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INTERVIEW DE XAVIER GENS A PROPOS DE COLD SKIN

 

Le très sympathique Xavier Gens, réalisateur de "Hitman", "Frontière(s)", "The Divide", "The Crucifixion" et "Budapest" a accordé un interview à Horreur.com à l'occasion de la sortie française sur support numérique (ENFIN !!) de son très beau "Cold Skin". Notre rédacteur Sylvain Gib lui a donc posé quelques questions...

 

Bonjour Xavier ! Concernant "Cold Skin", comment avez-vous découvert le roman ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire un film ?

Bonjour !! J’ai découvert le roman en 2009 en cherchant un livre au rayon littérature fantastique de la Fnac des Halles. Je me suis ensuite renseigné sur les droits et la production qui voulait faire le film. Le processus fut assez simple.

Le film a été tourné en 2017.Comment se fait-il que le film ait été distribué aussi tardivement ?

Le film a été tourné en 2016, il a nécessité une année de post-production en Espagne entre Madrid et Barcelone. Ensuite, le film a fait sa première au festival de Sitges en octobre 2017 avant de commencer sa vie dans différents pays comme la Russie, les Etats-Unis chez Samuel Goldwyn et l’Asie. Heureusement, le film trouve enfin un distributeur en France, je ne remercierai jamais assez Condor Film qui ont fait cette magnifique édition en Blu-ray et DVD.

Vous êtes un réalisateur dont aucun des films ne ressemblent à un autre. Est-ce le goût du challenge de changer de style ou des opportunités qui se présentent ?

C’est un peu des deux. Je n’ai pas envie d’être mis dans une case. J’ai envie de cinéma, c’est tout. Je viens de produire un film qui était à Canne, à « un certain regard ». Ca s’appelle "Papicha", premier long-métrage de Mounia Meddour. Et c’est un drame sur la liberté féminine dans l’Algérie des années 90. Pour moi, le plus important c’est de faire les films qu’on aime et surtout, être créativement libre.

Récemment, vous avez réalisé "Budapest", un film qui détonne encore plus avec votre filmographie. Etait-ce naturel pour vous de tourner une comédie ? Ou cela vous-a-t-il demandé un travail particulier par rapport au cinéma de genre ?

C’était un challenge et j’avais envie de m’essayer à la comédie. Et j’adore mon casting sur ce film. J’ai aimé tourner en français et ce fut un plaisir d’être distribué par Warner France qui ont fait un travail formidable.

Pour en revenir à  "Cold Skin", bien que le film soit l’adaptation d’un roman, il m’a semblé être un film plus personnel que les autres. Est-ce le cas ?

C’est très personnel par rapport à mon engagement propre sur l’écologie et le message politique qu’il y a derrière. Ce sont deux thématiques qui me sont chères et que j’ai trouvé en faisant "Cold Skin". Quelque chose de très personnel résonne dans le roman et dans le film.

Par rapport au roman, y’a-t-il des parties ou des passages que vous avez dû éluder ? Si oui, pourquoi ?

Par rapport au roman, nous avons surtout accéléré le récit sur la dernière partie. Mais j’invite vos lecteurs à lire le livre pour y déceler les différences. Notamment sur les créatures…

Le film propose une histoire universelle. N’avez-vous pas songé à déplacer l’histoire à une époque plus contemporaine ? Qu’est-ce qui vous intéressait dans le fait que l’histoire se déroule au début du XXème siècle ?

Très bonne question. Je n’y avais pas pensé, par rapport au roman que je voulais respecter au maximum. Et l’époque, 1914, donne la possibilité d’avoir encore des terres inexplorées et donc de fantasmer l’aventure comme à l’époque de Shoedsack et Cooper quand ils ont fait King Kong. 

Le film est porté par deux comédiens exceptionnels, Ray Stevenson et David Oakes. Comment s’est déroulé le casting ? Ces acteurs étaient-ils une évidence ?

Au départ, cela devait être Stellan Skarsgard qui devait jouer Gruner, mais il y a eu un problème de planning. J’avais travaillé avec Ray sur une série, quelques années plus tôt et il était pour moi une évidence. David avait passé le casting pour "The crucifixion" mais je ne l’avais pas retenu pour le rôle. Par contre, je l’avais en tête pour "Cold Skin", et il est parfait pour le rôle. C’est une personne extraordinaire.

En voyant "Cold Skin", on ne peut s’empêcher de penser à "La forme de l’eau" de Guillermo Del Toro. Bien que différents, les films ont des similitudes. Saviez-vous que Del Toro travaillait sur ce film lorsque vous avez commencé à travailler sur "Cold Skin" ? Cela vous a-t-il gêné ?

J’ai découvert que Guillermo travaillait sur "La forme de l’eau" au moment de la sortie du film. Je n’étais pas au courant pendant que nous étions en production. Les deux films furent à Sitges la même année. C’était drôle.

Ou le film a-t-il été tourné ? Comment se sont déroulé les repérages ?

Le film a été tourné à Lanzarote dans les Iles Canaries. Il y a des background tournés en Islande. Les réparages se sont déroulés sur plusieurs continents pour finalement se faire dans un pays chaud pour que ce soit plus pratique pour Aura Garrido qui passe la plupart du film presque nue.

On a tendance à citer les influences littéraires du film, mais je trouve aussi qu’il a des influences vidéoludiques notamment dans les scènes d’attaques nocturnes. Est-ce volontaire ou juste une vision de mon esprit de gamer ?

On peut penser à "Bioshock" et je pense à la scène sous-marine. Mais on s’est surtout inspiré de références de l’époque. On voulait éviter toutes références modernes pour ne pas trop moderniser le récit et dénaturer le feeling de l’époque.

Aviez-vous une idée précise en tête du design des créatures ou cela est-il apparu au fur et à mesure du travail de préparation ?

Le design de Aneris a forcément évolué dans la préparation. On s’est servit de photos de batraciens et aussi des créatures bleues de la planète sauvage de René Laloux.

Qu’est ce qui a été le plus compliqué sur "Cold Skin" ? Réussir à  établir une relation entre un acteur humain et un personnage fantastique ?

Ce n’est pas forcément ce qu’il y a eu de plus compliqué. Le challenge était plutôt technique parce qu’il fallait être très précis pour connecter ensemble les scènes tournées à Lanzarote et celles tournées à Madrid qui souvent étaient la même séquence d’un plan à l’autre tourné avec six semaines d’intervalle dans deux pays différents.

J’ai vu sur les réseaux sociaux que vous êtes actuellement sur un projet intitulé "Gangs of London", pouvez-vous en dire quelques mots ?

J’ai tourné "Gangs of London” pour HBO et Sky. C’est Gareth Evans qui m’a demandé de tourner trois épisodes. C’était vraiment super à faire. On a eu une liberté artistique et une confiance de la production et de la chaine totale. Corin Hardy a aussi tourné quatre épisodes. Ça risque de secouer pas mal !

MERCI A XAVIER GENS POUR SA DISPONIBILITE ET SA GENTILESSE !

Sylvain



Sylvain Gib