantes (et reprenant notamment une partie non négligeable du catalogue VHS de nos chers amis éditeurs d’Uncut Movies) avec notamment des sous-titres français.

Et ce sont d’ailleurs les orléanais d’Uncut Movies qui ont signé un partenariat avec Spasmo Video pour distribuer plusieurs titres de leur catalogue sur le territoire français, dont ce fameux "cat sick blues" dont il est question aujourd’hui.
Un film qui rappelons-le a notamment été interdit de sortie vidéo dans sa version intégrale en Nouvelle-Zélande pour incitation à la violence... De quoi susciter la curiosité de nombreux(ses) d’entre nous qui n’ont pas eu la chance par exemple de le voir en 2018 au Sadique Master Festival dont il est reparti avec le Prix du Jury.



Dès l’introduction du film, nous comprenons que Dave Jackson va nous livrer là une œuvre des plus singulières, choquante et totalement déjantée. Une première dizaine de minutes qui donnent clairement le ton, avec le meurtre brutal de deux jeunes femmes (une par décapitation à coups de pelle et l’autre par strangulation avec ce qui semble être un tuyau d’arrosage) et son générique de film apparaissant soudainement sous une musique de type Grindcore avec en guise de fond d’écran notre tueur posé tranquillement dans le canapé, en train de mater des vidéos de chats sur Internet avec la tête de sa première victime posée sur la table d’à côté...

Et l’introduction de "cat sick blues" ne trompera pas le spectateur sur la marchandise et sur ce qui va suivre durant les 1h20 à venir. Un film qui met clairement en avant un tueur en série pas comme les autres, bien plus barje que la majeure partie des psychopathes que nous avons l’habitude de voir dans notre type de cinéma préféré.
Oubliez Jack Nicholson dans le rôle de Jack Torrance dans "shining", Anthony Perkins dans la peau de Norman Bates dans "psychose", Anthony Hopkins dans la tenue de prisonnier d’Hannibal Lecter dans "le silence des agneaux" ou encore Corbin Bernsen dans la blouse du docteur Alan Feinstone dans "le dentiste" pour ne citer que ceux-là : ce cher Ted est bien plus taré que ces personnages cultes du cinéma fantastique !

Imaginez un homme dépressif, réduit à néant suite au décès de son fidèle chat (probablement son meilleur ami étant gosse) qu’il a conservé dans un congélateur, parti dans un délire consistant à tuer sauvagement des femmes (ce qui laisse penser à un instinct pervers également, d’autant plus que notre homme est adepte de sex-cam sur le Net) pour récupérer leur sang qui permettra ensuite de redonner vie à son animal domestique... Ouch, il en tient une sacrée couche celui-là !
Et ce n’est pas tout (bien évidemment) : Ted est sujet à de violentes crises de spasmophilie, reproduit les attitudes et habitudes de son défunt Patrick (allant jusqu’à pousser des miaulements, faire ses besoins dans la litière et se déplacer silencieusement avec de grands gestes légèrement excessifs à la manière d’un mime) et surtout arbore un accoutrement des plus tordus composé d’un masque de chat (petit clin d’oeil aux boogeymen de nos slashers préférés), d’un pull-over rouge bien trop court pour ce grand dadet, de gants surmontés de griffes acérées (coucou Freddy !) et (je garde le meilleur pour la fin) d’une réplique de pénis de chat en érection et surdimensionné (coucou "the necro files" !) en guise de gode-ceinture !

A la manière de nombreux serial killers, notre cher Ted est sujet à des changements d’humeur imprévisibles. Une versatilité le poussant à tantôt commettre des gestes irraisonnés sous la colère, tantôt vivre en communauté et discuter « presque » normalement avec son entourage. Un caractère imprévisible qui renforce encore plus ce sentiment d’insécurité quand on se retrouve à ses côtés, comme ce sera le cas de l’héroïne de notre film (à la poitrine fort généreuse et appréciable, ndlr).



Dérangeant, dramatique, drôle (un tueur hautement atypique, sans oublier une critique amusante de l’influence qu’ont les réseaux sociaux sur les gens) et horrible (notre tueur masqué ne fait pas dans la dentelle quand il massacre ses victimes), "cat sick blues" saura vous faire passer par une flopée de sensations. Difficile de rester de marbre devant cet ovni cinématographique il va sans dire !

D’ailleurs, son « petit » côté misogyne (notre taré de Ted ne s’en prend qu’à des femmes) révolta certaines spectatrices au festival de Lausanne, manifestant leur colère en quittant la projection et criant au scandale devant les organisateurs de l’évènement (une inscription d’indignation écrite au rouge à lèvre fut entre autres retrouvée sur le grand miroir des toilettes de la cinémathèque de Lausanne pour dénoncer ce film d’après l’un des organisateurs du festival).

On pourra reprocher au film de Dave Jackson certaines lenteurs dans le scénario (l’un des rares points faibles de "cat sick blues") mais au final l’ensemble se suit relativement bien (se permettant même un final qui nous prend à contre-pied) grâce notamment à cet énigmatique personnage que représente Ted (on suit avec curiosité ses délires et son petit quotidien loin d’être des plus communs...).

Procédé parfois utilisé mais souvent peu apprécié par les spectateurs, l’utilisation récurrente de ralentis pourrait également en énerver plus d’un(e)s. Pourtant, leurs apparitions ici peuvent être interprétées de plusieurs façons possibles : pour moi ils rappellent le déplacement lent des félins, donnent un ton quelque peu poétique (une impression d’apaisement/repos, à l’inverse des scènes parfois violentes/brutes où Ted dégage toute sa colère) et enfin permettent également de profiter un peu plus longtemps de certaines scènes dont les détails nous auraient échappé si elles s’étaient passées en temps réel (je pense notamment au massacre de quatre jeunes femmes dans une chambre en pleine nuit, une scène dans laquelle les ralentis et la musique calme tout au long des quatre meurtres feraient passer ce massacre comme quelque chose d’artistique ! Dérangeant non ?).

Certes, le casting n’est pas parfait-parfait (certain(e)s acteur(trice)s ont des jeux plutôt approximatifs) mais nous trouvons un certain plaisir à rencontrer tous ces personnages décalés : une youtubeuse ne vivant que pour ses followers et ses likes, un fan de cette dernière complètement abruti, l’ami du tueur qui ne semble pas perturbé par l’état mental de Ted et qui lui procure même son costume de chat... Une belle brochette de tarés que voilà !

Et que serait "cat sick blues" sans ses meurtres sanglants (le plus violent étant sans conteste celui finissant par une tête écrasée par une statue qui n’est pas sans rappeler le meurtre à coup de phallus dans "orange mécanique"). Crâne défoncé à coups de pieds, tranchages de gorges, décapitations, fellation sanguinolente, strangulation... Le tout avec des effets spéciaux de bonne facture qui nous feraient regretter qu’il n’y ait pas plus de morts encore dans le film. Mention spéciale au meurtre d’une prostituée durant lequel Ted monte en haut du frigo pour ensuite sauter tel un chat sur sa victime alors à quatre pattes dans la cuisine ! Une sacrée poilade !



Au final, ce "cat sick blues" est une bonne surprise dans le milieu des serial killers au cinéma. Un véritable ovni en provenance d’Australie qui nous montre que nous pouvons encore trouver des idées originales, plus ou moins loufoques, pour donner naissance à des œuvres bien barjes et hautement recommandables.
Alors oui, le casting fait parfois amateur et nous notons quelques lenteurs dans le scénario mais l’ensemble se laisse finalement très bien regarder et nous y prenons même beaucoup de plaisir à divers moments, entre humour, déviance et horreur pure.
Un plaisir que je n’avais pas pris devant un film à la « what the fuck ?! » depuis le très sympathique "the greasy strangler" ! MIIIAAAAAAOOOOOOUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!!!!

Teaser :










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